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The Maze Runner, tome 2 – James Dashner

themazerunner 2 the scorch trials

Titre – The Maze Runner, Book 2 : The Scorch Trials (L’Epreuve, T2 : Terre Brûlée)
Auteur – James Dashner
Version – Originale, Anglais
Éditions – Chicken House, 2014
Genre – Jeunesse, Science Fiction, Dystopie


Et si la vie était pire hors du labyrinthe ? Thomas en était sûr, la sortie du Labyrinthe marquerait la fin de l’Épreuve. Mais à l’extérieur il découvre un monde ravagé. La terre est dépeuplée, brûlée par un climat ardent. Plus de gouvernement, plus d’ordre…. et des hordes de gens infectés en proie à une folie meurtrière errent dans les villes en ruines. Au lieu de la liberté espérée, Thomas se trouve confronté à un nouveau défi démoniaque. Au coeur de cette Terre Brûlée, parviendra-t-il enfin à trouver la paix… et un peu d’amour ?


Note globale :

3/10


Attention ! Ceci est ma chronique du second tome, et bien que j’essaie d’éviter de spoiler les livres, je ne pourrai m’empêcher d’évoquer des éléments du premier tome. De fait, si vous n’avez pas encore lu ce dernier, je vous invite à vous orienter en premier lieu vers ma précédente chronique en cliquant ici !

A la fin du premier volet, j’étais assez enthousiaste vis-à-vis de cette série. Bien qu’il ne soit pas exempt de défauts, le premier tome avait instauré une atmosphère anxiogène dans le labyrinthe, une intrigue intéressante et un rythme de lecture qui donnait envie dès la fin du premier tome de lire la suite. Ce que j’ai donc fait, mais arrivée aux quelques cent premières pages, mon enthousiasme a commencé à retomber. Non seulement, les défauts du premier tome sont toujours problématiques, mais ils se révèlent encore plus marqués dans ce deuxième tome. Je m’explique. 

Le rythme de lecture est toujours aussi élevé, les chapitres aussi courts et les cliffhangers omniprésents. Seulement, la même mécanique ne suffit pas à nous maintenir en haleine. Dans le huis-clos que représentait le labyrinthe, elle permettait de mettre de l’action dans une situation où celle-ci reposait sur quelques éléments prédéterminés à l’avance : les grievers, le fonctionnement du labyrinthe (par exemple, la fermeture des portes à la même heure tous les soirs), les règles établis par les Gladers (« blocards » en français, si je ne me trompe pas)… Certes, ces éléments évoluent, les règles changent, au fil de l’histoire, mais ceux-ci sont finalement en nombre limité. Et pourtant, cela suffit amplement à instaurer une situation et une atmosphère anxiogènes qui tenaient le lecteur en haleine. L’action était assez bien distribuée, malgré quelques petites longueurs dues aux réflexions répétitives du héros, et la mécanique se déroulait bien.

Or, dans ce second tome, il n’est non seulement plus question d’une situation de huis-clos (les terres brûlées n’ayant aucune limite réellement établie) mais en plus les éléments sont cette fois imprévisibles, et les règles de l’épreuve données par WICKED sont pratiquement illusoires : atteindre un point B dans un temps réparti. Autrement dit, dès le début, on peut craindre une linéarité du scénario – ce qui est le cas – mais étant annoncée dès le départ comme une intention de l’auteur, c’était donc que l’intérêt de ce second tome devait être ailleurs. Et en effet il semblerait que James Dashner ait ici volontairement disposé ses personnages dans une situation inversée du premier tome : aucune frontière à l’univers qui les entoure et aucun élément donné non plus à l’avance. Ils sont donc voués à découvrir par eux-mêmes au fur et à mesure qu’ils progressent ce qui les attend par la suite.

L’idée, encore une fois, est assez bonne. Tout comme le labyrinthe proposait des fondements intéressants, notamment dans ce qu’il induisait indirectement – la situation de microcosme, par exemple – les terres brûlées se présentent comme son inverse opposé où l’instinct de survie immédiat des héros va être mis à rude épreuve. Il n’est donc plus question de prévoir, se préparer, réfléchir et agir, mais tout simplement d’être le plus réactif,  le plus endurant possible et de persévérer à avancer, malgré tous les obstacles qui vont se présenter.

