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The Mortal Instruments, tome 2 – Cassandra Clare

City of Ashes - Mortal instruments 2

Titre – The Mortal Instruments – Tome 2 : City of Ashes
Auteur – Cassandra Clare
Version – Originale, Anglais
Éditions – McElderry Books, 2009
Genre – Jeunesse/Young Adult, Fantastique


« Le monde obscur est en émoi depuis le meurtre mystérieux d’un loup-garou survenu devant le Hunter’s Moon, l’un des repaires de lycanthropes les plus fréquentés de New York. Du côté des Chasseurs d’Ombres, l’Inquisitrice, une femme insensible et austère, est dépêchée par l’Enclave pour s’emparer de l’Institut: Valentin est de retour et une guerre sanglante se prépare.

Pris dans la tourmente des événements récents, écartelés entre coeur et raison, Clary et Jace se lancent à corps perdu dans la lutte sans merci qui oppose les défenseurs du bien aux forces du mal. Une lutte qui les ménera des souterrains de la Cité Silencieuse aux eaux sombres de l’East River… »


Note globale :

7/10


Attention ! Cette chronique parle du second tome de la SAGA. Bien que j’essaie de ne pas spoiler, je vais forcément évoquer des éléments s’étant déroulé à la fin du premier volet. De fait, si vous n’avez pas encore lu le tome 1, je vous recommande de lire plutôt ma première chronique (en cliquant ici).

Le premier tome de la saga m’avait charmé, au contraire du film qui m’avait bien fait rire. Forte de cette très bonne impression, j’ai profité du challenge All in English October pour me jeter sur la suite. Conclusion ? Je suis encore plus conquise. Cassandra Clare a tissé non seulement une intrigue prenante qui continue à nous tenir en haleine tout le long des quatre cent cinquante pages du second volet, mais en plus elle maîtrise l’art de tisser des relations crédibles, touchantes et plus complexes que dans beaucoup de livres du même genre. Or, s’il y a bien une chose que j’apprécie dans ces livres, ce sont justement ces dernières. Je m’explique.

J’ai quitté le tome 1 alors que Clary et Jace découvraient leur lien de parenté et que Valentine s’en est retourné d’où il venait avec l’un des trois Instruments Mortels : la Coupe Mortelle. La mère de Clary étant sauvée des griffes de son mari, elle n’en est pas moins enfermée dans un coma magique dont les Chasseurs d’Ombre (ou Shadowhunters) ne savent pas comment la tirer. Un début chargé en informations, mais également en action, qui nous avait à peine laissé le temps de souffler. Heureusement, nous suivons le point de Clary, ce qui nous permettrait de découvrir comme elle petit à petit ce tout nouvel univers.

Mais le second volet nous détrompe dès les premières pages : il n’en sera pas de même pour ce tome-là. A présent que nous sommes familiarisés avec son univers, l’auteur ne compte plus nous épargner. De fait, nous alternons de points de vue, nous faisant suivre l’intrigue de façon bien moins linéaire. Et c’est efficace

Ce volume met surtout et judicieusement à l’honneur le personnage de Jace qui a vu toute sa vie être chamboulée. Non seulement il apprend que son père n’était pas qui il croyait être, mais en plus il s’agit de la seule personne dont tout son entourage a appris à se défier, et certains même à haïr. Jace se retrouve donc au centre des suspicions, non seulement des Lightwood, qui faisaient pourtant figure de famille pour lui, mais aussi du Clave (est-ce bien le nom français ?) qui décide de lui envoyer la dernière personne qui accepterait de le croire innocent.

Le choix de se focaliser un peu plus autour de Jace était judicieux non seulement parce que l’intrigue se tournait clairement vers lui : on se demande tous s’il se laissera influencer par son père ou non ; mais aussi parce que cela permet de le rendre plus humain et de le sortir un peu du cliché dont je le trouvais un peu enfermé dans le premier tome (voir ma précédente chronique). La complexité de ses sentiments vis-à-vis de son père le rend notamment particulièrement intéressant, touchant et surtout crédible. On commence à sentir ses failles et sa propre sensibilité, bien qu’il reste fidèle à lui-même – et c’est ce que j’ai beaucoup aimé et c’est qui le rend, quelque part, tangible.

