Chroniques cinéma·Les bonnes surprises

Shin Godzilla de Hideaki Anno et Shinji Higuchi

Shin Godzilla
Scénarisé par Hideaki Anno
Réalisé par Hideaki Anno et Shinji Higuchi
Interprété par Hiroki Hasegawa, Yukata Takenouchi, Satomi Ishihara…
Sorti en 2016
Film de Kaiju, fantastique


LES BONNES SURPRISES


Après l’adaptation de 2014 par le réalisateur américain Gareth Edwards, le Japon a remis le couvert à son tour et a proposé en 2016 pour une 31e fois sa vision du monstre venu des océans. L’occasion d’observer par le biais de ces deux films l’approche très différente entre le cinéma américain et japonais d’une même histoire. 

Résumé :  » Un raz de marée inonde une partie de la côte de Tokyo. Après avoir pensé qu’il s’agissait d’une catastrophe naturelle, les scientifiques se rendent compte que le responsable de ce désastre n’est autre que Godzilla, une créature géante prête à tout détruire sur son passage.  »  

Conséquence de l’activité humaine et du nucléaire, la créature marine, à l’origine de Godzilla, a évolué en ce monstre géant, colérique, violent et explosif. Dans Shin Godzilla, le réalisateur a d’aillleurs fait le choix de montrer justement une partie de cette évolution. C’est d’ailleurs assez étonnant de la voir apparaître au début, donnant l’impression d’être revenue aux premières heures des effets spéciaux, semble décalé de son temps, et petit à petit subir des métamorphoses à chaque stade d’évolution pour finir par devenir le monstre charismatique, aujourd’hui iconique.

Le premier film Godzilla date des années 50, peu de temps finalement après la Seconde Guerre Mondiale et l’incident du Lucky Dragon, période où les conséquences des bombes atomiques étaient encore un sujet tabou, peu importe de quel côté de l’océan on se trouve. Il n’est donc pas si étonnant de voir la créature personnifier les armes nucléaires, raser des villes entières du Japon, et que soit ainsi abordé, de manière détournée, le drame vécu par les japonais. De fait, le postulat pris dans l’adaptation américaine de 2014, où l’origine de Godzilla est complètement réécrite pour devenir un monstre légendaire venu des fonds des océans pour sauver l’humanité (d’autant plus américaine), renforce d’autant plus l’écart d’approche entre les deux pays. S’il garde ses origines nucléaires, la version japonaise fait également évoluer sa créature. En 2016, Shin Godzilla n’évoque plus tellement la Seconde Guerre Mondiale, mais plutôt des tragédies plus récentes, dont notamment la catastrophe nucléaire de 2011.

Cela est révélateur du genre auquel ces films appartiennent en fin de compte. Ils sont certes tous les deux des films de monstre, et de kaijus en particulier, mais le traitement est radicalement différent. L’adaptation américaine est un film catastrophe et d’action où l’héroïsme individuel est mis en exergue. Il a surtout une portée de divertissement en mettant l’accent sur l’émotion visuelle, travaillant la mise en scène du monstre et la perspective entre celui-ci, gigantesque, et les hommes dont seuls les actes peuvent les approcher du monstre.

Shin Godzilla suit la même lignée que le film original en étant un film de guerre qui parle surtout de la gestion politique de cette crise exceptionnelle et se révèle être une satire du gouvernement et une critique de la politique et de la société du pays, notamment en remettant en question la hiérarchisation par l’ancienneté, la tradition à outrance, la verticalité trop importante des infrastructures gouvernementales. La première partie du film sert principalement à démontrer (et démonter) l’inefficacité de ce système.

La version de 2016 comporte également sa part d’héroïsme, mais celui-ci résulte d’un effort collectif d’individualités tournées vers un même objectif. Cela se voit dans la façon dont le montage et l’écriture des personnages est fait. Si quelques personnages se démarquent, aucun n’est particulièrement mis en avant, ce qui a pour conséquence de les dépersonnifier voir de très mal les construire. (En réalité, le seul personnage véritablement construit et personnifié est Godzilla lui-même.) Les longs dialogues qui jalonnent le film appuient également cette impression, puisque la caméra ne se fixera jamais sur un unique individu mais volera de personne en personne à chaque prise de parole. Cela rend le montage paradoxalement frénétique alors que le film prend également son temps dans son déroulement. Un autre point de différence avec le blockbuster américain est que le film est extrêmement bavard puisqu’il se concentre véritablement sur la cellule de crise mise en place pour gérer la population et trouver une issue.

Shin Godzilla a été pour ma part une belle surprise, en effet. Quand on est habitué aux blockbusters occidentaux, il apparaît même comme un ovni, très rafraichissant d’ailleurs. Il s’adresse peut-être à un public différent. Il est plus intéressant de savoir que l’action n’est pas au cœur du film en allant le voir, même si la créature, elle, reste le point central. Personnellement, je ne suis pas friande de films de monstre, et j’ai cependant apprécié la critique satirique de la politique japonaise et de voir cette mise en scène de la gestion de crise au niveau gouvernemental que ce soit pour trouver une issue ou gérer la communication envers la population ; des choix éthiques qui reposent sur un seul individu; des questions qui restent actuelles sur la militarisation du pays, toujours dépendant des Etats-Unis; etc.


