Chroniques cinéma·Les bonnes surprises

Spider-Man: Into the Spider-Verse de Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman

Spider-Man: Into the Spider-verse
Réalisé par Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman
Sorti en 2018
Etats-Unis
Film d’animation, action, super-héros 


LES BONNES SURPRISES 


ENCORE UN FILM SUR SPIDER-MAN ! Je l’admets : j’y suis allée avec plein d’appréhension et de préjugés… La trilogie de Sam Raimi, le reboot de Amazing Spider-Man et celui des studios Marvel, Spider-Man: Homecoming. Autant j’apprécie les œuvres mettant en scène des super-héros, autant je pense qu’il devrait y avoir assez de matière pour ne pas sans cesse revenir sur les mêmes. Et plus encore, j’en ai assez de cette nostalgie à outrance qui semble régner dans le 7e art (et pas seulement) et offre des recyclages très rarement réussis. J’ai parfois l’impression que le cinéma occidental ne sait plus quoi inventer et qu’on tourne en rond. Dans le fond, je ne serai pas si opposée au « remake », « reboot », « sequel », « préquel » (et j’en passe) si ceux-ci avaient quelque chose de nouveau, de différent, de surprenant à proposer (et s’ils n’étaient pas si nombreux). Et c’est contre toute attente que Spider-Man: Into the Spider-Verse m’a détrompée.

Résumé :  » Miles Morales est un jeune adolescent noir-porto-américain vivant à Brooklyn qui doit s’intégrer à son nouveau collège en plein de centre de Manhattan. Mais alors qu’il se fait piquer par une araignée, se découvre des pouvoirs font il ne sait pas trop quoi en faire, il se retrouve contre son gré au cœur d’un combat apocalyptique où le Caïd pourrait bien détruire la Terre dans son espoir dans sa tentative ramener sa défunte famille depuis un un univers parallèle, au lieu de quoi c’est toute une ribambelle de Spider-(Wo)Man-s qui débarquent.  » 

Je ne suis pas fan du titre choisi pour la version française, Spider-Man: New Generation. Pourtant, le film parle en effet du passage de flambeaux entre Spider-Man et Miles, de cette transition difficile mais nécessaire entre les générations.

Certaines scènes iconiques des films de Spider-Man, comme la première fois où le héros saute du toit d’un immeuble et se balance d’immeubles en immeubles sont savamment réutilisées dans le film pour démontrer que, non, cela ne va pas de soi. Le jeune Miles va tenter d’imiter son prédécesseur sans jamais réussir à passer le cap de la peur de l’échec, du moins, pas sans conseils de pairs qui lui ressemblent.

Je vois en Spider-Man : Into the Spider-Verse une certaine leçon sur ce que devrait être un remake/reboot/etc. Un film qui se base sur un univers, une histoire, des personnages connus certes, qui partage des éléments communs indéniables, mais qui possède également une identité propre. Respecter le matériau de base va de soi, mais il est d’avantage plus intéressant d’être créatif que de se contenter d’imiter. C’est justement ce que ce film a fait à bien des niveaux.

Disons-le tout de suite : la direction artistique et l’animation sont excellentes et c’est par elles principalement que le film se détache du reste, de par sa créativité inventive qui a su faire mouche. A l’image des dialogues et de l’humour du film, elle se montre parfois méta, en jouant sur un trait très proche du comics, rappelant à son origine, tout en jouant également des techniques de stop-motions, pour rappeler l’effet et la sensation visuelle des cases de bande dessinées. Et puis, ce jeu entre animation et musique offre des scènes comme celle de la course poursuite entre le superviseur et Miles au sein de l’école qui sont vraiment grisantes.

