Chroniques Livres

Spice & Wolf – Isuna Hasekura

spice et wolf 1
Spice & Wolf #1 d’Isuna Hasekura
Light Novel japonais
Édité par les Éditions Ofelbe, 2015
Jeunesse, Aventure


Déesse de la moisson, Holo est une louve qui peut prendre l’apparence d’une attirante jeune fille. Délaissée par les paysans de son village pour qui les vieilles légendes ne servent plus qu’à effrayer les enfants, Holo décide de rejoindre ses terres natales du Nord à bord de la carriole d’un marchand itinérant, l’énigmatique Lawrence Kraft. Tandis qu’ils découvrent de nouveaux horizons en troquant leurs cargaisons de ville en ville, le duo va apprendre à se connaître et rapidement devenir très complice. Mais méfiance : les faux-semblants, les arnaques et les dangers bordent leur chemin… Le talent divin de Holo pour comprendre la nature humaine leur sera bien utile pour reconnaitre les bonnes affaires et déjouer les tromperies. Êtes-vous prêts à suivre cette charmante déesse dans un voyage initiatique parsemé de plaisirs simples, de rencontres, mais aussi de dangers ?


N’ayant pas achevé ce roman, je ne considère pas ce billet comme une chronique à part entière, pas plus que je ne peux du coup donner honnêtement et objectivement de note à ma lecture. Comme les Éditions Ofelbe, via les partenariats proposés sur Livraddict, ont eu la gentillesse de me l’envoyer, je tenais quand même à tenir compte de ce que j’ai lu jusque-là. Le fait de l’avoir arrêté est autant dû à un avis assez partagé (pour ce que j’en ai lu) qu’au fait même que j’ai du mal à lire en ce moment, ce qui influence du coup mon appréciation. Gardez donc bien à l’esprit qu’il ne s’agit nullement d’un avis définitif et encore moins tranché.

Ce qui m’a poussé à demander ce Service Presse, c’est qu’il s’agit d’un Light Novel, type de roman japonais (correspondant au Young Adult) encore assez peu traduit en France et qui me tentait depuis que j’en avais entendu parler (il y a quelques années déjà !). J’étais donc assez curieuse d’en découvrir et l’idée de promouvoir le travail d’une nouvelle maison d’édition me plaisait plutôt bien. Mais parlons-en donc, de ce livre.

L’objet-livre est assez intéressant : de loin, on pourrait le méprendre avec un gros (très gros) manga. En effet, la couverture est une louve dans un style très reconnaissable. Il faut savoir que beaucoup de light novels sont adaptés (en manga ou en production audiovisuelle) ou sont eux-mêmes des adaptations romans d’œuvres existantes. Celui-ci n’y a donc pas échappé, et on retrouve parsemées dans tout le roman quelques pages entièrement illustrées, offrant une certaine unité peu vue dans les romans : un petit plus qui plaira sans doute aux jeunes aimant la culture japonaise, notamment à travers ses bandes dessinées. Quelques pages en couleur en donnent un avant goût en début et fin de livre – comme une sorte de teasing intégré.

Ce premier tome regroupe visiblement deux à trois volumes de la série originale. J’ai achevé le premier et avancé au premier tiers passé le second. Ce qui m’a frappé en premier lieu, c’est les mécaniques se mettant en place à la base même de l’histoire qui m’ont sincèrement rappelées celles de certains shônens : la rencontre de protagonistes qui trouvent un intérêt commun à faire un bout de chemin ensemble, ce qui va donner suite à une série d’épisodes à la fois connectées et indépendantes. Ici, tous les ingrédients sont là : Lawrence, un marchand itinérant à la recherche d’un profit qui lui permettrait de financer une boutique et devenir sédentaire ; Holo, une déesse-louve qui décide de fuir le village qu’elle protégeait jusqu’alors pour retourner chez elle, non sans avoir au préalable voyager un peu.  Ils ont donc tous deux un but qui les poussent à prendre la route ; la curiosité que ressent aussitôt Lawrence envers Holo le pousse à l’accepter dans son voyage. Le second élément est l’amitié-fascination-attraction qui définie la relation les tissant, les rendant inséparable. Le troisième élément est l’humour, qui est finalement assez typique des mangas japonais. Le quatrième élément, et pas des moindres, est le fait qu’un tome est centré sur une intrigue se clôturant à la fin même du volume. Le suivant ouvrant sur une nouvelle intrigue.