Pour en savoir plus sur tout ce que le film dit en filigramme du Japon et son actualité :



Bilan·Bilans Mensuels

Best Of Mai 2018

Ce mois-ci, je me suis rendue à Florence, en Italie, où Stendhal a donné son nom au fameux syndrome – et il faut dire que la ville regorge d’arts. Il n’est donc pas étonnant qu’il se soit senti pris de vertiges devant une telle profusion ! Malgré nos efforts, nous n’avons sans doute pas vu la moitié de tout ce que la ville peut proposer et pourtant nous avons pu en profiter pleinement, savourant la richesse du patrimoine local et de l’architecture qui, à un tournant de rue, peut soudain vous couper le souffle et qui a largement compensé la météo aléatoire que nous avons eu (même si elle a aussi pu être clémente) !

Mais outre ces quelques jours de tourisme, Mai aura été un mois plutôt faste en découvertes comme vous pourrez le constater dans ce billet !


LE TOP

#1 – Les plafonds du Palais Pitti 

Site du patrimoine, Florence, Italie

Ce n’est certainement pas tout ce qu’il faut y voir, dans ce palais, mais c’est peut-être ce qu’on a vu de plus bluffant. Ces plafonds qui s’élèvent haut et mettent en scène la mythologie romaine. Grandeur, splendeur, on se sent tellement petit en-dessous et si insignifiant ! Et ce n’est pas uniquement question de taille, mais de beauté – tout simplement.

#2 – Senses, parties 1 et 2, de Ryusuke Hamaguchi

C’est quasiment un coup de cœur malgré quelques maladresses en termes de réalisation. En plus il est difficile de vraiment le résumer, quitte à le spoiler, car au fond il parle en toute simplicité du quotidien de femmes au Japon. Quatre tableaux liés par l’amitié que se portent les quatre femmes mises en scène et qui, par réaction à leur actualité et leur entourage immédiat, vont s’interroger sur leur vie. Indirectement et peut-être de la façon la plus naturelle et douce, le réalisateur nous dresse avec finesse une partie du portrait de sa société, à travers la vie et le regard animé de ces quatre personnalités très différentes. De multiples thèmes vont ainsi surgir, avec également – et j’ai beaucoup apprécié de le voir ainsi traité – celui des femmes dans la société nippone.

Quel dommage que la suite n’a pas été à la hauteur, notamment par un défaut d’écriture qui ne s’est pas bonifié au travers des deux autres films – au contraire.

#3 – Mémoires du passé de Charles Szymkowicz 

Exposition temporaire au Musée Civique, Sienne, Italie

L’art contemporain est toujours difficile à apprécier sans explications. Même si les portraits attiraient vraiment le regard et m’ont tout de suite interpellé, d’une certaine façon, je ne suis pas certaine que j’aurais pu apprécier l’exposition sans la vidéo qui y était diffusée – et par chance incroyable, en français ! Le fait qu’elle n’était pas sous-titrée était quand même un peu bizarre étant donné qu’on se situait en Italie. Dans tous les cas, elle suivait et interrogeait le peintre dans sa démarche, son travail de mémoire et sa relation presque corporelle avec la peinture et, plus encore, la matière. Ses tableaux sont en relief, en XXL, et quasiment en 3D mais sans autre artifice que la matière même de la peinture qu’il utilise. C’est assez bluffant de voir les visages sortir littéralement de leur cadre. Difficile aussi de rester impassible devant tous les tableaux sur la guerre, sur l’horreur de la 2e Guerre Mondiale notamment.

Violent mais un rappel nécessaire.


Autres découvertes :

Les bonnes surprises :

  • 2001 L’Odyssée de l’Espace d’Arthur C. Clarke [Livre]
  • The Prince and the Dressmaker de Jen Wang [BD]
  • In real life de Jen Wang et Cory Doctorow [BD]
  • Mars horizon de Florence Porcel et Erwann Surcouf [BD]
  • Collections permanentes du Musée Galilée, Florence, Italie [Exposition
  • Collections permanentes de Les Offices, Florence, Italie [Exposition, Site du Patrimoine]
  • Fantômes et enfers d’Asie au Quai Branly [Exposition]

Les bonnes découvertes : 

  • Senses 3 et 4 de Ryusuke Hamaguchi [Film]
  • Dragon de Thomas Day [Livre]

Les découvertes

  • Trois coups contre ma porte de Michael Roch [Livre]
  • Deuxième personne du singulier de Daryl Gregory [Livre]
  • Rendez-vous avec le crime (Les détectives du Yorkshire, tome 1) de Julia Chapman [Livre]
  • Un manoir aux Cornouailles d’Eve Chase [Livre]
  • La végétarienne d’Han Kang [Livre]
  • Marguerite Duras de Laure Adler [Livre]
  • Glow 1 et 2 de Ray Chou et Vincenzo Ferriero [BD]
  • Senses 5 de Ryusuke Hamaguchi [Film]

Les mauvais élèves

  • Avengers Infinite Wars d’Anthony Russo et Joe Russo [Film]
  • Psychokinesis de Yeon Sang-ho [Film]
  • The Rain, saison 1, de Christian Potalivo et Jannik Tai Mosholt [Série]
Bilan·Bilans Mensuels

Best Of Janvier 2018

Quel temps pourri. Je ne sais pas où vous vivez, mais de là où je siège, cela fait plusieurs semaines qu’on se languit d’un rayon de soleil. Je suis en manque, en manque, en manque. Ronchon, fatigue, fatigue, ronchon, et entre chaque virgule : de la pluie (ou de la neige pour la semaine passée). Oui ! Je râle. Sur mon petit blog, que personne (ou presque) ne doit encore lire (mais à ceux qui le font : cœur pour vous !), j’ai juste envie de râler.

