Billy Bat de Naoki Urasawa

Billy Bat de Naoki URASAWA
Publié par les éditions Pika
Fantastique, thriller
Série en 20 tomes
8€05 le tome
Fantastique, Thriller


LES BONNES SURPRISES


En l’espace d’un mois, j’ai dévoré les vingt tomes de la dernière saga du maître nippon, Naoki Urasawa, qui a été à l’honneur du Festival d’Angoulême cette année. C’est un mangaka talentueux dont je vous ai déjà parlé sur le blog (voir 20th Century Boys et Histoires Courtes) et qui est passé maître dans la mise en scèneBilly Bat le prouve encore une fois.

Il faut cependant admettre que si vous avez déjà lu une des sagas de cet auteur, Billy Bat ne vous surprendra pas outre mesure, même s’il y a des rebondissements à foison et des thèmes passionnants. La recette reste à peu près la même. Billy Bat est simplement une œuvre maitrisée d’un auteur depuis longtemps mature vis-à-vis de son style et de ses forces, dont il sait très bien faire usage. Et de fait cela la rend particulièrement adéquate pour ceux et celles qui voudraient découvrir Naoki Urasawa.

Je dois vous prévenir, c’est une série de longue haleine, avec une intrigue qui se révèle très rapidement plurielle en traversant autant les âges, les siècles, les générations et les continents. Et cet aspect est savamment pensé : c’est une traduction même de l’universalité dont l’œuvre cherche à démontrer en parlant de la bande dessinée, qui devient alors un vecteur unificateur qui traverse autant l’Histoire que les cultures et est vouée à perdurer, quoi qu’il puisse arriver. Depuis toujours, l’Humain a cherché à raconter une histoire, son Histoire, à travers ses dessins – fussent-ils peints sur les murs ou sur du papier.

Ainsi la bande dessinée se veut autant fantastique, intrigante, aventurière, qu’historique et universelle. L’auteur joue d’ailleurs allègrement avec les événements et les grands personnages de l’Histoire pour tisser son intrigue qu’il veut intemporelle. Mais les multiples embranchements, la tentative maladroite de donner scientifiquement du sens à son intrigue, à travers notamment de la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein, rendent également le scénario alambiqué voir un peu bancal. Défaut de complexité qu’on pouvait déjà lui reprocher dans ses autres sagas.

Ce que je pouvais reprocher à 20th Century Boys est aussi vrai pour Billy Bat : 1) Naoki Urasawa a tendance à répéter des effets de style – par exemple, la révélation à la dernière page d’une scène du visage et donc de l’identité d’un personnage dont on devine qu’il aura un impact sur l’intrigue ; 2) ses personnages qui disparaissent en étant complètement dépassés par les événements pour revenir ensuite en jeu quelques chapitres ou tomes plus tard en donnant l’impression d’avoir d’un coup gagné dix longueurs d’avance autant sur le lecteur que sur tous les autres personnages ; 3) la résolution finale tombe comme un cheveu dans la soupe.

Et c’est cependant dans les dernières scènes que Naoki Urasawa rappelle le message qui lui a inspiré en partie l’histoire, ce qu’il a voulu dire en filagramme. Billy Bat est une ode à la bande dessinée, à la création, et à tout ce qu’elle peut proposer de meilleure qui est indispensable en tout temps. C’est à la fois un soutien au moral important lors de moment difficiles et un rappel des valeurs d’humanité vers lesquels on doit aspirer et partager. Elle transcende toute culture, tout conflit, tout ce qui n’est pas nécessaire à l’être humain pour vivre. Si elle ne peut remplacer la nourriture, elle peut toutefois servir de langage commun : on peut ne pas comprendre les mots, la parole, les dessins, eux, parlent à tous.

Mais si elle est en effet universelle, rendre la culture uniforme serait une grossière erreur. La culture peut également être détournée en devenant un objet de convoitise ou l’instrument de manipulation de masse. A travers l’analogie évidente entre le personnage de Billy Bat et Mickey Mouse, et par extension de tout l’empire expansionniste de Walt Disney, Naoki Urasawa montre l’influence négative que peut également avoir une culture qui ne sert que des intérêts économiques ou de pouvoir. A l’inverse, tous les dessinateurs véridiques de Billy Bat, qui se font éliminer un à un (comme Walt Disney peut avaler des studios par les rachats), sont les garants d’une diversité culturelle et du libre arbitre dont il faut sauver l’existence car ils gardent leur indépendance. Le fait qu’ils dessinent tous le même personnage est révélateur du message : c’est la pluralité des horizons et des visions qui importe, pas seulement le matériel utilisé. D’ailleurs, il n’est question de plagiat qu’à cause de l’intention mauvaise de Chuck.

