Chroniques Livres

Percy Jackson, tome 2 – Rick Riordan

Percy Jackson 2

Titre – Percy Jackson – Tome 2 : La mer des monstres
Auteur – Rick Riordan
Version – Français, traduction par Mona de Pracontal
Éditions – Albin Michel, 2010
Genre – Jeunesse, Fantastique, Mythologie


« Il y a un an, Percy Jackson découvrait que les personnages de la mythologie grecque existaient, et qu’il était le fils de Poséidon. Mais la Colonie des Sang-Mêlé ne peut plus garantir la sécurité des enfants demi-dieux : ses défenses faiblissent car l’arbre de Thalia a été empoisonné. Le remède : la Toison d’or, que détient le cyclope Polyphème. Afin d’atteindre l’île de Polyphème, Percy et ses amis vont devoir naviguer sur la Mer des Monstres, qui porte bien son nom. La seconde quête de Percy commence… »


Note Globale :

5/10


ATTENTION : Ceci est ma chronique du second tome de la saga, aussi je risque d’évoquer des événements du premier tome qui vous gâcheraient la surprise si vous ne l’avez pas encore lu. Pour tous ceux qui n’ont pas encore entamé la saga, je vous encourage à lire avant tout ma première chronique en cliquant ici.

A la fin du premier tome, j’étais plutôt enthousiaste par ce que j’avais lu. Percy Jackson m’apparaissait alors comme un roman d’aventure bercé de mythologie grecque distrayant qui avait également le mérite de pouvoir intéresser des jeunes à ces mythes antiques. Du coup, c’est avec le même état d’esprit que je pensais poursuivre la saga. Dès les cinquante premières pages, mon enthousiasme est vite tombé. Si l’aspect mythologie est toujours intéressant pour ce qu’il pourra apporter aux jeunes de 11/14 ans qui liront le livre, l’histoire perd finalement toute originalité, notamment à se conforter que trop à l’Odyssée d’Ulysse, sans parler du héros qui régresse en se la jouant que trop inculte. Dommage.

Ce que j’avais aimé dans le premier tome, c’était notamment de trouver en Percy Jackson un héros un peu plus mature que d’ordinaire. A présent, je me questionne. Certes, Rick Riordan rappelle que son héros est dyslexique, conséquence indirecte de sa nature de demi-dieu. Je trouve cependant qu’il prend trop de soin à le répéter dans ce tome, faisant de son héro un personnage inculte et un peu stupide. Cela m’a donné une désagréable impression de suivre un personnage insipide qui a commencé à me désintéresser. Je ne dis pas que je n’aime pas les héros ordinaires – au contraire, ceux à qui tout réussit m’exaspère et j’aime mieux voir un héros en perdition qu’un Gary-Sue (le personnage parfait en tout point) en puissance. Simplement, il n’y a aucun intérêt à voir un héros qui ne sert à rien. Et c’est malheureusement l’impression que m’a donné Percy…

J’ai également commencé à voir les défauts que certains reprochent au livre. Tout d’abord et avant tout, son caractère peu original. Si j’aime retrouver la mythologie en plein cœur du monde moderne, qui obéit encore et toujours aux mêmes règles que par les temps passés,  je trouve qu’il manque toutefois d’un vrai travail sur la façon de la renouveler. Dans ce tome, on est si collé aux aventures d’Ulysse qu’on finit par ne pas voir d’intérêt à la suivre : je préfère encore lire et relire l’Odyssée d’Homère. Sans compter que c’est bien mieux écrit. Car oui, je me suis bien rendue compte que l’écriture simple de Rick Riordan se révèle dans ce tome bien en-deçà encore : le style est bateau et n’a rien de plaisant.

