Je suis fille de rage, et de liberté, de Jean-Laurent Del Socorro

Alors que les États-Unis viennent de changer de président, revenons à une autre période de son histoire où sa société était divisée : la guerre de Sécession.

Soldats, généraux de l’Union comme des Confédérés ; esclaves affranchis ou sur le point de l’être ; poètes et acteurs de théâtre en tournée ; civils curieux ou engagés ; capitaine de bateau opportuniste… La faucheuse elle-même s’invite dans les bureaux de Lincoln et compte les morts.

Dans un roman choral efficace, Jean-Laurent Del Socorro retrace les cinq années du conflit. Mais est-ce, pour autant, un simple récit de guerre ?

Je suis fille de rage : un roman polyphonique ambitieux

Avec une vingtaine de narrateurs, il faut souligner l’exercice de style ambitieux, réalisé ici avec brio. Aucun doute : Jean-Laurent Del Socorro sait jouer de sa plume pour rendre compte du charisme unique de chaque personnage.

Lettres et missives, titres de journaux, extraits de discours… C’est un joli travail de documentation et de traduction par l’auteur lui-même. Au-delà de l’authenticité historique, cela contribue aussi à donner une voix particulière à ses narrateurs. En ce sens, la double utilisation de documents historiques est astucieuse.

Certains s’exprimant uniquement par leurs propres écrits, comment faire plus vraisemblable ?

Or, l’utilisation de ces documents n’aurait pas été aussi efficace sans une bonne mise en scène. Chaque lettre, rapport, extrait arrive à point nommé dans le récit. De fait, la fiction s’entremêle à la réalité historique avec fluidité.

Une facilité renforcée par une mise en page soignée. Je suis fille de rage est en effet un roman très méticuleux et organisé. Divisé en cinq parties, pour chaque année de guerre, il suit une chronologie précise et linéaire.

Chaque chapitre possède également un en-tête très fourni, précisant la date, le lieu, et surtout qui parle et dans quel camp il se trouve. Ainsi, malgré la multitude de narrateurs, et les va-et-vient géographiques, le lecteur n’est jamais perdu.

Au-delà du récit de guerre, une vision pluridimensionnelle nuancée

La contrepartie de sa rigueur et son organisation très précise donne au roman un aspect très rigide. Son découpage chronologique nous fait suivre, batailles après batailles, l’évolution de la guerre jusqu’à sa conclusion. Dans son squelette, le roman a tout d’un récit de guerre.

Pourtant, plusieurs éléments permettent d’élever celui-ci à une dimension plurielle.

La dimension humaine et sociale

La pluralité des points de vue représentent toutes sortes de classes, de genres et de rangs sociaux. On y retrouve aussi bien des soldat.e.s et des généraux conférés qu’unionistes, des esclaves affranchi.e.s ou sur le point de l’être, un acteur de théâtre aux intentions meurtrières, des européen.e.s curieux.ses ou opportunistes…

Qu’iels aient existé ou non, chaque personnage est doté d’une personnalité charismatique, immédiatement identifiable. Leur leitmotiv apparaît dès le début, inspirant chacun vers une trajectoire qui nous embarque à leur côté.

La dimension politique

Elle s’exprime par le biais du seul personnage fantastique du roman : la Faucheuse. Omnisciente et omniprésente, elle est le catalyseur du récit.

Et en même temps elle se pose en observatrice impartiale. Invoquée par Abraham Lincoln malgré lui, elle trace dans son bureau un trait de craie blanche pour chaque mort.

Ce décompte pragmatique et macabre permet de s’extraire de tout commentaire purement militaire. (Ceci est laissé aux généraux.) Lincoln, lui, doit faire face à ses responsabilités. Par les questions de la Mort, il doit répondre de ses tergiversations vis-à-vis de l’esclavage, qu’il repousse au profit de la guerre. Or, plus il tarde à le considérer, et plus cette dernière s’englue.

Enfin, le roman met aussi en avant l’utilisation politique des journaux. Le roman intercale entre les chapitres quelques titres de journaux. Une manière simple de montrer le contrôle de l’opinion publique par celle des médias.

