Au cœur du Yamato, le second cycle de romans d’Aki Shimazaki

Couverture du coffret Au Coeur du Yamato

Vous pouvez retrouver mon avis sur son premier cycle de romans en cliquant ici.

Comme pour son prédécesseur, Au cœur du Yamato se décompose en plusieurs tomes indépendants. Chaque narrateur raconte son histoire personnelle tout en intégrant un tableau plus grand. Ils sont tous plus ou moins connectés par une connaissance ou un environnement commun. La Seconde Guerre Mondiale est terminée, le Japon s’est reconstruit et vient de vivre son plein essor économique.

Une suite spirituelle à la série Le Poids des secrets

Si ceux-ci sont liés par l’entreprise Goshima, il faut néanmoins chercher leur lien dans la signification du terme Yamato. Synonyme de ‘Japon‘, son écriture 大和 peut également se traduire par « grande harmonie ». Et c’est bien cela qui fait le cœur des récits et des réflexions soulevées par la pentalogie. Comment cette recherche d’harmonie collective peut-elle conditionner les relations sociales, hiérarchiques et individuelles de sa communauté ?

Il y a une sorte de continuité avec le précédent cycle. La majorité des personnages auront connu la Seconde Guerre Mondiale. C’est notamment le cas du roman Zakuro où Toda tente une dernière fois de retrouver son père disparu dans les camps sibériens. On y retrouve toutefois un passage de flambeaux à la génération suivante.

Des thématiques plus modernes

On parlera du plein essor économique de la seconde moitié du 20e siècle et de l’émergence du salaryman. On voit notamment dans Mitsuba un exemple de la manière dont le wa (l’harmonie) sera opposé à Aoki. Et comment cela le poussera indirectement à se résigner face à la collectivité et malgré l’injustice qu’il subit.

L’autrice parle aussi des brimades scolaires et du suicide (Tombo) poussé par le déshonneur, l’injustice et l’humiliation. Mais elle aborde surtout d’avantage les relations hommes/femmes. Par l’entremise des rencontres arrangées en vue d’un mariage, les miais (Yamabuki), par exemple, mais aussi par l’homosexualité (Tsukushi).

Une plume toujours efficace mais sans renouveau

L’écriture fluide et aérienne nous offre un bel exemple de délicatesse et de subtilité dans le traitement psychologique des narrateurs. La richesse des thématiques et l’émotion douce-amer font toujours la force de ses récits, plaisants et addictifs.

Mais sans la sensation de fraicheur du premier cycle, celui-ci a paru redondant, plus maladroit et inégal sur certains sujets. Peut-être du fait du lien moins ténu entre les narrateurs, les multiples références pour le rappeler ont paru cette fois un peu forcées.

Malgré cela, Au cœur du Yamato reste une bonne découverte

Je préfère donc le premier cycle à celui-ci. Toutefois, sa lecture est toujours enrichissante pour découvrir de nouvelles facettes du Japon, un peu plus modernes cette fois-ci. Je recommande en particulier les romans Zakuro et Tonbo de ce nouveau cycle.

Rendez-vous sur le site d’Actes Sud pour en savoir plus

Pentalogie composée de Mitsuba, Zakuro, Tonbo, Tsukushi, Yamabuki, publiée aux éditions Actes Sud, 33,40€ le coffret, 6.50€ le tome individuel, Contemporain / Japon / 20e siècle

A propos de l’autrice

Née à Gifu, en 1954, Aki Shimazaki a quitté le Japon pour vivre au Canada en 1981. Elle a commencé à publier en français directement avec son premier roman, Tsubaki (1999).

Sa bibliographie se compose en trois cycles de cinq romans chacun. Ils s’articulent autour d’une dynamique commune et entrecroisent le destin de différents narrateurs au sein d’un même univers.

Elle dresse ainsi dans ses livres un portrait détaillé de la société japonaise, à travers son histoire, sa culture, son évolution et aussi ses tabous.

