Chroniques Livres

The 100, tome 1 – Kass Morgan

The 100

Titre – The 100 (Les 100) – Tome 1
Auteur – Kass Morgan
Version – Orginale, Anglais
Éditions – Little, brown and company, 2014
Genre – Young Adult, Romance, Dystopie


« Personne n’a posé le pied sur Terre depuis des siècles… jusqu’à aujourd’hui.
Depuis qu’une guerre nucléaire a ravagé la planète, l’humanité s’est réfugiée dans des stations spatiales en orbite à des milliers de kilomètres de sa surface radioactive. Aujourd’hui, cent jeunes criminels sont envoyés en mission périlleuse : recoloniser la Terre. Cela peut leur donner une chance de repartir de zéro… ou de mourir dès leur arrivée.
Clarke a été arrêtée pour trahison, mais son véritable crime continue de la hanter au quotidien. Wells, le fils du Chancelier, est venu sur Terre pour ne pas être séparé d’elle, cette fille qu’il aime plus que tout. Mais saura-t-elle un jour pardonner son parjure aux conséquences fatales ? Bellamy, au tempérament de feu, a tout risqué pour rejoindre Octavia à bord de la navette : tous deux sont les seuls frères et soeurs que compte encore le genre humain. Glass, elle, a accompli la manoeuvre inverse et est parvenue à rester à bord de la station. Elle va vite comprendre que les dangers qui la guettent sont au moins aussi nombreux que sur Terre.
Face à un monde hostile ou chacun reste rongé par la culpabilité, les 100 vont devoir se battre pour survivre. Ils n’ont rien de héros, et pourtant, ils pourraient bien être le dernier espoir de l’humanité. »


Note générale :

3/10


Je n’ai clairement pas l’habitude de donner une note aussi catastrophique à un livre. Généralement, j’arrive toujours à trouver des arguments pour mettre au moins la moyenne, ne serait-ce que parce que cela dépend également du public visé, et que je n’en fais pas toujours partie. Pour autant, The 100 ne m’a donné aucune raison d’être plus généreuse. Alors que la série télévisée m’avait vraiment enthousiasmée – sinon quoi je n’aurais peut-être pas tenté le livre – ce dernier s’est révélé une déception telle que je me suis interrogée sur les raisons qui ont poussé son auteur à publier un bouquin aussi creux. Je m’explique.

Si vous n’avez jamais lu en anglais, ce livre sera certainement un des plus faciles à essayer dans sa langue originale, quand bien même le genre SF n’est normalement pas propice à l’exercice. Pourquoi ? Parce que vous pouvez aisément compter sur les doigts de vos mains le nombre de mots qui nécessiteront de regarder un dictionnaire. Le style de l’auteur est pauvre – pas simple, ce qui peut être une qualité dans certains livres, mais pauvre. Comme l’auteur n’a pas voulu s’embêter à se perdre en description, vous n’avez donc aucun lieu de craindre des mots compliqués qui seraient dû à des détails portant sur le vaisseau… satellite… ou ce qui abrite les humains dans l’espace. Pour la simple et bonne raison qu’à part dans la quatrième couverture, on ne vous l’explique pas. Vous commencez à saisir l’un des problèmes ?

Le pitch de départ du livre est d’un banal dans le genre film futuriste catastrophique. La Terre est dévastée par les guerres nucléaires et n’est plus vivable pour l’être humain. Si la banalité de ce point de départ peut déjà dérouter un bon nombre de lecteurs, d’autres comme moi espèrent une proposition un tantinet intéressante sur la suite. Les survivants sont réunis dans trois vaisseaux spatiaux (selon la quatrième de couverture) qui ne sont pas égaux dans le partage des ressources. Le chancelier dirige l’ensemble de la communauté et a la lourde tâche d’appliquer des lois strictes et sévères.

Ainsi tout criminel est exécuté une fois que son jugement a été donné. Si celui-ci est mineur, alors il est emprisonné le temps d’atteindre sa majorité où il sera à nouveau jugé et où il recevra sa sentence finale. Clarke fait partie de ces prisonniers. Elle est accusée de trahison et attend donc son heure – car aucun mineur n’a plus été disgracié depuis longtemps. Elle apprend toutefois que son sort a changé : le gouvernement a décidé de lancer une expérience secrète et d’envoyer 100 de leurs prisonniers sur Terre afin de voir si celle-ci serait à nouveau apte à accueillir la vie humaine.

