Chroniques Livres·Les bonnes découvertes

Station Eleven d’Emily St John Mandel

Station Eleven
Ecrit par Emily St John Mandel
Publié chez Payot & Rivage, 2016
Contre-utopie, pandémie
22€ GF broché, 14€99 numérique, 480p


LES BONNES DECOUVERTES


Résumé :
« Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord. »

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Station Eleven est un roman étonnant de cette rentrée littéraire. Malgré un postulat initial qui aurait tout d’un blockbuster hollywoodien (et peut-être l’est-il un peu), l’auteure parvient à traiter son sujet d’une façon plutôt convaincante. S’efforçant de ne pas user d’effets littéraires, comme le cinéma userait des effets spéciaux, elle imagine avec efficacité les directions possibles que prendrait l’humanité si les fondations qu’elle a mis des siècles à se créer venaient à s’effondrer.

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Chroniques Livres·Les bonnes surprises

Milk and honey de Rupi Kaur

Milk and honey
Ecrit par Rupi Kaur
Publié chez les éditions Andrews McMeel, 2014
Disponible en anglais uniquement
Poésie, prose
8,39€ broché, 7,97€ numérique
208p


LES BONNES SURPRISES


Résumé :
« this is the journey of
surviving through poetry

this is the blood sweet tears
of twenty-one years
in your hands
this is
the hurting
the loving
the breaking
the healing »

Je suis généralement peu sensible à la poésie. Comme pour la sculpture, je suis parfois impressionnée par le travail, sans toutefois réellement goûter au plaisir de leur beauté. Cela peut être une question de goût, de sensibilité, qui rend très difficile de juger. Voici donc un avis tout personnel, car je crois avoir trouvé une œuvre qui a fait mouche : milk and honey de rupi kaur a été l’occasion d’une véritable pause.

Succincte, percutante, la prose de rupi kaur frappe juste. Répartie en quatre chapitres, la blessure, l’amour, la rupture, la guérison, c’est un chemin, un cercle, une voie à double sens, des petites routes, quelques voies rapides mais jamais d’autoroute. Une page de quatre vers ne signifie pas quelques secondes avant la prochaine. Chacune se savoure au rythme des percussions que chaque prose fait résonner en nous. Nous sommes l’instrument de ce texte qui entre en résonance et nous parle avec une facilité, crée une sorte d’intimité soudaine à laquelle on ne s’attend pas à trouver.

Quatre chapitres dans lesquels on peut aisément se retrouver, ou une amie, ou un proche. Ce sont des petites vérités qui laissent à réfléchir, que l’on s’y retrouve ou non. Un livre très court mais qui peut être l’occasion parfaite de prendre son temps, de laisser les mots s’imprégner, tout doucement, et provoquer en nous quelque chose. Un émoi, une connivence, un accord, un réconfort ou même une dissonance.

Quelques pages sont illustrées. A côté, au-dessus, en-dessous, ou parfois au travers ou avec le texte. Une mise en abyme pleine de sens qui ne charge pas inutilement le texte, quand bien même celui-ci pouvait se porter lui-même. Il faut bien le dire : les quelques traits finement dessinés à la pointe d’un stylo noir sont réalisés avec précision et parcimonie, faisant ainsi parfaitement écho à la plume de l’auteur. Il suffit de peu de mots ou de traits pour en dire énormément, rupi kaur le prouve.

milk and honey fait du bien. C’est une consolation et un cadeau qu’on se fait. C’est un livre à offrir. Un livre qu’on peut aisément laisser sur son chevet et y revenir autant de fois que nécessaire, autant de fois qu’on le souhaite. Quand on veut se faire du bien. Quand on veut se réconforter. Quand on a passé une bonne journée. Quand on veut et comme on le veut.