Le film semble lui-même très conscient de ce qu’il propose : une n-ième version d’une même histoire, vue et revue de nombreuses fois ces dix-vingt dernières années. Ainsi, chaque fois qu’un Spider-Man entre en scène, il récite sa présentation usuelle, comme un mantra désabusé, qui sait bien comme cela est désuet mais indispensable pour débuter toute histoire. Les deux versions de Spider-Mans qui apparaissent les plus proches de l’image (notamment visuel) qu’on a construit de ce personnage ne sont pas d’ailleurs en très bonnes formes. Le premier Spider-Man charismatique, héroïque en tout point et irréprochable, meurt au bout de quelques minutes d’apparition. Le second (qui pourrait d’ailleurs être dans la continuité du Spider-Man de Sam Raimi à mes souvenirs) s’est complètement laissé aller, désabusé de sa carrière de super-héros et de ses échecs personnels. Même les versions plus éloignées de Spider-Man, comme la Spider-Woman adolescente, la Spider-Man enfant dessinée comme un manga et accompagné d’un mécha, et le Spider-Cochon plus proche des personnages de cartoon (comme les Looney Tunes) ne suffiront pas à vaincre le Caïd – comme à proposer une approche suffisamment nouvelle pour vaincre la paresse créative.

(Et pour en revenir à mon introduction, j’y vois pour ma part une certaine métaphore de l’industrie du cinéma dans ce qu’elle produit, justement, comme similis. Ce n’est pas nécessaire l’intention du film… ou peut-être si ?) 

Au contraire, Miles Morales apparaît comme un vent nouveau. Certes il a hérité de ses pouvoirs un peu comme ses prédécesseurs, se retrouve contraint d’affronter des ennemis qui menacent le monde, y voit même un certain aspect « cool », comme un adolescent peut s’imaginer développer des pouvoirs pour s’évader de son quotidien. Mais il y a une réelle humanisation de la figure du super-héros car, justement, malgré tout son courage et sa volonté de bien faire pour protéger les siens et ne pas décevoir, Miles en réalité n’accepte pas facilement ce nouveau statut. C’est un adolescent effrayé et reluctant, qui va amener aux scènes d’émotion les plus touchantes du film.

C’est dans le contact entre Miles et Peter Parker que se révèle un message du film : il ne s’agit pas de rejeter les générations précédentes mais d’en tirer le bénéfice de l’expérience pour ne pas répéter les mêmes erreures (voire se répéter tout court), mais de laisser la place aux jeunes générations qui ont de nouvelles choses à proposer. Le personnage de Miles apporte notamment une diversité bienvenue.

Evidemment, le film ne se contente pas de poser simplement ce constat, le scénario se déroule à travers l’initiation du jeune Miles par Peter Parker (le second) et ses pairs, son évolution et apprentissage, qui va l’amener petit à petite à accepter d’embrasser son statut. En cela, il apparaît assez simple et classique mais, comme à la fois les thèmes, les personnages et le rythme sont bien traités – et bien, cela fait très bien son boulot.

Et puis, soyons clair : c’était surtout super fun à regarder. Ce fut donc une agréable surprise en tout point et je suis vraiment ravie de m’être trompée. Oui, il y a encore et toujours de la place pour la nouveauté et l’innovation dans le cinéma de super-héros. Spider-Man: Into the Spider-Verse en est un excellent exemple, dont il serait bon de s’inspirer ! 


Bilan

Et si nous parlions cinéma ? #4

top filmFaisant fi des chroniques qu’elle devait écrire, l’auteur de ce blog s’intéressa plutôt à ce qu’elle ne faisait pas non plus : regarder des films. Alors qu’elle en avalait au moins un par semaine (si ce n’est cinq) à la même époque de l’année précédente, elle se rendit compte qu’elle n’en voyait plus qu’un toutes les deux semaines. La preuve étant que son blog était quasiment déserté par le cinéma, hormis un nouveau rendez-vous qu’elle avait instauré pour palier justement à ce manque. Cela la surprit : ce n’était pourtant pas faute de vouloir en voir. Elle avait d’ailleurs relevé plusieurs films prometteurs en ce moment au cinéma. Sans parler de ceux sélectionnés au festival de Cannes qu’elle venait de repérer dans une revue spécialisée achetée à cet effet, laquelle avait depuis doublé de volume, à coup de pages cornées.

