Bilan·Bilans Mensuels

Lecture | Mois de Novembre 2014

novembreBonjour à tous !

Voilà huit jours que Novembre est terminé et je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir quitté le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse… Je sens encore l’exaltation du moment et le plaisir des perspectives de mes prochaines lectures. Peut-être aussi n’ai-je qu’à moitié envie de me plonger dans la voie rapide qu’est toutes les années le mois de Décembre.

Mais, venons-en donc au fait : c’est l’heure du bilan de lecture et si j’ai eu de très, très belles découvertes en termes de bédés, je dois dire que ça n’a pas vraiment été le cas pour les romans.

Au menu :

  • The Maze Runner, T2 « The Scorch Trial » (L’épreuve, T2 « La terre brûlée ») de James DASHNER – 5/10 – ma chronique
  • Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique POULAIN – 8/10ma chronique
  • Peter and Wendy de James Matthew BARRIE – 6/10
  • Le Complexe d’Eden Bellwether de Benjamin WOOD – 5/10ma chronique
  • La Machine Infernale de Jean COCTEAU– 7/10
  • La mort dans l’âme d’Isaac WENS et de Sylvain RICARD – 6/10
  • Blacksad, T2 « Arctic-Nation » de Juanjo GUARNIDO et Juan Diaz CANALES – 9/10ma chronique
  • La Marche du Crabe d’Arthur de Pins – 4/10
  • Daytripper, au jour le jour de Gabriel BA et Fabio MOON – 9/10
  • Amorostasia de Cyril BONIN – 7/10
  • Jane, le renard et moi d’Isabelle ARSENAULT et Fanny BRITT – 8/10
  • La balade de Yaya, T8 : Le retour de Jean-Marie OMONT et de Zhao GOLO – 6/10
  • Family Man de Pillwong JUNG – 8/10  – ma chronique

On commence ?


themazerunner 2 the scorch trials

The Maze Runner, T2 « The Scorch Trial » (L’épreuve, T2 « La terre brûlée ») de James DASHNER – 5/10 – ma chronique (challenge « Read in English 2014-15 / décompte : 4) – ma chronique

Conclusion de lecture : Après avoir terminé le premier livre avec enthousiasme, j’ai été plutôt réfrénée par ce second tome qui est vraiment en-deçà de mes attentes et du premier tome. Il faut dire que tout ce que je reprochais dans ce dernier est encore pire dans The Scorch Trial. Le héros est au centre de l’histoire et de sa propre attention, si bien tous les autres personnages ne servent plus à grand-chose et ne deviennent que des stéréotypes servant le bien de son histoire… Pire encore, il est devenu un insupportable « Gary Su » qui tente de se montrer sensible par de longues, très longues jérémiades… Et tout ne tourne autour de lui, en fin de compte. Les filles sont aussi peu utiles, et l’espèce de triangle amoureux amorcé, plus qu’ennuyeux, est exaspérante. Sachant que l’écriture de l’auteur, loin de s’être arrangée, est devenue encore plus fainéante et systématique… Bref, je n’ai plus très envie de me lancer dans la suite immédiatement, et c’est vraiment dommage vis-à-vis du premier qui, sans être exempt de défaut, se lisait d’une traite et donnait envie de poursuivre l’aventure (ce que j’avais donc fait !). N’hésitez pas à lire ma chronique qui explicite un peu plus clairement mon avis.


les mots qu'on ne me dit pasLes mots qu’on ne me dit pas de Véronique POULAIN – 8/10ma chronique

Conclusion de lecture : J’ai beaucoup aimé ce livre. Je l’ai lu d’une seule traite et pour cause : il est très, très court et composé de très brefs chapitres. D’une part, ce n’est pas plus mal car le format permet à l’auteur de nous relater son histoire à travers des anecdotes pas si anodines que ça sans jamais nous faire souffrir de longueurs. C’est justement ce que j’ai aimé dans ce roman autobiographique : sa justesse, son authenticité, sa simplicité. Véronique Poulain nous parle de son enfance dans une famille de sourds en nous évoquant les sentiments ambigus qu’elle éprouvait envers ses parents, ses joies, ses colères, les moments dont elle peut rire aujourd’hui. Elle parvient également à nous toucher en nous montrant comment nos regards maladroits, parfois intolérants aux autres, parfois indiscrets, parfois impolis, peuvent agacer, sans jamais être moralisatrice. C’est un petit livre très bien écrit et qui ouvre l’esprit. Très agréable à lire, c’est un livre qui se dévore en une journée.


