Rendez-vous avec le crime (Les détectives du Yorkshire, tome 1) de Julia Chapman

Merci au #NetgalleyChallenge2018 et à la maison d’édition #RobertLaffont pour m’avoir donné accès à ce livre.

Les detectives du Yorkshire #1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman
Publié aux éditions Robert Laffont, 2018, collection La Bête Noire
Traduit par Dominique HAAS de l’anglais
Sur le site de l’éditeur
14,90€ Grand Format ou 9,99€ EBook


LES DECOUVERTES!


Bienvenue dans un petit village du Yorkshire où un détective privé autoproclamé et une entrepreneuse, régente d’un site de rencontre, vont être forcés de cohabiter et s’improviser détectives en herbe. Un premier tome écrit dans un style, un ton et un humour typiquement anglais qui a le mérite de rendre la lecture fluide et agréable. Parfaite pour la période estivale qui approche et à emporter durant un voyage. En revanche, je reste malgré tout réservée sur ce premier roman qui, s’il est plaisant à lire, ne restera pas longtemps dans ma mémoire.

Ma réserve vient du fait qu’il n’est clairement pas sans défauts, et le principal vient de ses stéréotypes. Si ceux-ci sont à mon avis en partie recherchés par l’autrice, qui, en les utilisant, souhaite caricaturer ses personnages, par volonté d’humour et de dérision, il faudrait dans ce cas y aller plus franchement et y mettre tout le sel et le piquant nécessaires, pour ne pas tomber dans les simples clichés.

Quelques exemples:
« Un endroit où, au lieu de lui reconnaître le statut d’épouse d’un prof de fac, on ne voyait en elle que la femme qui s’était mariée avec le fils du boucher.« 
« Et de fait, avec son cerveau rempli de codes informatiques, Delilah était la femme qu’on pouvait le moins taxer de romantisme. Cette caractéristique innée résultait du fait qu’elle avait cinq frères plus âgés, un mépris absolu pour le sentimentalisme, et un crochet du droit hérité de son frère aîné, Will, qui avait fait une brève carrière de boxeur.« 
« Aussi capable que son mari de manier le hachoir, et une femme de cette espèce rare qui ne parle pas à tort et à travers.« 

A ces citations, ajoutons le contexte puisqu’ils sont le reflet de la mentalité du village, étroit et renfermé. L’humour montre la volonté de les rendre indirectement ridicules par leurs idées peu modernes, mais le détachement nécessaire est ici malheureusement peu efficace. Là où on devrait goûter à une caricature, on ne retrouve en réalité que le squelette de clichés. Il y manque clairement de l’audace et de l’affirmation, et un poil d’originalité. Mais cela viendra peut-être avec le second tome.

En revanche, l’autrice a clairement su faire ressentir le corps de ce village qui, à lui-seul, forme une sorte de huis-clos avec son microcosme particulier. Elle appuie souvent sur ses particularités : la chaleur humaine qui s’en dégage certainement par le sentiment d’appartenance qui est partagé et la bienveillance mais également son revers, par le manque total de vie privée, la conviction de vouloir bien faire en se mêlant de tout et en ayant l’avis sur tout, le renfermement de ces habitants capables d’exclure une personne non désirée et faire ressentir le cloisonnement de leur monde étroit..

Pour cela, elle prend ainsi tout son temps, puisque l’intrigue fait corps à son environnement – une qualité pour ce premier tome, qui se révèle de fait une très bonne introduction à son univers. Mais d’un autre côté, cela se révèle également un défaut car il faut attendre la seconde moitié du roman pour que l’intrigue démarre réellement avec l’enquête tant attendue. Je ne suis pas friande des romans où l’action s’enchaine de façon effrénée au détriment du reste ; il n’empêche que certains lecteur pourront se sentir frustré de l’attente.

Pour résumer, Rendez-vous avec le crime est un premier tome léger, fluide et plaisant, qui reste cependant encore trop superficiel. Les éléments sont en place mais il lui manqué du sel et des épices plus marquées. Le style n’est pas encore très affûté et j’espère que ce sont les premiers tâtonnements liés à une nouvelle série, bien que l’auteure ne soit apparemment pas à son coup d’essai. Le scenario se suit avec plaisir, mais là encore on peut lui reprocher de paraître trop simple. Tout découle de soi et les obstacles sont rapidement franchis, les rendant finalement peu inquiétants. Le lecteur n’est jamais vraiment bousculé ou surpris, même s’il pourra se prêter au jeu de découvrir le fin mot de l’histoire. La relation entre les deux protagonistes est plutôt bien écrite, mais elle est également courue d’avance. Par contre, celle qui lit ces derniers au reste du village paraît plus maitrisée et prometteuse, plus nuancée aussi.