Et pourtant, elle n’en voyait toujours pas plus. Mais pourquoi ? s’interrogea-t-elle. Ne trouvant de réponse, elle alluma son ordinateur, ouvrit son navigateur, écrivit l’adresse de son site et commença à taper un nouvel article… de cinéma.

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Bilan·Points cultures

C’est lundi, que lisez-vous ? #26

cestlundi26

Coïncidence ? Cette semaine, je vais souffler ma vingt-sixième bougie et c’est le vingt-sixième C’est lundi que je partage. Peut-être est-ce un signe, pour me signifier que 2015 va être une année exaltante de lectures ? J’ai des bonnes raisons de croire ne pas me tromper là-dessus !

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Bilan·Points cultures

C’est lundi, que lisez-vous ? #25

cestlundi25

Ce début de février commence bien, c’est moi qui vous le dis ! Vous en voulez la preuve ?

Lisez ci-après !

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Bilan·Bilans Mensuels

Lecture | Mois de Septembre 2014

Septembre

QUOI ? Encore un bilan ?

Et oui. Encore ! Mais que je vous rassure, c’est le dernier… avant quinze jours. En effet, j’ai enfin rattrapé tout mon retard et nous voici enfin à jour. Alors, en Septembre, je ne déroge pas à mon rythme : deux livres achevés, dont un très très grand coup de cœur. Mais c’est aussi un mois de découvertes en bandes dessinées, de très belles perles que je vous invite vivement à découvrir.

Au menu :

  • The Picture of Dorian Gray d’Oscar Wilde – 9/10Ma chronique
  • Nouvelles d’Amérique Centrale de Cécile Chabot – 6/10 Ma chronique
  • Dômu, Rêves d’enfants de Katsuhito Ôtomo – 6/10Ma chronique
  • Le chien gardien des étoiles, T2 : Enfances de Takashi Murakami- 7/10Ma chronique
  • De cape et de crocs, T3 : L’Archipel du Danger d’Ayroles & de Masbou – 7/10Ma chronique
  • L’entrevue de Manuel Fior – 6/10Ma chronique
  • Blacksad de Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido – 9/10Ma chronique
  • Les dormants de Jonathan Munoz – 7/10Ma chronique
  • Mamette, T1 : Anges & Pigeon et T2 : L’âge d’or de Nod – 7/10Ma chronique
  • Wolverine, Old Man Logan de Marc Millar & Steve McNiven – 6/10Ma chronique

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BD / Manga / Comics

Avengers, Earth Mightiest Heroes – Casey, Kolins, Rosado

Avengers 1

Titre – Avengers Earth Mightiest Heroes (Titre Français : Les plus grands héros de la Terre)
Scénario – Joe Casey
Dessin – Scott Kolins (pour le tome 1), Will Rosado (tome 2)
Genre – Super-héros, Fantastique, Science fiction
Édition – Panini (Marvel Deluxe)
Origine – Etats-Unis, 2010 – Volumes : 2 (série terminée)


« Vint un jour, comme aucun autre, où les plus grands héros de la Terre unirent leurs forces pour repousser une menace commune. Les Vengeurs s’allièrent pour combattre des ennemis qu’un héros seul ne pouvait affronter. Au fil des ans, le groupe s’est élargi, il a souvent changé de composition mais a toujours conservé la même noblesse. Entendez leur cri de ralliement… »


Note globale :