La dimension militaire

D’abord, par le progrès technologique et la première utilisation de premiers vaisseaux cuirassés et de sous-marins. Puis, par son revers humain, notamment au travers des généraux. C’est auprès d’eux que l’on retrouve l’humour et l’ironie, tournant en dérision la bêtise et la déshumanisation. Il suffit de voir par quels titres les personnages sont annoncés.

Ainsi, le Général Grant est « Le Général qui ne compte pas ses morts » ; son fidèle bras droit, le lieutenant Sherman, « L’Officier qui lutte contre la folie » ; Robert. E. Lee, « Le Commandant qui ne veut pas prendre les armes contre son pays natal » ; le Général McClellan, « Le Héros qui n’en est pas un« …

Protéiforme, polyphonique, la relation fusionnelle de la fiction et de l’Histoire

L’onirisme de Boudicca offrait à la reine celtique une dimension mythique. Ici, le récit terre-à-terre utilise l’imaginaire pour en nuancer le réel.

Il dépeint un double tableau de la guerre : celui intime de ceux qui la vivent et la subissent. Et celui, plus global, des enjeux politiques, sociaux, militaires et économiques.

Encore une fois, je tiens à souligner le très joli travail de traduction et d’incorporation qui fait de Je suis fille de rage, un roman historique remarquable.

Un second coup de cœur : pour la plume de Jean-Laurent Del Socorro et l’orchestration du récit.

Rendez-vous sur le site de l’éditeur pour en savoir plus

Publié aux éditions ActuSF (2019), 536 pages, Format hardback relié 23.90€, Ebook 9.99€, Littérature française, fantastique, historique

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Quelques mots sur l’auteur

Né en 1977, Jean-Laurent Del Socorro est un passionné de littérature et d’Histoire. Il propose dans ses nouvelles et romans une littérature au croisement du roman historique, de la fantasy et du fantastique.

Il commence à publier des nouvelles en 2012, d’abord chez Le Belial’, puis chez ActuSF. Son premier roman, Royaume de vent et de colère, publié par ActuSF en 2015, gagne le Prix Elbakin.net du meilleur roman fantasy français cette même année. Boudicca (ActuSF, 2017) remporte en 2018 le prix Imaginales des bibliothécaires de 2018.

D’autres œuvres de l’auteur à découvrir :

  • Chez ActuSF :
    • La Guerre des trois rois : novella illustrée dans l’univers de son premier roman Royaume de vent et de colère
    • Les Chevaliers de la raclette, T1 : série jeunesse co-écrite avec l’autrice Nadia Coste
    • Ses participations aux anthologies des Utopiales
    • la nouvelle Le vert est éternel disponible gratuitement au format numérique
  • Chez Le Belial’ : la nouvelle La Mère des mondes, sa première publication, disponible gratuitement au format numérique

Résumé :

« 1861 : la guerre de Sécession commence. À la Maison Blanche, un huis clos oppose Abraham Lincoln à la Mort elle-même. Le président doit mettre un terme au conflit au plus vite, mais aussi à l’esclavage, car la Faucheuse tient le compte de chaque mort qui tombe. Militaires, affranchis, forceurs de blocus, politiciens, comédiens, poètes… Traversez cette épopée pour la liberté aux côtés de ceux qui la vivent, comme autant de portraits de cette Amérique déchirée par la guerre civile. »

Le Portrait de Dorian Gray, la décadente satyre du Beau, par Oscar Wilde

Le portrait de Dorian Gray

Le portrait de Dorian Gray fait partie de ces mastodontes de la littérature anglaise (commandée par un éditeur américain), incontournables classiques qui peuvent impressionner.

J’avais également quelques appréhensions à l’attaquer, d’autant que je m’étais en plus mise au défit de le faire dans sa langue originale.

Et comme je le pensais, ça n’a pas été une lecture évidente, malgré l’élégance et la fluidité de la plume d’Oscar Wilde.

La beauté de Dorian Gray envoûte, même le lecteur éclairé

On est tout de suite happé par cet esprit malfaisant et cependant délectable.

Dorian Gray ne sublime pas que son entourage, il nous subjugue, nous, les lecteurs. Pourtant, ce statut privilégié nous confère une distance, un recul, que n’ont pas les personnages. Mais rien ne fait obstacle à l’irrémédiable fascination qu’exerce le personnage central.