Si vous aimez ce type d’enquêtes, les microcosmes, et que vous recherchez une lecture légère, facile et agréable, et que vous n’avez pas d’appréhension sur son rythme ou sur la part que prend l’enquête dans le roman, en particulier si c’est pour l’emmener égayer vos vacances, alors je vous le recommande. Si vous êtes en revanche à la recherche d’une intrigue complexe, d’un univers sombre ou angoissant, des frissons, au rythme soutenu, ce n’est pas vraiment ce que propose ce livre.

Résumé :
Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson ? et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne ! Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

L’expédition de Monica Kristensen

S’il y a un polar que je retiendrai de l’expérience du Grand Prix des Lectrices ELLE, c’est bien L’expédition de Monica KRISTENSEN. Un polar glacé qui nous fait plonger dans un étrange huis-clos au milieu de l’hiver et des glaces infinies. Mais, ce que j’ai aimé, ce sont tous les détails que l’auteure donne sur la façon dont est préparée et menée une expédition, qui rendent le récit crédible et l’expérience réaliste. Et pour cause, l’écrivaine est également glaciologue et la première femme qui a conduit une expédition en Antarctique (cf. Wikipédia). Cela nous donnerait même des envies de lire un témoignage sur son expérience.

Du réalisme, il est clair que le récit n’en manque pas. Sans nous assommer d’explications, l’auteure nous donne suffisamment de détails pour nous faire comprendre à quel point organiser une expédition est difficile, coûteuse, stressante, et à quel point la vivre est une épreuve de titans. Ses personnages s’y sont préparés, mais elle arrive habilement à montrer également leur amateurisme et leur égocentrisme. Dans une narration double habilement menée, elle fait oublier la linéarité du récit, en développant une temporalité qui évite également l’ennui des moments d’accalmie, où les personnages n’ont d’autres choix que d’attendre.

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L’adaptation France Culture de Debout les morts, écrit par Fred Vargas

(8/10) Je n’ai pas encore parlé sur le blog de mon affection grandissante pour les émissions de France Inter et de France Culture, que je dévore chaque semaine goulûment, sans cesser d’être surprise. Et si je vous l’évoque aujourd’hui, c’est pour vous partager mon expérience avec l’adaptation à la radio de « Debout les morts » de Fred Vargas. Alors que je ne suis pas particulièrement attirée par les polars, j’ai été embarquée par les personnages, l’intrigue, l’ambiance, frôlant toujours un aspect fantastique qui chatouille l’intérêt. Mais qu’est-ce qui a vraiment fait mouche, l’adaptation ou le texte original ? Lire la suite

Monthly Best Of Books – Août 2016

Non, le bilan du mois d’Août n’arrive pas au milieu de Septembre. Absolument pas ! C’est une erreur d’algorithme ! …mais surtout un manque de temps et une petite fatigue oculaire. Je n’arrive pas toujours à revenir sur un écran le soir et encore moins pour m’y concentrer. Mais pour en revenir à l’essentiel : le mois dernier aura été aussi riche que le précédent. Ce fut un bel été littéraire, tandis que Septembre, comme les jours décroissants et la fin de l’été s’approchant, est assez difficile à encaisser.

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The Monthly Best Of Books
Août 2016
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#3 – Le chagrin des vivants d’Anna Hope (6/10)
Roman
Sélection pour le Prix des Lectrices Elle

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3 mots ou expressions pour le décrire :
« J’ai toujours aimé les destins croisés, sans forcément que les personnages se rencontrent »
« D’ailleurs, les figures féminines sont plurielles, c’est agréable »
« Un style simple, fluide, mais qui manque encore de s’affirmer pour porter les voix de ses personnages »

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#2 – La fille de la plage d’Inio Asano (6/10)
Manga, Erotisme

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3 mots ou expression pour le décrire :
« Je ne feuillette pas toujours les mangas que j’achète, surtout quand je connais la qualité du mangaka »
« Il faut être prévenu des scènes de sexe crues entre adolescents, ça m’a mise mal à l’aise, surtout que je ne crois pas avoir vu d’avertissement »
« Le fond reste très intéressant et bien traité, Inio Asano sait parler du désarroi de la jeunesse, son sujet de prédilection »

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#1 – Ce qu’il nous faut c’est un mort d’Hervé Commère (7/10)
Roman
Sélection pour le Prix des Lectrices Elle