Malgré ses défauts, sa mise en scène dynamique vous emporte dans ses intrigues. Il s’agit pourtant d’une série de vingt tomes dont chaque volume est dense en contenu – elle n’en reste pas moins un page turner. Enfin, il faut souligner la pluralité de personnages, à l’esthétique très varié, leurs expressions vivantes, leur consistance dans le récit, peu importe le poids qu’ils ont sur son intrigue. C’est d’autant plus vrai quand on a l’occasion de voir les planches originales, beaucoup plus grandes que le format vendu en librairie. Malgré quelques stéréotypes et un poil de manichéisme, j’ai pu noter que ses personnages féminins sont généralement forts de caractère et d’une constitution solide et les méchants de l’histoire bénéficient, pour la plupart, d’un background et de leitmotivs qui donnent corps à leurs intentions.

Billy Bat, c’est aussi une œuvre aux thèmes riches et nombreux qui traverse tout un siècle : ainsi, il est question de la ségrégation et du racisme envers les noirs aux Etats-Unis ; de la guerre froide et de la haine du communisme ; des rancœurs des Japonais suite à leur défaite lors de la Seconde Guerre Mondiale et à l’ingérence des Etats-Unis dans le pays ensuite ; de la conquête de l’espace et les théories du complot qu’on lui associe ; de la création et la notion de plagiat dans l’héritage artistique et les influences des auteurs ; des préoccupations écologiques plus contemporaines, etc.

Autrement dit : une œuvre complète, passionnante et à découvrir !

Résumé:
 « En 1949, Kevin Yamagata, dessinateur américain né de parents japonais immigrés aux Etats-Unis, connaît un succès formidable avec sa bande dessinée « Billy Bat » mettant en scène une chauve-souris dans diverses aventures. Lorsqu’il apprend de façon fortuite qu’un personnage identique au sein existe aussi au Japon, il décide de se rendre à Tokyo pour rencontrer le dessinateur à qui il a peut-être inconsciemment volé l’idée durant son service en tant qu’interprète dans l’armée d’occupation du Japon.
Une fois sur place, il est rapidement happé par une spirale d’événements curieux qui ont pour dénominateur commun le motif de la chauve-souris…« 

A Taxi Driver de Jang Hoon (Festival du Film Coréen à Paris 2017)

Excellent. Comment le décrire autrement ? Il s’agit avant tout d’un film historique et d’un bel hommage rendu à ce chauffeur de taxi, dont la réelle identité reste méconnue. Il a conduit le journaliste allemand, Jürgen Hinzpeter, au sein de la ville de Gwangju, pour couvrir le soulèvement de la population qui milite pour la démocratisation de leur pays dans les années 80. Sévèrement réprimée par l’armée qui tire à balles réelles, la violence des conflits est tue par le gouvernement qui bloque tout accès à la ville et censure toute la presse. Ce sont ainsi les vidéos du journaliste allemand qui vont dévoiler au monde entier l’inhumanité de ses actions. Mais le film ne dresse pas le portrait héroïque du reporter étranger, il filme au contraire les événements à travers le regard du chauffeur de taxi sud-coréen, donnant ainsi au spectateur une grande proximité aux événements et à la population et rendant tangible toute l’horreur de cette période.

Il s’agit également d’une œuvre cinématographique dont les qualités sont indéniables. Que ce soit dans la mise en scène, la construction narrative du récit, la mise en place des personnages, le jeu des acteurs, les plans, techniquement et scénaristiquement, A Taxi Driver est de très belle facture, surtout pour un film grand public, abordable par tout type de spectateur, peu importe ses préférences. Son efficacité vient notamment de cette construction narrative, son démarrage en douceur, avec même un ton très léger et un humour présent. Le personnage du chauffeur de taxi, central donc, est une excellente figure qui sert notamment de pivot, pour nous sombrer en douceur, mais inexorablement, dans l’horreur.