Le manque d’originalité est de plus renforcé par l’aspect répétitif du scénario – ce qui m’a un peu exaspéré. Finalement, on repart sur une trame identique au premier tome et qui se résume à :

  1. Percy est dans une école normale et a un ami, qui montre dès le début un aspect un peu bizarre, qui est le bouc émissaire des autres élèves… Qui pense à Grover en lisant la description de Tyson ? en voyant comment l’auteur appuie sur son aspect étrange, peu ordinaire, louche ? quand Annabeth semble gênée en sa présence ? Dans le premier tome, Percy ignorait tout de l’existence des dieux et des mythes grecques, le fait qu’il ne voit rien d’anormal à son ami Grover était donc normal. Et si le fait qu’il ne se rend compte de rien avec Tyson au début est déjà un peu exaspérant, c’est encore pire quand l’auteur prend autant de soin à répéter à longueurs de pages, alors même que TOUT indique la réelle identité de Tyson, que Percy ne voit absolument rien anormal à son ami… C’est prendre les enfants pour plus bêtes qu’ils ne le sont en rendant son personnage obstinément aveugle – sans compter que cela remet en doute les capacités de l’auteur à créer de vraies intrigues.
  2. Percy et son ami Tyson se font attaquer à l’école. Percy est renvoyé car les adultes sont absolument convaincus qu’un enfant de 12 ans est forcément pyromane… Enfin, pire encore, qu’un enfant de 12 ans soit capable de créer des bombes pour détruire un gymnase entier et torturer ses camarades. Ils sont fous, ces humains !
  3. Percy se rend de toute urgence à la colonie, y reste pour continuer à se former, quand bien même son ami, Grover, lui dit être en grand danger de mort. Si j’avais apprécié le fait que Percy ne soit pas lourdement larmoyant sur la disparition de sa mère dans le premier tome, je commence à m’étonner de ma propre réaction. Quand même : un enfant de onze ans perd sa mère et réagit comme si de rien n’était, en se disant simplement que c’est triste et qu’elle lui manque, mais bon, à part ça, tout va presque bien ? En voyant la quasi-indifférence du héro sur le sort de son ami, je me demande si Percy est en fait capable d’éprouver des sentiments…
  4. Percy est forcé de quitter la colonie pour partir en quête du seul objet pouvant sauver cette dernière de la destruction, y parvient plutôt facilement, malgré l’aspect insurmontable de chaque obstacle, et retourne à la colonie comme si de rien n’était.
  5. Percy est lavé de tout crime par les autorités humaines qui admettent que, quand même, un gamin ne peut pas avoir causé de tels incidents criminels, quand bien même ça fait des jours qu’on le déclare comme le danger numéro 1. Qu’ils sont bêtes, hein, les humains…

Avoir un schéma similaire entre différents tomes, on le voit dans d’autres supports, et probablement dans d’autres sagas littéraires. Ce n’est pas un problème si le reste du récit apporte quelque chose de nouveau, une fraicheur au scénario, qui permet de le rendre intéressant. Ce n’est malheureusement pas le cas de Percy Jackson, du moins de ce deuxième tome, qui colle trop au premier et aux aventures d’Ulysse pour nous garder en haleine. Tout est prévisible bien trop tôt et les résolutions sont beaucoup trop faciles pour rendre le récit palpitant.

Le cliffhanger final ne m’a personnellement pas étonnée – encore une fois, trop d’indices était disséminés dans l’histoire et les dialogues de personnages – mais je pense qu’il a le mérite d’arriver au bon moment pour nous donner malgré tout envie de lire la suite. En effet, il apporte de nouveaux chemins possibles et on peut se demander si l’auteur saura décider d’une voie annexe et originale qui pourra rendre sa saga un tantinet plus passionnante.

Au final, malgré deux-trois bonnes idées et un bon cliffhanger, ce second tome ne m’a vraiment pas convaincue. Percy Jackson a la mauvaise idée de coller un peu trop à la vague Harry Potter (prophétie en sus), comme c’est le cas de plusieurs autres sagas. Il manque néanmoins de profondeur et de complexité pour pouvoir se targuer d’être à sa hauteur, à défaut d’être original. Malgré tout, je pense que l’aventure de Percy est sympathique en ce qu’il intéressera les enfants et jeunes adolescents (10/14 ans) à la mythologie grecque.

Affaire à suivre ? Pas sûre. Peut-être, et avec bien moins d’empressement qu’à la fin du premier.

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