Comme décor, il dresse un tout autre portrait. Ce n’est donc pas que le tableau de Dorian qui s’étiole, mais toute la société.

C’est ainsi une description cynique d’une société décadente, remplie de superficiels oisifs, à la moralité dépravante. Une toute autre image de l’ère victorienne, où la quête du beau ne semble pas réussir à cacher sa perfidie.

Une beauté pure à la morale impure

Or, la beauté vue par Oscar Wilde présuppose que son porteur reste pur.

Autour de ce postulat central, l’auteur va justement porter sa réflexion sur la notion de beau, l’art, l’esthétique et, au-delà, de la morale.

Entaché par les vices de l’humain, la beauté de Dorian s’étoilerait. C’est pour cela que Basil supplie Lord Henry de ne rien tenter envers son protégé. Mais, tel le Serpent dans le Jardin d’Eden, Lord Henry jouera son rôle de tentateur.

(Petite parenthèse : Lord Henry est probablement la raison principale qui m’a rendue cette lecture difficile. Au-delà de son hédonisme, sa conception des femmes rend une bonne partie de l’œuvre particulièrement déplaisante.)

Toute la noirceur du récit se dévoile de façon progressive et pernicieuse. Nous assistons ainsi à la lente et inéluctable métamorphose d’un esprit perverti par la vanité, insufflée par Lord Henry. Mais également par Basil lui-même, en lui faisant prendre conscience du pouvoir de sa beauté.

Sous cette enveloppe d’immunité, Dorian Gray révèle, au fur et à mesure du récit, sa tortueuse personnalité. En quête perpétuelle de nouvelles sensations et du plaisir absolu, il y cache une peur irrémédiable de la vieillesse, de la laideur et de la mort.

Derrière le voile, un miroir inversé

La beauté, parce que supposée pure, devient donc la cache derrière laquelle Dorian révèle toute sa lâcheté.

Elle lui sert d’excuse pour succomber à tous les vices jusqu’au crime ultime. On comprend que le portrait, dont il restera obsédé depuis la formulation de ses vœux, représente sa conscience.

Une phrase écrite par Oscar Wilde lorsqu’il était en prison est édifiante au regard de son œuvre :

« La faute suprême, c’est d’être superficiel. Tout ce dont on prend conscience est juste.« 

Préface, The Portrait of Dorian Gray, Oscar Wilde, Penguin Classics, ed. Hardback 2008

Et la superficialité de Dorian transparaît dans tout le récit. S’il s’inspire des paroles de Lord Henry, jamais Dorian ne fait preuve d’esprit affûté. Tout en subjuguant la société, il s’en retrouve isolé par le mépris qu’il lui inspire. Tout en cherchant la beauté, c’est son âme qui s’enlaidit…

Et en faisant ce choix, Dorian suit finalement le destin que lui prédisait Lord Henry depuis le début. Sans jamais se sentir rassasié, tout ce dont il tire de sa beauté n’est qu’une source perpétuelle de souffrances.

Une œuvre complexe, cynique, incontournable

Le Portrait est ainsi une œuvre d’une fine complexité, bourrée de paradoxes. Ceux-là même qui finissent par avoir raison de son héros.

Difficile de dire simplement que j’ai aimé ma lecture. Mais c ‘était une de ces expériences littéraires qui marqueront mon parcours de lectrice. J’ai apprécié l’incroyable force du texte, la qualité d’écriture, les sous-textes vibrants sur la société victorienne à l’époque d’Oscar Wilde.

Pourtant, comment apprécier le sujet du livre ? La métamorphose mettant ici en exergue non pas la beauté humaine, mais son exact opposé. Oscar Wilde ne cache rien de la noirceur puante de Londres et de sa société. C’est un plongeon sans retour dans nos aspects les moins louables.

Et ce n’est jamais agréable.

PS : Il faut être aguerris à l’anglais pour l’apprécier pleinement dans sa langue originale. En revanche, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à lire la préface de cette version hardback de 2008 chez Penguin Books. Elle apporte un éclairage passionnant sur l’œuvre, un excellent moyen de l’appréhender si, comme moi, elle vous impressionne.