L’aspect aléatoire, imprévisible, des éléments conditionnant l’action est donc primordial. Pour autant, je n’ai hélas pas été emballée par le résultat donné. Au final, j’ai eu l’impression que James Dashner a essayé d’instaurer un univers à la Lewis Caroll (auteur d’Alice aux pays des merveilles) sans toutefois parvenir à ses fins. C’est-à-dire que d’une part il essaie de reproduire l’aspect absurde d’un univers dont les lois sont connues que de lui-seul où rien n’a de sens si ce n’est pour lui-même ; d’autre part, il tente malgré tout d’y associer une certaine cohérence vis-à-vis de l’intrigue initiale (celle d’un monde dévasté par un dérèglement climatique et la maladie incurable) et de ce fait, tente d’expliquer un monde justement caractérisé par son incohérence… Le problème, c’est que ces deux approches contraires ne pouvant décemment pas être menées de façon simultanée, il en résulte un univers brouillon, peu construit et qui, du coup, manque de crédibilité.

De plus, si le premier tome réussit à apporter aux lecteurs suffisamment d’indices pour percevoir une réelle intrigue sous-jacente aux épreuves, ce second tome malheureusement manque à ses devoirs. En voulant absolument maintenir le mystère, James Dashner oublie quasiment de nourrir la curiosité de son lectorat. Certes, laisser des questions en suspens est compréhensible, mais dès lors qu’on passe d’un livre à un autre, on a quand même envie, besoin, de sentir qu’on progresse, qu’on commence à y voir plus clair. Mais les rêves de Thomas, s’ils étoffent les indices déjà donnés dans le précédent tome, n’apportent pas assez de matière. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais cela laisse penser qu’au moment où l’auteur a écrit ce tome, il n’avait encore qu’une certaine idée de la façon dont il devait finir son histoire.

Alors, certes, il se passe beaucoup de choses dans ce tome, mais on ne progresse nullement dans l’intrigue. Et ça, c’est le véritable échec de l’auteur car l’action, même permanente, ne suffit pas. Au contraire, à vouloir mener ses lecteurs dans un enchevêtrement d’événements, l’auteur oublie l’essentiel : d’une part,  comme je viens de l’expliquer, la construction d’un univers crédible et la progression dans la véritable intrigue, mais aussi la construction de personnages intéressants.

Ce que j’ai craint dans le premier tome vis-à-vis du personnage principal, Thomas, s’est avéré entièrement vrai dans ce second tome. Thomas devient ainsi un Gary Su en puissance qui, s’il ne me laisse de marbre, m’agace profondément.

1) Parce que l’auteur délaisse complètement les autres personnages, qui deviennent des pantins insipides et creux – et dont le plus bel exemple est Newt. Newt était supposé être un personnage phare dans la hiérarchie des Gladers dans le premier tome et, avec Minho, un de ceux qui ont le plus compté socialement pour Thomas. C’était donc un personnage assez central, bien qu’il souffrait déjà de quelques latences de construction (mais comme la plupart des personnages). Dans ce deuxième volume, il est supposé être la « glu », comme l’indique son tatouage, c’est-à-dire celui qui allait permettre au groupe de rester uni dans les épreuves malgré toutes leurs divergences, leurs désaccords, malgré la peur, etc. En réalité, il ne doit pas être évoqué plus de 5 fois dans tous le roman, ne parle qu’une dizaine de fois pour ne rien dire, et ne fait jamais preuve de son soi-disant rôle. Newt ? Un poids de trop, finalement.

Deuxième exemple, Minho faisait partie des personnages les plus intéressants du Labyrinthe avec Gally de par sa dualité : notamment lors de la scène de nuit où, malgré son statut de chef des Runners (coureurs, en français ?) et son expérience dans le labyrinthe, il a tout simplement cédé à la panique et pris lâchement la fuite. Dans ce second tome, il se révèle être un imbécile incapable de réfléchir, fonçant tête baissée sur tous les dangers qu’il peut voir, et qui hurle des insultes à tout le monde pour preuve de son superbe et inné leadership… Sérieusement ? C’est tout simplement une coquille vide répondant aux besoins d’un stéréotype.

2) Parce que Thomas… Thomas est finalement le seul personnage auquel s’intéresse l’auteur – auquel s’intéresse Thomas lui-même, d’ailleurs… Ce qui fait du roman, celui d’un égocentrique, pleurnichard, et pourtant incroyablement chanceux, doué, intelligent, sensible, gentil, malchanceux, attirant, loyal, faillible, infaillible, etc. En fait, il est tout simplement tout à la fois. (Et évidemment, personne ne se doutait, bien sûr, que c’était lui le véritable leader. Ironique, non ?)