Extraits :

« people go
but how
they left
always stays »

« loneliness is a sign you are in desperate need of yourself »

« for you to see beauty here
does not mean
there is beauty in me
it means there is beauty rooted
so deep within you
you can’t help but
see it everywhere »

Chroniques Livres·Les bonnes surprises

Petit Pays de Gaël Faye

Petit Pays
Ecrit par Gaël Faye
Publié aux éditions Grasset, 2016
Roman, Burundi, Guerre Civile
18€ broché, 12,99€ en numérique
224p
Extrait disponible sur le site de l’éditeur


LES BONNES SURPRISES


Résumé :
« En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français… »

Je parlais précédemment du simili biopic qu’est Maintenant ou jamais de Joseph O’Connor, je vous présente à présent une simili autobiographie, quoi que très inspirée de l’enfance de l’auteur. Si Gabriel n’est pas tout à fait Gaël Faye, peut-être que son enfance lui ressemble assez pour expliquer une telle authenticité dans ce récit poignant et passionnant.

Il n’est pas facile d’écrire sur l’enfance, surtout avec une narration à la première personne, et quand on ne parle pas directement de soi-même. Il faut savoir éviter tous les écueils que risque un tel exercice. Il ne faut ni trop exacerber l’enfance ni être trop modeste. Un enfant n’est pas un enfant inventé par l’adulte, même quand il s’agit de soi-même. Le dilemme est similaire à celui qu’on peut ressentir quand on s’adresse à un enfant : il ne sert à rien de le prendre pour un idiot ou de s’attendre à ce qu’il comprenne tout, c’est-à-dire avec le prisme d’un adulte. Bref, il est important de trouver l’entre-deux pour rendre son personnage réel.

Gaël Faye n’est pas tombé dans le piège ; il a su l’éviter en n’inventant pas Gabriel, l’enfant, mais Gabriel, l’adulte qui se rappelle des épisodes de son enfance. Une astuce bien connue et utilisée, qui fait encore une fois ses preuves. Le narrateur revient sur une période charnière, que l’on comprend être un tournant capital de sa vie : le moment où sa jeunesse a chamboulé et où il a laissé son voile d’innocence pour finalement devenir un adolescent éveillé face à la réalité du monde qui l’entoure.

Ainsi, l’auteur a tout le loisir de raconter les souvenirs doux, chaleureux, de sa vie en famille, de sa bande d’amis qu’il croyait alors inséparables, de ses rêves d’enfants, de sa vision d’un monde à deux facettes. Car dès les premières pages, sa curiosité laisse entrevoir certaines fissures sociales qui présagent les événements qui vont frapper son pays, ses amis, sa famille et son quotidien. Et puis, il en vient aux mutations politiques, les premières élections, le coup d’état, la guerre civile, les massacres. Et la violence qui, soudain, le pousse à grandir.

A la fois français, tutsi, rwandais, natif du Burundi, Gabriel est un enfant du monde dans un pays qui se déchire. Le narrateur nous fait ressentir son désarroi face à la mutation brutale, incompréhensible, qui se produit dans son entourage et en lui-même. Le roman ne se divise pas vraiment en deux, quand bien même la différence est saisissante. L’auteur amène le changement de façon progressive et brutale, rendant sensible l’horreur de la guerre.

Gaël Faye nous offre ainsi un premier roman marquant, habile et prometteur. Son texte dévoile la sensibilité de sa plume, à la fois romanesque et terre à terre. Malgré les sujets graves, la lecture n’a pas été difficile ou lourde. Pas de dramatisation, ce qui est plutôt bienvenu, surtout quand la réalité parle d’elle-même. Petit Pays est à la fois une ode et une espérance, un témoignage fort et passionnant de l’Histoire, de celle qu’on (que je) connaît moins.

Joli texte qui a toute sa place dans les prix auxquels il concourt. Bonne chance.