Ses romans ont remporté plusieurs prix, dont par exemple le Prix de la Société des écrivains du Canada pour Tsubaki, le prix Ringuet 2001 pour Hamaguri, etc.

En France, elle est publiée par les éditions Actes Sud qui propose d’acheter ses cycles par coffret ou individuellement.

Résumé des tomes :

Mitsuba

Takashi Aoki est un salarié prometteur, engagé par la société d’import-export Goshima, à la suite de son père, décédé quand il était encore jeune. Alors qu’il est sur le point de faire sa demande en mariage à la jeune réceptionniste avec qui il prend également des cours de langues, il reçoit une offre de mutation pour la succursale de Goshima à Paris.

Zakuro

Bien que le père de Tsuyoshi Toda ait disparu dans les camps de Sibérie à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la mère de celui-ci, atteinte d’Alzheimer, attend toujours son retour, persuadée qu’il est encore en vie.

Tonbo

Alors qu’il a ouvert un juku (école privée) suite à sa démission de la société Goshima, Nobu reçoit la visite d’un ancien élève de son père, professeur de lycée, pour lui parler des événements qui ont conduit au suicide de ce dernier et s’excuser.

Tsukushi

Alors qu’elle venait d’accepter la pressante demande en mariage du fils du directeur de la banque Sumida, celui-ci accepta d’adopter l’enfant que Yûko attendait d’un autre, sans en dire un mot à leur entourage. Treize ans plus tard, alors qu’elle pensait leur famille heureuse, elle découvre qu’un autre secret cachait le sien.

Yamabuki

A l’aune du mariage de sa nièce, Aiko se remémore les cinquante ans de son second mariage et le coup de foudre qu’elle avait eu pour cet homme, croisé dans un train qui lui avait glissé sa demande sur une feuille de papier sans même lui avoir parlé.

La main gauche de la nuit, une réflexion sur le genre d’Ursula Le Guin

La main gauche de la nuit
Couverture La main gauche de la nuit

Nota bene : Bien qu’étant le 4e volet du Cycle de Hain, La main gauche de la nuit peut être lu de façon indépendante.

L’envoyé de l’Ekumen a bien du mal à supporter le froid polaire de la planète Gethen. Mais ce n’est pas tant l’hostilité des températures que la particularité de ses habitants qui le trouble.

Et pour cause : les Géthéniens sont des êtres humains sans distinction de sexe. A l’exception de la période de reproduction, où ils prennent aléatoirement le sexe féminin ou masculin, iels sont ambisexué-e-s. De plus, les politiques locales sont plutôt hostiles à l’idée d’intégrer l’Ekumen. La mission de Genly Aï semble compromise.

Publié initialement en 1969, La main gauche de la nuit est un récit de science-fiction singulier qui a contribué à la renommée de l’autrice. Mais il s’agit également d’un des premiers livres féministes de science-fiction écrits.

Le genre comme limitation sociale

La narration homodiégétique permet une approche directe de la question de genre. Surtout que le regard de Genly Aï nous est en réalité familier. C’est notre vision du monde qui s’oppose à celui des Géthéniens. Ainsi, elle nous fait réfléchir sur l’influence que le genre a sur la détermination des rôles dans nos sociétés.

Genly Aï est aussi faillible qu’on peut s’imaginer l’être dans pareille situation. Bien que maladroitement justifié, il évoque immédiatement son choix du neutre masculin pour parler de ses hôtes. Cela démontre dès le départ la conscience aiguë qu’il a de l’inadaptabilité de la langue. Il attribuera également sans cesse un genre aux attitudes des Géthéniens, bien que cela n’ait aucun sens pour eux.

Habilement, Ursula Le Guin met ainsi en scène notre obsession du genre et ses conséquences. Tous ces préjugés déterministes limitent finalement nos relations sociales et obstruent notre vision par la recherche permanente d’altérité. Et c’est bien cela qui est au cœur du récit.

