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La Rentrez des Indés 2016

Chose rare sur le blog, mais que j’espère avoir l’occasion de développer, je vais vous parler d’un événement littéraire qui a eu lieu le 6 Juin dernier à l’Ecole de Bande-dessinée Jean Trubert (Paris 19e) : La Rentrez des Indés.

Auparavant, je me contentais chaque année d’aller régulièrement dans les librairies et, parfois, bouquiner des magazines pour me tenir au courant des sorties littéraires. Je n’étais qu’assez peu influencée par ce grand nom de la « rentrée littéraire ». Depuis que je tiens ce blog, mon regard s’est tourné vers elle, occasion de me renseigner à l’avance et de faire mes paris sur ce qui fera ou non trembler le monde de l’édition dans l’année à venir.

Cette année, j’ai envie de changer de direction et de m’intéresser à tous ces éditeurs encore trop peu mis en avant par les médias. C’est donc dans cette perspective d’ouverture que j’ai sauté sur l’occasion en découvrant cet événement et je me suis lancée.

Petit compte rendu de cette superbe soirée !


Présentation de l’événement

« 12 éditeurs, 12 passionnés, 12 livres : découvrez les nouveautés indés de la rentrée littéraire de septembre dès juin !!!
Après le succès de la soirée organisée l’année dernière à l’Hôtel de Massa en compagnie de plus de 80 professionnels du livre,, le comité Rentrez des indés réitère son rendez-vous avec un parcours hors-piste explorant la rentrée littéraire à venir… Parcours présenté lors d’une soirée qui sera chaleureuse, pétillante et surtout pleine de surprise !
Cette année, les 12 éditeurs indépendants seront accompagnés de 12 passionnés du livre (libraire, bibliothécaire, blogueurs) pour présenter leur catalogue et un titre remarquable de leur rentrée.« 


Dans ce billet, je vous propose donc de retracer cette soirée à travers la découverte des éditeurs et de leur future parution. Chaque présentation était chronométrée, exercice sans doute difficile pour les éditeurs et passionnés qui les accompagnaient, mais intéressant, car offrant autant de place à chacun tout en ayant l’essentiel dit. La soirée fut globalement géniale: dans la convivialité, la chaleur, l’humour et le partage. Un super moment passé à découvrir, à saliver, à discuter.

On pourra dire que c’est un  événement artisanal, mais il n’en tire que le positif  : la spontanéité, le naturel – c’est la passion qui parle. Petite précision supplémentaire : les maisons d’édition invitées cette année ont été choisies par les maisons d’édition de la précédente année – principe que j’apprécie beaucoup.

Mais parlons donc de ces éditeurs qui détonnent !


les allusifs


Présentée par Florence ROBERT et par la libraire Sandrine Giraud

Crée en 2001, la maison d’édition québécoise favorise la publication de textes courts et d’une très grande variété de littérature multiculturelle, allant du minimaliste au baroque, avec toujours un peu de fantastique dans la narration.

Pour cette rentrée,  l’éditrice a choisi de nous présenter le nouveau roman de Mario de Carvalho « Le salon magenta« .

le salon magenta

Le salon magenta
Mario de Carvalho
Traduit du portugais par Marie-Hélène Piwnik
192p, 14,50€

« Recueilli par sa soeur après avoir subi une agression, Gustavo, réalisateur en fin de course, s’adonne aux humbles joies de la convalescence. C’est l’occasion de ruminer ses innombrables blessures intérieures : sa carrière factice dans le milieu du cinéma, ses amours bancales, couronnées par l’absurde point d’orgue d’une passion hautement toxique pour l’insondable Maria Alfreda… A travers cette introspection irrésistiblement retorse, Mario de Carvalho régale le lecteur. Avec une malice brillante, il met en scène notre époque en interrogeant les discordances qui dérèglent les relations et les femmes : l’inépuisable Désamour, en somme… »


anacaona

Présentée par Paula Anacaona et la libraire Aline Connabel

Maison d’édition spécialiste de la littérature brésilienne. « Le Brésil est un condensé du monde internationale »  qui présente « tous les styles de littérature : du plus intellectuel au plus vulgaire. Bien sûr, je ne publie pas de la littérature vulgaire (rire) ».  Elle propose à la fois des traductions et des textes originaux.  Il existe 3 collections :

  • URBAINE sur les favelas : une littérature coup de poing au contenu social;
  • TERRA sur les campagnes brésiliennes : une littérature plus classique ;
  • EPOCA : une littérature contemporaine et avant-gardiste.