J’avais notamment très peur de ce que l’auteur allait proposer dans ce tome, pour plusieurs raisons évidentes. Tout d’abord et avant tout, l’aspect incestueux de la romance qui s’annonçait m’inquiétait, n’étant vraiment, vraiment pas du genre à apprécier ce genre d’histoires torturées. Mais l’auteur s’en sort très bien en laissant de çà et là des indices pour signifier que l’histoire ne s’arrête pas là et qu’une future révélation pourrait bien tout changer. Elle ne cherche de toute façon pas particulièrement à rendre la situation plus sordide qu’elle ne l’est déjà. D’autre part, alors que j’ai craint un énième triangle amoureux de pacotille, l’auteur m’a véritablement surpris dans la façon dont elle a menée ce trio.

Je comprends dorénavant tout l’engouement qui entoure cette SAGA et pourquoi on me l’a si vivement conseillée. D’autant plus que, comme je vous le disais, je prête une très grande attention sur la façon dont les relations sont construites, et pas uniquement la relation amoureuse. Au contraire, j’aime particulièrement quand on complexifie les relations des personnages principaux, mais aussi des personnages secondaires, rendant tout cela crédible. Surtout, on voit une nette évolution des personnages et de leurs relations, sans qu’elle ne sorte non plus de nulle part. Seulement, ils grandissent, apprennent de leurs erreurs et changent leur façon de voir les choses. Et de façon bilatérale : le plus gros point positif.

Alors que tout aurait pu accentuer l’aspect Mary/Gary Sue des deux héros, d’autant plus qu’ils se révèlent posséder des dons uniques, Cassandra Clare parvient à les éloigner des clichés. Et c’est particulièrement vrai pour le personnage de Clary. Malgré le fait qu’elle soit la première et seule personne capable d’interagir avec les runes comme elle le fait (je n’en dis pas plus), elle n’en reste pas moins une adolescente de 16/17 ans plongée dans un univers qu’elle ne maîtrise pas et qui la dépasse. Jace le dit lui-même : « Sometimes it’s hard even for me to know what you really are. » c’est-à-dire si elle doit être considérée comme une Chasseuse d’Ombre, ce qu’a révélé la fin du premier tome, ou si elle n’en reste pas moins une fille ordinaire.

Ainsi l’auteur prend bien soin de nous rappeler que tout cela, tous ces mythes, cet univers est nouveau pour Clary et qu’elle est loin d’y avoir encore sa place. Le fait même que nous ne restons plus focalisé sur son point de vue le prouve : tout son entourage tente de l’écarter du danger en prenant le devant de la scène à sa place. Que ce soit Luke, Simon, Jace ou même Alec et Isabelle, voire Maia. Il lui faut donc lutter non seulement contre ses propres craintes mais aussi contre celles de son entourage pour s’imposer.

Le seul léger bémol est la surdose d’humour qui parfois est mal placée. Comme je l’ai dit dans précédente chronique, j’adore le second degré de Simon, parce que c’est précisément mon type d’humour. Mais dans ce second tome, j’ai l’impression que c’est devenu le cas de tous les personnages, ce qui m’a un peu rendu perplexe. Surtout, à certains passages, je le trouve mal placé et je n’ai pas réussi à prendre ces moments-là au sérieux.

Ce n’est toutefois qu’un détail mineur, non seulement parce que cela n’est plus le cas dès la troisième et dernière partie du roman et parce que l’ensemble de second tome n’en reste pas moins excellent. J’ai été prise dès le départ par l’intrigue, par les relations et par l’ambivalence des sentiments des personnages : ceux de Maryse Lightwood vis-à-vis de Jace ; ceux de Luke vis-à-vis de Jace, de Valentine et de Clary ; ceux de Clary vis-à-vis de Simon, de Jace et de Valentine ; ceux de Jace vis-à-vis des Lightwood, de Clary et de Valentine…

Aucun doute que je lirai la suite. La seule question est : quand ?

Affaire à suivre !

 

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