Chroniques cinéma

The Scorch Trials (L’Épreuve #2 : La Terre Brûlée) – Wes Ball

the scorch trials afficheThe Scorch Trials (L’Épreuve 2 : La Terre Brûlée)
Réalisé par Wes Ball
Sorti en 2015
Adaptation, Science-Fiction, Dystopie


Résumé :
« Thomas et les autres Blocards vont devoir faire face à leur plus grand défi : rechercher des indices à propos de la mystérieuse et puissante organisation connue sous le nom de WICKED. Or le monde qu’ils découvrent à l’extérieur du Labyrinthe a été ravagé par l’Apocalypse. Leur périple les amène à la Terre Brûlée, un paysage de désolation rempli d’obstacles inimaginables. Plus de gouvernement, plus d’ordre… et des hordes de gens en proie à une folie meurtrière qui errent dans les villes en ruine. Les Blocards vont devoir unir leurs forces avec d’autres combattants pour pouvoir affronter WICKED et tenter de défier son immense pouvoir. »


Note globale :

6/10


Attention ! Si j’essaie toujours de ne pas spoiler l’œuvre dont je parle, il s’agit quand même d’un second volet. Je risque aussi de devoir un peu entrer dans les détails du second tome. Aussi, il est très probable que je parle d’événements du premier livre / film. Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous recommande plutôt de vous reporter à la chronique du premier film ou du premier livre !


Pas étonnant que je me sente aussi rouillée, ma dernière chronique cinéma date de début Août. Aujourd’hui, je reviens pour vous parler d’une nouvelle adaptation d’un roman jeunesse dystopique. Dans ce cas, cependant, doit-on parler d’adaptation ou de réécriture ? Si The Scorch Trials porte le nom du second tome de la saga de James Dashner, elle n’en reste pas moins très éloignée. Incohérence ? Pas vraiment car dès le premier film, on pouvait remarquer une certaine tendance à s’éloigner du roman. Plusieurs modifications notables avaient été apportées au roman et le second volet continue à surfer sur la vague. Mais est-ce un mal ?

Le premier film m’avait surtout séduite par le visuel très bien représenté du labyrinthe. J’avais beaucoup aimé les efforts apportés sur le décors essentiellement, même si je regrettais que les scènes dans le labyrinthe, la nuit surtout, l’action soit aussi peu lisible. Bonne nouvelle car le second film a très bien su arranger cela. A présent, la lecture des scènes est très fluide et se laissent donc regarder sans devoir plisser les yeux et deviner ce qui se passe à l’écran. On garde également toute la tension due essentiellement au rythme, présent également dans les livres.

Dans le second film, le décors est bien moins impressionnant, car déjà vu au cinéma. Toutefois, il reste très crédible et bien fait. Il est assez ouvert mais peut-être moins détaillé. Cela vient sans doute du terrain de jeu – comme le mentionne le titre, c’est un désert. Toutefois, j’ai éprouvé moins d’intérêt à l’observer, comme j’avais pu le faire dans le premier volet.

the scorch trials décors

Comme j’ai détesté le second tome, je ne pouvais que mieux apprécier l’adaptation. Et en effet, j’ai trouvé plus d’équilibre, car on s’apitoie beaucoup moins sur le personnage de Thomas, dont on nous épargne les pensées pleurnichardes. Le triangle amoureux passait un peu mieux et on avait l’opportunité de voir un peu les personnages secondaires graviter à l’écran, quoi que, comme dans le bouquin, ils n’ont pas beaucoup d’espace pour évoluer.

Cependant, l’ensemble est beaucoup plus digeste. Le film apporte des explications dès le début, ce qui permet de maintenir notre intérêt et alimenter notre curiosité. On comprend immédiatement les enjeux derrière le premier film. Il respecte très bien également l’esprit du livre quand on prend en compte qu’il s’agit ni plus ni moins d’un « survival movie » qui paraît certes linéaire, mais bien moins que le livre.

Ainsi, le film améliore grandement tout ce qui manquait au livre, c’est-à-dire l’histoire, non pas celle du tome en question, mais de la saga. Dans le second tome, rien ou presque n’était dit sur le fond de l’histoire. On évoluait à l’aveuglette, suivant les héros sans rien y comprendre, ce qui faisait perdre de l’intérêt à la saga. Or, l’auteur avait dès le premier tome glisser suffisamment d’indices qui incitaient le lecteur a attendre des révélations plus importantes, non sur les aventures des héros, mais du contexte, de la situation dans sa globalité, des raisons qui justifiaient toute l’histoire. Le second tome n’apportait rien de plus que de la frustration, avec des personnages peu crédibles et peu développés, un héros Gary-Sue insupportable de mièvreries, un triangle amoureux exaspérant, des personnages féminins sans intérêts…

the scorch trials groupe

Avec ses modifications, le film arrange tout cela. Quoi que j’aurais quand même voulu voir les personnages secondaires prendre plus de place, ils en ont quand même, vis-à-vis du roman et restent dans la continuité du premier film. Le triangle amoureux est un peu moins marqué ou étouffant car l’action prend plus de place et on nous épargne la psychologie à deux balles de Thomas. On en apprend plus sur les tenants et aboutissants, quoi que beaucoup de choses restent à expliquer.

