Chroniques Livres

The Mortal Instruments, Tome 1 – Cassandra Clare (+ VS Adaptation)

Mortal instruments 1 - City of bones

Titre – The Mortal Instruments – Tome 1 : City of Bones (titre français : La coupe mortelle)

Auteur – Cassandra Clare

Version – Originale, Anglais

Édition – McElderry Books, 2007

Genre – Jeunesse/Young Adult, Fantastique


« Quand Clary Fray se rend au Club Pandemonium à New York, elle ne s’attendait sûrement pas à assister à un meurtre. Encore moins un meurtre commis par trois adolescents recouverts d’étranges tatouages. Voilà comment Clary rencontra pour la première fois les Shadowhunters (ou chasseurs d’ombre, en français), des guerriers voués à protéger la terre des démons et à maintenir la paix avec les vampires et les loups garous. Voilà comment elle rencontra également pour la première fois le superbe Jace aux cheveux d’or. En pas moins de vingt heures, Clary se retrouve propulsée dans le monde de Jace avec en tête de prendre sa revanche, alors que sa mère vient d’être capturée et qu’un démon l’a attaqué. Pourquoi des démons s’intéresseraient-ils à une fille ordinaire comme Clary ? Comment se fait-il qu’elle parvienne à les voir ? Les chasseurs d’ombre aimeraient bien le savoir.. »


 Note globale :

7/10


Il y a quelques mois, j’ai vu le film Mortal Instruments et, je l’avoue, je n’ai pas réussi à le prendre vraiment au sérieux (voir la seconde partie de la chronique). Mais si je suis allée jusqu’à lire le premier volume, c’est que, malgré une adaptation assez mauvaise, j’ai trouvé l’univers fantastique intéressant et j’avais envie de voir comment il était développé dans le livre. Autant dire que j’ai très bien fait : le premier volume m’a plutôt enthousiasmé et j’ai déjà envie de lire la suite.

Une chose m’a surprise quand j’ai commencé à le lire (en anglais), c’est la difficulté que j’ai éprouvée, au début en tout cas, à m’adapter au vocabulaire employé. Avant tout, parce que je ne connaissais pas les termes liés aux mythes et à la magie, mais aussi parce que Cassandra Clare a un style un peu plus travaillé que je ne m’y attendais. Quoi qu’il en soit, l’auteur parvient très aisément à retranscrire le caractère de son personnage principal – Clarissa Fray – ce qui nous permet non seulement nous immerger rapidement dans son histoire mais aussi de l’apprécier.

Clarissa vit avec sa mère, adore l’art et projette de passer son été dans un atelier de dessin qu’elle a elle-même payé grâce à ses économies. Elle a tout, semble-t-il, de l’adolescente classique, sauf qu’un soir, elle assiste à un meurtre. Un meurtre perpétré par trois adolescents se décrivant comme des chasseurs d’ombre envers un garçon qu’ils disent être un démon. Un meurtre auquel elle n’aurait pas dû assister, si elle n’avait été qu’une fille ordinaire, s’attirant la curiosité d’un des chasseurs d’ombre. Quand sa mère disparaît soudain et qu’elle se fait attaquer par un démon, la jeune fille n’a pas d’autre choix que de suivre Jace et de plonger dans une autre face du monde où tous les mythes existent, ainsi que la magie.

Un premier point très positif, c’est que nous plongeons rapidement dans le sujet et dans l’action : tout commence lorsque Clary et Simon, son meilleur ami, se retrouvent en boîte de nuit et où elle va assister au meurtre. Mais Cassandra parvient également à mesurer l’action afin d’insérer également les scènes nécessaires pour nous faire immerger en douceur dans son univers. En commençant son livre de la sorte, elle nous annonce directement la couleur, mais elle revient assez rapidement dans le monde réel tel qu’on le connaît. Ainsi, on se retrouve exactement dans la même position que Clary. On a les mêmes appréhensions et les mêmes interrogations qu’elle, et on ressent parfaitement toute la surprise, la peur, l’émerveillement et l’excitation que tout ce qu’elle découvre provoque en elle.

L’auteur est gourmande en explications et nous en fournit très rapidement : on comprend assez vite comment fonctionne l’univers des chasseurs d’ombre, comment ils sont organisés, pourquoi les humains ne peuvent les voir, etc. Et tout en donnant suffisamment de détails pour crédibiliser son univers, elle réussit à ne pas trop en dire, justement pour nous laisser la possibilité de nous interroger et d’anticiper. Heureusement, le livre est finalement assez différent de son adaptation et j’ai finalement pu me détacher de celle-ci et me laisser surprendre.