Plus d’informations sur le site du Livre de Poche pour la version française et de Penguins Books pour la version anglaise

Publié aux éditions Penguins dans leur collection Classics, 256 pages, 6.49€ Format Paperback, 0.49€ Format numérique

Traduit par Vladimir Volkoff, publié aux éditions du Livre de Poche, 256 pages, 3.30€ Format Paperback, 2.99€ Format numérique

Littérature anglaise (publiée initialement aux US), conte philosophique, fantastique

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Quelques mots sur l’auteur

Oscar Wilde (1854 – 1900) est un auteurs irlandais connus mondialement pour ses romans fantastiques, ses poésies et ses dramaturgies.

Véritable dandy, élève brillant, Oscar Wilde fréquente la bonne société et les cercles culturels prisés de son époque. Il gagne rapidement la confirmation de ses pairs, par la publication de poèmes faisant l’apologie de l’esthétisme, puis continue son exploration à travers des activités de conférenciers et de journaliste, en Angleterre et aux US.

Au faîte de sa gloire, il publie en 1890 son roman le plus célèbre, Le portrait de Dorian Gray, où il dépeint un portrait cynique de la société londonienne. Il se confronte pour la première fois à la morale anglaise avec sa pièce Salomé, écrite en français en 1891, qui ne pourra pas être jouée en Angleterre.

En 1895, Oscar Wilde est jugé pour son homosexualité affichée avec Alfred Douglas de Queensberry. Il quitte l’Angleterre à sa libération de prison en 1987 pour la France, où il écrit sa dernière œuvre, La Ballade de la geôle de Reading (1898).

Quelques idées de lectures en Français :

Et en Anglais, vous retrouverez l’ensemble de ses livres aux éditions Penguin Books.

Sources : la page de Wikipédia sur Oscar Wilde, la biographie disponible sur le site de l’internaute, les pages des différentes maisons d’édition publiant l’auteur


Résumé :

« Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d’étranges conjectures. »

Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer. »

Pompoko, le déroutant film d’Isao Takahata

Pompoko_Fete

Des films de l’excellent Isao TAKAHATA (confrère d’Hayao MIYAZAKI et cofondateur du célèbre studio Ghibli), Pompoko est sans doute le plus déroutant.

Rien à voir, en effet, avec ses autres chefs d’œuvre, Le Tombeau des Lucioles ou Mes Voisins les Yamada.

Ce film est donc une autre preuve de son habileté. A varier son style, à étonner son spectateur et à proposer une œuvre aux grilles de lecture multiples.

Pompoko, une œuvre jeunesse pour adultes

Pompoko est en effet une œuvre remarquable qui n’aura pas la même portée en fonction de l’âge de son public.

Derrière son apparence de comédie / fable écologique, avec ces petits animaux personnifiés, fêtards, oisifs et lubriques, l’œuvre ne cache rien de la violente réalité des Tanukis. A l’aune de l’urbanisation massive du Japon dans la seconde moitié du XXe siècle, c’est leur survie qui est en jeu.

C’est cette ambivalence des regards et sa portée trans-générationnelle qui fait de Pompoko une œuvre jeunesse de qualité. Loin d’être cloisonnée au public à qui elle semble adressée, elle propose une double lecture.

Dès le début du film, un contrat tacite se conclut avec le spectateur. La métamorphose des ratons laveurs réalistes en Tanukis humanisés montre la réalité décrite au-delà de la fable.

Le chara-design mignon sert en effet à rendre ces créatures attachantes et identifiables pour le jeune lecteur. Il dresse le terrain de la suspension consentie d’incrédulité, sans rester dans le pur fantastique.

Pompoko n’est pas donc pas que de la fiction. C’est une réalité des temps modernes habilement mise en scène, qui fait tout son intérêt.

Au-delà de la comédie, une tragédie douce-amer

(Et puis, disons-le : réalistes, les Tanukis auraient eu l’air bien ridicule à user de leurs boules pour se métamorphoser.) Mais outre cette boutade assez comique du film, celui-ci se révèle d’une grande complexité et d’une justesse à toute épreuve.

