Bilans Mensuels

Lecture | Mois de Mai 2014

Bilan mai

Allez, on continue avec les bilans de lecture mensuels (très en retard, oui je sais !) avec le mois de mai. Un mois finalement assez productif avec pas moins de cinq lectures et trois bons coups de cœur.

Au menu :

  • Les Stagiaires de Samantha Bailly – 8/10Ma Chronique
  • Ô mon George, ma bien aimée d’Alfred de Musset et de George Sand – 6/10Ma Chronique
  • Il ne faut jurer de rien d’Alfred de Musset – 7/10 (Avis ci-dessous)
  • Le coup de grâce de Marguerite Yourcenar – 8/10 (Avis ci-dessous)
  • Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka – 7/10 (Avis ci-dessous)


 

il ne faut jurer de rienIl ne faut jurer de rien d’Alfred de Musset, publié aux éditions GF Flammarion dans le recueil de pièces Lorenzaccio

« Valentin, vingt-cinq ans, mène une vie de dandy vouée aux plaisirs et jure qu’il ne se mariera jamais, de peur d’être trompé. Quand son oncle, las de l’entretenir, lui propose de s’unir à Cécile de Mantes, une riche aristocrate, Valentin parie qu’il séduira incognito sa promise… dans le seul but de prouver qu’il ne doit pas épouser une jeune fille aussi sensible aux avances ! Cette comédie, l’une des plus gaies de Musset, démontre avec grâce et fantaisie qu’en amour du moins, on ne saurait jurer de rien. »

Note globale : 7/10

Avis : Heureusement pour elle, j’ai lu cette pièce avant de lire Ô George, ma belle maîtresse (voir plus haut) qui m’a fait voir le poète d’une toute autre manière. Aussi je l’ai vraiment apprécié, comme toutes les pièces d’Alfred de Musset, je l’admets. Ce beau parleur a une belle plume et un trait d’humour qui a toujours marqué ses comédies. Ici la maxime annonce d’ores et déjà la couleur et dès la première scène nous comprenons vite ce qu’il va en être. Il ne faut pas lire Il ne faut jurer de rien pour être surpris, mais pour le délicieux talent de l’auteur de tourner toutes les situations en dérision. Il aurait tout aussi bien pu intituler sa pièce Tel est pris qui croyait prendre ! J’aime la façon dont Musset met en scène ses personnages : ils sont à la fois brillants et absolument imbéciles, généreux et naïfs, poètes et si primaires… Une lecture très rapide mais fort distrayante, un petit bijou qui se laisserait bien voir !

Citations : « Ah! que le cœur est un grand maître ! On n’invente rien de ce qu’il trouve, et c’est lui seul qui choisit tout. »


certaines n'avaient jamais vu la merCertaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka, publié aux éditions 10|18

« Au début du XXe siècle, des jeunes Japonaises embarquent par dizaines pour la Californie afin d’y rencontrer leurs futurs maris. Au bout de l’éprouvante traversée, un homme, un pays, une langue inconnus… Une lecture tissée d’émotion pure. »

Note globale : 8/10

Avis : Je n’ai jamais rien lu de tel avant ce livre. Avec la première personne du pluriel dépersonnalisée, les témoignages nous prennent à parti et nous engagent, nous, les lecteurs, à écouter les paroles de ces femmes qui ont tout quitté pour épouser de sombres inconnus à l’autre bout du monde pour des promesses illusoires. Avec un style simple, épuré, mais poignant, les phrases courtes nous percutent et nous parlent de femmes, mais aussi de vraies forces de la nature. Des épouses fidèles envers et contre tout, des femmes fortes et courageuses, des mères solides. Des résistantes. Des femmes souffrantes, aussi. Avec poésie et sensibilité, Julie Otsuka nous fait vivre leur histoire, leur énergie, leurs douleurs et nous apprend beaucoup sur ces oubliées de l’Histoire. Majestueux coup de cœur, ce livre est à découvrir et à faire partager, à tout prix.


le coup de graceLe coup de grâce de Marguerite Yourcenar, aux éditions folio

« En 1919, dans les pays Baltes ravagés par la guerre, la révolution et le désespoir, trois jeunes gens, Eric, Conrad et Sophie, jouent au jeu dangereux de l’amour. Attirance, rejet, faux-semblants, conflits, mensonges et érotisme les pousseront aux confins de la folie. Marguerite Yourcenar renouvelle le thème du triangle amoureux dans cette somptueuse et tragique histoire d’amour. »

Note globale : 8/10

Avis : Je regrette de ne pas avoir écrit de chronique après l’avoir terminé car j’aurais sans doute pu en dire beaucoup plus que je ne m’apprête à le faire. J’avais beaucoup entendu parler de cette auteur, première femme à entrer dans l’académie française. Évidemment, c’est surtout des Mémoires d’Hadrien dont j’ai entendu parler, mais je voulais commencer par autre chose d’abord et aimant particulièrement les livres historiques, je n’ai pas hésité à choisir celui-ci.

C’est un livre intense, troublant, passionnant. Je me suis plongée dedans et je ne savais pas comment m’en sortir. Rien n’est clair dans ce livre, tout est sombre et obscur, comme si l’auteur se jouait de nous. En réalité, c’est simplement la clé : le jeu dangereux est bel et bien là mais le résumé en quatrième de couverture est trompeur. Ce n’est pas une histoire d’amour. C’est une histoire de séduction dans un huis clos imposé, où l’étroitesse de leur confinement est aussi palpable que si nous y étions. Rien ne nous est épargné et l’horreur vient du caractère d’enfants gâtés transparaissant dans ces corps d’adultes qui sont comme pris au piège d’un filet tissés par la guerre, mais par eux mêmes également. Le style d’écriture est mordant, ironique, parfois cru – c’est une véritable gourmandise. Je me suis régalée à chaque page, bien qu’il est vrai que l’histoire traîne parfois un peu la patte.

Une première lecture qui force à vouloir en lire plus. Prochain objectif : Les mémoires d’Hadrien.

 

 

Un commentaire sur “Lecture | Mois de Mai 2014

  1. J’adore aussi les pièces de Musset. En tant que personne, je pense que je l’aurais détesté mais en tant qu’artiste, je suis fan de son travail !
    J’ai très envie de lire aussi Les Mémoires d’Hadrien de Yourcenar. Ce livre a l’air super. Nouvelles Orientales est très sympa aussi à découvrir. J’avais beaucoup aimé =)

    1. C’est exactement ça. Ses pièces sont vraiment superbes, mais la personne en soi…
      Je prends note, c’est une auteur que j’ai vraiment envie de découvrir, comme Simone de Beauvoir. 🙂

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