peter and wendyPeter and Wendy de James Matthew BARRIE – 6/10

Conclusion de lecture : Que dire de cette lecture ? Plus le temps passe et moins je suis sûre de la façon dont j’évalue ma lecture. D’une part, j’ai aimé l’univers du livre, l’ambiance, la typologie des personnages, et le ton – au début en tout cas. D’autre part, si j’étais très enchantée par ce que je lisais en commençant ce classique jeunesse, cela est allé en décroissant. La plume de l’auteur, si elle n’est pas désagréable, est assez agaçante. J’aime pourtant le second degré prononcé avec un ton si sérieux qu’il en devient, quelque part, décalé. Mais là, ça ne m’a plu qu’un premier temps. Je trouvais ça amusant la façon dont l’auteur semble vouloir nous emporter à sa guise en nous racontant à peu près tout et seulement ce qu’il a envie à sa guise, comme s’il se moquait de nous. Le côté paternaliste, faux confident, qui se place soi-disant au même niveau que nous (« nous seuls comprenons les enfants ») a fini par me lasser. De plus, l’insupportable caractère de Peter Pan était vraiment difficile à supporter à la longue. Que j’avais envie d’arracher la page, la découper en forme de Peter Pan et lui tordre le cou ! Et pourtant, j’aime aussi les personnages que l’on est voué à détester mais je dois que, cette fois, JM Barrie a très bien réussi son coup. J’ai si peu aimé Peter Pan que j’ai laissé tomber dès les premières pages son autre roman « Peter in Kensington Gardens » car la perspective de le retrouver me rebutait très fortement. Alors, dans tout ça, comment pourrais-je vous expliquer objectivement ce que j’ai pensé de ce livre ? Je ne sais vraiment pas comment je vais m’y prendre…


Le complexe d'eden bellwetherLe Complexe d’Eden Bellwether de Benjamin WOOD – 5/10ma chronique

Conclusion de lecture : Ce livre reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2014 était un peu décevant. Décevant car c’est le genre de livres qui n’est pas tout à fait mauvais mais très bon non plus. L’histoire part d’un postulat intéressante mais l’intrigue met tellement de temps à s’installer qu’on finit par passer à côté jusqu’à l’apparition d’un personnage clé. Les personnages sont un peu trop stéréotypés et pas assez approfondis. Les relations sont très vite développées et en même temps ne m’ont pas paru très crédibles. Il est donc assez difficile de s’attacher à eux, à l’exception peut-être des deux retraités qui ont une place intéressante et importante dans l’histoire. L’écriture est agréable mais, par moments, trop maladroite. Il y a des lourdeurs et le rythme est inégal tout le long du roman. On passe très vite de l’intérêt à l’ennui. En somme, il aurait fallu que le roman ait été raccourci d’au moins 200 pages pour que le rythme soit mieux tenu, surtout qu’il y a des passages qui n’ont que peu d’apport à l’histoire et dans lesquels j’ai aisément décroché. Je suis donc passée à côté de cette lecture qui pourtant plaît à son lectorat. N’hésitez donc pas à lire plusieurs chroniques avant de vous faire un avis !


la machine infernaleLa Machine Infernale de Jean COCTEAU – 7/10

Conclusion de lecture : Qu’est-ce que j’ai été ravie de finir mon mois avec cette pièce de théâtre ! C’est donc la seconde fois que je me tente à l’œuvre du cinéaste et je dois avouer apprécier cette nouvelle expérience. Dans La machine infernale, l’auteur nous propose de découvrir les scènes cachées de la tragédie d’Œdipe. La pièce est découpée en 5 actes qui sont autant de blocs indépendants, c’est d’ailleurs ainsi que l’a pensé Cocteau. Cela apporte à la fois un aspect intéressant à la pièce mais aussi assez hétéroclite, si bien que je me demande ce que cela donnerait au théâtre – ou au cinéma. Mais j’ai vraiment aimé la façon dont l’auteur, à travers ces cinq scènes, va sublimer le tragique, notamment en faisant des divinités (comme le dieu Ra ou le Sphinx) des simples pions sur l’immense échiquier du destin. Ce n’est pas forcément égal – j’ai largement préféré les deux premières scènes et notamment l’aspect absurde de dialogue entre les deux gardes – mais c’est une œuvre unique et intéressante que je vous recommande volontiers !