Voilà donc la proposition : deux microcosmes dans lesquels l’humanité doit trouver un moyen de survivre. D’une part, au sein de l’espace où on comprend que les règles drastiques seraient dues au fait que les ressources commencent à s’épuiser et que les vaisseaux arrivent au terme de leur vie. Une situation qui se rapproche aussi du huis clos de part les limites mêmes que présente un vaisseau spatial. D’autre part, sur Terre, où les 100 prisonniers vont devoir réapprendre à vivre dans la nature dont ils ne connaissent rien.

Personnellement, je pense qu’il y a donc une bonne matière à traiter et de quoi faire un roman croustillant sur plusieurs points : l’individu dans des situations critiques, son rapport privilégié avec une communauté limitée où chaque vie compte pour la survie de tous, la redécouverte d’un univers qui aurait dû être familier mais qui se révèle inconnu, le rapport entre l’homme et la nature, la notion même de l’homme et de la survie… etc.

Sauf que vous n’aurez rien de tout ça. Ou alors qu’une faible évocation peu poussée… Qu’est-ce qu’on vous propose ? De tourner en rond à vous faire languir (sans aucun suspense) face aux problématiques amoureuses et bestiales d’adolescents en chaleur. Oui, tout simplement ça : est-ce que Clarke va pardonner à Wells et l’aimer à nouveau ? est-ce que Clarke va tomber dans les bras de Bellamy ? est-ce que Wells se montrera sensible aux charmes d’Octavia ? est-ce que Luke va rester avec Camille qui l’aime ? est-ce que Luke va se jeter dans les bras de Glass ?

Il n’y a que dans les 50 dernières pages que l’action va véritablement commencer. Sinon, vous n’aurez droit qu’aux postulats de départ, ceux qui sont sensés faire démarrer l’intrigue, mais celle-ci ne se montre finalement qu’à la toute fin. Pour vous donner un meilleur exemple : ce premier tome correspond au premier épisode de la série télévisée auquel on aurait retiré toutes les scènes d’action et d’intrigue.

En lisant ce livre, je m’attendais à lire une dystopie, un livre de science fiction post-apocalyptique, un livre dans lequel l’humanité lutte pour sa survie, où un groupe limité de survivants doit apprendre à s’entendre et travailler ensemble pour construire une nouvelle société, etc. Certainement pas un livre basé sur des romances prépubères qui ne m’auraient pas fait frémir à l’adolescence. Et c’est à cause de ces livres clichés, bâclés, commerciaux que les romans jeunesses/young adults arrivent à être mal considérés.

Les personnages masculins sont l’exemple frappant d’une mauvaise construction psychologique et comportementale. A noter la réaction placide de Luke en découvrant qu’il a failli être père : où est la surprise ? la colère ? Sans avoir à agir comme un malpropre, je pense quand même que ce genre de nouvelles entraîne un choc psychologique qui ici est effacé dans le besoin de montrer un homme idéal, plein de compassion et d’amour pour sa copine. Parlons également de Wells : je ne comprends pas où veut en venir l’auteur. Doit-on comprendre qu’il est malsain ? Psychologiquement instable ? Il a quand même mis en péril la vie de toute l’humanité dans l’espoir d’assouvir ses pulsions sexuelles…

Tout simplement, ce n’est pas crédible. Quand on se retrouve dans de telles situations extrêmes, ce n’est pas crédible que la seule chose à laquelle les protagonistes pensent, ce soit : qui aime qui ?

Du reste, les trois cent vingt pages ne vous apprendront rien que la question soulevée précédemment. N’attendez pas d’en découvrir d’avantage. Sur quoi l’humanité s’est réfugiée ? Comment a-t-elle pu survivre ? Qu’est-ce qui s’est exactement passé pour en arriver là ? Qui est le vice-chancelier ? Quel est son but ? Ses principes ? (Idem pour tous les personnages, en fait…) Où les humains ont-ils atterri ? Grâce à quoi ? Rien n’est absolument décrit ou expliqué. Et c’est pourquoi je vous recommanderai plutôt de vous intéresser à la série télévisée.

Elle présente elle-même des défauts liés à un scénario bancal et un manque crucial de développement du contexte et de l’univers. Vous n’aurez toujours pas plus de réponses quant à ce qui a mené l’humanité à une telle situation catastrophique. Toutefois, les remaniements des personnages, de leurs psychologies, de leurs histoires immédiates, de leurs relations, de leurs instincts et ceux amenés dans les intrigues se déroulant dans l’espace apportent un équilibre essentiel et créent un véritable suspense en proposant des pistes de réponses. Vous voyez mieux exploité la situation de microcosme dans la façon dont les personnalités hétérogènes cherchent à se trouver des intérêts communs pour continuer à survivre dans un environnement hostile. Même les quelques scènes où les prisonniers redécouvrent des phénomènes terrestres qui sont pour nous banal sont mieux représentées, c’est-à-dire la sensation d’avoir la chaleur du soleil, de plonger dans une source d’eau, la pluie, etc. Le bouquin, lui, proposera une répétition d’envolées poétiques clichés au possible que tous les personnages répètent, ce qui finit par rendre la tentative pathétique.

