Chroniques Livres

Tes mots sur mes lèvres – Katja Millay

tes mots sur les miennes

Tes mots sur mes lèvres
Ecrit par Katja MILLAY
Traduit par Juliette Lé (US)
Publié par Fleuve Noir (Territoires) en 2014
Romance, Jeunesse


« Je m’appelle Natsya. Voilà 452 jours que je ne parle plus. A personne. Depuis que quelqu’un m’a volé ma vie et ma seule passion.
Dans mon nouveau lycée, personne ne sait qui je suis et tout le monde me fuit. Sauf Josh Bennet.
Il est toujours seul, comme moi. Un jour, il me parle. Et ma vie change. Encore une fois.« 


Note globale :

5/10


Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un livre de ce genre – que j’affectionnais pourtant durant mon adolescence – et en lisant par curiosité Tes mots sur mes lèvres, j’ai compris pourquoi je retentais difficilement l’expérience. S’il a été publié par les éditions 12-21, ce n’est pas pour rien et c’est précisément pour cette tranche d’âge que je recommanderais ce livre.

Si je l’avais lu à cette époque-là de ma vie, je pense que ma note aurait clairement été plus élevée. Sauf que voilà, je ne suis plus la même personne, mes goûts et surtout mes attentes ont évolué et je ne pense pas que Tes mots sur mes lèvres soit réellement un incontournable de la littérature jeunesse.

Encore une fois, dépendante de ce que peut me proposer ma bibliothèque, je l’ai lu en français, donc à travers une traduction. Si elle me semble assez bonne, je dirais que le style d’écriture n’est pas incroyable, mais qu’il est toutefois agréable à lire. Pas de recherche stylistique ou quoi que ce soit, mais l’écriture retransmet toutefois assez bien le caractère des personnages.

Comme beaucoup de livres du genre, l’histoire aborde les problématiques d’une adolescente devant affronter les aléas de la vie du lycée, les problèmes familiaux, le passage à l’âge adulte. A ceci près que la jeune héroïne n’est pas comme les autres : elle n’a certes pas de pouvoir, mais elle a vécu un événement très grave qui a bouleversé toute sa vie, réduit à néant ses espoirs d’avenir et brisé une bonne partie d’elle-même.

Ce qui lui est arrivé est bien tout le sujet du livre car l’auteur a voulu le délivrer tardivement, par petites couches successives, montrant à quel point se souvenir de ce drame était à la fois nécessaire et trop violent pour l’héroïne.

Tout ce qu’on sait d’elle, au début, est qu’elle souffre d’un étrange mutisme. Non pas qu’elle soit incapable de parler, mais elle a choisi de se taire pour une raison que sa famille n’explique pas et qui trouble tout son entourage. Se renfermant sur elle-même, Natsya – ainsi se fait-elle appeler – décide de s’éloigner de sa ville natale, celle où tout s’est produit, et de recommencer sa vie ailleurs, chez sa tante, où personne ne la connaît. Ainsi espère-t-elle passer dans l’anonymat.

Et cependant, son attitude, son choix vestimentaire plus qu’osé, vulgaire et provocateur, lui attire tous les regards et toute l’animosité des élèves de son nouveau lycée. Sauf un : Josh Benneth qui semble tout à fait indifférent à son égard. Il est encore plus isolé du lycée qu’elle : attirée par le champ de force qui semble émaner de lui, elle va s’intéresser à ce garçon solitaire qui, le soir, dans son garage, passe son temps libre à fabriquer des meubles en bois.

Voilà le tableau, ou du moins une partie, mais cela suffit pour que vous voyiez globalement ce dont va parler le livre et comment il va évoluer. On a affaire à deux êtres qui vont à la fois s’attirer, se repousser, se tourner autour pour essayer de comprendre l’autre, de savoir qui est l’autre. Un schéma relativement bateau du principe des a(i)mants.

La qualité du livre est que les deux personnages sont assez touchants. Natsya possède une personnalité double, et on sent bien la façon dont elle est tiraillée en elle-même et ne sait pas comment réagir, en réalité. L’apparence, l’allure et l’attitude qu’elle se donne reflète clairement le trouble intérieur qui l’assaille. Elle ne sait plus qui elle est, comment se protéger, et si elle peut avancer. Si elle veut avancer. Aussi choisit-elle les voies les plus extrêmes pour ce faire. Josh est le garçon mystérieux, gentil et à la fois bourru qui est un peu le type même de garçons dans les littératures jeunesses sur lesquels on peut aisément craquer. Bien sûr, les deux sont très beaux, intelligents, drôles, etc. Un peu trop parfaits, selon moi…

Sauf que, voilà, ils ont beau être attachants, cette histoire, on l’a lue de mille façons déjà. Et le fait que Natsya et Josh soient tous deux des êtres complètement perdus, seuls au monde, victimes de la vie, ne m’a pas paru si bien trouvé que ça. Je comprends, certes, l’idée recherchée par l’auteur – comme quoi deux cœurs brisés s’attirent et quelque part sont les seuls à pouvoir se comprendre. Mais j’ai trouvé que l’extrémisme de leur situation est, pour moi, une façon inutile de mettre tout en œuvre pour qu’on se désole sur leur sort. Généralement, ça me fait plutôt éprouver l’inverse.

Mais cela dit, je ne veux pas non plus être trop dure avec ce livre car, je le répète, quelques années plus tôt, sans doute l’aurais-je beaucoup plus apprécié. Les personnages ont beau être stéréotypés, on a un ensemble qui malgré tout tient la route. Certains d’entre vous apprécieront également de pouvoir lire d’un chapitre à l’autre le point de vue de Nastya ET de Josh, ce qui permet de se sentir proche des deux.

Cette alternance des points de vue est un choix judicieux de la part de l’auteur car cela permet d’atténuer l’effet trop « sombre et mystérieux » de Josh qui aurait été pour le coup vraiment trop cliché. Et même si, on sent vraiment que c’est une femme qui est derrière la plume, cela permet aussi de ne pas étouffer sous le point de vue de Nastya – qui aurait fini par lasser à force.

Tes mots sur mes lèvres (The Sea of Tranquility en Anglais) est donc un livre agréable et rapide à lire, qui plaira sans aucun doute à ceux qui aiment le genre (d’autant plus dans la tranche d’âge mentionnée en début d’article). Cependant, je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture qui était trop simple, trop prévisible et dont les situations trop extrêmes des deux personnages m’ont empêché d’apprécier l’émotion voulue par l’auteur.

Un commentaire sur “Tes mots sur mes lèvres – Katja Millay

  1. C’est pour ça que je me méfie toujours des romances. C’est un genre qui, à mes yeux, à beaucoup de mal à se renouveler. On a cette impression que tout a déjà été écrit … Enfin, jusqu’à maintenant, je n’ai jamais lu un livre « romance » qui m’étonne par son originalité dans l’intrigue. Peut être un jour ^^

    1. Je suis une optimiste forcenée ! Mais je suis aussi comme toi, je n’ai aucune réelle espérance sur ce genre de livres, mais j’en lis de temps en temps, pour voir. Je me dis que si l’intrigue n’est pas particulièrement innovante, il y aura peut-être quelque chose à voir sur la psychologie des personnages – chose que j’adore voir développée dans les livres – et les thèmes qui sont annexes. C’est pas toujours une réussite, hélas.
      Comme tu le dis, peut-être un jour ! 🙂

      1. Je suis pareil ^^ Ces vacances j’ai essayé une romance historique mais ça ne m’a pas convaincu. Mais j’essaye quand même car je pense comme toi : j’espère trouver un jour une romance qui me plaira de A à Z 😀

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