la mort dans l'âmeLa mort dans l’âme d’Isaac WENS et de Sylvain RICARD – 6/10

Conclusion de lecture : J’ai dû réécrire cette conclusion plusieurs fois ; je dois dire éprouver toujours autant de mal à parler de ce roman graphique qui est certainement très intéressant. Si vous êtes intéressé notamment par la question de l’euthanasie, La mort dans l’âme vous propose une réflexion intéressante sur le sujet. Quand on sait qu’elle s’inspire de l’histoire d’un de ses auteurs, il n’est pas étonnant qu’elle se révèle éprouvante à lire – mais pas de façon négative, bien sûr. Elle est profonde, intense, difficile à lire quand on n’y est pas préparée – et je ne l’ai pas été assez. Je vous la recommande si ce thème vous rend curieux, c’est certainement un roman graphique qui vous fera méditer sur la question de façon intéressante, mais non sans douleur.


Blacksad 2Blacksad, T2 « Arctic-Nation » de Juanjo GUARNIDO et Juan Diaz CANALES – 9/10 ma chronique

Conclusion de lecture : Je continue dans ma lancée et je dois dire vraiment, vraiment aimer cette saga. Comment dire ? Je reconnais la linéarité du scénario qui n’est certes pas particulièrement complexe, mais n’étant pas forcément très fan de polar, je n’en suis pas non plus mécontente. Je la trouve de fait très abordable pour tous ceux qui, comme moi, ont du mal avec ce genre. Par contre, j’aime sans mesure le dessin ! Et l’ambiance ! Et les personnages. J’aime encore plus car le background de l’histoire et les thèmes abordés sont bien traités. On se retrouve littéralement plongé dans l’univers, l’atmosphère et l’histoire. Que vous dire de plus en fait ? Lisez-là. Lisez-là. Lisez-là !


la marche des crabes T1La Marche du Crabe d’Arthur DE PINS – 4/10

Conclusion de lecture : J’avais été très intriguée par cette bédé tirée du court métrage « La révolution des crabes » que j’avais vraiment aimé. Je m’attendais à une série de strips humoristiques sur la condition des crabes (qui ne peut marcher que dans une direction sans jamais tourner) et j’ai donc beaucoup apprécié le premier tome (7/10). S’il y a un fil conducteur, il n’en reste pas moins que ce sont les blagues prises une par une qui peuvent être drôles et c’est sur ce point que les deux tomes suivant échouent. En voulant développer toute une intrigue à base de révolution, l’auteur nous propose finalement une histoire de rébellion qui, personnellement, m’a vraiment ennuyé. Certes, il y a un peu d’idées derrière… mais rien de transcendant ou de particulièrement bien traité. Je vous recommanderai donc de vous contenter du premier tome qui reste assez drôle !


DaytripperDaytripper, au jour le jour de Gabriel BA et Fabio MOON – 9/10

Conclusion de lecture : Cette bédé me faisait de l’œil depuis si longtemps ! Pourtant, je n’ai jamais vraiment su ce que je découvrirai en y plongeant. Nous allons vivre les mille et une morts du protagoniste qui sont autant de moments marquants, de tournants, de départs… C’est très particulier et à la fois très poétique, très doux et assez nostalgique. Le graphisme est très sympa, agréable à l’œil, et pourrait plaire à ceux qui n’ont pas l’habitude des comics. Ce que j’ai aimé, c’est la façon paradoxale dont les auteurs nous racontent la vie à travers la mort de leur personnage. La mort sublime la vie, et j’ai trouvé cette idée curieuse, poétique, émouvante, très bien menée. A lire !


amorostasiaAmorostasia de Cyril BONIN – 7/10

Conclusion de lecture : Bien que j’ai eu un peu de mal avec la proportion des personnages (surtout leur cou allongé et la proportion visage / reste du corps). C’est très original et très bien traité. Et si les amoureux se figeaient sur place et personne ne saurait expliquer pourquoi ? Une idée simple mais qui va chambouler la ville de Paris, puis la France toute entière, sans épargner le reste du monde. La paranoïa s’installe et le gouvernement depuis longtemps dépassé tente de conserver le calme en instaurant des règles absurdes, voire carrément sexistes. Evidemment, rien ne marche, la population cherche à fuir, se déversant par centaines à la gare surchargée. C’est une bédé qui, mine de rien, laisse à réfléchir tant elle paraît réaliste, presque crédible.


jane le renard et moiJane, le renard et moi de d’Isabelle ARSENAULT et Fanny BRITT – 8/10

