B I L A N | 2 0 1 8

B O N N E – A N N E E – 2 0 1 9 !

2018 EN BLOG

Comme chaque année, il est temps de dresser le bilan de 2018 et je dois admettre qu’il n’y a pas grand-chose à en dire. Cette année n’a pas été très épanouissante pour diverses raisons et l’inspiration en a pris un sacré coût. Je n’avais plus vraiment le cœur à écrire, je ne trouvais pas grand chose à dire de mes découvertes.

En cours d’année, j’ai arrêté de culpabiliser de ma démotivation ; tant pis pour les bilans mensuels que je n’arrivais plus vraiment à tenir ; tant pis pour toutes ces œuvres qui auraient sans doute mérité d’être partagées.

Ce n’est que partie remise ! Car je compte bien être plus prolifique en 2019.

2018 EN CULTURE

Culturellement, 2018 n’a pas non plus été aussi faste et réjouissante que les années précédentes, même si j’ai en réalité fait de bonnes découvertes dans l’ensemble. Je crois simplement que je suis restée très sage et n’ai pas cherché à sortir de mes sentiers battus.

  • J’ai découvert 109 œuvres tout type confondu dont 66% de bonnes découvertes voire de très bonnes surprises.
  • Avec 42 livres découverts, je n’ai pas réussi mon challenge Goodreads cette année, qui était à 60 livres lus en 2018.
    • 1 seul coup de coeur
    • 8 bonnes surprises
    • 17 bonnes découvertes
    • 12 découvertes
    • 2 mitigés
    • 1 seul mauvais élève
  • J’ai vu encore moins de films cette année, seulement 38 ce qui est très peu. Par contre, beaucoup font partie du TOP 10 de 2018, en particulier grâce aux 3 films de Hirokazu Kore-Eda que j’ai vus et qui méritent amplement leur place dans ce top.
    • 1 seul coup de coeur
    • 15 bonnes surprises
    • 6 bonnes découvertes
    • 3 découvertes
    • 4 mitigés
    • 9 mauvais élèves
  • Cette année, je distingue également les documentaires du cinéma dans mes bilans, ça a plus de sens, même si en 2018, je n’en ai découverts que 2.
  • Seulement 14 œuvres dessinées lues (sans compter les tomes des intégrales, par contre), c’est vraiment très peu et ça me manque terriblement.
    • 8 bonnes surprises
    • 2 bonnes découvertes
    • 3 découvertes
    • 1 mitigé
  • 5 saisons de série terminées cette année.
    • 2 bonnes surprises
    • 1 mitigé
    • 2 mauvais élèves
  • Nouveau sur le blog, les jeux vidéo. Je rajoute cette catégorie, bien que je ne sais pas encore si je publierai de chroniques (car je m’y connais très mal). Seulement, c’est un média que l’on connait assez peu en tant qu’œuvres culturelles et je le trouve assez mésestimé alors qu’il y a des perles d’un point de vue artistique, réalisation, scénaristique… A réfléchir pour 2019 ?
    • 1 bonne surprise
    • 5 bonnes découvertes
    • 2 découvertes

2018 EN TOP

Les œuvres ci-dessous ne sont pas classées par ordre de préférence.

Maborosi de Hirokazu Kore-Eda
Maborosi de Hirokazu Kore-Eda
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda
The Third Murder de Hirokazu Kore-Eda
The Third Murder de Hirokazu Kore-Eda
Lucky de John Carrol Lynch
Lucky de John Carrol Lynch
Amour de Michael Haneke
Amour de Michael Haneke
L'île aux chiens de Wes Anderson
L’île aux chiens de Wes Anderson
Une pluie sans fin de Dong Yue
Une pluie sans fin de Dong Yue
Salina les trois exils de Laurent Gaudé
Salina les trois exils de Laurent Gaudé
Soufi mon amour d'Elif Shafak
Soufi mon amour d’Elif Shafak
Billy Bat de Naoki Urasawa
Billy Bat de Naoki Urasawa