Vous l’aurez très bien compris, je n’ai absolument pas adhéré à ce livre et je ne chercherai pas à lire la suite. Toutefois, je tenterai la seconde saison de la série qui est beaucoup mieux construite et qui propose une intrigue plus palpitante qu’une simple romance.

Un commentaire sur “The 100, tome 1 – Kass Morgan

    1. Ce n’est que mon ressenti… Mais, en effet, je pense qu’il y a bien d’autres livres à découvrir qui méritent mieux leur place sur nos étagères ! ;D
      Merci de t’être intéressée à ma chronique. ^^

    1. Pour quelles raisons ? 🙂

      Je pose la question mais je crois en connaître certaines car elle présente en effet des défauts indéniables : un jeu d’acteur (au début surtout) assez mitigé, des lacunes dans le scénario, l’univers, un manque de maturité, une héroïne trop parfaite (une Mary Sue)…
      Qu’est-ce qui t’a déplu ?

      1. Oui, déjà je n’ai pas du tout accroché aux acteurs qui ne m’ont vraiment pas convaincus (c’est vrai qu’en plus le personnage de la blonde parfaite m’a vite tapé sur les nerfs). Après même si la série est tiré d’un livre young adult, le fait de voir cette bande d’adolescents qui s’émancipe sur Terre et d’avoir ces histoires d’amourettes, ça m’a très vite saoûlé (j’avoue ne pas avoir dépassé les trois premiers épisodes donc ça s’améliore peut-être par la suite) et j’ai trouvé que l’on avançait tellement vite dans l’intrigue par rapport au livre que je ne voyais pas trop où ça menait. Il aurait peut-être fallu que je m’accroche mais je n’ai absolument pas eu envie de poursuivre!!

        1. Je comprends. J’ai eu beaucoup de mal au début, ça s’améliore quand même par la suite. 😉

          Et justement je trouve que par rapport au livre, on a un vrai rythme dans l’intrigue. Le livre, lui, ne m’a pas du tout emballé car je ne voyais du tout ce qu’il nous proposait à part ses multiples romances (qui personnellement ne m’intéresse pas).
          Mais c’est vrai que j’ai vu la série avant de le lire et j’imagine que si je ne l’avais vu qu’après, j’aurais l’impression de faire un bond immense dans l’intrigue.
          Pour moi, le premier livre, c’est à peine le premier épisode… Et je trouve que c’est problématique pour le coup (pour le livre) de ne pas être allé au-delà du postulat que le résumé en 4e couverture nous expliquait déjà. ^^

          Il ne faut pas se forcer à voir / lire quelque chose, quand on n’accroche pas ! Il y a trop de choses à découvrir encore. 😀
          En tout cas, merci de m’avoir répondu !

  1. J’aime bien la série tv développée par CW (j’étais agréablement surprise même si j’ai peur pour la seconde saison, à voir ^^)
    En tout cas, tu n’es pas le seul avis très mitigé voir deçu que je lis. Au contraire ! et c’est pour ça que j’ai décidé de faire l’impasse sur le livre et de privilégier la série au final =)
    Merci pour cet avis très complet et intéressant à lire !

    1. La seconde saison semble avoir débuté, mais j’hésite encore à m’y lancer tout de suite – surtout après le livre…
      Et tu as tout à fait raison de faire l’impasse, sérieusement, tu n’apprendras rien et seras dégoûtée de la matière originale. Wells, que j’avais apprécié pour son petit rôle dans la série, m’est devenu insupportable à la lecture…
      Et merci de me lire ! 😀

  2. Bon, je débarque un peu tardivement, mais je viens de terminer ce roman, et ta chronique résume parfaitement mon ressenti ^^ J’ai trouvé que ce roman manquait cruellement d’originalité et de dynamisme, que l’intrigue était bancale, supplantée par des romances à mourir d’ennui… Je ne sais pas encore si je lirai le deuxième tome, disons que ce n’est pas une priorité ! Belle chronique en tout cas 🙂

    1. Ah ! Je suis bien contente de ne pas être la seule à avoir eu ce sentiment. Je trouve cela vraiment dommage, en effet. Mais si tu finis par lire le second tome, je serai très curieuse de connaître ton avis. Peut-être est-il meilleur !
      Merci en tout cas d’avoir pris le temps de m’avoir lu et donner ton ressenti ! 🙂

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