Un monde sans genre : un monde plus juste ?

Sur Gethen, la guerre, comme le genre, est un concept étranger à la population. Mais, la planète reste un terrain où le conflit existe. Il prend d’autres sources et d’autres formes : le patriotisme, l’appartenance territoriale, qui se résout en chantages, intrigues politiques, manipulations…

De plus, de par son genre déterminé, Genly Aï apparaît comme un monstre aux yeux de la population. Ils se méfient de lui et leur premier réflexe est celui du rejet. Il sera exilé, muselé et enfin enfermé, de sorte à ce qu’il ne puisse répandre son message.

Finalement la peur de l’inconnu, de « l’autre », reste prégnante. Mais est-ce suffisant pour dire que l’absence de genre rendrait le monde moins belliqueux ? Pas vraiment.

L’axe de réponse se trouve dans le choix narratif. La narration change en effet de temps à autre pour offrir le point de vue d’un Géthénien. Esthaven, lui-même en exil, est le seul qui a dès le début soutenu la proposition de Genly Aï. Par sa vision élargie, il a perçu le potentiel pour Géthen de s’allier à l’Ekhumen. Or, l’explorateur interprète mal son attitude et se méprend sur ses intentions. Ce qui l’entraînera à faire les mauvais choix et risquer sa perte.

Cette alternance de narrateurs met en scène l’altérité que l’autrice dénonce. De cette dissemblance, naît l’impossibilité de compréhension, de communication et la peur de l’autre. C’est de là que naît le conflit.

Un récit exigeant non dénué de poésie

Pour une première découverte de l’autrice, j’ai été surprise par la qualité de son écriture. D’une part, elle propose une réflexion approfondie sur le genre dans un récit passionnant, aux intrigues socio-politiques et humaines prenantes.

Mais, elle le fait également dans un univers approfondi, riche de ses mythes et légendes. Celles-ci prennent la forme de contes oniriques. Ce sont des pauses poétiques bienvenues dans un récit autrement très terre à terre. Et un moyen efficace de construire un univers dense et surtout très immersif.

Un incontournable de la SF féministe

Rétrospectivement, l’autrice s’est reconnue quelques maladresses au regard du féminisme. Elle offre néanmoins une base de réflexion sur le genre qui reste encore très actuel. La richesse de son œuvre est intemporelle. Cela tient de l’habilité de son récit à faire miroir à notre société. Elle perdure dans l’ode faite à l’empathie et la tolérance face aux altérités, quelles que soient leur nature. Et dans un espoir en l’humanité qui réside dans son ouverture à l’autre.

Rendez-vous sur le site de l’éditeur Penguins Book (VO) ou Le Livre de Poche (VF) pour en savoir plus

Cycle de Hain, tome 4 (1969), publié par Penguin Books, 6.19€ Paperback, 6.49€ Ebook pour la VO, et par Le Livre de Poche, traduit par Jean Bailhache, 7.70€ Poche, 9.90€ Ebook – Littérature américaine, science-fiction

Soutenez votre librairie préférée en achetant le livre (en VF) sur le site de la Place des Libraires !


A propos d’Ursula Le Guin

Née en 1929 et morte en 2018, Ursula Le Guin est une autrice américaine mondialement réputée pour ses récits de science-fiction spéculative et de fantasy. Ses sujets de prédilection se tournent autour des sciences sociales. On retrouve en particulier de l’anthropologie culturelle, du féminisme, de la philosophie taoïste, entre autres thématiques politiques et sociales.

Elle commence à publier à la fin des années 50. C’est en 1969 que paraît le premier roman qui lui donnera en premier sa renommée : La main gauche de la nuit. Mais l’autrice continuera à faire parler d’elle, par l’excellence de son écriture, la complexité et la richesse de ses récits. La liste de ses nominations littéraires en témoigne : 1 National Book Award, 9 prix Hugo, 6 Nebula Awards…

Extrêmement prolifique, elle a publié pas moins de 21 romans, 12 recueils de nouvelles, 11 de poésie, 13 romans jeunesses et 8 essais. Une de ses adaptations la plus célèbre est celle de sa saga de fantasy Terremer, par Gorô Miyazaki des studios japonais Ghibli en 2006.