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3 mots ou expressions pour le décrire :
« Ce n’est pas exactement un policier, mais le mystère nous tient »
« La force de ce thriller, c’est sans conteste son contexte »
« Des personnages captivants et complexes plongés dans un conflit économique, social et… de conscience »

Aussi lus ce mois-ci :

Catégorie romans :

  • Harry Potter and the Cursed Child de Jack Throne et John Tiffany (4/10)
  • Me before you de Jojo Moyes (4/10) >>> Lire ma chronique
  • Ce qu’il nous faut c’est un mort d’Hervé Commère (7/10)
  • La déposition de Pascale Robert-Diard (6/10)

 

Mai 2015 – Monthly Best Of Books

Comme promis, nous nous retrouvons pour un billet très court sur la nouvelle version du bilan mensuel de lecture. Il consiste notamment en un classement des trois lectures qui m’auront le plus marquée et suivi de la liste de toutes les œuvres que j’aurais lu en renvoyant soit vers des chroniques soit vers les points lectures s’ils ont déjà été publiés.


TOP 3 – Monthly Best Of Books 

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#3. L’île au trésor de Robert Louis STEVENSON – 8/10
>>> Lire mon avis

l'île au trésor

Genre : Roman Jeunesse
Thèmes : Chasse au trésor, Aventure, Piraterie

3 phrases ou expressions pour le décrire :
« Rafraichissant & entraînant »
« Rôle des adultes et des enfants réalistes, quand bien même Jim est un vrai garçon héroïque »
« Ancré dans le style littéraire de son époque »

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#2. Poison City, tome 1 de Tetsuya TSUTSUI – 8/10
>>> Lire mon avis

poison city tome 1

Genre : Manga, Témoignage, Anticipation, Seinen
Thème : Censure, Métier de Mangaka, Société

3 phrases ou expressions pour le décrire :
« Un sujet passionnant mis en scène dans l’anticipation d’un futur où la censure est de plus en plus présente et de moins en moins opposable »
« Réaliste et très actuel »
« Le manga enchâssé dans l’œuvre apporte une double intrigue dont on attend avec impatience de connaître la fin »

Correction de l’avis :
Contrairement à ce que j’ai dit dans le point lecture, les planches présentes dans le manga ne sont pas liées à l’œuvre de Tetsuya TSUTSUI qui a en effet subi la censure. Il s’agit en réalité d’une œuvre fictive mais suffisamment proche du fameux Manhole pour dénoncer les arguments ayant justifié la dite censure.

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#1. A Silent Voice de Yoshitoki Oima – 8/10
>>> Lire ma chronique

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Genre : Manga, Drame, Shonen
Thème : brimades scolaires, amitié, adolescence

3 phrases ou expressions pour le décrire :
« Surprenant »
« Justesse des thèmes, des caractères et des émotions »
« Un personnage central très bien traité et approfondi, un visage pluriel dont la psychologie nous captive et nous fait vivre un vrai dilemme »

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La liste exhaustive de mes lectures :

  1. Happy !, tome 5 de Naoki Urasawa – 2/10 (Lire mon avis)
  2. Poison City, tome 1 de Tetsuya Tsutsui – 8/10 (Lire mon avis)
  3. A Silent Voice, intégrale des 7 tomes, de Yoshitoki Ooima – 8/10 (Lire ma chronique)
  4. Le maître des livres, tome 1 d’Umiharu Shinohara – 6/10 (Lire mon avis)
  5. Dans l’intimité de Marie, tome 1 de Shuzo Ochimi – 5/10 (Lire mon avis)
  6. Adrastée, tome 2 de Mathieu Bablet – 6/10 (Lire mon avis)
  7. Chemin perdu d’Amélie Fléchais – 5/10 (Lire mon avis)
  8. L’île au trésor de Robert Louis Stevenson – 8/10 (Lire mon avis)
  9. L’âme du temple, tome 1 : Le livre du cercle de Robyn Young – 7/10 (Lire mon avis)
  10. Reset de Tetsuya Tsutsui – 6/10 (Lire mon avis)
  11. Prophecy, intégrale de 3 tomes de Tetsuya Tsutsui – 6/10 (Lire mon avis)
  12. Manhole, tome 1 de Tetsuya TSUTSUI – 7/10 (Lire mon avis)
  13. Bicycle 3000 de O Se Hyung – 6/10 (Lire mon avis)
  14. Oh boy ! de Marie-Aude Murail – 7/10 (Lire mon avis)
  15. Un îlot de bonheur de Christophe CHABOUTE – 7/10 (Lire mon avis)