Ti-Harnog (Le Cycle de Lanmeur, T1 : Les Contacteurs) de Christian Léourier

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Le cycle de Lanmeur, tome 1 : Les Contacteurs
1er roman : Ti-Harnog
Ecrit par Christian Léourier
Publié par Folio SF
Science Fiction


LES BONNES DECOUVERTES!


Les habitants de la planète Lanmeur ne sont plus les seuls êtres humains à exister dans l’Univers ! En accédant au voyage spatial, ils s’aperçoivent en effet que d’autres planètes abritent des êtres qui leur ressemblent en tout point et décident de partir à leur rencontre. Pour cela, ils créent un programme et entraînent dès leur plus jeune âge une élite à devenir des « Contacteurs ». Autrement dit, des missionnaires chargés d’infiltrer discrètement les populations des planètes et de les observer, d’intégrer leurs codes, leurs langages, leurs cultures, et tout ce qui fait le fondement de leur société.

Le premier roman du cycle, Ti-Harnog, est ainsi de la science fiction qui s’intéresse à des thèmes qui n’ont aucun attachement particulier avec l’avenir de l’être humain ou de notre société, mais plutôt développe une réflexion moderne sur l’ethnologie, sans se limiter à ce domaine. La question se pose sur la réalité de l’objectivité d’un observateur et sur sa capacité à rester parfaitement neutre à cet environnement dans lequel il est plongé. De même, comme un corps étranger venant soudain heurter la surface d’une étendue d’eau, son introduction brutale dans la société de cette planète peut-elle vraiment se faire sans remous ? N’est-il pas forcé, à un moment donné ou à un autre, de se sentir impliqué, humainement, émotionnellement, voire complètement assimilé à la société dans laquelle il doit s’introduire et s’adapter ?

Si les proportions prennent dans le scénario une ampleur disproportionnée, il y a derrière la nécessité de divertir une réelle mise en abyme de ces questions. L’auteur évoque notamment toute la complexité des éléments à prendre en compte pour y répondre. Car il faut de fait définir ce qui fait les fondements d’une société et sa culture. Les paramètres sont en effet très nombreux et pas forcément objectivables puisque les humains ont depuis toujours introduit dans leur psychisme des éléments qui ne sont pas purement factuels. On peut considérer par exemple la religion, les mythes, la spiritualité, l’argent…

Dans le cas de Ti-Harnog, cela vient d’une légende, que les conteurs répandent depuis des siècles. Cette légende évoque l’arrivée future d’un être qui est à la fois à l’origine de leur monde et annonciateur de sa fin. Il faut savoir que dans cette planète, chaque personne appartient à une caste dont les fonctions sont définies et auxquelles ils ne peuvent en aucun cas déroger. Ainsi, celle des conteurs est de divertir les hôtes qui les accueillent tout en ne pouvant réciter que des histoires vraies à travers leurs chants.

Dans un tel contexte, où la population est convaincue de la véridicité de cette légende, l’arrivée soudaine d’un étranger, sans caste, sans souvenir, sans aucune connaissance de leur monde, a entraîné une succession de légères perturbations qui a eu un effet boule de neige, difficilement anticipable et auquel le contacteur n’a pas eu d’autre choix de participer puisque son existence même au cœur de ces événements.

L’habileté de Christian Léourier est d’avoir justement su mettre un univers dense et complexe en place dans un roman qui fait moins de 300 pages sans s’appesantir de trop de descriptions. Il n’est cependant pas simple de s’introduire au roman du fait des nombreux codes de cette société qu’il faut rapidement assimiler – comme si nous étions nous aussi des contacteurs.

Ainsi, Ti-Harnog m’a intriguée. J’ai aimé ce savant mélange de divertissement et de réflexion. L’auteur y glisse également de bons indices sur ce que les autres récits peuvent contenir. Notamment, derrière ses missions d’ethnologie, la planète Lanmeur serait en réalité animée de motivation bien moins louables que de simplement développer ses connaissances de l’Espace et ses habitants : un désir expansionniste et colonialiste. Un thème dans la continuité de ceux de ce roman qui me donne bien envie de poursuivre. Et vous ?