2018 EN FLOP

Ready Player One de Steven Spielberg
Ready Player One de Steven Spielberg
Real de Kiyoshi Kurosawa
Real de Kiyoshi Kurosawa
Les gendarmes à New York de Jean Girault
Les gendarmes à New York de Jean Girault
Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi
Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi
Black Panther de Ryan Coogler
Black Panther de Ryan Coogler
Red Sparrow de Francis Lawrence
Red Sparrow de Francis Lawrence
Psychokinesis de Yeon Sang-Ho
Psychokinesis de Yeon Sang-Ho
Outlaw King : le roi hors la loi de David Mackenzie
Outlaw King : le roi hors la loi de David Mackenzie
Sneaky Pete S1 et S2 de Bryan Cranston & David Shore
Sneaky Pete S1 et S2 de Bryan Cranston & David Shore
Ruby Red, t1 de Kerstin Gier
Ruby Red, t1 de Kerstin Gier

2018 EN CHRONIQUES

QUELQUES MOTS SUR 2019

J’ai envie de revenir un peu plus sur le blog et republier des chroniques. Me concentrer sur les œuvres non pas comme objets de distraction (ou pire de consommation) mais comme enrichissement continu de ma culture en prenant le temps de les analyser un peu mieux. Et puis, écrire à nouveau et régulièrement.

Je réitère l’objectif de 60 livres lus en 2019 sur Goodreads, même si ne pas l’atteindre n’est pas si grave. L’idée est de me pousser à découvrir toujours d’avantage. De la même façon, j’aimerais voir au moins autant de films et découvrir 30 bandes dessinées (de tout horizon). Globalement diminuer ma PAL et PAV.

Je vais également essayer de participer au #Feminibookchallenge créé par Opalyne qui propose de découvrir de nouvelles autrices et des lectures autour du féminisme, sujet qui m’interpelle beaucoup. Je ne suis pas très disciplinée en lectures, aussi je ne sais pas si je réussirai à suivre tous les mois et catégories bonus. En revanche, cela me plairait d’essayer de faire des découvertes en ce sens!

Je vais arrêter ce long bilan sur ces quelques objectifs pour 2019. J’espère que vous avez passé une bonne année 2018 et que 2019 sera encore meilleure. A très bientôt sur White Pages !

Une Pluie Sans Fin de Dong Yue

Une pluie sans fin
Réalisé par Dong Yue
Interprété par Duan Yihong, Jiang Yiyan, Du Yuan, Zhen Wei…
Chine
Sorti en Juillet 2018
Thriller
Voir la fiche Allociné


LES BONNES SURPRISES!


Il s’agit du premier long métrage du réalisateur Dong Yue, et c’est d’autant plus impressionnant au regard de la maîtrise qu’il fait preuve dans toute son oeuvre. Il y a peu à reprocher au film, qui hérite des mêmes qualités que ceux attribués en ce moment au cinéma sud-coréen, dont il est vrai qu’il s’inspire fortement. On ne peut éviter les comparaisons plus qu’évidentes avec le chef d’œuvre Memories of Murder de Bong Jong-Ho, à la fois dans la construction du scénario que par l’ambiance sombre, pluvieuse, crasseuse des quartiers notamment industriels.

Le film est passionnant. Et ce n’est pas uniquement dû au mystère de son intrigue. Là où il va se distinguer du film sud-coréen, c’est dans la focale qu’il choisit de mettre sur le milieu de l’industrie chinoise à quelques mois de la rétrocession de Hong Kong et plus particulièrement durant la désindustrialisation d’une partie du sud de la Chine. Ce n’est donc pas tant un thriller qu’un drame social, et c’est dans ce traitement particulier qu’il se révèle excellent, offrant de très beaux plans. Je pense notamment à la course poursuite qui a lieu dans une des industries de la ville, qui m’a le plus marquée.

Le cinéaste chinois a donc choisi d’illustrer à travers l’enquête mené par l’agent de sécurité, Yu Guowei, l’impact à l’échelle des individus d’une mutation économique et sociale d’un pays. Il y a énormément de sous-texte qui sert en ce sens à montrer les évolutions de cette société et la façon dont les différentes générations la subissent.

Un casting irréprochable, une mise en scène et un cadrage efficaces, une ambiance palpable, une esthétique marquante, une musique d’atmosphère adaptée – Une pluie sans fin est une des plus belles surprises cinéma de cette année 2018 et une belle promesse pour ce nouveau réalisateur.  Je ne peux donc que souhaiter d’en voir d’avantage et peut-être avec un détachement du cinéma sud-coréen pour y découvrir plutôt sa propre patte.

Je vous laisse en apprendre d’avantage à travers l’excellente critique d’Aurélien Milhaud sur le site « Le Blog du Cinéma« .