Conclusion de lecture : Une petite bédé qui s’est révélée un coup de cœur. Douce, pleine de poésie, une ode à l’enfance et plus exactement à toutes les perspectives qu’elle offre. Les peurs que l’on pense ne pas pouvoir dépasser et la façon dont, tôt ou tard, on le fait. L’histoire d’Hélène est touchante et personnellement elle a évoqué des souvenirs en moi. C’était quelque part exaltant, j’ai vraiment adoré sa personnalité, la façon dont elle voit le monde et son attachement à l’œuvre d’Emilie Brontë. Le dessin est très joli, dessiné comme par une enfant, dans un monde peint de nuances de gris, auxquels, soudain, des envolées lyriques colorent les pages de magnifiques dessins. Vraiment, je la recommande à tous ceux qui veulent faire une pause dans les tracas du quotidien.


la balade de yayaLa balade de Yaya, T8 : Le retour de Jean-Marie OMONT et de Zhao GOLO – 6/10

 Conclusion de lecture : J’adore cette saga. Les aventures de Yaya et de Tuduo sont vraiment fascinantes. J’aime le fait qu’elles soient intégrées dans un contexte historique comme la Seconde Guerre Mondiale et j’aime la façon dont la BD mélange à la fois douceur, celle de l’enfance, et brutalité, celle de la guerre, de la pauvreté, de la peur de deux enfants égarés. J’aime la façon dont ces deux enfants se sont attachés l’un à l’autre, créant dans chacun un membre de sa famille qu’il a perdu. J’aime le personnage de Tuduo et sa volonté d’aider Yaya à retrouver ses parents et j’aime la détermination de Yaya qui a bien grandi depuis le début de son aventure. Il y a une vraie évolution qui se voit à travers les tomes et j’ai vraiment aimé cet aspect-là. Certes, cet avant dernier est peut-être un peu en-deçà des autres. Il ne s’y passe pas vraiment grand-chose mais l’on comprend aisément qu’il met en place les derniers éléments avant le dernier twist ! J’ai donc grand hâte de voir la série s’achever, bien que ce soit aussi avec un peu de regret…


Family Man_ coverFamily Man de Pillwong JUNG – 8/10 – ma chronique

Conclusion de lecture : Un énorme coup de cœur pour ce qui est également une surprise. C’est un webtoon coréen excellent. Non seulement j’ai aimé le dessin qui nous fait rentrer dans l’ambiance chamalow de la bédé qui ne se prend pas au sérieux. Et pourtant, l’histoire n’est pas toute rose. Et cette ambivalence m’a vraiment, vraiment plu. Certes, la fin est moins bien dosée mais le mélange de drame et de comédie rend la lecture agréable, drôle et émouvante à la fois. Les personnages sont terriblement attachants et humains. A découvrir de toute urgence !


Et c’est dans cette note rose bonbon que s’achève mon bilan du mois de Novembre, chargé en découverte, et malgré quelques déceptions, pas mal de choses à retenir.

Si vous avez lu un des livres évoqués ou si l’un d’eux vous tente, n’hésitez surtout pas à venir en discuter en commentaire !

Un commentaire sur “Lecture | Mois de Novembre 2014

  1. Hm, j’comprend pas trop le principe de Daytripper? Le personnage meurt à chaque mini histoire? Il revit après? Ca m’intrigue…. pourrais tu m’en dire plus?
    comme tu le sais déjà, tu m’as convaincue avec Amorostasia
    Et vas tu écrire des critique sur ces deux? 🙂

    et encore un grand merci pour Family Man, j’ai vraiment, vraiment adoré ! 🙂

    1. Dans Daytripper, chaque chapitre représente un moment clé, décisif de la vie du protagoniste, et chacun s’achève par sa mort… c’est une façon métaphorique de marquer l’intensité de ces tournants, il y a sans doute plusieurs façons de l’interpréter, mais j’y vois surtout une façon de marquer les tournants, les points de non retour après lesquels on change et on devient/ »naît » quelqu’un d’autre tout en restant quelque part soi-même.
      En intervenant dans les moments les plus forts en émotion, elle sublime quelque part la vie qui s’achève plus qu’elle ne marque son arrêt…
      De fait, le héros ne meurt pas vraiment, à mon sens – ce n’est pas du tout une histoire linéaire. 🙂
      Est ce que ça te paraît plus clair ?

      J’aimerais bien les écrire mais je n’ai pas du tout le temps en ce moment, et j’ai peur que cela devienne trop éloigné en janvier !
      mais j’essaierai, c’est sûr !

      merci !

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