Pour la soirée, l’éditrice a choisi de nous présenter le recueil de micro-nouvelles « 100 mensonges pour de vrai » de Helena Parente Cunha. Pour la libraire, ce fut une « vraie découverte« , « à mi-chemin entre la poésie et la prose, une prose concise et terriblement efficace. » Elle recommande d’ailleurs de ne pas le lire d’une traite pour mieux le savourer. Le livre se présente également comme un objet-livre, rempli d’illustrations au sein des textes.

Les intervenantes ont même ponctué leur présentation d’une lecture de courts extraits que j’ai annotés ainsi : « superbe, raisonnant, rythmique et percutant, tellement pertinent« . Autant dire qu’ils m’ont convaincue et j’ai été ravie d’en récupérer un extrait.

100 mensonges

100 mensonges pour de vrai
Héléna Parente Cunha
Traduit du brésilien par Regina Antunes Meyerfeld et Christine Pâris Montech
190p, 17€
Parution prévue mi-Octobre 2016

100 micro-nouvelles, à mi-chemin entre prose et poésie. Une prose accélérée pour raconter en quelques lignes toute une histoire. 100 instantanés doux et amers qui montrent des images inattendues de la société contemporaine. Transfigurant de minuscules faits de la vie quotidienne, partant de la réalité la plus prosaïque ou de la beauté fugace d’un instant de vie, l’auteure nous laisse entrevoir au passage, comme un flash, un visage, un secret, un silence. L’auteure, Brésilienne, est nouvelliste, romancière, traductrice et critique littéraire, et excelle dans le genre de la micro-nouvelle. Sa prose novatrice, d’une apparente simplicité, est parfois désenchantée – mais toujours tendre et poétique.

je suis rioMerci également à Paula Anacaona pour m’avoir également donné en service presse le  recueil « Je suis Rio » d’un collectif d’auteurs :  des nouvelles , deux bandes dessinées et un guide sur Rio de  Janeiro par « ceux qui y vivent, ceux qui la vivent ».  Pour ma part, un choix excellent pour un premier plongeon dans  la littérature brésilienne !


dystopia

Dystopia Workshop

Présentée par Xavier Vernet et la libraire Morgane Steinmetz

Persuadé que la frontière entre les genres n’existe plus, l’éditeur affirme sa volonté de proposer  « un éventail plus large de la SF,  mêlant horreur et fantastique » où l’écriture est parfois mise en scène. Une maison d’édition qui se veut très proche de ses lecteurs et lectrices, en témoigne son  dernier financement participatif, qui fut un succès.

Dystopia Workshop est en fait une association, créée en 2009 par 3 libraires,  qui a cœur de  remettre en lumière des auteurs originaux, brillants et hélas trop peu connus en France, comme Lisa Tuttle,   dont les recueils de nouvelles ont été soigneusement composés du choix des traducteurs, spécialistes de l’auteur, avec pour seule contrainte de l’éditeur de garder dans chaque livre une cohérence des textes.  Ce qui démontre de l’état d’esprit très ouvert de l’association.

Lors de cette soirée, c’est le nouveau recueil  Adar – Retour à Yirminadingrad qui nous a été présenté. Collectif  d’auteurs réunis autour d’un imaginaire commun qui se compose de « textes très engagés sur le plan littéraire et politique » et est très influencés par des auteurs aussi variés que Dick ou Borgès.  Ce qui différencie ce recueil, c’est la volonté de faire autrement : cette fois, les illustrations ne servent pas de mise en abyme des récits. C’est plutôt le contraire : ce sont les nouvelles qui vont illustrer chaque dessin de Stéphane Perger. D’ailleurs, parmi les auteurs, on retrouve notamment Alain Damasio dont je vous ai déjà parlé sur le blog ( chronique de son roman phare La Horde du Contrevent).