Résumé : « 1997. À quelques mois de la rétrocession de Hong-Kong, la Chine va vivre de grands changements… Yu Guowei, le chef de la sécurité d’une vieille usine, dans le Sud du pays, enquête sur une série de meurtres commis sur des jeunes femmes. Alors que la police piétine, cette enquête va très vite devenir une véritable obsession pour Yu… puis sa raison de vivre. »

Best Of Février à Avril 2018

Après trois mois sans bilan, il faut désormais faire un choix : qui sélectionner pour le Top 3 de ce billet de rattrapage ? Depuis Janvier, j’ai quand même 8 œuvres qui font partie de mes plus belles découvertes de ce début d’année. Mais comme c’est un exercice intéressant et qu’il faut en passer par là, je vais faire au plus spontané – mais est-ce le plus objectif ? Je vous laisse juge vis-à-vis de vos propres appréciations ! (Petite entourloupe pour vous faire partager mon indécision face à l’injustice que ce bilan fera forcément vis-à-vis de certaines œuvres, mais soit ! Allons-y.)


Le TOP!

#1 – Amour de Michael HANEKE

C’est peut-être le choix le plus simple et le plus beau. Il est sublime et très maîtrisé ; mature de par le sujet, l’écriture, les acteurs. Un huis clos qui était pourtant « mal » embarqué à cause d’un texte bien trop littéraire pour être naturel sur les lèvres, du moins c’est l’impression laissée au début, avant que le reste ne l’emporte et qu’on n’y fasse plus guère attention. Ce sont, après tout, des personnes très cultivées, très à l’ancienne, peut-être moins marquées par la modernité du langage parlé de nos jours. Il y a aussi l’interprétation qui, au début, est très théâtrale. C’est une pièce filmée – on l’accepte et puis la fluidité finit par venir.

Des plans fixes, très bien choisis, qui marquent une sobriété de mise en scène et appuient tout aussi bien sur le sublime des scènes jouées. C’est efficace tout le long. Ils accompagnent le long mouvement des acteurs, la lente dégradation d’une vie, la lutte acharnée d’un amour.

Curieux film qui utilise avec parcimonie la musique tout en mettant en scène deux anciens professeurs de musique. Et dont le silence, impérial, fait résonner avec éloquence le point final

#2 – The Third Muder de Hirokazu KORE-EDA

Je vais essayer de ne pas trop en dire car j’aimerais – si je n’oublie pas et quand j’aurais le temps, vraiment – d’en faire une chronique.

Premier thriller que je découvre du réalisateur et c’est plutôt une réussite, même s’il y a certains aspects qui m’ont légèrement moins plu que dans ses autres films. Résumons ces derniers : ses personnages secondaires moins bien travaillés, la relation père-fille dans ses mises en scène, le début du film plus maladroit, en particulier dans sa façon de présenter l’avocat de l’accusé, l’un des deux protagonistes. Mais d’un autre côté, ses défauts font aussi partie de ses qualités : entre autres, le thème de la famille et du père faillible (que l’on retrouve dans beaucoup de ses films) est un second axe de lecture du film qui y trouve un sens particulier et m’a, encore une fois, intéressée ; l’évolution du protagoniste vis-à-vis de ce que l’affaire va lui faire entrevoir de sa vie et de son métier est passionnante ; le thème de la justice, de la peine de mort (dont le film est un plaidoyer pour lutter contre), de la vérité sont brillamment mis en scène. Il y a une certaine maladresse dans ce film, que l’on ne retrouve pas dans ses autres œuvres, c’est vrai. Cela peut le rendre en-deçà de ses films comme After Life, Tel père tel fils, I wish, Nobody Knows… Peut-être aussi que la désignation de « thriller » est erronée ; car s’il y a bien des meurtres, du mystère et une enquête, c’est n’est pas vraiment un film que l’on peut simplement résumer dans cette catégorie. C’est un drame humain et un film social également.

Comme toujours avec Kore-Eda Hirokazu, un film pluriel.

#3 – L’elfe et l’égorgeur de Jean-Philippe JAWORSKI

Difficile de résumer une très, très courte nouvelle !

En revanche, je peux vous dire ceci : c’est de la fantasy, un conte et une réflexion sur l’art de construire un récit.

C’est une gageure, une enchâsse, un plaisir gourmand – l’auteur n’a pas volé sa réputation : son écriture est exquise et exigeante. On ne plonge pas dans son texte comme dans n’importe quel autre : il faut être attentif et prendre le temps de savourer. Il faut accepter l’effort de la lecture, et cela m’intrigue d’en tester sur un texte plus long, pourquoi pas un de ses romans ?