Et peut-être aussi parce que je suis en panne de lecture. J’ai mis un mois depuis mi-décembre à terminer ma relecture du premier tome de la trilogie steampunk-space opera-western spaghetti-uchronie-dystopique-et-tutti-quanti Les foulards rouges (instant pub : je vous en ai déjà parlé ici). Sans doute parce qu’il n’y avait plus l’effet de surprise, j’ai peut-être un peu moins aimé cette seconde lecture – et puis, à cause des personnages et de la romance. Et c’est d’ailleurs ce qui m’a fait arrêter le second tome à sa moitié (que j’ai trainé le reste du mois de Janvier, donc) – un trop plein de ce qui m’a semblé un peu mièvre (je suis de moins ne moins patiente avec les romances, en fait). Pourtant, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit : Les Foulards Rouges, c’est un style efficace et un univers d’enfer. Toutes les fois où l’auteure s’arrête sur son univers, son contexte politique, l’environnement, les décors, les enjeux – la lecture est fluide et passionnante. On s’y voit et c’est très jouissif. Mais, le stéréotype de certains personnages et la relation amoureuse m’ont fait lâcher prise, malheureusement. J’y reviendrai peut-être plus tard : quand j’aurais un peu plus la lecture en poupe. Affaire à suivre, donc !

Mon mois n’a pas non plus été improductif, comme vous allez le voir.


Le TOP

#1 – Lucky de John CARROLL LYNCH

C’est le tout premier film de 2018 et je crois bien le mettre au rang des petits coups de cœur qui font du bien. Une œuvre délicate, humble, sans fard qui s’est révélé un très bel hommage et un très beau dernier film pour l’acteur Harry Dean Stanton. Je n’en dis pas plus car j’essaie en ce moment de travailler sur sa chronique – autant ne pas me spoiler !

#2 – La forteresse cachée d’Akira KUROSAWA

C’est tellement fun à regarder, le cinéma d’Akira Kurosawa.  J’ignorais totalement qu’il avait été une des inspirations de George Lucas pour Star Wars – et peut-être qu’il y a en effet une ressemblance. C’est littéralement un film « grand public », voulu pour divertir, et cela fonctionne très bien. Le film est en noir et blanc, mais ses frasques n’ont pas pris une seule ride, même si on y voit un savoir faire dans le comique et l’absurde, qu’on ne retrouve plus souvent dans le cinéma actuel. Le calibrage est minutieux, et surtout très efficace.

#3 – L’extravagant Mr. Deeds de Frank Capra

En voilà un autre réalisateur bien connu dont j’aime beaucoup la filmographie. L’optimisme de Frank Capra est une bouffée de soleil dans cet hiver un peu trop long. J’aime ses dialogues et sa direction d’acteurs, toujours parmi les plus charismatiques de leur époque. Il nous offre une œuvre pleine de charme, drôle et enthousiasmante, que je pourrais bien revoir à nouveau plus tard. On ne s’en lasse jamais !


Aussi découverts ce mois:

LES BONNES SURPRISES

  • Billy Bat, tomes 1 à 10 de Naoki URASAWA [Manga]
  • Kick-Heart de Maasaki Yuasa [Court métrage d’animation]

LES BONNES DECOUVERTES

  • To your Eternity, tome 4, de Yoshitoki OIMA [Manga]

LES DECOUVERTES

  • I am not a witch de Rungano NYONI [Film]
  • Coco de Lee UNKRICH et Adrian MOLINA [Film d’animation]
  • Goshu, le violoncelliste, d’Isao TAKAHATA [Film d’animation]
  • Miss Hokusai de Keiichi HARA [Film d’animation]
  • Black Mirror, saison 4, de Collectif [Série]
  • Les foulards rouges, tome 1, de Cécile DUQUENNE [Roman]

LES MITIGES

  • Effets spéciaux, à la Cité des Sciences et de l’Industrie [Exposition]

LES MAUVAIS ELEVES

  • Le crime de l’orient express de Kenneth BRANAGH [Film]
  • 3 billboards de Martin McDonagh [Film]
  • Les heures sombres de Joe WRIGHT [Film]
Bilan·Bilans Mensuels

Monthly Best Of Culture – Novembre & Décembre 2017

Avant de commencer les habituels bilans de fin d’année, il me semble quand même important de ne pas oublier un rendez-vous régulier : le bilan mensuel de mes découvertes culturelles. Je pense que je réitèrerai ce format durant 2018, car je le trouve assez pratique, quoi que peut-être avec quelques modifications – légères, toutefois.


THE MONTHLY BEST OF CULTURE

Novembre et Décembre 2017


– LE TOP ! –

#1 – Moi, Peter Pan de Michael ROCH [Livre]

Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir la plume de Michael ROCH dont je connaissais surtout l’excellente chaîne Youtube La brigade de livres. Force et à constater qu’en plus de donner envie de lire, il donne plaisir à être lu. J’ai été envoûtée par sa plume, qui est au cœur de la force du récit. La voix qu’il donne à Peter Pan est incomparable et m’a donné bien plus de satisfaction qu’à la lecture du roman original. Un roman philosophique contemplatif, poétique, mélancolique, musical qui nous plonge dans une transe littéraire que j’ai trouvée jouissive. Courte lecture, mais intense !

***

#2 – L’amie prodigieuse d’Elena FERRANTE [Livre]

J’en avais entendu tellement de bien ; et j’ai été comblée. Je ne sais pas exactement comment classer ce livre. Est-il (auto)biographique ? L’auteur(e) restant inconnu(e), le mystère reste entier. Mais l’impression que le roman imprime n’en change pas moins : il semble authentique. J’ai cru aux personnages, à leur environnement, à leur époque, à leurs histoires, à leurs sentiments et leurs caractères. Là encore, la plume de l’auteur (dans sa traduction française, toutefois) a été un plaisir et joue certainement dans mon appréciation, car c’est surtout l’habileté de l’auteur(e) à rendre ses protagonistes aussi détestables qu’attachantes, agaçantes, étonnantes et plurielles. C’est un roman d’amitié, un portrait de famille, un portrait de femmes et de la société de Naples, dans un quartier pauvre à la fin des années 50. Il est question d’émancipation, d’interdépendance, d’éducation, de classe sociale, de réussite scolaire et personnel, de quartier, de pression sociale, et encore pleins d’autres thèmes. C’est un roman riche, complet, et complètement addictif.