Un autre point très positif, c’est la construction des personnages. Pour une fois, même si la plupart du temps, tout tourne autour de Jace et de Clary – romance oblige – les personnages secondaires sont assez bien représentés et bien construits – même si on aurait pu espérer les voir plus souvent. Si chacun n’échappe pas à un certain archétype, j’ai trouvé que l’auteur parvenait assez bien à les contrebalancer tout en glissant quelques bonnes idées (que je vous laisse découvrir).

Ma réelle surprise, ce fut Simon. On a l’habitude de trouver dans ce genre d’histoires des personnages secondaires, les meilleurs amis, les outsiders, qui sont souvent un même archétype : un peu maladroit, avec un humour niais, naïf et très simplet. Et si Simon, de prime abord, donne cette impression, il s’en écarte assez vite, je trouve. Bien sûr, il est maladroit et il semble complètement perdu dans ce monde fantastique mais ceci est très vite expliqué par le fait que, contrairement aux autres, il n’est qu’un garçon ordinaire, c’est-à-dire qu’il n’est pas sensé savoir que ce monde existe ni même le voir. Cela permet d’avoir les explications nécessaires pour approfondir cet univers qui se déroule dans notre propre monde avec un personnage qui, comme nous, est en train de tout découvrir. Pour autant, Simon est aussi un personnage avec un certain humour, tournant tout à la dérision, et je l’ai trouvé assez mature, peut-être le plus mature de tous. Vous l’aurez compris, il a été un de mes préférés, avec Luke. Je dois avoir un certain faible pour les outsiders…

En réalité, ceux qui malheureusement souffrent le plus de ces stéréotypes, ce sont finalement les deux héros. Ce n’est pas encore du Mary/Gary Sue – heureusement ! – mais si ce n’était la mesure que l’auteur a pris soin de mettre, ils s’en rapprocheraient quand même. Clary est la fille qui se croit banale, mais qui est en réalité (selon les dires de Jace et des autres) une fille belle, intelligente, qui a de la répartie et du caractère, et bien sûr un énorme grand cœur et du courage… Jace est le mystérieux et sombre héro torturé, se cachant derrière une répartie cinglante et froide, qui joue les guerriers solitaires et à qui tout réussit (mais qui a un sombre passé devant nous inspirer de la compassion). Ajouté à cela, c’est THE beau gosse.

Autant dire que, pour romance, vous aurez droit aux « Je t’aime moi non plus », avec d’un côté Clary, dont les pensées nous sont révélées et qui ne voie que lui, ne jure que par lui et ne s’inquiète que pour lui – à se demander si elle oublie parfois que sa mère a disparu et pourrait être torturée ou morte pendant tout ce temps. Et de l’autre, un Jace froid, sarcastique, moqueur, mais qui ne peut s’empêcher de la sauver, quitte à se mettre en péril – et ses amis avec lui, qu’il oublie un peu au profit de la belle dont il avoue trouver magnifique et irrésistible.

Pour autant, si ce schéma-là est un classique du genre, je dois admettre que ça marche quand même plutôt bien. Oui, je plaide coupable ! Et je dois dire que l’intrigue y joue beaucoup : celle-ci est suffisamment bien menée pour que non seulement ces stéréotypes ne soient finalement pas du tout gênants, mais qu’on ait envie de savoir la suite, surtout quand on arrive à la fin du livre. Bien joué, Mme Clare !

On s’attache aisément aux personnages et même à l’univers qui est assez sombre et complexe, régi par des ordres, une certaine hiérarchie dont on commence à peine à entrevoir l’ampleur. Dans ce premier volume, Cassandra Clare dresse ainsi un portrait volumineux, déjà très coloré, de notre monde où les mythes existent, avec non seulement des personnages biens construits et attachants mais également une intrigue qui nous tient en haleine de bout en bout et nous laisse plein de questions pour la suite. C’est donc un pari réussi et une bonne surprise que j’ai trouvé dans ce premier volume. Autant dire que je m’attaquerai au second avec plaisir !


Le film VS Le livre

Mortal Instruments
Une petite note rapide sur mes impressions sur le film, vis-à-vis du livre. Attention : Je ne peux pas garantir d’éviter de spoiler certains passages (un en particulier) mais je ne dis rien quant à l’intrigue principale.