Ce récit, semble-t-il, s’inscrit dans son univers des Vieux Royaumes, je suis donc très curieuse de m’y lancer cette année, surtout que j’en ai deux dans ma bibliothèque qui m’attendent patiemment. En revanche, il est certain que cela ne plaira pas à tout le monde, mais c’est une question de goût – et je vous en laisse juge !

J’apprécie toutefois de retrouver un tel niveau d’écriture dans un des genres de l’imaginaire, que je ne connais encore que trop peu. C’est prometteur !


Aussi découverts ces derniers mois

Les bonnes surprises :

  • Mémoires d’un chat d’Hiro ARIKAWA (Roman)
  • Le robot qui rêvait d’Isaac ASIMOV (Recueil de nouvelles – Cycle du futur #3)
  • Nous allons tous très bien, merci de Daryl GREGORY (Roman)
  • Gemini de X.D. Network (Jeux vidéo)
  • Goshu d’Isao TAKAHATA (Film d’animation)
  • Billy Bat T10 à 20 de Naoki URASAWA (Manga) – Voir la Chronique
  • La forme de l’eau de Guillermo DEL TORO (Film)
  • American Crime Story, Saison 1 : L’affaire O.J. Simpson de Ryan MURPHY (Série)
  • L’île aux chiens de Wes ANDERSON (Film)
  • Marche ou crève de Stephen KING (Roman)
  • Le bâtard de Kosigan T2 de Fabien CERRUTI (Roman)

Les bonnes découvertes :

  • La trilogie Le Seigneur des Anneaux en version longue de Peter JACKSON (Films)
  • Dix petits nègres d’Agatha CHRISTIE (Roman)
  • Annihilation de Alex GARLAND (Film)
  • Les fils de l’homme de Alfonso CUARON (Film)
  • Le bâtard de Kosigan T1 de Fabien CERRUTI (Roman)
  • On a vingt ans pour changer le monde de Hélène MEDIGUE (Documentaire)
  • Je ne suis pas une légende de Catherine DUFOUR (Nouvelle)
  • Contes du jour et de la nuit de Guy DE MAUPASSANT (Recueil de nouvelles)
  • L’art de Naoki Urasawa à L’Hotel de Ville, Paris (Exposition)

Les découvertes :

  • On achève bien les chevaux d’Horace McCoy (Roman)
  • Le bâtard de Kosigan T3 de Fabien CERRUTI (Roman)
  • Card Captor Sakura Clear Card T1 et T2 de CLAMP (Manga)
  • America de Claus DREXEL (Documentaire)
  • Hostiles de Scott COOPER (Film)
  • Petit traité d’écologie sauvage d’Alessandro PIGNOCCHI (BD)
  • Les météorites à la Grande Galerie de l’Evolution, Paris (Exposition)
  • Rime de Tequila Works (Jeux vidéo)

Les mitigés :

  • Sneaky Pete, Saison 1, de Bryan CRANSTON et David SHORE (Série)
  • Monument Valley 2 du studio Ustwo games (Jeux vidéo)
  • Turbo Time Travel V0 et V1 d’un collectif d’artistes (Revue)
  • Westworld, Saison 1, de Jonathan NOLAN et de Lisa JOY (Série)

Les mauvais élèves :

  • Sneaky Pete, Saison 2, de Bryan CRANSTON et David SHORE (Série)
  • Ruby Red T1 de Kerstin GIER (Roman)
  • Black Panthers de Ryan COOGLER (Film)
  • Real de Kiyoshi KUROSAWA (Film)
  • Le gendarme à New York de Jean GIRAULT (Film)

Un dernier bilan pour 2017

(Pas de résolution cette année ; je suis déjà en retard pour mon bilan de 2017 !)

L’année dernière, j’ai fusionné tous les bilans mensuels que je faisais auparavant pour n’en faire plus qu’un seul « Monthly Best Of Culture ». Cela a permis de me simplifier la tâche en ne démultipliant plus les articles chaque fin de mois. Quand on regarde ma régularité, cela a été plutôt salvateur. Je vais donc en faire de même pour le bilan annuel !