***

#3 – Big Little Lies de Jean-Marc VALLEE [Série]

Je ne parle généralement jamais de série sur ce blog mais c’est surtout parce que ma consommation de séries n’a absolument aucun intérêt. Je ne regarde généralement que des séries « pour ne pas me prendre la tête » et que je trouve souvent objectivement mauvaises, mais qui me distraient pour les moments où j’ai envie de les regarder. Sauf que celle-ci est sortie du lot ; et j’ai été très étonnée de sa qualité. Cinématographiquement, la réalisation est la plupart du temps impeccable ; c’est précis et efficace, sans en faire des tonnes mais en mettant toujours l’esthétique au service du fond. « Presque » impeccable, parce que le choix d’incorporer tout le long des épisodes des interrogatoires menés par la police du voisinage des protagonistes est mal amené et un peu lourd (et un peu stéréotypés).

Du reste, c’est une série étonnante, car tout en étant pris par l’intrigue, on ne sait pas très bien pendant quelques épisodes où on cherche à nous mener. C’est un portrait de femmes mené à vif, très nuancé, toujours critique et surtout très bien interprété. La direction de ce casting en or est excellente, que l’on doit certainement au talent du réalisateur aussi bien qu’à celui de ses actrices et de ces acteurs. Une série qui dresse une critique âpre et sans détour de la société dans laquelle les femmes évoluent et que je vous recommande volontiers !


Aussi découverts ce mois-ci :

Les bonnes surprises :

  • Civil War (T1 des éditions françaises) de Mark MILLAR et Steve McNIVEN [Comics]
  • Faith #4 de Jody HOUSER et Joe EISMA, Kate NIEMCZYK, Marguerite SAUVAGE [Comics]
  • Paper Girl #1 de Brian VAUGHAN et de Chiang CLIFF [Comics]
  • Ernest et Célestine de Benjamin RENNER, Vincent PATAR, Stéphane AUBIER [Film]
  • I wish d’Hirokazu KORE-EDA [Film]
  • Tokyo Godfather de Satoshi KON [Film]

Les bonnes découvertes :

  • The Handmade Tale de Margaret ATWOOD [Roman] >>> Lire ma chronique
  • Mother de Joon-Ho BONG [Film]
  • Card Captor Sakura Clear Card #1 de CLAMP [Manga]
  • Dernière heure #1 à #4 de Yû [Manga]
  • Sacha et Tomcrouze #1 Les vikings de Anais HALARD et Bastien QUIGNON [BD]

Les découvertes :

  • Hell de Yasutaka TSUTSUI [Roman]
  • Entre ciel et terre de Golo ZHAO [BD]

Les mauvais élèves :

  • A silent voice de Naoko YAMADA [Film]
Bilan·Bilans Mensuels

Monthly Best Of Culture – Septembre & Octobre 2017

Cette année, comme tous les jeunes, mon Septembre a été le mois de la rentrée et du changement – changement de boulot et changement d’appartement. Ce qui implique forcément d’être beaucoup moins disponible. Aussi, à moins de faire un TOP 3 avec trois œuvres, il ne me restait plus qu’à patienter Octobre et espérer avoir un meilleur bilan – et que mes vœux soient exaucés !


The Monthly Best Of Culture

– Top 3 ! –

#1 – A Taxi Driver de Jang HOON

>>> Lire ma chronique

Comme je viens tout juste d’en publier une chronique, je vous laisse donc plutôt aller la lire en cliquant ici.
Mais c’est un très bon biopic, un excellent film historique, et un très touchant hommage au chauffeur de taxi qui conduisit un reporter journaliste venu à Gwangju filmer la violente répression militaire envers la population alors que celle-ci luttait pour la démocratie du pays. C’est un film grand public d’une très belle facture, avec un excellent acteur central, des personnages très bien construits, et une mise en scène efficace.
Un énorme succès à la Corée du Sud qui mériterait le même accueil ici !

#2 – Le Cycle des Robots #1 Les Robots et #2 Un défilé de robots d’Isaac ASIMOV

Est-il encore nécessaire de le présenter ?
Ce cycle qui a donné naissance aux Trois Lois de la Robotique, de très nombreuses fois reprises dans les œuvres SF au fil des décennies et encore aujourd’hui et qui est également très souvent citée dans les milieux scientifiques. Isaac ASIMOV se désolait dans un préambule de devenir peut-être le scientifique reconnu pour avoir créé une science fictive, il se révèle en réalité son fondateur. Est-il de fait nécessaire pour vous donner plus envie de le lire ?
Soit : d’une part, c’est très bien écrit. Réputé vulgarisateur, il est aussi bon écrivain, avec un ton décalé à souhait, qui rend la lecture fluide, plaisante, amusante parfois, mais tout en y mêlant un fond à la fois scientifique mais aussi humain, car il traite autant de problèmes mathématiques que de sujets de société. Il parle ainsi de religion, de tolérance, de conscience (humaine et / ou individuelle), de technologie, d’intelligence humaine, d’intelligence artificielle, de la complémentarité ou opposition des deux, de moralité, d’émancipation, de ce qu’être humain veut dire, de l’âme… C’est passionnant, instructif, divertissant, pertinent.
Alors, convaincus ?