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#RLN2017 : La Rentrée Littéraire du Net 2017 (du 10/08 au 15/10)

La Booktubeuse PikoBooks, dont je vous invite à découvrir sa chaîne ou son blog (elle est passionnante !), propose de s’approprier la rentrée littéraire afin de mettre en lumière d’autres auteurs ou d’autres maisons d’édition que ceux qu’on retrouve(ra) forcément dans tous les médias, et qui sont déjà bien connus et n’ont pas forcément besoin de plus de publicité.

Comme elle le rappelle, il ne s’agit pas de dire qu’ils le déméritent, mais tout simplement qu’ils ne sont pas les seuls !

Elle propose ainsi deux choses. La première, et c’est évident, c’est simplement de parler de sa rentrée littéraire : de son rapport avec cette période de l’année et des livres, des auteurs ou des maisons d’édition qu’on aime et dont un ou plusieurs titres prévus pour la rentrée littéraire nous ont fait de l’œil. La seconde, c’est un challenge : celui de parler de sa rentrée littéraire et de s’engager à lire au moins deux titres sortis entre août et octobre. Je vous invite à cliquer ici pour en savoir plus !

Quant à moi, je n’aurais pas le temps de faire le challenge (et puis, je m’y tiens jamais), aussi je vais me contenter de vous citer une dizaine de livres qui me tentent de cette rentrée littéraire. Et comme je suis toujours aussi bavarde, je ne citerai pour chaque livre que 3 ou 4 raisons qui me donnent envie de les lire ! A vous de vous montrer curieux en cliquant sur les titres pour aller lire les résumer directement sur le site des éditeurs.

Allez, c’est parti!
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Monthly Best Of Culture – Mars & Avril 2017

Fin Mars. Le beau temps était là, l’envie aussi. Mais allez savoir pourquoi, je n’ai pas réussi à me décider sur le bilan. J’en fais ? Je n’en fais pas ? J’ai dressé la liste de ce que j’avais lu, vu, visité. Il y avait de la matière, de la bonne, en plus. Mais je n’ai pas réussi à franchir le pas de l’écriture ; quelque chose me rendait insatisfaite. Et j’ai tout bonnement supprimé tous mes brouillons, renvoyé valser mes bonnes résolutions et laissé au temps la possibilité de me rendre l’inspiration. Qui, peut-être, me fait encore suffisamment défaut pour que je sois aussi peu active, en fin de compte, sur le blog.

Pourtant, l’envie d’écrire, elle, ne me quitte jamais. Tout autant que l’envie de lire. Elles sont indépendamment liées l’une à l’autre, d’une façon parfaitement contradictoire (n’y a-t-il pas d’ailleurs quelque dissonance entre le mot « parfaitement » et « contradictoire » ?). En réalité, je lis beaucoup plus que je n’écris. Ce qui, des années auparavant n’était pas forcément vrai, pas forcément vrai tout le temps – ni dans cet ordre.

Ecrire des chroniques, c’était ma solution en 2014 pour me remettre tout bonnement à écrire, cap que je n’arrivais plus forcément à franchir depuis plus d’un an, si ce n’est davantage. Je prends du plaisir à le faire, à essayer de me rendre plus critique sur ce que j’expérimente, à pousser un peu plus loin mon appréciation, quitte à l’analyser un peu, exercice auquel, par fainéantise, j’oublie parfois de m’appliquer. Autant sur ce que je vois que sur ce que je lis. Cela m’a éveillé, d’une certaine façon, et permis d’entrevoir autrement ce qui pourrait n’être que du divertissement. J’ai aussi envie de me souvenir de ce que j’ai aimé, de pourquoi je l’ai aimé. Et de comprendre ce qui, au fond, me plaît dans ce que je préfère, et inversement.

Peut-être que j’ai encore envie d’écrire autrement. Tout simplement de me remettre à écrire pour de bon. Mais je ne sais pas encore comment, ni quoi, ni sur quoi, ni où.

Le blog, évidemment, je le continue et j’espère bien le nourrir plus souvent. On verra. Vous me suivez ? C’est l’heure du bilan. Et comme je n’ai pas fait celui de Mars, celui-ci sera un bimensuel. On va dire, pour l’exception.