Infos sur le film sur Senscritique. – Note globale du film : 3/10


Oui, je sais, la différence des notes est drastique ! Mes premières impressions sur le film ont vraiment été très mauvaises. Je n’ai pas du tout aimé le casting et le jeu… A présent que j’ai lu le livre, je dirais que le film est encore plus adolescent, beaucoup moins sombre et approfondi. Le scénario respecte les grandes étapes du livre, mais il est assez bâclé. A part quelques scènes, rares, je n’ai pas du tout adhéré à ce que je voyais, même si l’univers, lui, semblait intéressant – notamment parce que j’aime les mythes et les histoires qui les utilisent en règle générale. Mais le film manque vraiment de nuance et de justesse.

Les personnages, s’ils font la qualité du livre, sont dans le film beaucoup moins construits : on a affaire à des stéréotypes de toutes les romances jeunesses qu’on a pu voir passer au cinéma, voir à la télévision. L’exemple le plus frappant, c’est Simon. Comme je le disais plus haut, il est finalement le seul capable de prendre du recul sur la situation et se révèle étonnamment posé et mature sur les situations étranges qu’il vit – et même vis-à-vis de sa relation avec Clary. Dans le film, on a affaire à un vrai benêt, maladroit, stupide, niais… bref, l’outsider qui exaspère plus qu’autre chose.

Je pense surtout à la scène où Clary, Simon et toute la troupe se rendent chez Dorothea pour la troisième fois (il me semble). Dans le film, Simon n’est même pas là, il est chez lui parce qu’il boude son amie d’avoir préféré le beau Jace à lui. Dans les deux cas, c’est Simon qui les sauve in extremis mais la différence de traitement est évidente dans les intentions : alors que dans le livre, Simon décoche habilement une flèche sur une fenêtre afin de laisser la lumière passer et faire fuir le démon qui attaque ses amis, ce qui démontre que derrière son attitude légère et maladroite, il est en réalité plus vif d’esprit qu’on ne le pense et est un vrai soutien, et pas seulement moral ; dans le film, on dirait qu’il les sauve par erreur, parce qu’il aurait été mordu en réalité par un vampire, ce qui lui prêterait une force surhumaine. Je ne sais pas encore quel développement l’auteur a prévu pour lui, peut-être qu’il devient par la suite un vampire, je ne sais pas, le livre n’en parle pas du tout. Toutefois, je trouve que cette différence de traitement ne le rend pas du tout justice et est assez parlant de la stigmatisation des caractères de jeunes héros vus par les producteurs / réalisateurs.

Quant à la romance entre les deux héros, si elle marche bien dans le livre, je n’ai pas du tout réussi à rester sérieuse devant l’interprétation qui en est faite. J’ai ri, tout simplement, car le ton sarcastique de Jace est quasiment absent de sa voix et de son attitude, ce qui le rend assez ridicule, en réalité…

Les effets spéciaux sont relativement bons, sans plus, et les décors sont pas mal faits aussi. Il n’y a pas vraiment que du négatif : on sent déjà l’univers que l’auteur a créé et c’est ce qui m’a intrigué. Seulement, le film ne développe pas bien le potentiel offert par le livre. Alors je suis bien contente d’être passée outre cette première impression et de m’être plongée dans le livre, car je serai sans doute passer à côté de cette série qui s’annonce très bien.


Si, comme vous l’aurez compris, je n’irai pas voir le second film en 2015, ce n’est pas le cas du second tome qui m’attend chez moi et que j’ai hâte d’entamer. Je vous dis donc : affaire à suivre !

Un commentaire sur “The Mortal Instruments, Tome 1 – Cassandra Clare (+ VS Adaptation)

  1. Une saga coup de coeur pour ma part, moi aussi j’ai découvert les livres en regardant le film ^^. Tu verras la suite et encore meilleure ! Je trouve que l’auteure a une imagination débordante et j’ai beaucoup aimé l’univers ^^

    1. C’est surtout l’univers que j’ai apprécié dans le film et dans le livre les personnages se sont vraiment révélés. J’ai hâte d’entamer le second tome !
      Mais j’ai encore 2 lectures à terminer avant de le faire. 🙂

    1. Les livres jeunesses sont parfaits pour se mettre à la lecture en anglais ! Au bout d’une dizaine de pages, on se fait facilement à la langue. C’est surtout le vocabulaire qui est difficile au début à assimiler mais je te le recommande en VO si tu as l’occasion. Ca évite pas mal les mauvaises traductions…
      En tout cas, j’espère que tu aimeras, n’hésite pas à me le dire ! 🙂

Laisser un commentaire