#3 – Blade Runner de Scott RIDLEY

Encore et toujours de la SF. Oui – je plaide coupable !
C’est bien un genre qui m’intéresse de plus en plus, car il est très vaste, non seulement en termes de styles, mais aussi de sujets. Il peut être complètement fantasque, à la limite du fantastique ; il peut être divertissant, un page turner, une machine à imagination ; mais il peut aussi être contemplatif et intimiste. Et c’est le cas d’une œuvre comme Blade Runner, du moins l’interprétation qu’en a fait le réalisateur, car je n’ai pas encore lu l’œuvre originale de Philip K. Dick (un jour prochain, sans doute).
Avant tout, c’est un film qui est visuellement fascinant. Sa direction artistique est assez dingue, tellement soignée que malgré les années, il ne semble n’avoir que peu vieilli. Les effets spéciaux ne sont pas aussi dingues en soi que les images d’aujourd’hui, mais ils ont du cachet dans l’univers visuel dans lequel ils s’inscrivent. Ce qui est efficace, c’est le tout que le film compose. Et pour le cas, c’est un film où le fond, le scénario, la musique et l’image sont une unité qui le rendent ainsi particulier et savoureux.

Aussi découverts ce mois-ci :

Les bonnes surprises :

  • La planète des singes de Pierre BOUILLE [Livre] >>> Lire ma chronique
  • Téhéran Tabou d’Ali SOOZANDEH [Film]
  • Vanishing Time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM [Film] >>> Lire ma chronique
  • Le regard de Ken LIU [Livre]
  • Faith tomes #1 à 3 de plusieurs artistes [Comics]
  • Le château des étoiles #1 d’Alex ALICE [BD]

Les bonnes découvertes :

  • The wicked + The divine #1 de Jamie MCKELVIE, Kieron GILLEN et Matthew WILSON [Comics]
  • Mushishi #1 de Yuki URUSHIBARA [Manga]
  • Marie- Antoinette de Sofia COPPOLA [Film]
  • Au-revoir là-haut d’Albert DUPONTEL [Film]
  • Le grand mystère des règles de Jack PARKER [Livre]
  • To your eternity #3 de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Green mechanic #2 de Yami SHIN [Manga]

Les découvertes :

  • La planète des singes #3 Suprématie de Matt REEVES [Film]
  • Riens du tout de Cédric KAPLISH [Film]
  • Sangsues tomes #1 à #5 de Daisuke IMAI [Manga]
  • Comment vivre en héros de Fabrice HUMBERT [Livre]

Les mauvais élèves :

  • Wind river de Taylor SHERIDAN [Film]

Chroniqués dernièrement :


Aussi publié :

Chroniques cinéma·Les Coups de Coeur

A Taxi Driver de Jang Hoon (Festival du Film Coréen à Paris 2017)

A Taxi Driver
Réalisé par Jang HOON
2017
Biopic, Historique
Cinéma sud-coréen
Sur Senscritique – 7,8/10
Sur Allocine – 3,4/5


LES COUPS DE COEUR !


Résumé :
« En mai 1980, un chauffeur de taxi conduit un journalise allemand à Gwangju, en plein milieu du mouvement pour la démocratisation.« 


Excellent. Comment le décrire autrement ? Il s’agit avant tout d’un film historique et d’un bel hommage rendu à ce chauffeur de taxi, dont la réelle identité reste méconnue. Il a conduit le journaliste allemand, Jürgen Hinzpeter, au sein de la ville de Gwangju, pour couvrir le soulèvement de la population qui milite pour la démocratisation de leur pays dans les années 80. Sévèrement réprimée par l’armée qui tire à balles réelles, la violence des conflits est tue par le gouvernement qui bloque tout accès à la ville et censure toute la presse. Ce sont ainsi les vidéos du journaliste allemand qui vont dévoiler au monde entier l’inhumanité de ses actions. Mais le film ne dresse pas le portrait héroïque du reporter étranger, il filme au contraire les événements à travers le regard du chauffeur de taxi sud-coréen, donnant ainsi au spectateur une grande proximité aux événements et à la population et rendant tangible toute l’horreur de cette période.

Il s’agit également d’une œuvre cinématographique dont les qualités sont indéniables. Que ce soit dans la mise en scène, la construction narrative du récit, la mise en place des personnages, le jeu des acteurs, les plans, techniquement et scénaristiquement, A Taxi Driver est de très belle facture, surtout pour un film grand public, abordable par tout type de spectateur, peu importe ses préférences. Son efficacité vient notamment de cette construction narrative, son démarrage en douceur, avec même un ton très léger et un humour présent. Le personnage du chauffeur de taxi, central donc, est une excellente figure qui sert notamment de pivot, pour nous sombrer en douceur, mais inexorablement, dans l’horreur.

Lire la suite « A Taxi Driver de Jang Hoon (Festival du Film Coréen à Paris 2017) »
Chroniques cinéma·Les Coups de Coeur

Vanishing time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM (Festival du Cinéma Coréen à Paris 2017)

Vanishing Time : A boy who returned
Réalisé par Tae-Hwa UHM
2016
Drame, Fantastique
Cinéma sud-coréen
Sur Senscritique – 7.3/10


LES COUPS DE COEUR !