De tous les défauts qu’on peut reprocher au livre, c’est donc son personnage central qui m’a le plus dérangé. Tout en voulant le montrer comme un personnage complexe, l’auteur n’a pas su clairement définir sa personnalité. Tout en voulant montrer sa sensibilité, l’auteur le rend pleurnichard et paradoxalement insensible tant, finalement, toutes ses pensées se tournent vers lui-même – tout ce qui arrive aux autres le blessent mortellement, lui. L’évocation de Chuck n’est là que pour attendrir le lecteur envers Thomas, alors que celui-ci dit clairement que la mort de son ami n’est sans doute pas la pire chose qui lui soit arrivée. Non, en fait, c’est juste que sa copine lui manque.

Et on en revient finalement à parler de la présence du sexe féminin dans le roman, et de leur incroyable inutilité. Ou, enfin, si, elles servent, mais à présenter aux héros des possibilités de romance, un challenge comme un autre, en somme. Non seulement, c’est une preuve indiscutable d’immaturité que de vouloir se coller à ce qui paraît pour l’auteur comme un incontournable des romans young adults, ce qui reste à prouver. Mais aussi, considérée leur situation désespérée, c’est également la dernière chose à laquelle des adolescents  sensés être des génies se préoccuperaient en des moments pareils. Sans compter que c’est extrêmement mal mené.

Quant au style de l’auteur, j’avais déjà évoqué les redondances de ce dernier dans le premier tome. Celles-ci sont devenues presque agaçantes dans La Terre Brûlée. Une fois que l’auteur a trouvé une formule qui lui plaît, des phrases-types et des réflexions qui sonnent bien, il va les répéter à longueur de temps dans tout le roman. Malgré les variances, elles n’en restent pas moins répétitives. On pourrait se lancer des challenges à énumérer le nombre de fois où, par exemple, Thomas finally fell asleep. Ou encore, Thomas just knew something – ce qui fait apparaître Thomas comme un type doué d’un sixième sens hors du commun, alors qu’en dans d’autres situations, il manque cruellement de bon sens.

Les multiples incohérences, le manque crucial de progression dans la véritable intrigue, l’univers maladroit et mal construit, les personnages creux ou stéréotypés, le style redondant et peu travaillé, The Scorch Trials n’est pas du tout à la hauteur d’une dystopie et fait tomber tout ce que le Labyrinthe a pu susciter. Les impressions que cherchent à donner James Dashner à travers ce second tome tombent dès lors qu’on se rend compte de leur superficialité Finalement, on s’interroge même de l’intérêt de cette deuxième épreuve qui n’apporte rien de plus – quasiment – à l’histoire, m’inquiétant sérieusement sur ce qui va suivre. Aura-t-on enfin de vraies conclusions crédibles sur les intrigues apportées par le premier tome ? Ou l’auteur n’aurait-il pas mieux fait de n’écrire qu’un seul roman dont le concept se suffisait à lui-même ? Je vais quand même achever cette saga, à présent qu’il ne me reste qu’un tome à lire, mais certainement pas tout de suite, car je suis trop peu enthousiaste à présent pour pouvoir endurer trois cent autres pages, surtout si le niveau reste aussi bas. Vraiment dommage.

Un commentaire sur “The Maze Runner, tome 2 – James Dashner

  1. Oh, très belle chronique qui traduit tout à fait ce que j’ai ressenti! J’ai été déçue par ce tome 2 et je pense que si tu lis le 3, ça sera pire car on n’a aucune réponse (où en tout cas pas celles que j’attendais le plus…).

    1. C’est exactement ce que je pressens… quel dommage !
      De fait, je vais le laisser reposer pour l’instant, je crois, ou je vais finir par balancer le livre avec exaspération. ^^’
      Merci de m’avoir lu et pour ton commentaire!

  2. Je te trouve très dure avec ce tome 2 ! Je viens d’en finir la lecture (je posterai la chronique probablement la semaine prochaine) et j’ai vraiment adoré ! Je trouve qu’il a beaucoup moins de défaut que le tome 1 et qu’il est très prenant ! Je suis d’accord sur certaines de tes critiques comme les expressions qui se répètent ou le fait que Thomas pense tout le temps à sa copine. Concernant le manque d’explications, c’est vrai que l’auteur nous laisse beaucoup dans le flou et cela aurait mérité plus d’explications pour que l’on apprécie plus le roman. D’un autre côté cela ne m’a pas tant dérangé que ça parce que ça me donnait envie de lire la suite ! Bref, dommage qu’il ne t’ait pas plu !

    1. On a en effet vécu la lecture de façon très différente. J’irai lire ta chronique car je suis curieuse ! Par contre, j’ai mieux aimé le troisième que j’ai trouvé un peu plus équilibré. 🙂

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