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The Monthly Best Of Culture
Mars & Avril 2017

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LE TOP 3

Double mois ne veut pas dire double TOP, mais un TOP plus difficile à dresser. Il est l’heure de choisir. Mais lesquels ?

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#1 – Avalon de Mamoru Oshii
Catégorie : Film

J’avais beaucoup entendu parler du réalisateur, notamment pour son fameux Ghost in the Shell (l’animé, et non la version live action américanisée et très édulcorée) mais aussi pour sa capacité à réaliser des films complexes, aux multiples grilles de lectures, qu’un seul visionnage ne peut suffire pour tout saisir. Avalon a comblé mes attentes, tant en termes de réalisation que de scénario, d’interprétation, de prises de risque et de soundtracks. La musique de Kenji Kawai est superbe, son duo avec le réalisateur marche définitivement très bien. L’atmosphère est mélancolique, servie par la relative absence de paroles, par le décors sombre, le quotidien répétitif de la vie de l’héroïne, les gestes lents, répétés, la musique aussi et le ton sépia.

Le background, dont l’interprétation est laissée très libre au spectateur, fait rebond aux problématiques modernes que propose le film. Visuellement, c’est fascinant : la couleur dominante de sépia, les prises de vue fixes, répétitives… Le monde réel et virtuel ne font qu’un, rendant la frontière floue, faisant rebond à l’un des thèmes du film. Le jeu vidéo y est mis en scène sans être diabolisé, rendu coupable des dérives de ses utilisateurs. La fuite n’est pas tant du fait du support que de la réalité. Il renvoie au contraire l’être humain à se questionner sur ce qui est, de fait, réel. Le film s’inspire des codes du jeu vidéo, jusqu’à la construction même de ses personnages, autant dans leur vie réelle que dans leur vie virtuelle, et se déroule par étapes (par niveaux).

Le film est fait de multiples détails, pensés avec minutie pour faire sens. Rien n’est cependant explicité, et notre capacité à déduire ou interpréter, traduire les significations et en tirer la réflexion portée par le film, est très largement sollicitée. C’est un film qui demande à être actif, ce qui le rend puissant, intense, mais aussi peu reposant. Un film que je reverrai avec grand plaisir et la certitude d’être à nouveau surprise.

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#2 – L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken LIU
Catégorie : Roman
>>> Lire ma chronique

J’en ai fait une chronique, aussi ne m’attarderai-je pas dessus : Ken LIU nous propose de nous interroger sur l’importance de l’Histoire et de la recherche de la vérité. Il nous impose une question éthique pour réfléchir sur la raison pour laquelle cette recherche est nécessaire. A qui profite l’Histoire ? Qui est concerné ? Quelle part de responsabilités a-t-on sur l’Histoire ? Après l’Histoire ? Sait-on tout de notre passé ? Il s’intéresse notamment à l’Unité 731, créée par les japonais durant la Seconde Guerre Mondiale, et les expériences monstrueuses qui ont été pratiquées sur des êtres humains, que l’on a reconnu récemment comme faisait partie des crimes contre l’Humanité perpétrés, mais qui reste un sujet tabou en Chine comme au Japon. Une partie de l’Histoire que l’on connaît assez peu, en fin de compte, et que l’on a découvert que très récemment, en 1981. Le roman est court, efficace et écrit avec habileté, critique, mais, surtout, sans dirigisme.

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#3 – Phantom of the Paradise de Brian de Palma
Catégorie : Film

Ce n’est pas la première fois que je vois ce film, et je suis autant sous le charme. J’aime son côté pastiche, mélange de comédie musicale à la Fantôme de l’Opéra et de Faust, avec ce côté rock des années 70. C’est un film qui déborde de folie, complètement jouissif et déjanté. Il paraît bancal, décalé, mais est très assumé et parfaitement maîtrisé. Une bande son excellente. C’est de l’énergie pure par laquelle on s’abreuve goulûment, on en redemande toujours. Ce film a beau être sorti des années 70, avec les costumes kitchs et les couleurs criardes, il ne vieillit toujours pas, comme s’il était lui-même habité de son personnage machiavélique, Swann, et avait pactisé avec le diable, comme Faust, pour conserver la fraîcheur de sa jeunesse. Un régal !