Résumé :
« Après la mort de sa mère, Su-rin, 14 ans, vient s’installer sur une île avec son beau-père. Elle se lie d’amitié avec Sung-min, un orphelin qui partage son goût du mystère et des phénomènes étranges. Avec deux autres garçons, ils partent un jour en forêt pour assister à une explosion prévue pour la construction d’un tunnel. Mais en chemin, ils tombent sur une grotte dans laquelle ils vont trouver un objet qui va bouleverser leur existence…« 


Le 12e Festival du Cinéma Coréen de Paris a eu lieu au cinéma Publicis cette semaine, l’occasion d’y découvrir des films qui n’auraient autrement pas eu la chance de sortir dans nos salles – à fort regret, d’ailleurs. Ces dernières années, après le Japon, c’est la Corée du Sud qui apporte un vent de renouveau dans nos salles obscures. Pour le moment, je n’y ai découvert que de très bonnes œuvres, si ce n’est excellentes, au moins ayant un fort potentiel. Et c’est de même lors de ce festival, des deux œuvres que j’ai vu, l’une est excellente (A Taxi Driver de Jong HOON – dont j’espère vous parler prochainement) et l’autre très prometteuse : Vanishing Time : a boy who returned de Tae-Hwa UDeuxième long métrage du réalisateur, c’est une œuvre qui s’est longuement métamorphosée : d’un thriller noir et glaçant, mêlant un brin de fantastique, l’auteur a finalement changé de regard et y a apporté une teinture fort différente : celle d’une fable fantastique sur l’enfance, sur le passage à l’âge adulte, sur l’ouverture et l’innocence du regard d’enfant, plus prompt à accepter de voir au travers du fantastique, une part de réalisme. Un film qui n’est pas sans rappeler les films de notre enfance, à la fois au niveau du style et de l’ambiance, du sentiment qu’il provoque, comme par exemple Les Goonies de Richard Dooner. Mais attention à ne pas oublier qu’il s’agit d’une réalisation coréenne, et que leur cinéma (en tout cas, celui que j’ai vu jusqu’ici) est souvent empreint d’une certaine part d’ombre, qui en fait un film en direction d’adultes, bien qu’à la portée d’enfants.

Un groupe d’enfants décident de braver les interdits et d’aller voir en montagne les travaux qui sont menés pour créer un nouveau tunnel et qui provoquent des explosions. Lors de leur pérégrination, ils vont découvrir une caverne qui renferme une espèce de trésor lumineux, étrange, dont un des garçons pensent être un œuf du gobelin du temps, dont son grand-père parlait. Tandis que la fille du groupe, et l’héroïne du film, repart dans la caverne pour récupérer une épingle à cheveux que sa défunte mère lui a donnée, l’un des garçons Sung-Min, le héros du film, va casser l’œuf, par curiosité de voir ce qu’il renferme. Une explosion retentit, et la petite Su-Rin échappe de justesse à l’effondrement de la caverne. Mais quand elle ressurgit à l’extérieur, les trois garçons ont disparu.

C’est un film intimiste, oú chacun peut avoir sa propre interprétation sur ce qu’il propose. La jeune Su-Rin ne s’entend pas avec son beau-père, n’a que Sun-Min comme ami, est considérée comme bizarre par ses camarades au regard du blog sur les expériences extracorporelles qu’elle tient. Aussi, quand elle est la seule à revenir de l’expédition et qu’elle est incapable de donner une explication qui parait aux adultes suffisamment raisonnée pour être crédible, elle se retrouve encore plus isolée. C’est là l’opposition des regards entre l’enfant et les adultes qui est mise en scène, marquant le manque d’écoute et d’ouverture d’esprit des adultes, qui, au fur et à mesure des années, s’ancrent dans le réel et ont de plus en plus de difficulté à entendre les paroles de l’enfant, fantasques. Le film réussit en douceur à faire ressentir le sentiment de solitude, d’isolement, de la jeune Su-Rin, qui ne sait plus vers qui se tourner. Et c’est sans doute ce qui explique la facilité avec laquelle elle croira l’histoire de Sun-Min et tentera coûte que coûte de le défendre.

Car le film suit également ce qui est arrivé au jeune Sun-Min et ses deux amis. C’est autour de lui que l’oeuvre met en scène tous les questionnements de l’enfance et le passage à l’âge adulte. Et c’est sans doute dans cette partie du film que la part d’interprétation est la plus forte, la mieux amenée, et la plus marquante. Je pense que, plus tard, lorsque je repenserai à cette œuvre, ce sont ces scènes qui me reviendront en mémoire car ce sont mes passages préférés du film. Toute l’émotion y est juste et variée. On passe des moments doux, amusants et nostalgiques de l’enfance dans sa part d’innocence pure et nonchalante à des moments de gravité oú l’enfant se retrouve soudain confronté à la réalité, aux conséquences de ses actes, et commence à s’interroger sur les lendemains. Il s’interroge alors sur son avenir, sur le sens de ce que « devenir adulte » implique. Est-ce seulement une question d’âge légal ? Est-ce une métamorphose interne ? D’attitude ? Un choix ? Une nécessité ? Toute cette partie est remplie de métaphores, que ce soit dans les dialogues, les actes, la situation ou le décors.

