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Nouvelles d'Amérique Centrale – Cécile Chabot

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Titre – Nouvelles d’Amérique Centrale
Auteur – Cécile Chabot
Version – Originale, Français
Éditions – Autopublié, 2013
Genre – Nouvelles, Société, Contemporain


« Du Mexique au Panama, ce road-movie littéraire traverse un continent, l’Amérique centrale, et nous livre dix-sept instantanés pris à la volée qui donnent leur titre à chaque nouvelle. Ces polaroids ne sont ni des cartes postales ni des photos de voyages, mais de véritables radiographies panoramiques de l’âme humaine. Les portraits de Ricardo, Philippa, José, Mark et les autres, tous les autres qui se croiseront parfois sans le savoir au fil des histoires, émeuvent car en zoomant sur le détail ils touchent à l’universel. Le détail, c’est la cartographie de ce coin du globe sur lequel règnent la misère, la drogue, la dictature, la violence. L’universel, ce sont les femmes, les enfants, les hommes, qui comme toujours, qui comme partout, sont bien obligés de faire avec, et avec ce qu’ils ont. L’universel, ce sont ces êtres humains aux prises avec leurs rêves brisés, leur désir d’ailleurs, leurs désillusions et leur tristesse. L’universel, enfin, c’est que malgré tout rien n’est jamais perdu, jamais définitif, et que l’amour, l’espoir, la vie renaissent en un cycle perpétuel et palpitent en chacun comme un cœur éternel. »


Note Globale :

6/10


Je remercie l’auteur Cécile Chabot pour m’avoir donné sa confiance et m’avoir envoyé son livre.

Nouvelles d’Amérique Centrale est un recueil de très, très courtes nouvelles – chacune faisant probablement entre 5 à 10 pages grand maximum. Le livre est découpé en pays, lesquels contiennent quelques courts textes évoquant la vie de ses habitants. Ainsi, le recueil est une invitation au voyage à travers les instantanés de vie que nous présentent les quelques pages des nouvelles. Ce que j’ai aimé : les impressions laissées par les courts récits, l’entrecroisement de certains récits (chose que j’aime beaucoup dans les œuvres d’un même auteur). Ce que j’ai moins aimé : une homogénéité un peu trop marquée des histoires. Je m’explique.

Comme toujours et avant tout, parlons rapidement du style. Cécile Chabot, à travers ses nouvelles, offre un panel d’écriture homogène, agréable, aéré – idéal pour ce genre de récits. Je n’ai pas trouvé trop de lourdeurs dans le texte et, de fait, c’est un style fluide qui nous permet de glisser de pages en pages sans aucune difficulté. S’il y a peut-être une ou deux maladresses, quelques légères fautes laissées, celles-ci sont si minimes et anecdotiques qu’il est facile de les oublier – le texte est de toute façon de qualité.

A part quelques histoires qui s’entrecroisent (assez rares, toutefois), chaque récit se lit séparément. Ce sont des clichés, des photographies, des instants volés de la vie des habitants des pays d’Amérique Centrale. Citadins, paysans, anciens militaires, étudiants… Le panel est assez large. La grande force de ce recueil – et c’est assez difficile à expliquer – c’est l’impression que laisse chaque récit. En si peu de pages, qu’est-ce qui va ressortir des clichés ? Imaginez-vous devant un album photo familial, un carnet de voyage, quelque chose avec une histoire dont vous ne connaissez pas au fond les détails mais dont vous en pressentez la teneur. C’est ça précisément ce que j’appelle les impressions.

La grande difficulté toutefois est l’homogénéité du recueil – et qui influence les impressions laissées. Ce qui peut être d’une part une qualité évidente, mais qui présente néanmoins un défaut : comment différencier les récits ? On est dans un cadre particulier où les nouvelles sont très, très courtes. Quand on les enchaine, et si on ne se pose pas assez, il peut arriver qu’on se perde un peu, par faute d’attention. Pourquoi ? Parce que les thèmes et certaines problématiques des nouvelles finalement sont assez redondants. J’avoue avoir dû relire une ou deux nouvelles pour me remettre les idées en place sur ce que j’étais en train de lire, car je les mélangeais à ce que j’avais déjà lus…

Qu’à cela ne tienne, il suffirait en fait de bouquiner autre chose en parallèle, non pas que ces nouvelles ne se suffisent pas à elles-mêmes, mais tout simplement pour se donner le temps de profiter de chacune d’entre elles distinctement. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé les passages au Guatemala et la nouvelle Nueva York qui se distingue d’entre toutes et clôt parfaitement le recueil.

Nouvelles d’Amérique Centrale a donc été une lecture agréable et intéressante, malgré une homogénéité trop parfaite qui rend la lecture un peu trop uniforme. Toutefois, les impressions qu’elles laissent et les émotions qu’elles dégagent sont indéniables. A lire idéalement en prenant le temps de mettre quelques poses, peut-être entre les pays, afin de mieux savourer l’ensemble. En tout cas, cela me semble une mise en bouche agréable pour découvrir l’auteur dont le polar Maya Le Cycle de Xhòl m’aurait certainement bien plu.

Peut-être une affaire à suivre ?

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