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Les très bonnes surprises :

Catégorie BD :

  • Les mystères du monde quantique de Thibault Damour et Mathieu Burrast
  • Dead dead demon’s dededede destruction Tomes 1 à 3 d’Inio Asano

Catégorie livres :

  • La désobéissance civile d’Henry David Thoreau
  • A voté d’Isaac Asimov
  • World War Z de Max Brooks

Catégorie audiolivre ou adaptation radio :

  • Alien : Out of Shadows de Tim Lebbon (adaptation Audiolib)
  • Debout les morts de Fred Vargas (adaptation France Culture)

Catégorie films :

  • Kiki la petite sorcière d’Hayao Miyazaki

Les bonnes découvertes :

Catégorie expositions :

  • Joann Sfar – Salvador Dali, une seconde avant l’éveil à l’Espace Dali

Catégorie films :

  • Yojimbo d’Akira Kurosawa
  • Blow up de Michelangelo Antonioni
  • Cris et chuchotements d’Ingrid Bergman
  • Les figures de l’ombre de Théodore Melfi
  • The lost city of Z de James Gray

Catégorie livres :

  • L’homme à l’envers de Fred Vargas
  • Les portes du néant de Samar Yazbek
  • Rouge armé de Maxime Gillo

Catégorie théâtre :

  • Alimentation générale de Denis Baronnet et Ronan Yvon mise en scène par Frédéric Thibault, au Théâtre du Bélier

Les mauvais élèves :

Catégorie BD :

  • Last hero Inuyashiki tomes 1 et 2 de Hiroya Oku

Catégorie films :

  • Logan de James Mangold
  • Les gardiens de la galaxie 2 de James Gunn

Catégorie expositions :

  • Jardins au Grand Palais

Chroniqués ces mois-ci :

L’atelier des poisons de Sylvie Gibert

C’est le contexte qui m’a attiré en lisant la 4e de couverture, et j’espérais à vrai dire qu’il en soit le sujet principal : le premier atelier de peinture ouvert aux femmes à la fin du XIXe siècle. Il y avait là de quoi faire tout un roman, s’intéresser à un univers hostile aux femmes, ces peintres dont on ne sait presque rien, encore aujourd’hui. L’aspect « policier » m’intéressait moins, mais c’était quand même l’occasion de tenter le mélange des genres. Malheureusement, si les idées qui ont fait naître le roman sont intéressantes, confirmées lors de cette rencontre, je n’ai malheureusement pas été convaincue par le roman. Lire la suite

Phalène fantôme de Michèle Forbes

Pour premier roman, Michèle Forbes signe avec Phalène fantôme une belle promesse littéraire. La quatrième de couverture rend honneur au livre dont il délivre les clés principales : le roman parle en effet de vies ordinaires – ce que j’ai toujours apprécié – qu’il livre amoncelées, papillonnant entre le passé et le présent, plongé dans un contexte historique difficile. Un récit poignant qui m’aura laissé dans un état second, qui se prolonge, et me rend perplexe, mais charmée. Lire la suite

3 pièces de théâtre coups de coeur

Peut-être est-ce parce que l’été vient de sonner à la porte.

Peut-être est-ce parce que la période festivalière de théâtre s’annonce pour bientôt sous un soleil chaud sans doute déjà bien présent entre les murs pâles d’Avignon.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de théâtre. Lire la suite

Mai 2015 – Monthly Best Of Books

Comme promis, nous nous retrouvons pour un billet très court sur la nouvelle version du bilan mensuel de lecture. Il consiste notamment en un classement des trois lectures qui m’auront le plus marquée et suivi de la liste de toutes les œuvres que j’aurais lu en renvoyant soit vers des chroniques soit vers les points lectures s’ils ont déjà été publiés.


TOP 3 – Monthly Best Of Books 

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#3. L’île au trésor de Robert Louis STEVENSON – 8/10
>>> Lire mon avis

l'île au trésor

Genre : Roman Jeunesse
Thèmes : Chasse au trésor, Aventure, Piraterie

3 phrases ou expressions pour le décrire :
« Rafraichissant & entraînant »
« Rôle des adultes et des enfants réalistes, quand bien même Jim est un vrai garçon héroïque »
« Ancré dans le style littéraire de son époque »

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#2. Poison City, tome 1 de Tetsuya TSUTSUI – 8/10
>>> Lire mon avis

poison city tome 1

Genre : Manga, Témoignage, Anticipation, Seinen
Thème : Censure, Métier de Mangaka, Société