Adar

Adar – Retour à Yirminadingrad
Stéphane Beauverger, David Calvo, Alain Damasio, Mélanie Fazi, Vincent Gessler, Sébastien Juillard, Laurent Kloetzer, Jérôme Noirez, Norbert Merjagnan, Luvan, Anne-Sylvie Salzman, Maheva Stephan-Bugni
Illustré par Stéphane Perger
300p, 20€
Parution prévue le 15 Octobre 2016

Merci également à Xavier Vernet pour notre échange et m’avoir notamment offert en service presse (et avec un enthousiasme très communicatif !)  « Les soldats de la mer » du couple d’auteurs Yves et Ada Rémy. Recueil de nouvelles, mélange de fantastique et de merveilleux, autant vous dire qu’il m’a mise l’eau à la bouche !

les soldats de la mer


maurice nadeau
Présentée par Gilles Nadeau 

Maison d’édition familiale publiant beaucoup de littérature étrangère, au passé littéraire très dense et impressionnant,  qui compte parmi ses publications les ouvrages de David Rousset (Les Jours de notre Mort), Mezz Mezzrow (La rage de vivre), Malcom Lowry (Au-dessus du Volcan), et bien d’autres encore.

Il nous a donc présenté un de ses futurs titres, au nom évocateur,  Nirvanah d’Yvonne Baby, auteure et précédemment journaliste dans Le Monde. Récit intimiste et sensible, court et brillant à la fois, une partition musicale qui enchante la lecture. Les quelques mots laissés par le libraire Pierre Moutot et l’éditeur ont laissé envisager un roman fort et intense pour la future rentrée littéraire.

Nirvanah
Yvonne Baby
16€
Sortie prévue le 14 Octobre 2016

« Nirvanah, adolescente, démarque de façon inattendue chez Clémence, sa grand-mère. Commencent les séances de « parle-moi ». Parfois Clémence raconte le passé, parfois elle s’interroge sur l’avenir. Nirvanah pose des questions, s’en va, revient, cherche à comprendre. Passant quelques après-midis, des guerres, la paix, l’écriture, le merveilleux de la vérité quand elle est transmise par le cœur. La parole est un don, qu’autorise l’écoute. Entre Clémence et Nirvanah, c’est une histoire d’amitié, de magie. »


les éditions esperluète

Présentée par Anne Leloupe et la libraire Céline Joaquim

La maison d’édition belge publie en majorité des romans, nouvelles et de la poésie mais également des livres graphiques.  Les collections sont essentiellement définies par le format des ouvrages publiés (une dizaine par an). Les publications sont essentiellement francophones, à l’exception d’un titre par an que la maison d’édition choisit de traduire.

Pour cette édition de La rentrez des indés, elle a choisi de nous présenter le très prometteur (pour ma part, celui qui m’a le plus charmée de la soirée« Une nuit de Nata » de Benoît Reiss, qui se déroule  en Afrique, dans un lieu plongé dans le noir. Nata, l’héroïne, a un côté animal, poussé par l’instinct. Le roman se présente comme une fuite  effrénée, « un peu enivrante« ,  dans une atmosphère assez sombre qui nous plonge dans un récit proche du conte. Récit initiatique, il est surtout à plusieurs  voix, car Nata n’est pas seule à vivre dans le noir.

Rien qu’à entendre l’éditrice et la libraire en parler, j’aurais voulu m’y plonger à l’instant même.  Ne me reste plus qu’à goûter l’extrait pour un avant goût avant septembre 2016. L’attente va être rude.
une nuit de nata

Une nuit de nata
Benoît Reiss
80p,16€
Parution prévue en septembre 2016

Nata est sur le seuil, les cheveux défaits, les pieds nus consciemment posés à moitié à l’intérieur de la maison, à moitié sur la route, et cette histoire d’apparition dans le coin de la fenêtre finit par être ce que Nata
veut qu’elle soit : un prétexte pour prendre une bouffée d’air du dehors. Une seule bouffée et elle rentrera. Elle tend son visage, lentement, menton d’abord puis le front, enfin le nez ; c’est par le nez qu’elle prend connaissance du dehors.
Une nuit de Nata raconte la nuit que traversent des personnages aux vies parallèles. Une petite fille, Nata, est poursuivie par une bête sauvage. Elle-même fuit une situation étouffante ; sa Marraine Tanaté est sur le point
de mourir. La malade est immobile et fragile, mais sa présence va être sensible tout au long de la nuit. Pendant ce temps, Gémo s’est lancé sur la piste au volant de son ambulance. Ce garçon a des rêves de Société Nationale Ambulancière ; ses rêves paraissent ingénus, irréalisables, mais ils auront eux aussi leur rôle à jouer dans cette nuit. Tous les personnages de ce conte – humains, bêtes, objets et paysages – vont se trouver liés par les événements. Benoît Reiss leur fait vivre simultanément un moment épais et envoûtant, comme pourrait l’être celui
d’un conte. Ils réaliseront alors ensemble cette chose incroyable, laquelle d’habitude ne se montre pas, hormis dans les contes justement : ils vont réaliser l’unité du monde, des choses et des êtres.