6/10


Troisième essai avec les Marvels. Retrouver les Vengers est un vrai plaisir, car leurs aventures nous permettent de plonger pleinement dans l’univers de Marvel et surtout de façon transversale. Ainsi, on croise les mutants, Hulk, Spider-Man, les 4 fantastiques, quand bien même les protagonistes restent bien sûr Iron Man, Captain America, Thor, Giant Man et La Guêpe, rejoints par la suite par Oeil de Faucon, Vision ou encore la Panthère Noire. Comme pour les Ultimates qui est une sorte de reboot de ces albums (voir ma chronique), nous avons à nouveau l’occasion de voir la formation des Vengeurs, ce qui m’a plu, d’autant plus que le point de vue adopté ici est original. Attention toutefois, si vous souhaitez lire les aventures héroïques des Avengers, vous allez être déçus : Avengers Earth Mightiest Heroes nous propose de suivre la face cachée de l’organisation à bonne dose de paperasse et de négociations tant juridiques que politiques.

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Bilan

C'est lundi, que lisez-vous ? #8

cestlundi8

C’est lundi ! Et comme tous les lundis, il est temps de faire une petite update lecture. Qu’est-ce que j’ai lu ? Qu’est-ce que je lis ? Qu’est-ce que je compte lire ensuite ? Vous le saurez en cliquant ci-dessous !

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Bilan·Bilans Mensuels

Lecture | Mois d'Août 2014

août

(Dernier rattrapage avant Septembre !)

J’ai été surprise de constater ma piètre vitesse de lecture. Je suis à un ou deux livres lus par mois. C’est fou quand je repense aux dizaines de livres que j’engloutissais par mois, quand j’étais jeune. Mais du coup, je lis beaucoup plus de bédés qu’auparavant, ce qui est une bonne chose vu les perles que je déniche ces derniers temps.

Au menu :

  • The Mortal Instruments, T1 : City Of Bones de Cassandra CLARE – 7/10 Ma chronique
  • Ida, T1 : Grandeur et Illumination de Chloé CRUCHAUDET – 8/10Ma chronique
  • Pandala, T1 de Hottin & Tot – 5/10Ma chronique
  • De Cape et de Crocs, T2 : Pavillon Noir ! d’Ayroles & Masbou – 7/10Ma chronique
  • Le Chien gardien des étoiles, T1 de Takashi Murakami – 9/10Ma chronique
  • Ultimates, T1 & 2 d’Hitch et de Millar – 7/10Ma chronique

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Bilan·Bilans Mensuels

C'est lundi, que lisez-vous ? #7

cestlundi7

C’est lundi et comme tous les lundis, il est temps de faire un update lecture. En ce début de mois, je me lance dans mon premier marathon de lecture en anglais et avec pour thème les romans jeunesses / young adults.

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BD / Manga / Comics

Wolverine, Old Man Logan – Mark Millar & Steve McNiven

Wolverine - Old Man LoganTitre – Wolverine, Old Man Logan
Scénario – Mark Millar Dessin – Steve McNiven
Genre – Super-héros, Fantastique
Édition – Panini (Marvel Deluxe)
Origine – États-Unis, 2011 Volumes – Oneshot


« Dans le désert de Californie, une terre désolé contrôlée par le funeste gang Hulk, Wolverine rêve de vivre en paix auprès de sa femme et de ses enfants. Loin de son existence violente passée au sein des X-men, Logan n’aspire qu’à une chose: une paisible vie de famille… »


Note globale :

6/10


Pour un second plongeon dans les comics américains, j’ai décidé de m’essayer aux X-Men, univers emblématique qui m’avaient fait connaître et aimer les Marvel. Forte de mon expérience réussie avec la trilogie des Ultimates (voir ma chronique), je suis toutefois un peu moins enchantée par Wolverine, Old Man Logan – non pas que le comics soit mauvais ou présente des défauts insurmontables, mais la violence de celui-ci, parfois trop extrémiste, m’a un peu rebutée. Je n’en suis pas friande, encore moins quand elle semble gratuite. J’ai lu d’une traite l’unique volume : parce que l’histoire est prenante certes, mais aussi et surtout parce que je sentais que si je le reposais, je n’aurais peut-être pas été capable d’y revenir. Lire la suite « Wolverine, Old Man Logan – Mark Millar & Steve McNiven »