3 phrases ou expressions pour le décrire :
« Un sujet passionnant mis en scène dans l’anticipation d’un futur où la censure est de plus en plus présente et de moins en moins opposable »
« Réaliste et très actuel »
« Le manga enchâssé dans l’œuvre apporte une double intrigue dont on attend avec impatience de connaître la fin »

Correction de l’avis :
Contrairement à ce que j’ai dit dans le point lecture, les planches présentes dans le manga ne sont pas liées à l’œuvre de Tetsuya TSUTSUI qui a en effet subi la censure. Il s’agit en réalité d’une œuvre fictive mais suffisamment proche du fameux Manhole pour dénoncer les arguments ayant justifié la dite censure.

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#1. A Silent Voice de Yoshitoki Oima – 8/10
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a silent voice_affiche

Genre : Manga, Drame, Shonen
Thème : brimades scolaires, amitié, adolescence

3 phrases ou expressions pour le décrire :
« Surprenant »
« Justesse des thèmes, des caractères et des émotions »
« Un personnage central très bien traité et approfondi, un visage pluriel dont la psychologie nous captive et nous fait vivre un vrai dilemme »

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La liste exhaustive de mes lectures :

  1. Happy !, tome 5 de Naoki Urasawa – 2/10 (Lire mon avis)
  2. Poison City, tome 1 de Tetsuya Tsutsui – 8/10 (Lire mon avis)
  3. A Silent Voice, intégrale des 7 tomes, de Yoshitoki Ooima – 8/10 (Lire ma chronique)
  4. Le maître des livres, tome 1 d’Umiharu Shinohara – 6/10 (Lire mon avis)
  5. Dans l’intimité de Marie, tome 1 de Shuzo Ochimi – 5/10 (Lire mon avis)
  6. Adrastée, tome 2 de Mathieu Bablet – 6/10 (Lire mon avis)
  7. Chemin perdu d’Amélie Fléchais – 5/10 (Lire mon avis)
  8. L’île au trésor de Robert Louis Stevenson – 8/10 (Lire mon avis)
  9. L’âme du temple, tome 1 : Le livre du cercle de Robyn Young – 7/10 (Lire mon avis)
  10. Reset de Tetsuya Tsutsui – 6/10 (Lire mon avis)
  11. Prophecy, intégrale de 3 tomes de Tetsuya Tsutsui – 6/10 (Lire mon avis)
  12. Manhole, tome 1 de Tetsuya TSUTSUI – 7/10 (Lire mon avis)
  13. Bicycle 3000 de O Se Hyung – 6/10 (Lire mon avis)
  14. Oh boy ! de Marie-Aude Murail – 7/10 (Lire mon avis)
  15. Un îlot de bonheur de Christophe CHABOUTE – 7/10 (Lire mon avis)

Le collier rouge – Jean-Christophe Ruffin

le collier rougeLe collier rouge
Écrit par Jean-Christophe Ruffin
Publié par Gallimard (NRF), 2014
Historique


Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte.
Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit.
Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.
Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.
Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…


Note globale :

6/10


J’ai toujours aimé les livres historiques, et ceux traitant des deux grandes guerres mondiales plus particulièrement. L’axe choisit par l’auteur est ici d’autant plus intéressant qu’il se situe une fois que la guerre (la première) s’est achevée. Les poilus ayant réchappé au pire sont rentrés chez eux, mais certains, comme celui qui nous intéresse, ont encore à subir un jugement. En effet, accusé de trahison envers sa patrie pour un geste dont nous ne saurons l’aboutissant qu’à la toute fin du roman, le prisonnier, ancien combattant, honoré qui plus est, attend l’heure de son jugement. Celui-ci d’ailleurs vient d’arriver en ville, ouvrant sur nous la fenêtre du paradoxe que représente un monde d’après-guerre. Lire la suite

C’est lundi, que lisez-vous ? #26

cestlundi26

Coïncidence ? Cette semaine, je vais souffler ma vingt-sixième bougie et c’est le vingt-sixième C’est lundi que je partage. Peut-être est-ce un signe, pour me signifier que 2015 va être une année exaltante de lectures ? J’ai des bonnes raisons de croire ne pas me tromper là-dessus !

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