Certes, les deux héros ont un objectif, mais cet objectif est loin, comme dans d’autres romans, de définir une intrigue centrale qui alimenterait l’ensemble de la série. Ici, il y a un contexte et une série d’aventures dans chacun des tomes, semble-t-il. Certains pourront apprécier cet aspect, mais personnellement, je n’ai jamais été fan de ce genre d’histoires, même dans les mangas. Je finis toujours par me lasser, et d’ailleurs ça n’a pas manqué : s’il s’y passe toujours plein de choses, j’ai également l’impression de ne pas avancer dans l’histoire…

Quant au style d’écriture, je l’ai trouvé assez inégal. Des fois trop pompeux, avec des formulations lourdes et quelques fioritures stylistiques, et d’autres fois très fluide, et même plutôt agréable. Par contre, il y a un effet de répétition qui m’a plutôt gênée. Le roman est assez conséquent malgré tout (470 pages) et l’auteur se répète quand même assez souvent, que ce soit dans ses formulations ou dans ce qu’il écrit. Il répète régulièrement les mêmes idées, les exactes mêmes pensées redondantes de ses personnages, et leurs descriptions sans réussir à apporter suffisamment de variation pour éviter l’ennui. Ce que j’aurais pu recommander à l’auteur, c’est de ne pas autant écrire et d’aller plus vite à l’essentiel, quitte à réduire les volumes d’au moins une bonne centaine de pages.

Les personnages m’ont d’abord plu, avant de rapidement me désintéresser car, malgré tout, ils restent assez peu développés et un peu stéréotypés. Holo est un personnage tout-puissant qui décrédibilise tout le long du roman le personnage de Lawrence que l’auteur décrit pourtant comme un marchand aguerri. Certes, Holo a vécu des centaines d’années et a donc beaucoup plus d’expériences de vie ; malgré tout, je trouve que pour une louve ayant passé autant de temps coincée dans un même village, elle s’adapte plutôt rapidement à tous les environnements qu’elle rencontre ; elle sait tout sur tout. Chaque fois que l’auteur prend la peine de mettre en avant Lawrence et son expérience de marchand, ce n’est finalement que pour démontrer à quel point elle lui est supérieure en tout. Son côté immature est sans doute la seule chose qui la contrebalance et lui apporte une nuance… si toutefois ce qualificatif ne se prêtait finalement pas à l’ensemble des personnages. Cela vient entre autre de la légèreté de ton et de l’humour souvent employé dans les œuvres jeunesses japonais (et je pense notamment aux Shônen). Lawrence était encore intéressant au début, mais la façon dont il s’écrase systématiquement et sur tous les domaines face à Holo le rend aussi profond qu’une coquille vide…

Quant au fameux background économique, c’était cet aspect principalement qui m’attirait dans le roman avec le côté voyage itinérant. Mais là encore, j’ai été plutôt insatisfaite du résultat. Pour le premier, il est assez mal exploité, surtout très mal expliqué. Chaque concept que l’auteur met en place apporte des monologues et des pavés conséquents, qui rendent la lecture assez peu agréable, d’autant plus que les explications assez confuses m’ont assez rapidement perdues. Et pourtant, je ne me considère pas comme ignorante (même si je ne suis pas non plus une experte en ces matières). Pour le second point et comme le premier, il est finalement assez mal exploité. Voir même pas du tout. Il y a relativement peu de descriptions, même s’il est vrai que l’auteur arrive assez bien à nous faire visualiser l’environnement direct des personnages. Toutefois, s’agissant d’un monde nouveau, j’aurais bien aimé qu’il s’attarde un peu plus à développer le background (le paysage, le décor, l’architecture, les coutumes locales, l’histoire…).

Finalement, je me rends compte en écrivant cet article que mon avis est finalement plutôt négatif. Je n’arrivais pas à me décider jusque-là mais, au regard de ce que je viens de relever, il s’agit d’une déception. Ce n’est pourtant pas un mauvais livre : il plaira sans aucun doute à ceux qui aiment notamment les shonens et la littérature jeunesse. Il part d’une très bonne idée à la base et la profession qu’exerce Lawrence, un peu moteur dans l’histoire, est intéressante et assez peu vue également. De ce point de vue, le roman apporte malgré tout un certain rafraichissement. Nul doute que Spice & Wolf se détache des productions littéraires du moment. Ça n’aura pas été le livre exaltant auquel je m’attendais, mais je tenais quand même à remercier les Éditions Ofelbe pour m’avoir offert cette opportunité de tester mon tout premier Light Novel.

Un commentaire sur “Spice & Wolf – Isuna Hasekura

  1. Et bien je t’avoue que je pensais que c’était un manga avant de lire ta chronique… LA couverture prête à confusion. Je ne connaissais pas du tout ce terme de Light novel (merci pour l’explication, je m’endormirais moins bête ^^). JE ne pense pas le lire car ça ne m’attire pas des masses et je préfère largement me lire un bon manga shonen à la place =D

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