Extraits :

« L’enfance m’a laissé des marques dont je ne sais que faire. Dans les bons jours, je me dis que c’est là que je puise ma force et ma sensibilité. Quand je suis au fond de ma bouteille vide, j’y vois la cause de mon inadaptation au monde. »

« Puis je revenais aussitôt m’enfoncer dans le bunker de mon imaginaire. Dans mon lit, au fond de mes histoires, je cherchais d’autres réels plus supportables, et les livres, mes amis, repeignaient mes journées de lumière. »

« Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. »

Chroniques Livres·Les bonnes surprises

Maintenant ou jamais de Joseph O’Connor

Maintenant ou jamais
Ecrit par Joseph O’Connor
Publié par Phébus, 2016
Contemporain, Musique
23€, 384p


LES BONNES SURPRISES


Résumé :
« Robbie et Fran se rencontrent au début des années 80 dans les couloirs d’une université de la périphérie londonienne. De leur amitié naît l’idée d’un groupe que rejoignent rapidement les jumeaux Sean et Trez, The Ships in the Night. Portés par les excentricités de Fran, un tube planétaire et une tournée mythique en 1986, leur trajectoire météorique marquera l’histoire de la musique populaire de la décennie. »

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Décidément, il y a quelque chose dans la plume irlandaise, un je-ne-sais-quoi qui me parle, m’interpelle, m’attire sensiblement. J’ai vraiment aimé me plonger dans ce roman aux faux airs de biopic si bien rodés que j’ai un instant cru que le groupe de musique existait. C’est un roman complet et fort, fort, fort bien écrit. En quelques mots, une très chouette découverte de ce Grand Prix des Lectrices Elle 2017 et de cette année 2016 !

Maintenant ou jamais est écrit à la première personne. Robert, le guitariste, est aux commandes du récit. Comme toute autobiographie, c’est un mélange, entre l’ordre sage des souvenirs et les digressions sempiternelles. Il y a la vivacité de ces souvenirs : de l’enfance, de la famille, de la vie estudiantine, de l’apprentissage, de la colocation, des premiers pas sur scène, dehors à l’improviste ou dans une salle de concert. Et il y a la prise de recul, forcément subjective, autant que l’implication personnelle et les émotions continuent à la nuancer.

L’étonnant réalisme de ce roman vient donc de l’humanité qu’on perçoit de Robert, à travers ses qualités et ses défauts, ses obsessions et ses déceptions, ses liens affectifs et son caractère. Au regard de la quatrième de couverture comme du roman lui-même, on pourrait croire qu’il traite d’une de ces relations obsessionnelles, descendantes, où tout l’univers d’une personne – Robert – n’est tournée que sur une autre, forcément original et exceptionnel, qui seul peut se comprendre – Fran. Pourtant, ce serait à la fois réducteur et erroné. C’est un roman étrangement trompeur de ce point de vue. Car c’est bien de la psychologie de Robert et celle qu’il perçoit et comprend, à travers le prisme de son regard, dont il est question. Les autres n’existent que parce qu’il leur donne forme, et c’est cette existence qu’il rend presque tangible qui nous fait douter de la véracité de ce groupe.

Que ce soit Robert lui-même, Fran, Sean et Trez, même si à une moindre mesure, tous marquent le roman de leurs personnalités – comme certaines rencontres marquent une personne à vie. Maintenant ou jamais, c’est le récit de quatre jeunes qui se donnent entièrement à leur passion commune. Quatre passionnés lancés à l’assaut de la gloire, de la popularité et de la musique, prêt à en découdre de tout, peu importe les obstacles, la précarité, les coups bas, le manque de soutien et les critiques. C’est le revers d’une pugnacité peu commune qui les pousse à vivre leur rêve coûte que coûte.

Maintenant ou jamais, c’est aussi un roman qui restitue les années 80 comme je ne l’ai jamais connue mais comme je peux aisément me l’imaginer. Joseph O’Connor ne s’épargne aucune référence, mais va plus loin encore : c’est l’esprit, la musique, le tempo, la folie, la jeunesse, l’ambiance et plus encore, dont il parfume son roman qui nous fait saliver. J’ai eu envie d’écouter et de lire en même temps, avec cette joie gourmande de découvertes musicales.

Si ça, ce n’est pas un signe que j’ai aimé !


