Chroniques cinéma

Magic in the Moonlight – Woody Allen

Magic in the moonlight_affiche

Magic in the Moonlight
Réalisé par Woody Allen
Sorti en 2014
Comédie, Romance


Résumé :
« Quand le célèbre prestidigitateur chinois Wei Ling Soo entend parler par son ami Howard Burkah d’une soi-disant médium agissant chez les Catledge, de riches propriétaires sur la Cote Azur, Stanley Crawford, de son vrai nom, décide d’aller démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker. »


Note globale :
6/10


J’ai longuement hésité sur la note. Elle aurait d’ailleurs pu être meilleure car, à n’en pas douter, j’ai passé un très bon moment dans la salle de cinéma. Le film est léger, drôle, et se regarde avec plaisir, d’autant plus que les acteurs sont bons. Mais les têtes d’affiche – superbes, cela dit – ne suffisent pas forcément à rendre le film remarquable, bien que j’en garderai une bonne impression. Magic in the Moonlight est mon second essai avec le réalisateur, un essai réussi cette fois, mais qui manque peut-être de mordant et d’un peu plus de spontanéité.

Après le désastre d’Hannah et ses sœurs que je n’avais pu endurer 10 minutes avant de laisser tout bonnement tomber, je suis restée malgré tout curieuse de découvrir le réalisateur qui fait tant d’adeptes. En plus, les thèmes de la magie et de l’illusion me plaisent depuis toujours au cinéma, bien que j’y trouve souvent une certaine redondance dans le traitement (quand bien même les films sont très bien faits pour certains). Finalement, qu’allait nous proposer Woody Allen de nouveau ?

Magic in the moonlight_la rencontre

Une comédie satirique, d’une légèreté troublante, une opposition bien menée entre la magie, le simili de réalité, et la réalité elle-même. Stanley est un professionnel de l’artifice, prestidigitateur réputé, il n’en reste pas moins un homme résolument pessimiste – fataliste, pourrait-on dire -, snob (voire coincé), cynique (voir blasé) et indiscutablement rationnel. Pour lui, la magie est une fable, autant que toutes les croyances, il ne croit qu’en ce qu’il voit et perçoit, en l’intangible réalité dénuée de tout onirisme possible.

Il est à ce point allergique à l’irrationnel qu’il se donne pour mission de démystifier tous les charlatans qui abusent de leurs clients. Quand il apprend, par un ami prestidigitateur lui aussi, qu’une jeune femme fait entendre parler d’elle par ses soit-disant talents de médium, il accepte aussitôt d’aller la confronter.

Le pitch étant ainsi donné, il est assez facile d’en deviner la suite. Sur ce point, pas de surprise, et la fin n’en reste que prévisible, voire ridicule de facilité. Mais est-ce cela qui compte ? Peut-être pas, quand on n’y réfléchit.

MAGIC IN THE MOONLIGHT

Certes, on pourrait s’attendre à d’autres variantes, mais peu importe, ce n’est pas tant cela qui compte plutôt que le déroulement. Le film va s’acharner sur les convictions indéfectibles de Stanley afin d’ajouter des couleurs à sa vie et de glisser sur sa mine bougon un sourire enthousiaste. Sensible aux charmes de la belle Sophie, Stanley se laisse finalement berner… du sourire de la médium ou de ses pouvoirs ? Je vous laisse voir.

Les dialogues sont travaillés, à n’en pas douter, et manquent peut-être de fait de naturel. Les couleurs, la lumière, les paysages sont magnifiques et j’ai beaucoup apprécié le travail sur les costumes des acteurs. Pourtant, il y a quelque chose dans ce film qui résonne faux.

Artificiel. L’ensemble du décor, des scènes, des personnages, des dialogues, tout semble trop minutieusement mesuré au détail près. Ils sont trop écrits, trop calculés… Rien ne laisse place à la spontanéité et, quelque part, j’ai trouvé cela suspicieux, étrange, assez peu crédible.

D’une certaine façon, on pourrait dire que cela correspond bien au thème du film : l’illusion. Mais cela a également créé une sorte de barrière, un voile difficile à percer qui a rendu le film, par moment, un peu longuet, parfois risible. Les quelques twists du scénario, bien qu’arrivant aux bons moments pour faire leur effet, restent prévisibles. En réalité, le scénario est un peu trop facile à mon goût.

Magic in the moonlight_persuasion

Pourtant, cela n’enlève pas au charme de Magic in the Moonlight auquel on se prête au jeu, malgré tout. Il faut dire que les acteurs sont bons, Colin Firth revêt avec merveille son manteau de personnage résigné dans sa rationalité pessimiste et dans sa maladresse de snob piqué dans sa fierté. Emma Stone est une bonne surprise. Elle est ici très bien mise en valeur par Woody Allen. Plus encore, j’ai trouvé sa prestation intéressante tant elle parvient à nous charmer malgré nous et à nous faire douter, nous aussi, sur ses capacités, ou du moins sa sincérité.

Magic in the Moonlight est ainsi un film très sympathique, qui sait être charmant, romantique et surtout distrayant (et drôle, il faut le dire). Pour autant, comme je le disais, il y a une sorte d’ennui passif dans la répétition des scènes et de ce qu’elles cherchent à produire ; dans les détails trop précis et calculés ; dans la personnalité des personnages parfois trop linéaire, donnant une note parfois caricaturale tant le tableau dressé semble trop parfait (presque cliché) ; et de la simplicité d’un scénario peu surprenant. Si j’ai hésité à lui mettre un point supplémentaire, c’est que l’ambiance musicale est un vrai plus du film qui s’accorde parfaitement à l’atmosphère et aux sentiments que le film cherche à attiser. (Note ressentie en sortie de séance : 6,5/10)


Bande d’annonce

Un commentaire sur “Magic in the Moonlight – Woody Allen

  1. J’apprécie Woody Allen pour son talent de dialoguiste après avec sa filmographie très bien fournie il y a de tout dedans du bons comme du moins bons =)
    Celui ci me tente énormément car je suis une personne superficielle et que j’adore voir Colin Firth dans un film XD
    Honnêtement, si ce n’est que ton second essai avec le Woody, ne perd pas espoir, il y a des films très mordants avec un cynisme qui fait beaucoup rire =) (si on aime le cynisme bien entendu ^^)

    1. Oui, je compte voir au moins Blue Jasmin dont j’entends tellement de bien ! En même temps, vu tout ce qu’il produit, ce n’est pas étonnant !

      J’ai beaucoup aimé les dialogues, même si je ne l’ai pas forcément noté dans ma chronique. 😀 Mais j’aime bien tout ce qui est un peu mordant, décalé, et le cynisme peut s’avérer jouissif ! (Même s’il m’a tantôt hérissé le poil !) ^^

      1. Blue jasmine je ne l’ai toujours pas vu ^^ Préviens moi quand tu le regardes (on pourra se faire un « visionnage commun » XD ) en plus j’ai entendu beaucoup de bien aussi =)

        J’adore le cynisme également, c’est très sympa et ça détend =D

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