La gravité du récit est construite de manière progressive. Elle se dresse indubitablement, alors que les Tanukis, du haut de leur ingéniosité combattive, passe et repasse de l’espoir au découragement.

A cause de cela, le film souffre de quelques longueurs. Mais elles trouvent ancrage dans le sentiment d’attente volontaire. Elles servent à renforcer la conviction irréfutable d’une lutte vaine.

Par la force ou par la négociation, rien y fait : l’expansion urbaine des humains continuent à ravager leur habitat.

La légèreté du film bascule. De l’allégresse des petites victoires et l’esprit combattif, les Tanukis se résignent à profiter de leurs derniers instants. Leur monde paisible arrive à sa fin, ne les laissant que peu de choix.

Au-delà de la morale : porter un regard critique sur notre monde

Critique et même sévère, le film ne s’abaisse pourtant pas à la facilité de la morale. Les humains ne sont pas diabolisés. Pour la plupart, ils obéissent à un mouvement de modernisation du pays. Et ils ne se rendent tout simplement pas compte des conséquences de leurs choix dans leur environnement.

La critique n’en est pas moins acerbe. La dureté et la violence des scènes, croissantes au fur et à mesure que les Tanukis sont au pied du mur, en témoignent. Le film prend scène dans les années où le Japon entre dans une croissance inédite. Le pays connait alors une très forte expansion urbaine et modernisation. Au-delà de la « transformation », Pompoko dénonce l’expansion aveugle et la destruction pure et simple de l’environnement.

Bien qu’ancré dans la tradition et le folklore japonais, le film réussit malgré tout à avoir une portée universelle. C’est sa capacité à raconter une bonne histoire, tout en proposant une réflexion sur ce qu’elle raconte de nous, qui fait de Pompoko un chef d’oeuvre.

Réalisé par Isao TAKAHATA en 1994, studio Ghibli, Film d’animation japonais – Drame, Fantastique, Comédie, Jeunesse


Quelques mots sur Isao Takahata

Isao Takahata (1935 – 2018) est un réalisateur de films d’animation japonais. Il est connu pour ses œuvres pacifistes et progressistes, et pour être cofondateur des studios Ghiblis avec Hayao Miyazaki.

Étudiant la littérature française à l’Université de Tokyo, l’auteur est marqué par sa découverte de Paul Grimault et Jacques Prévert. La Bergère et le Ramoneur et Le roi et l’oiseau lui auraient en effet inspiré sa carrière artistique.

C’est en 1959 qu’il rejoint les studios Toei. Il y fait la rencontre de Hayao Miyazaki, avec qui il réalisera Horus, le prince du soleil en 1968. Les deux réalisateurs continueront à contribuer ensemble par la suite. Soit en codirigeant les films, soit en se supervisant l’un l’autre dans leurs productions.

A la Toei, on les retrouve à la manette de Heidi, la petite fille des alpes, Nausicaa et la vallée du vent, et encore Lupin III. Après la démission de Hayao Miyazaki du studio, Isao Takahata l’aidera à produire son film, Conan le fils du futur.

Puis, ils créent ensemble le studio Ghibli en 1985, où Isao Takahata réalisera quelques uns de ses chefs d’œuvres.

En 1988 Le tombeau des lucioles contribue à le faire connaître du public occidental. Très vite, le réalisateur se détache de son partenaire en termes de style. Se considérant comme un réalisateur de films, d’avantage que créateur de films d’animations, il se permet plus de libertés esthétiques.

Son œuvre en est le reflet. Ainsi, Le Tombeau des Lucioles est un récit de guerre réaliste. Pompoko (1994) est une fable écologique fantastique pour la jeunesse. Souvenirs goutte à goutte (1991), une chronique de vie contemporaine. Mes voisins les Yamada (1999), une comédie satirique d’une famille japonaise sous forme de sketchs. Le conte de la Princesse Kaguya (2013), une adaptation féministe d’un célèbre conte japonais.


Résumé :

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les tanukis, emprunts d’habitudes frivoles, partageaient aisément leur espace vital avec les paysans. Leur existence était douce et paisible… Un dû et don de la nature, en somme : un équilibre qui ne semblait jamais pouvoir être menacé…