Pour en découvrir d’avantage sur l’autrice, rendez-vous sur le site officiel (en anglais).

Plusieurs de ses œuvres ont été traduites et peuvent être facilement trouvées en France, en neuf ou en occasion. Quelques-unes d’entre elles avec les liens vers leur maison d’édition :

Quatrième de couverture

« Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n’y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains.
Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle.
L’Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen
« 

Le Portrait de Dorian Gray, la décadente satyre du Beau, par Oscar Wilde

Le portrait de Dorian Gray

Le portrait de Dorian Gray fait partie de ces mastodontes de la littérature anglaise (commandée par un éditeur américain), incontournables classiques qui peuvent impressionner.

J’avais également quelques appréhensions à l’attaquer, d’autant que je m’étais en plus mise au défit de le faire dans sa langue originale.

Et comme je le pensais, ça n’a pas été une lecture évidente, malgré l’élégance et la fluidité de la plume d’Oscar Wilde.

La beauté de Dorian Gray envoûte, même le lecteur éclairé

On est tout de suite happé par cet esprit malfaisant et cependant délectable.

Dorian Gray ne sublime pas que son entourage, il nous subjugue, nous, les lecteurs. Pourtant, ce statut privilégié nous confère une distance, un recul, que n’ont pas les personnages. Mais rien ne fait obstacle à l’irrémédiable fascination qu’exerce le personnage central.

Comme décor, il dresse un tout autre portrait. Ce n’est donc pas que le tableau de Dorian qui s’étiole, mais toute la société.

C’est ainsi une description cynique d’une société décadente, remplie de superficiels oisifs, à la moralité dépravante. Une toute autre image de l’ère victorienne, où la quête du beau ne semble pas réussir à cacher sa perfidie.

Une beauté pure à la morale impure

Or, la beauté vue par Oscar Wilde présuppose que son porteur reste pur.

Autour de ce postulat central, l’auteur va justement porter sa réflexion sur la notion de beau, l’art, l’esthétique et, au-delà, de la morale.

Entaché par les vices de l’humain, la beauté de Dorian s’étoilerait. C’est pour cela que Basil supplie Lord Henry de ne rien tenter envers son protégé. Mais, tel le Serpent dans le Jardin d’Eden, Lord Henry jouera son rôle de tentateur.

(Petite parenthèse : Lord Henry est probablement la raison principale qui m’a rendue cette lecture difficile. Au-delà de son hédonisme, sa conception des femmes rend une bonne partie de l’œuvre particulièrement déplaisante.)

Toute la noirceur du récit se dévoile de façon progressive et pernicieuse. Nous assistons ainsi à la lente et inéluctable métamorphose d’un esprit perverti par la vanité, insufflée par Lord Henry. Mais également par Basil lui-même, en lui faisant prendre conscience du pouvoir de sa beauté.

Sous cette enveloppe d’immunité, Dorian Gray révèle, au fur et à mesure du récit, sa tortueuse personnalité. En quête perpétuelle de nouvelles sensations et du plaisir absolu, il y cache une peur irrémédiable de la vieillesse, de la laideur et de la mort.

Derrière le voile, un miroir inversé

La beauté, parce que supposée pure, devient donc la cache derrière laquelle Dorian révèle toute sa lâcheté.

Elle lui sert d’excuse pour succomber à tous les vices jusqu’au crime ultime. On comprend que le portrait, dont il restera obsédé depuis la formulation de ses vœux, représente sa conscience.