Layout 2
Présentée par Antoine Jaccottet et le libraire Antoine Fron

Ayant à cœur de promouvoir la diversité dans ses publications, la maison d’édition met l’accent sur des œuvres ambitieuses et est spécialisée dans l’histoire de l’art. Ses livres sont pour elle des objets-livres qu’il faut soigner, à l’image du récit qu’ils renferment.

Lundi dernier, elle a donc choisi un roman à son image, puisque Le dernier voyage de Soutine, écrit par Ralph Dutli, retrace une partie de la vie du peintre Chaïm Soutine à Paris.  Le roman part de la biographie du peintre, juif, mort pendant la guerre. C’est un roman que l’éditeur estime en effet très caractéristique  de sa maison d’édition  et pense qu’il touchera beaucoup de monde. Il bénéficie de plus de la « fraîcheur d’un premier roman avec la maîtrise d’un auteur ayant déjà 30 livres [hors roman] à son actif« .
le dernier voyage de soutine

Le dernier voyage de Soutine
Ralph Dutli
272p, 24€
Sortie prévue le 22 Août 2016

« Caché dans le corbillard qui le conduit de Chinon à Paris pour y tenter l’opération qui seule peut le sauver de l’ulcère à l’estomac dont il souffre depuis des années, le peintre Chaïm Soutine, durant les 24 heures que va durer le trajet, se remémore, en un flux d’images parfois délirantes provoquées par la morphine, toute son existence. A demi fictif, à demi historique, le roman relate ainsi les divers épisodes de la vie de Soutine, depuis qu’il a choisi d’enfreindre l’interdit qui frappait les images dans le shtetl de son enfance : le rêve de devenir un grand peintre, poursuivi de Vilnius à Paris, alors capitale mondiale de l’art ; les années de bohème à Montparnasse et l’amitié improbable avec Modigliani ; le succès soudain, avec la rencontre du Dr Barnes, son mécène américain. Mais ces années dorées qu’accompagnent les deux figures féministes, Gerda Groth et Marie-Berthe Aurenche, prennent brutalement fin avec la guerre et ses persécutions, qui l’ont contraint à fuir Paris malgré l’occupant. Dans son délire, Soutine, qui croit que seul le lait peut le guérir de son ulcère, s’imagine avoir été conduit dans un paradis blanc, à la fois hôpital et prison, où il rencontre un mystérieux Dr Bog, qui lui promet la guérison s’il renonce  à la couleur…« 

Je suis très ravie de cette découverte car leur catalogue semble très riche. Notamment, je remercie Antoine Jacottet pour m’avoir offert cette merveilleuse édition bilingue  Le temps passé de Virginia Woolf, une nouvelle dans sa traduction originale, que l’auteure avait spécifiquement commandé en 1926 à Charles Mauron pour la publier dans la revue  Commerce.

le temps passe


zinc

[Toutes mes excuses, je n’ai pas eu le temps de noter les noms des intervenants…]

Graphiste, l’éditeur décide d’abord de s’auto-publier à travers ZINC, son premier livre-objet  dans le domaine du polar. Il spécialiste tout naturellement sa maison d’édition dans les livres-objets, attachant une grande importance à ce que la forme embrasse le fond, pour offrir des expériences de lecture nouvelles et innovantes. Il pousse la réflexion du support et de la façon dont celui-ci amène du sens à ce qu’il contient. Il publie tout aussi bien des livres illustrés que des textes courts, des livres jeunesses, de la poésie, du théâtre, des livres photos, etc. Une maison d’édition qui s’illustre donc par son originalité et la qualité de ses textes : tout fait et doit faire sens.