Extraits :

« Il devenait un peu entreprenant. Me lançait ce fameux sourire. Ah, les hommes. Pourquoi le cacher ? Une ou deux fois, nous avons échangé un baiser. Je n’ai aucun regret. Il embrassait de manière sensationnelle. Ses talents étaient nombreux et divers. Mais ces moments, si agréables qu’ils soient, m’ont surtout permis de découvrir que l’amour qui ose dire son nom, et qui en général ne sait pas se taire, était vraiment celui qui me convenait. »

« Mais à l’époque, on voyait les choses différemment, ou du moins on faisait semblant. Croyant dur comme fer au mythe de l’amateur, faux évangile de la musique populaire depuis 1956, Fran et moi on avait tendance à afficher une certaine supériorité (…) envers ceux qui savaient ce qu’était une clé d’ut. C’est comme ça qu’on a réussi à quel point on était cons. L’accord de septième mineure constitue la deuxième espèce de l’accord de quatre notes, de Palestrina jusqu’au dubstep, et cela perdura longtemps après que nous ne serons plus là, parce qu’il en est ainsi depuis des siècles. (…) Vous ne laisseriez pas une chirurgienne qui se targue de ne pas faire la différence entre un scalpel et une hache vous opérer pour vous retirer un rein. Il n’y a que dans le domaine des arts qu’on considère l’ignorance comme une forme de qualification. C’est le plus grand snobisme que j’ai jamais rencontré. »

« J’ai dansé avec Chrissie Hynde des Pretenders, et avec Debbie Harry. Dans des boîtes à New York, San Francisco, Barcelone, Tokyo, je me suis démené des nuits entières avec Trez. Mais si saint Pierre me demandait de dire quelle fut la plus belle danse de ma vie, je répondrais sans hésiter.
Ce fut à l’hôpital St Thomas de Londres. En avril 2012. En chemise de nuit. Dans l’obscurité.»

Chroniques Livres·Les mitigés

Une nuit de Nata de Benoît Reiss

Pas facile de vous parler d’une demie déception : de tous les livres présentés lors de la soirée des Rentrez des Indés durant laquelle des maisons d’édition indépendantes sont venues présenter une de leurs futures sorties, Une nuit de Nata faisait partie de mes préférées. Je m’étais en fait imaginée quelque chose d’assez différent, mais les souvenirs laissés de cette soirée ont sans doute rendu floues mes attentes. Au fond, à quoi m’attendais-je vraiment ? Lire la suite « Une nuit de Nata de Benoît Reiss »

Chroniques Livres·Les bonnes découvertes

Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

Difficile d’évaluer d’une simple note une telle oeuvre. Comme pour Catharsis de Luz, les œuvres aussi intimes me  laissent indécise sur la façon de les évaluer. Finalement, puisqu’il reste d’une certaine façon assez pudique, j’ai choisi de noter et de vous présenter ce texte principalement à travers sa forme. Et de ce point de vue, le Journal d’un vampire en pyjama est un véritable envoûtement aux oreilles. Lire la suite « Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu »

Chroniques Livres·Les bonnes surprises

Jésus Contre Hitler de Neil Jomunsi

Après deux sélections de livres reçus dans le cadre du Grand Prix des Lectrices ELLE, auquel j’ai le plaisir de participer cette année, j’ai quand même été ravie de pouvoir faire une pause et aller piocher dans ma bibliothèque une de mes trouvailles. Avec un titre pareil, celui-ci me faisait de l’œil depuis un moment et qu’est-ce que ça m’a fait du bien. C’est complètement déluré mais c’est toujours très bon, et surtout très, très drôle !