Une phrase écrite par Oscar Wilde lorsqu’il était en prison est édifiante au regard de son œuvre :

« La faute suprême, c’est d’être superficiel. Tout ce dont on prend conscience est juste.« 

Préface, The Portrait of Dorian Gray, Oscar Wilde, Penguin Classics, ed. Hardback 2008

Et la superficialité de Dorian transparaît dans tout le récit. S’il s’inspire des paroles de Lord Henry, jamais Dorian ne fait preuve d’esprit affûté. Tout en subjuguant la société, il s’en retrouve isolé par le mépris qu’il lui inspire. Tout en cherchant la beauté, c’est son âme qui s’enlaidit…

Et en faisant ce choix, Dorian suit finalement le destin que lui prédisait Lord Henry depuis le début. Sans jamais se sentir rassasié, tout ce dont il tire de sa beauté n’est qu’une source perpétuelle de souffrances.

Une œuvre complexe, cynique, incontournable

Le Portrait est ainsi une œuvre d’une fine complexité, bourrée de paradoxes. Ceux-là même qui finissent par avoir raison de son héros.

Difficile de dire simplement que j’ai aimé ma lecture. Mais c ‘était une de ces expériences littéraires qui marqueront mon parcours de lectrice. J’ai apprécié l’incroyable force du texte, la qualité d’écriture, les sous-textes vibrants sur la société victorienne à l’époque d’Oscar Wilde.

Pourtant, comment apprécier le sujet du livre ? La métamorphose mettant ici en exergue non pas la beauté humaine, mais son exact opposé. Oscar Wilde ne cache rien de la noirceur puante de Londres et de sa société. C’est un plongeon sans retour dans nos aspects les moins louables.

Et ce n’est jamais agréable.

PS : Il faut être aguerris à l’anglais pour l’apprécier pleinement dans sa langue originale. En revanche, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à lire la préface de cette version hardback de 2008 chez Penguin Books. Elle apporte un éclairage passionnant sur l’œuvre, un excellent moyen de l’appréhender si, comme moi, elle vous impressionne.

Plus d’informations sur le site du Livre de Poche pour la version française et de Penguins Books pour la version anglaise

Publié aux éditions Penguins dans leur collection Classics, 256 pages, 6.49€ Format Paperback, 0.49€ Format numérique

Traduit par Vladimir Volkoff, publié aux éditions du Livre de Poche, 256 pages, 3.30€ Format Paperback, 2.99€ Format numérique

Littérature anglaise (publiée initialement aux US), conte philosophique, fantastique

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Quelques mots sur l’auteur

Oscar Wilde (1854 – 1900) est un auteurs irlandais connus mondialement pour ses romans fantastiques, ses poésies et ses dramaturgies.

Véritable dandy, élève brillant, Oscar Wilde fréquente la bonne société et les cercles culturels prisés de son époque. Il gagne rapidement la confirmation de ses pairs, par la publication de poèmes faisant l’apologie de l’esthétisme, puis continue son exploration à travers des activités de conférenciers et de journaliste, en Angleterre et aux US.

Au faîte de sa gloire, il publie en 1890 son roman le plus célèbre, Le portrait de Dorian Gray, où il dépeint un portrait cynique de la société londonienne. Il se confronte pour la première fois à la morale anglaise avec sa pièce Salomé, écrite en français en 1891, qui ne pourra pas être jouée en Angleterre.

En 1895, Oscar Wilde est jugé pour son homosexualité affichée avec Alfred Douglas de Queensberry. Il quitte l’Angleterre à sa libération de prison en 1987 pour la France, où il écrit sa dernière œuvre, La Ballade de la geôle de Reading (1898).

Quelques idées de lectures en Français :

Et en Anglais, vous retrouverez l’ensemble de ses livres aux éditions Penguin Books.

Sources : la page de Wikipédia sur Oscar Wilde, la biographie disponible sur le site de l’internaute, les pages des différentes maisons d’édition publiant l’auteur


Résumé :

« Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d’étranges conjectures. »

Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer. »