Je voulais souligner le dynamisme de leur intervention qui fut un vrai vent de fraîcheur durant la soirée. La libraire n’ayant pu se déplacer, elle s’est connectée  par internet et a pu être projetée en live sur le mur. Ce fut l’occasion d’un moment bourré d’humour et de bonne entente, qui offre un bel aperçu de l’état d’esprit de cette maison d’édition mais aussi de la soirée ! Merci pour ce moment partagé.

sous le tilleul Sous le tilleul
Eric Martinet
20p, 5€
Sortie prévue le 15 Juillet 2016

« Sam habite dans un immeuble, et travaille non loin de chez lui. Il est surveillant d’un parking souterrain. Eté comme hiver. Là, c’est l’hiver. Températures négatives, murs gris, bouches d’aération pulsant l’air chaud, attirant ceux qui en manquent, de chaleur, pauvres, déshérités, SDF, qu’il doit foutre dehors. C’est son boulot. Que les voitures soient bien gardées. Jusqu’au jour où il ne peut plus. Où accomplir sa mission sans état d’âme devient impossible. Où il fait la connaissance de Paul… »


le ver à soie

Présentée par Virginie Symaniec et la bibliothécaire Bogumila Seast

La maison d’édition s’intéresse particulièrement à « la littérature sur l’exil, le voyage comme le sentiment d’exil ressenti«  et ne souhaite pas se limiter à  des genres. Très orientée Europe de l’est, avec notamment une collection de livres en Russe, elle ne souhaite cependant pas se limiter à un territoire et encore moins à un ou des genres. La maison d’édition propose tout aussi bien des livres illustrés que des romans, et met l’accent sur l’objet-livre notamment avec du papier de création (qui est en effet très beau et très agréable au toucher).

L’éditrice est venue nous présenter une future parution « Une île en hiver » de Sonia Ristic. Petite parenthèse, mais en cherchant sur internet, j’ai retrouvé les traces d’un même roman, paru en Janvier 2015 aux éditions Atria  qui ont fermé en Août 2015, il s’agit donc d’une réédition. La bibliothèque nous a présenté ce livre avec beaucoup d’enthousiasme, le décrivant comme « ayant une véritable écriture de l’exil« . C’est un « livre qui vous emporte sur une île sous un été indien. Petit à petit, on se rend compte que les gens qui y vivent tournent au ralenti, ils semblent comme en attente. » Un roman hors du temps et de l’espace, où se croisent beaucoup de personnages mythologiques et historiques.

Une île en hiver
Sonia Ristic
216p, 18€
Parution prévue mi-septembre

« Abel, un jeune homme privé de mémoire, hérite d’une maison sur une île qui ne figure sur aucune carte et que Dieu et le temps ont désertée il y a très longtemps. Arpentant les sentiers de rocaille, il écoute et s’imprègne des histoires de l’Île, de ses habitants, personnages atypiques, attachants et singuliers. Petit à petit, il apprivoise cet espace hors-temps, et va redécouvrir sa propre histoire… comme si, enfin, il rentrait chez lui après une très longue absence… »


les éditions du murmure

Présentée par David Demartis et Sandrine Giraud

La maison d’édition est divisée en plusieurs collections variées : la collection Poésie avec des traductions et des ouvrages bilingues ; la collection Bordeline qui se présente comme des anti-« que sais-je? » et propose de transgresser les tabous ;  la collection En-dehors consacrée à la littérature. La maison d’édition s’inscrit dans l’esprit d’ouverture.

Le roman qu’ils ont présenté est un roman noir et coup de poing où la maltraitance n’est pas tant physique et vient de l’ignorance, du rejet. C’est le « miroir inversé de la route de Kerouac« , une critique sociale dans une Amérique désenchantée. Une écriture très basée sur les sens : les odeurs et les couleurs.  Un auteur qu’ils décrivent avec humour comme un « névrosé de la technique« .

ringo
Ringo
Benoît-Marie Lecoin
250p,19€
Sortie prévue le 11/07/2016

Elevé par sa mère alcoolique et violente dans une caravane échouée au bord de la frontière mexicaine, Ringo se libère en la quittant, direction Los Angeles… Ringo est une saleté de gosse à la vie piétinée, élevé comme un clébard dans un road trip délirant où la clémence prend le pas sur toute autre raison. Ringo, pas de péché, pas de morale ! Pas d’agissement méthodique des serials killers Tupperware que l’on voit partout non plus ! C’est bileux, violent, désaxé… C’est la fuite en avant.


prairial

Présentée par Louis Burkard et le libraire Jacques Boujard

Jeune maison d’édition, elle se consacre à éditer des textes rares, hors du commun, indisponibles. C’est en effet le cas avec le  Dictionnaire critique,  qu’elle publie pour la première fois en France. Il est tiré   de la  revue « Documents« , gérée par George Bataille. Revue d’art et d’ethnographie, elle a développé un anti-idéalisme à l’époque des surréalistes. C’est un mélange de bizarreries avec des articles pourtant très sérieux, d’ethnographie, notamment.
dictionnaire critique