Cette année, je vais faire un autre choix : c’en est fini des notes sur dix que j’attribuais jusqu’ici – hormis pour préparer, peut-être, des bilans comme celui-ci (qui seront, vous vous en doutez, rares). Je trouve de moins en moins de sens aux notes que j’attribue. Une notation, cela s’évalue au niveau de l’œuvre ou d’un type d’oeuvre ou d’une filmographie. L’éventail de comparaisons possibles est large mais il devrait surtout être réfléchi et argumenté. Dans un bilan cela se met en parallèle d’autres œuvres où la comparaison sera forcément sommaire, involontaire et dénuée de sens.

En miroir de ce que je fais dans mes bilans mensuels, le classement sera composé de :

  • « les coups de cœur »,
  • « les bonnes surprises »,
  • « les bonnes découvertes »,
  • « les découvertes »,
  • « les mitigés »,
  • « les mauvais élèves »,
  • et peut-être (le plus rarement possible) « les inclassables ».

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La Tortue Rouge de Michael Dudok de Wit

Voilà longtemps que je n’ai pas parlé de cinéma, j’ai donc décidé de choisir un des films que j’ai le plus aimés dernièrement. J’avais un pressentiment positif quand j’ai découvert le projet, que j’ai vu la bande d’annonce et que j’ai appris qu’il serait coproduit par les studios Ghibli, à l’initiative d’Isao Takahata. Et pour cause,  la sensibilité du réalisateur s’y retrouve et nous fait vivre une heure de pur bonheur visuel. Un enchantement à ne pas rater. Lire la suite

Festival OFF – Avignon 2016 | La Religieuse, Théâtre du Chêne Noir

chene noir la religieuseComme chaque année depuis trois ans, mon Festival  OFF en Avignon commence au Théâtre du Chêne Noir. Après La Chute d’Albert Camus et Alice d’après le roman de Llewis Caroll, adapté par le collectif 8, j’ai  encore une fois eu très envie de faire de cette première journée un succès théâtral.

Résultat : je suis conquise. Par la programmation du Théâtre du Chêne Noir,  par mon choix de premier spectacle au festival, et par le collectif 8.

Cette année, c’est un texte difficile, humaniste et actuel, que le collectif a choisi d’adapter. La Religieuse d’après le texte de Diderot n’était pas un choix évident, et j’avoue avoir hésité à le placer en première ligne pour le festival. Mais ayant confiance en la qualité que j’y trouverai, je me suis finalement lancée. Et pour quel plaisir.

Un des charmes du  Collectif 8 est ce rapprochement entre cinéma et théâtre, autant dans le décors que  dans la mise en scène ou le choix et l’utilisation de la musique. Un décors d’ailleurs simple mais efficace : des portes de cellules de part et d’autre d’une cellule au centre amovible. Un lieu confiné, étroit, sombre, glacial, qui nous plonge dans l’ambiance du récit. Les projections sur l’ensemble du lieu, qui complètent et se mélangent au décors aussi bien qu’aux personnages, sont de natures multiples. De la  mise en abyme des lieux (une église, des couloirs obscurs…)  aux montages vidéos en ouverture/fermeture ou à des moments clés, tout sert à nous plonger dans l’atmosphère, emphase de l’horreur vécue.

Il me faut également souligner les excellentes actrices : Gaële Boghossian (qui avait d’ailleurs été sublime dans Alice) et Noémie Bianco, deux voix puissantes, deux présences incroyables sur scène. Si la narration de Gaële Boghossian est un peu en-deçà de ce qu’elle offre dans ses interprétations de personnages, son jeu de narratrice se révèle par la suite  avisé : elle évite en effet toute sur-dramatisation qui aurait alourdi et desservi le texte. Le sourire toujours rivé sur son visage glisse tout le mordant de l’ironie, de l’absurdité, et dénonce par contraste l’horreur. Noémie Bianco n’est pas en reste : toute en justesse et sans jamais perdre pied. Bravo aux actrices, quel talent.

Et puis, il y a évidemment le texte, incroyable et terriblement d’actualité, qui dénonce l’inhumanité de l’intégrisme religieux. L’isolation et l’enfermement au sein d’une communauté étroite et refermée sur elle-même, et  par conséquence, la perversion de l’âme, où conduit l’endoctrinement imposé à l’être.

En peu de mots : une véritable découverte pour ma part et un vrai régal de théâtre. A découvrir.