Néanmoins, tous ces arrangements ont le défaut que, de fait, le film perd de vue le principe du second tome, et un peu aussi de la saga. Si la saga a été renommée en français « L’Épreuve », ce n’est pas pour rien. Le second tome lui-même porte le nom, en anglais de « The Scorch TRIALS« . Or le film évince tout à fait cet aspect, ce qui fait perdre un peu de crédibilité au premier volet, alors que cela prend sens dans le troisième volume de la saga. Et ce n’est pas la seule chose qu’ils ont omis des romans. De fait, je me demande comment le film va évoluer, car je vois assez mal comment les scénaristes vont raccrocher le troisième film au troisième tome.

Dans le premier volet, les héros étaient amenés dans le labyrinthe sans aucune connaissance de leur environnement. Ils ne savaient ni qui ils étaient, ni ce qu’ils faisaient là, ni ce qui se cachaient au-delà du labyrinthe. Dans le second volet, les héros en apprennent un peu plus, mais restent dans le flou le plus total. Sauf que cette fois-ci, on leur annonce clairement qu’ils font partie d’une expérience et quel est l’objectif de leur nouvelle épreuve, pourquoi ils se doivent à tout prix de rejoindre ce qui est communément appelé, dans le livre et dans le film, le « Paradis ». Car c’est là où on leur promet d’y trouver un remède au virus qui contamine le monde, et qui les ont probablement touchés.MAZE RUNNER: THE SCORCH TRIALS

Ainsi, dans le roman, les adolescents sont motivés pour traverser le désert et affronter les épreuves qui les attendent – même si cela rendant le tome très linéaire. Dans le film cependant, cet aspect est absent, ce qui rend l’adaptation fort peu fidèle au roman sans vraiment détériorer le rendu final. Même s’ils n’ont pas clairement l’objectif de se rendre dans ce fameux « Paradis », l’aspect survival n’en est pas moins respecté car ils sont clairement en fuite et recherchés. D’ailleurs, on peut dire que le « Paradis » qui est quand même évoqué sort clairement de nulle part dans la dernière partie du film.

Le film n’est pas non plus très cohérent dans la façon dont il traite les éléments qu’il incorpore dans l’intrigue. Pourquoi les enfants ne se demandent-ils pas comment les adultes qui les ont secouru ont su où les trouver ? Quel hasard quand même qu’ils soient arrivés au moment où ils sortaient du labyrinthe, non ? Pourquoi ne sont-ils pas plus choqués de découvrir qu’il existait d’autres labyrinthes ? Pourquoi cela ne les choque pas non plus de découvrir les compatriotes d’Aris au milieu de rebelles ? Pourquoi ne leur demandent-ils pas comment elles ont fait pour s’échapper du complexe ?

Si j’appréciais globalement le film, sa fin m’a cependant fait déchanté. Je viens de terminer le troisième bouquin et au vue du choix de remanier entièrement la saga de Wes Ball, je crains ce qu’il va advenir de son adaptation. Va-t-on voir encore une fois un troisième volet calqué sur toutes les fins des dystopies jeunesses actuelles ? Est-on forcé de voir à l’écran une rébellion menée par un adolescent contre le monde pourri des adultes ? Suis-je la seule dubitative de lire et de voir systématiquement des histoires où des gens suivent sans poser de question des adolescents qui ouvrent leur gueule, crient un discours plus ou moins inspiré, et s’attendent à ce qu’on les suive docilement face à leur charisme de leader précoce ? Je comprends que cela puisse attirer les adolescents, que cela les inspire, mais peut-on dépasser ce stade binaire et aller un peu plus loin ?

the scorch trials run

Au vue de toutes les améliorations apportées au second volet, j’irai très certainement voir le troisième film (en espérant très fortement qu’il ne soit pas coupé en deux). J’espère cependant que je me trompe et que Thomas ne sera pas le leader d’une revanche à grande échelle. Pour cela, j’ai plutôt apprécié le troisième tome, et j’espère que son adaptation sera fidèle au moins à son esprit.

En tout cas, ce second volet est très distrayant et pour ceux qui ont envie de voir sprinter des adolescents pendant deux heures, fuir des pseudo-zombies, et tenter de survivre dans un désert impitoyable, c’est un bon choix de film pour une soirée détente. D’un autre côté, c’est une bon choix d’exemple pour débattre sur ce qui définit une bonne ou une mauvaise adaptation. Et vous, vous la trouvez comment ?


Bande d’annonce :


Mes autres chroniques :

the maze runner book 1
Le tome 1
Le tome 2
Le tome 2
Le 1er volet (l'adaptation)
Adaptation du 1er roman

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