Je pourrais longuement disserter sur le temps arrêté, qui pourrait s’interpréter comme la représentation la plus pure de l’enfance. Cette période de nos vies oú le lendemain est déjà une idée abstraite, alors que le temps présent est tellement riche en possibles. Oú le futur est déjà présent parce qu’il suffit d’imaginer pour y être. Oú on peut passer des heures à jouer ou à lire sans se poser des questions sur ce qu’on pourrait faire de ce temps, qu’on dira plus tard, un temps constructif, c’est-à-dire qui sert avant tout à préparer l’avenir, vers lequel le présent de l’adulte sera alors tourné. Le temps arrêté, c’est l’enfance, parce qu’il est ralenti, il laisse place à l’ennui. L’enfant s’ennuie beaucoup mais c’est aussi une période oú on en a pas peur, parce qu’on a pléthore de temps, ou du moins qu’il semble passer au ralenti. C’est l’enfance aussi, parce qu’il est déterminé à finir un jour, on ne sait jamais vraiment quand, et c’est toute la question. Le temps arrêté comme métaphore de l’enfance, c’est aussi interprétable quand le film met en opposition Su-Rin, qui a toujours 14 ans, et Sun-Min, vieilli de quinze ans, mais qui semble bien moins mature, mais déconnecté et perdu, dans un décalage qui le condamne à une vie, non pas ratée, mais manquée.

Le film met aussi en scène de très beaux passages sur l’amitié, entre Su-Rin et Sun-Min. Etant orphelin, l’amitié de Su-Rin se révèlera pour lui un lien indispensable qui le raccroche à la vie, au réel, à l’espoir d’être reconnu. C’est cette dernière notion qui marque l’émotion autour du personnage de Sun-Min et son désespoir de convaincre Su-Rin de son identité. Une émotion forte car, autrement, si personne n’est capable de le reconnaitre, il serait véritablement seul et n’aurait pas de raison de continuer. Ce qui amène aussi l’interprétation suivante : qu’on n’existe seulement par la reconnaissance des autres de qui on est. Et de fait, la solitude est un des thèmes émotionnels phares du film, qui rend autant plus fortes les premières scènes d’amitié des deux jeunes héros.

Le réalisateur m’a parfois surprise car on ne sait pas toujours oú il veut vraiment en venir. Les scènes de la dernière partie sont notamment assez maladroites, proche d’un mauvais thriller, et manquent de cohérence avec ce qui précède en proposant une résolution qui tire en longueur et paraît un peu décousue. L’intensité n’y est plus vraiment émotionnelle, mais surtout très scénarisée pour clôturer l’histoire, et ce n’est pas forcément très bien amené. Cela révèle une faiblesse de scénario et aussi l’incertitude ressentie sur le film qu’a voulu proposer le réalisateur. Sans cela, l’œuvre aurait gagné en maturité et en cohérence globale. Les acteurs ne sont plus tous égaux. Les toutes premières scènes du film sont assez en-dessous du reste du film, avec une mise en scène, comme ses jeunes acteurs, qui peine à se fluidifier et fonctionner.

Cela n’empêche pas Vanishing time : a boy who returned d’être, malgré ces quelques inégalités, un très beau film, autant visuellement que dans le fond qu’il propose. Le décors, la couleur du film, les variations sont vraiment appréciables et contribuent grandement à l’atmosphère du film. Globalement, je suis vraiment charmée par la proposition et je vous recommanderai bien entendu de le découvrir si on a la chance de le voir sortir dans d’autres salles françaises ou en DVD/Blu-ray.


Bande d’annonce :

Bilan·Bilans Mensuels

Monthly Best Of Culture – Août 2017

Ah, l’été. Mais où es-tu passé ?

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THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Août 2017

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LE TOP

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#1 – The Tatami Galaxy (四畳半神話大系) de Masaaki YUASA
Catégorie : Série d’animation japonaise

Si elle ne compte que douze épisodes (en réalité, onze épisodes, auquel un bonus est venu s’ajouter), il est difficile de la résumer tellement cette série d’animation japonaise est originale – dans tous les sens possibles du terme. On suit onze facettes de la vie étudiante qu’aurait pu avoir le protagoniste (qui ne sera jamais directement nommé) en fonction de ses choix de clubs. Son ambition est pourtant simple : trouver un club qui l’aiderait à mener une vie en rose durant laquelle il se trouverait une copine aux cheveux noirs pour la partager. Mais rien ne semble cependant jamais aller comme il le faut et sa vie étudiante se résume systématiquement à un cuisant échec. Ainsi au fil des épisodes, on suit ses multiples déboires à travers le cercle temporel dans lequel il semble bloqué. C’est un dessin animé surréaliste, complètement loufoque, au dessin à la fois très épuré et très stylisé, qui utilise des techniques mixtes d’animation. Parfois complètement déroutant, souvent dérangé, il est surtout captivant et, dans le fond, plus complexe qu’il ne le paraît.
Derrière sa façade farfelue et décousue, il est en réalité rondement bien ficelé. Si chaque épisode se concentre sur ce qu’il serait arrivé du héros s’il avait fait tel choix de club, et donc étudie l’effet papillon, les épisodes ne sont pas dénués de points communs, tissant des fils difficile à démêler. Il y a des scènes qui vont quasi-systématiquement se répéter, avec cependant des nuances découlant des choix du héros ; des personnages communs que l’on retrouvera dans plusieurs épisodes et qui vont même évoluer (ou alors est-ce notre regard qui est amené à évoluer sur eux ?). Par exemple, il y aura toujours cette scène où le héros croise une vieille voyante qui lui fera peu ou prou toujours la même prédiction, en augmentant cependant son prix de consultation de 1000 yens à chaque épisode – humour de dérision que l’on retrouvera tout le long de la série. Les deux derniers épisodes, les plus conceptuels et qui donnent à réfléchir, servent à décrypter ce que la série laisse transparaître en filigramme, sans pour autant le prémâcher au spectateur.
Bref, c’est court, impertinent, et bien évidemment, c’est topissime (excepté sans doute quelques stéréotypes principalement sexistes…).