Dictionnaire critique
De la revue Documents
Georges Bataille, Marcel Griaule, Robert Desnos, Jacques Baron, Zdenko Reich, Carl Einstein, Arnaud Dandieu
150p, 17€
Septembre 2016

« A comme abattoir, B comme bouche, C comme crachat… Le « dictionnaire » qui voit ici sa première publication est un déchaînement d’agressivité. Constitué d’une quarantaine d’articles écrits par George Bataille, Michel Leiris, Robert Desnos ou encore Marcel Griaule, il est tiré de la revue Documents (1929-1930), dont il constituait une rubrique. Mêlant érudition en folie, ethnologie et humour noir, parsemé de photos comme autant de chocs visuels, il constituait dans l’esprit de Georges Bataille et se amis dissidents du surréalisme une « machine de guerre » contre l’idéalisme. »


rue des promenades

Présentée par Charlotte Bayart et le libraire Sébastien Wespiser

Créée en 2009, la maison  d’édition propose des textes de littérature contemporaine . Lors de la soirée, elle a proposé sa future parution, « Les Héros périmés » de Ksénia Lukyanova. Elle parle d’histoires d’amour qui se finissent mal et en réinventant la langue française.

les héros périmés
Les Héros périmés
Ksénia Lukyanova
96p, 8,50€
Parution prévue le 25/08/2016

« Dimanche dernier on a décidé d’être heureux, on tressaille de joie, nos sourires affolés gâchent la journée des gens qui ont perdu à jamais leur innocence. On a récupéré notre virginité en fracassant l’indifférence des portes fermées. On passe de l’autre côté de la rue pour fermer les yeux de la laideur avec nos mains crasseuses d’amour après son dernier soupir. J’échange la moitié de mon sang contre la moitié du sien. L’équilibre est atteint, la laideur peut crever. »


vents d'ailleurs

Présentée par Jutta Heppke et la libraire Delphine Bouillo

La maison d’édition est en quête des cultures, des imaginaires, des idées qui viennent d’ailleurs dans le monde. Une présentation qui m’a réellement touchée, par la sincérité des mots de Jutta Heppke, dont la passion était sensible ce soir-là. Une belle voix pour porter des romans comme  « La Batarde du Rhin » écrit par une auteure française de Réunion qui y raconte l’Allemagne durant les années 40. « Les mots, les paroles, les écrits ont un sens« , tel est décrit cette histoire familiale qui est aussi une histoire d’amour entre l’Allemagne et l’île de la Réunion ; de quête des racines, notamment du père biologique ; qui dresse un très beau portrait de la femme. Un roman que l’éditrice m’a gentiment confiée (merci à Jutta Hepke) et qu’il me tarde d’avoir le temps de lire.

 la batarde du rhinLa bâtarde du Rhin
Monique Séverin
224p, 19€
Parution prévue le 13/09/2016

« Roman d’une quête, il retrace l’histoire d’une jeune fille, Kozima, née d’un amour interdit entre son père, soldat stationné en Rhénanie, originaire de La Réunion et de sa mère, une jeune pianiste allemande. Après le départ du soldat de l’Allemagne et malgré l’adoption par son beau-père, Kozima sera désignée comme « bâtarde » sous le nazisme. (…) Ce roman de pure fiction est profondément ancré dans l’histoire des années 1930 et 1940 en Allemagne, abordant la honte noire et le Lebensborn puis à La Réunion, société de toutes les hiérarchies où se cristallisent racisme et non-dits. »


12 éditeurs, 12 romans, un speed-dating hors du commun qui me laisse un excellent souvenir. L’état d’esprit, détendu, informel mais sérieux, laissant place à la spontanéité et la passion, ont énormément contribué au rayonnement  de la soirée.

Un temps certes très court, exercice exigeant, a donc obligé les maisons d’édition de viser l’essentiel. Et ce qu’il en est ressorti, c’est une ouverture vers d’autres formes de littérature, un soin particulier sur l’objet-livre : pas seulement en termes de qualité d’impression, mais aussi en termes d’originalité, de créations et de porteurs de sens.

Merci aux organisateurs de  La Rentrez des indés pour cette super soirée et merci aux intervenants d’avoir joué le jeu dans une bonne humeur communicative.

De futures découvertes en perspective, un excellent moment partagé. Vivement l’année prochaine !


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