Bande d’annonce :


La religieuseInterprète(s) : Noémie Bianco, Gaële Boghossian
Metteur en scène : Paulo Correia
Compositeur : Clément Althaus
Costumes : Gaële Boghossian / Romain Fazi
Scénographie : Collectif 8 / Divine Quincaillerie
Chorégraphe : Michaël Allibert
Chargée de production : Vanessa Anheim
Assistante régie : Samuele Dumas
Stagiaire communication : Elisabeth Mory-Lund
Stagiaire : Joy Serradell


Résumé : 

A travers cet émouvant plaidoyer humaniste, Collectif 8 propose une vision d’actualité sur l’endoctrinement, le maintien dans l’ignorance et la dissolution de l’individu dans la communauté. Dans un hymne d’espoir et de liberté, deux comédiennes incarnent Suzanne Simonin, à la fois interprète et observatrice, accusée et avocate, faisant renaitre les fantômes, vierges folles et monstres, de ces vies arrachées, vrillées, emmurées.

Le théâtre est envisagé comme tribunal de l’humanité, le spectateur y est convoqué, questionné, pris à parti.

Entre réalité et fantasme, la création vidéo et musicale nous immerge dans un monde d’hallucinations, de symboles et d’obsessions et porte l’imaginaire aux confins de notre perception.


Informations pratiques :

Théâtre du Chêne Noir, Salle John Coltrane
Du 6 au 30 Juillet 2016
Relâche le 11, 18, 25 Juillet
1h25


Liens :

Informations & réservations : Site du Chêne Noir |  Site du Festival Off

Le site du Collectif 8


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Deux Mille Quinze pour Deux Mille Seize

Et une nouvelle année s’achève,
B O N N E  A N N E E  2 0 1 6 !
nouvel an miyazaki

Avec la fin de 2015 commence une nouvelle vague de bilans : il est de fait temps d’évaluer tout ce qui s’est passé en un an.

D’une part, le blog a pas mal ralenti son rythme en 2015. Je n’ai pas seulement manqué de temps pour lire ou regarder des films, j’ai aussi connu de longues périodes de pannes.

Mais entamons donc ce bilan 2015 ! Lire la suite

Le Petit Prince – Mark Osborne

le petit prince afficheLe Petit Prince
Réalisé par Mark Osborne
Sorti en 2015
Adaptation, Animation


 Synopsis :
« C’est l’histoire d’une histoire.
C’est l’histoire d’une petite fille, intrépide et curieuse, qui vit dans un monde d’adultes.
C’est l’histoire d’un aviateur, excentrique et facétieux, qui n’a jamais vraiment grandi.
C’est l’histoire du Petit Prince qui va les réunir dans une aventure extraordinaire. »


Note globale :
8/10


Que vous dire de cette adaptation du célèbre roman de Saint-Exupéry, Le Petit Prince ? Projet osé, ambitieux, risqué de Mark Osborne qui me laisse dans l’embarras. Je ne voudrais pas paraître trop critique vis-à-vis de ce film alors que j’ai passé un agréable moment de poésie. Avec du recul cependant, je ne peux pas dire que le pari lancé soit tout à fait gagné. Si la réalisation est pas mal, l’animation du récit du Petit Prince superbe et émouvante, le film pêche en ne réussissant pas à jongler entre le respect de l’œuvre originale et un scénario autrement plus édulcoré, trop calqué sur la mode actuelle. Sans être véritablement innovant, ce film est une étrangeté. Et si je l’ai globalement apprécié, il m’a laissé une impression tenace que je n’ai pas su identifier sur le moment. Je m’explique.

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Et si nous parlions cinéma ? #1

top film

Afin de ne pas bourrer les fins de mois de bilans à tout va, j’ai décidé finalement de ne pas me lancer dans des bilans mensuels des films que j’aurais vus. D’une part, car je n’en vois finalement plus tant que ça ; d’autre part, parce que cela me permet de consacrer du temps sur d’autres articles. Du coup, j’ai décidé de faire à la place des tops des films que j’aurais vus, avec un minimum de cinq films à présenter pour qu’il y ait quand même de la matière.

Cela ne veut pas dire que j’arrêterai les chroniques, mais étant donné que mon rythme a quand même chuté, cela me permettra malgré tout de vous présenter quelques titres intéressants ! Et de toute façon, je n’ai pas toujours envie de tout chroniquer.

Aujourd’hui, j’ai donc un Top 6 à vous présenter, et comme toujours, je vous le présente en sens inverse… Lire la suite