Résumé : « Quand les hommes de la planète Lanmeur accèdent au voyage spatial, ils ont la surprise de découvrir que d’autres humanités s’épanouissent dans l’univers. Un hasard? Peut-être pas. Lanmeur lance alors l’idée du Rassemblement et envoie des contacteurs sur ces mondes plus ou moins avancés, avec pour mission de les intégrer à sa propre civilisation. Mais quel projet se cache derrière ces sociétés si différentes? Qui sont les Rêveurs de l’Irgendwo, auxquels Lanmeur devra tôt ou tard se confronter?« 

Les vacances – Comtesse de Ségur

les vacances

Les Vacances
Écrit par la Comtesse de Ségur
Livre numérique, édité par Le livre de Poche, 2006
Jeunesse


« Pour les vacances, Camille, Madeleine, Marguerite et Sophie se trouvent réunies avec leurs trois cousins. À bâtir des cabanes, chasser les papillons et courir dans les bois, ils ne voient pas le temps passer. Parfois, les paisibles journées sont troublées par des drames : vols, querelles, accidents. Les vacances ne sont-elles pas aussi l’école de la vie ? »


Note globale :

6/10


En janvier, j’ai choisi pour le challenge de mes résolutions littéraires 2015 un court roman jeunesse, tout simplement parce que je manquais de temps et qu’il n’y a rien de mieux que de la littérature jeunesse pour être lue rapidement tout en passant un agréable moment. De plus, j’avais envie depuis longtemps de découvrir les œuvres, classiques, de la Comtesse de Ségur. Si je n’ai su que trop tard qu’il s’agissait du troisième volet des aventures de Sophie (Les Malheurs de Sophie, Les petites filles modèles), cela ne m’a pas empêché d’apprécier Les Vacances pour autant.
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Lecture| Mois d'Avril 2014

Après de longues hésitations sur le format de ces bilans mensuels, j’ai décidé de rattraper les derniers mois dont je n’ai pas chroniqués les livres sur ce blog de la même façon que je l’ai fait pour les premiers.

Au menu de ce mois, uniquement deux livres, mais deux livres intenses et sublimes :

lecture_avril

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Ô mon George, ma belle maîtresse… – Alfred de Musset, George Sand

Titre : Ô mon George, ma belle maîtresse… – Auteurs : Alfred de Musset, George Sand – Éditions : Folio – Genre : Correspondance

o mon george

« Ah, George, quel amour ! jamais homme n’a aimé comme je t’aime.
Je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inondé d’amour ; je ne sais plus si je vis, si je mange, si je marche, si je respire, si je parle ; je sais que j’aime, je meurs d’amour, d’un amour sans fin, sans nom, insensé, désespéré, perdu, tu es aimée, adorée, idolâtrée jusqu’à mourir ! Et non ! je ne guérirai pas. Et non, je n’essaierai pas de vivre ; et j’aime mieux cela, et mourir en t’aimant vaut mieux que de vivre.
» Alfred de Musset à George Sand, 1er septembre 1834.

Note Globale :

6/10


C’est la première fois que je lis un recueil de correspondance et il y a un aspect indéniable qu’il faut souligner : la proximité que nous ressentons vis-à-vis de ces maîtres de littérature, honorés durant nos cours de français, cités par les auteurs contemporains qui s’en inspirent. A lire cette correspondance très intime – car Alfred de Musset et George Sand furent tantôt parents de cœur, amis et amants – on découvre des facettes insoupçonnées de ces êtres que nous ne connaissons qu’à travers leur plume. Lire la suite

Lectures | Janvier 2014

Autant que je voudrais pouvoir écrire des critiques sur tout ce que je lis ou vois, ce serait mentir que de promettre de m’y tenir. Aussi, chaque mois, je publierai un billet décrivant les livres (ou films – un billet similaire sera publié en parallèle pour tout ce qui touche au cinéma) que j’aurais lus dans le mois en donnant quelques clés quant à mon appréciation – ce qui ne m’empêchera pas entre-temps de publier les critiques sur ces œuvres dès que je trouve le temps et l’inspiration à le faire.

Au menu de ce mois :

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