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#2 – Prisoners de Denis VILLENEUVE
Catégorie : Film

Après le très bon Premier contact vu en début d’année, j’avais très envie de rattraper ce film si réputé du réalisateur. Et je n’ai pas été déçue pour un sou, d’autant que le casting est vraiment bon. J’ai notamment beaucoup apprécié retrouver Hugh JACKMAN dans un autre rôle que celui dans lequel la saga X-Men l’a enfermé, et dans de biens meilleurs films que les pitoyables Real Steel et Chapie. Et on peut dire qu’il a investi son personnage d’une aura qui m’a fait trembler durant le film. Il a réussi à participer à la tension de celui-ci, par sa prestance, son jeu juste et son charisme. Et bien sûr, Jake GYLLENHAAL, Viola DAVIS et Terrence HOWARD sont loin d’être en reste. En plus de leur excellent jeu, il ne faut pas oublier la réalisation – très bonne, elle aussi. L’ambiance est palpable, l’atmosphère électrique, la violence latente. On n’est jamais tranquille, partagé dans le dilemme moral de ces familles déchirées par la disparition de leurs filles. La langueur du film participe pleinement à sa dureté mais peut aussi faire sentir quelques longueurs – qui, pour le coup, ne m’ont pas trop dérangé.

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#3 – Johnny et la bombe (Les aventures de Johnny MAXWELL #3) de Terry PRATCHETT
Catégorie : Roman

Mon tout premier Terry PRATCHETT ! Et conclusion : il ne sera certainement pas le dernier. C’est un roman jeunesse qui aborde le retour dans le temps, d’une façon très étonnante et crédible. Son traitement est excellent – et peut-être le meilleur que j’ai pu lire en littérature. L’auteur le rend intelligible à son lecteur, tout en l’amenant à y réfléchir, quitte à se retourner le cerveau en le faisant. En plus, il l’intègre dans son histoire, non comme vecteur, mais comme réel sujet, étudiant les conséquences qu’engendrerait un retour dans le temps. Mais Johnny et la bombe, c’est également un roman satirique de la société qui se moque allègrement des stéréotypes racistes et sexistes, tout en faisant vivre à ses personnages une aventure rocambolesque très prenante. C’est très bien écrit et avec une certaine poésie. A offrir à tous les jeunes lecteurs ! P.S. : Nul besoin d’avoir lu les deux premiers tomes pour découvrir celui-ci (c’est d’ailleurs mon cas).

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Les bonnes surprises :

  • Sukkwan Island de David VANN [Livre]
  • Indian Creek de Pete FROMM [Livre]
  • Cérès et Vesta de Greg EVANS [Livre] (voir ma chronique)
  • Les mémoires d’un tricheur de Sacha GUITRY [Livre]
  • Kintsugi de Mélissandre L [Livre]
  • A bout de souffle de Jean-Luc GODARD [Film]
  • Hana-Bi de Takeshi KITANO [Film]

Les découvertes :

  • Que Dios Nos Perdone de Rodrigo SOROGOYEN [Film]
  • Et maintenant on va où ? de Nadine LABAKI [Film]
  • L’été de Kikujiro de Takeshi KITANO [Film]
  • Kids Return de Takeshi KITANO [Film]
  • Zombie Kebab d’Olivier SARAJA [Livre]
  • Solaris de Stanislas Lem [Livre]
  • La malédiction du rubis (Sally Lockhart #1) de Philip PULLMAN [Livre]
  • To your Eternity (#2) de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Rétrospective Walker Evans au Centre Pompidou [Exposition]

Les mauvais élèves :


Chroniqués ce mois-ci :

Autres publications :

Chroniques cinéma·Les mauvais élèves

Baby Driver d’Edgar Wright

Baby Driver
Réalisé par Edgar WRIGHT
2017
Thriller, Musical
Cinéma américain-Britannique
Sur Allocine – 4,2/5 Spectateurs – 3,7/5 Presse
Sur Senscritique -7,4/10


LES MAUVAIS ELEVES


Résumé :
« Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu.« 

S’il est globalement bien réalisé et qu’il se révèle très divertissant, avec des bonnes idées autour de la musique et de l’ambiance qu’il cherche à retranscrire, je n’ai cessé de me demander en le regardant ce qui clochait pour que je sois à ce point en retrait du film. Ce sentiment que, alors que l’écran occupe une large part de mon champ de vision, que l’obscurité de la salle m’empêche globalement de voir autre chose, mes yeux furetaient de droite et de gauche, pour voir si d’autres comme moi n’étaient pas pleinement investis. Il manquait quelque chose à ce film, et j’avais du mal à déterminer quoi précisément.

Sans doute est-ce parce que le film est, si ce n’est bon, du moins prometteur. Visuellement, il est même assez joli. L’ambiance est présente et les propositions faites sont cool. Les scènes d’action sont lisibles – et pour moi qui ai des problèmes aux yeux, j’ai vraiment apprécié que le réalisateur ait fait un montage propre, bien rythmé, que j’étais capable de suivre et d’apprécier. Oui, il sait réaliser techniquement un bon film.

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Bilan·Points cultures

Point Culture (1) Thrillers japonais/américain, film d’animation, fable et musée

Devant la réalité de ma faible production, j’ai décidé de refaire des billets sur cinq œuvres ou expositions/sorties culturelles qui m’ont marquée, de façon positives ou négatives. Je n’en ferai sans doute pas de chronique à part entière, le principe est donc d’en parler de façon un peu plus synthétique pour vous partager rapidement mon avis dessus !

Allez, sans tergiverser, voici le menu du jour :

  • Creepy de Kiyoshi KUROSAWA
  • Get Out de Jordan PEELE
  • Le Grand Méchant renard de et de
  • Le livre de Perle de Timothée de Fombelle
  • Le musée de la Chasse et de la Nature

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