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Chroniques Livres·Les mauvais élèves·Pièces écrites de théâtre·Théâtre

Le cas « Harry Potter and the cursed child » de John Tiffany et Jack Thorne

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Harry Potter and the cursed child
D’après un scénario et l’œuvre de J.K. Rowling
Ecrit par John Tiffany et Jack Thorne
Publié aux éditions Little Brown2016
Théâtre, Fantastique
17,98€, Grand Format/Hardback

Résumé :

« L’action de la pièce se déroule dix-neuf ans après les évènements du livre Harry Potter et les Reliques de la Mort et suit les aventures d’Harry Potter, désormais employé au Ministère de la Magie, et de son plus jeune fils, Albus Severus Potter. »


La pièce de théâtre « Harry Potter and the cursed child » aura fait beaucoup parlé d’elle. La promotion dont elle a joui a réveillé tous les (vieux et jeunes) fans. Le projet fait rêver : mettre en scène la magie de Poudlard sur un plateau de théâtre, face aux spectateurs, quelle belle invitation dans l’imaginaire de J.K. Rowling.

Ce billet va probablement être assez long mais je tenais à prendre le temps de vous expliquer toutes les raisons pour lesquelles j’étais divisée face à ce projet. Finalement la curiosité l’a emporté.

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Chroniques cinéma·Chroniques Livres·Les mauvais élèves

Me before you (Avant toi) de Jojo Moyes (Livre & Film)

On a tous des a priori nés de mauvaises expériences, de bouches-à-oreille fortement négatifs, ou même d’appréhension vis-à-vis de sujets ou d’un genre dont on redoute certains traitements malheureux. Les romans qu’on catégorise comme « romance » (peut-on vraiment parler de « genre littéraire » ?) font partie de ceux-là pour moi. Je m’y connais peu en romans mais j’ai eu l’occasion de voir beaucoup de films de comédies romantiques, principalement américaines. Lire la suite « Me before you (Avant toi) de Jojo Moyes (Livre & Film) »

Chroniques Livres·Les bonnes découvertes

« Françoise » : une biographie de Françoise Giroud par Laure Adler

En préambule…

Et voici l’article inaugural de cette nouvelle rubrique sur le blog : la non fiction. Qu’il s’agisse de biographies, d’essais ou de documentaires, c’est dans cette catégorie qu’entreront tous les livres ou documentaires qui ne seront donc pas une fiction.

Comme c’est le premier article, n’hésitez pas à me faire un feedback  afin que je l’améliore et nourrisse en conséquence les prochains !


françoise giroudFrançoise
Biographie de Françoise Giroud
Ecrite par Laure Adler
Publiée aux éditions Grasset en 2011
22€, 490p

4e de couverture :
« Et si Françoise Giroud était encore plus grande que sa légende ? Plus riche, plus complexe, plus intéressante que l’image d’Epinal de la jeune femme talentueuse qui devint la première journaliste de son temps ?

La trajectoire, on la connaît : engagée par Hélène Lazareff à la création de Elle puis cofondatrice de L’Express, et enfin chroniqueuse au Nouvel Observateur, l’ex script-girl de Jean Renoir avait le sens des phrases assassines : la griffe sous le sourire enjôleur. Compagne et complice de Jean-Jacques Servan-Schreiber, farouche opposante à la guerre d’Algérie, amie fidèle de Mendès France et de Mitterrand, celle qui « inventa » la Nouvelle Vague et roulait en décapotable fut une grande amoureuse, aimant le plaisir autant que le devoir. Femme politique, cette fille d’immigré turcs ne passa jamais son bac, mais devint Secrétaire d’Etat à la condition féminine sous Giscard d’Estaing. Travailleuse acharnée, élégante en diable, éprise de liberté, c’était une visionnaire, qui incarna la naissance de la femme moderne.

Mais on découvre ici que ce tempérament passionné a aussi ses zones d’ombre – expérience de la trahison, coup de folie passionnelle, tentative de suicide, mort d’un fils… Et si une phrase de sa mère, sur son lit de mort, avait déterminé sa trajectoire et son destin ?

A travers le portrait d’une femme d’exception, c ‘est une époque de feu que ressuscite ici Laure Adler : un temps, pas si lointain, où l’on savait encore se battre pour des idéaux. »

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