La Traversée du Temps, le jour sans fin version Yasutaka Tsutsui

Couverture La traversée du temps (the girl who leapt through time) Yasutaka Tsutsui

Non, ce titre n’est pas un attrape-clics. Ou peut-être que si...

Après tout : en moins d’une centaine de pages, l’héroïne n’a pas le temps de faire plus de trois ou quatre trajets temporels. Elle ne revit pas non plus la même journée. Et elle peut même revenir plusieurs journées dans le passé.

Kazuko est une lycéenne ordinaire jusqu’au jour où elle respire une étrange odeur dans le laboratoire de son école. Le lendemain, elle se rend compte que son calendrier est détraqué. Ou alors, c’est elle qui revit l’histoire… ?

Il n’y a donc pas grand-chose à voir avec le film d’Harold Ramis. Sauf, bien sûr, son principe : le voyage dans le temps. Mais qu’en dit Yasutaka Tsutsui ?

Un concept sans grande originalité mais sans superflu

Le retour dans le temps est une thématique récurrente dans les univers de SF. Épineuse dès lors qu’on tente de lui donner une vraisemblance scientifique, elle est surtout efficace quand on évite justement de la sur-expliquer. Efficacité que l’on retrouve d’ailleurs dans La traversée du temps.

L’auteur fait pour cela appel à deux éléments pour rendre crédible le voyage spatio-temporel. L’un tient des superstitions liées à des faits divers, des disparitions bien connues qui restent inexpliquées. L’autre de la science-fiction elle-même, par le biais du progrès scientifique.

Rien de nouveau à l’horizon (encore plus, cinquante ans après sa publication). Or, le récit gagne en fluidité grâce à la facilité d’intégration de son concept. L’auteur évite ainsi les grabuges de cohérence temporelle et se concentre sur l’essentiel : l’instant présent que vit l’héroïne.

Un récit de voyage temporel figé au présent

La Traversée du temps est rapide à lire. Cela tient évidemment de sa faible épaisseur (une centaine de pages avec beaucoup d’aération dans sa mise en page). Mais c’est aussi dû à son écriture simple, élégante, fluide, et surtout concentrée sur l’action.

C’est donc une mise en situation de son héroïne, qui doit à tour de bras découvrir, accepter et apprivoiser son « don ». Une construction assez linéaire, certes. Mais , là encore, efficace dans la simplicité et la fluidité de sa mise en œuvre. L’auteur parvient assez justement à décrire l’évolution émotionnelle de son héroïne, très crédible jusqu’à la fin.

Mais en laissant la temporalité de l’ordre du décor et non du sujet, la novella n’a, au fond, pas grand-chose à raconter. En restant concentré sur le moment qu’est en train de vivre l’héroïne, le roman paraît donc superficiel et sans grand intérêt.

La Traversée du temps : le double-tranchant de la simplicité

Publiée entre 1965 et 1967, elle est devenue au Japon une des œuvres cultures de la littérature jeunesse japonaise. Déclinée en de multiples adaptations, dont celle de Mamoru Hosoda en 2006, c’est une novella SF et de romance adolescente rafraichissante, bien écrite et non dénuée de poésie.

A bien des égards, la novella est en effet très efficace sur chaque aspect qui la constitue.

Par exemple, elle ne fait pas dans la dentelle inutile quand il s’agit de décrire son univers et ses personnages. Elle utilise sciemment des archétypes de personnages, assez quelconques, mais facilement reconnaissables pour le jeune lectorat visé. En peu de temps, on se retrouve plongé-e dans l’ambiance de ce quotidien adolescent et avec ses personnages attachants.

Mais à l’inverse, c’est cette légèreté du récit qui le rend finalement assez oubliable. Un très bon divertissement, certes. Mais, qu’en reste-t-il au fond, la lecture terminée ?

Rendez-vous sur le site de l’éditeur pour en savoir plus

Traduit par Jean-Christian Bouvier, publié aux éditions L’école des loisirs (2007), 104 pages, broché 5€80, Littérature japonaise / jeunesse / science-fiction / romance adolescente

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Quelques mots sur Yasutaka Tsutsui et ses autres œuvres :

Yasutaka Tsutsui, né en 1934, est un auteur phare de la littérature de science-fiction japonaise. Plus d’informations de biographie et liens vers ses autres œuvres traduites à retrouver dans ma chronique de sa novella de SF éroti-comique : « Les Hommes salmonelles sur la planète Porno ».


Quatrième de couverture

« Kazuko, la sérieuse et appliquée Kazuko, aurait-elle soudainement perdu la tête ? Depuis quelque temps, elle n’est plus sûre de rien. A-t-elle vécu ou bien rêvé les catastrophes qui se succèdent sur son passage ? L’accident de camion, le tremblement de terre ou l’incendie semblaient pourtant si précis, si réels !

Kazuko a l’impression de savoir à l’avance ce qui va se passer, comme si elle avait fait un saut dans le temps…

Un jour, son calendrier s’est détraqué. Elle rangeait la salle de sciences naturelles quand elle a cru percevoir une silhouette, nostalgique, comme de la lavande, puis elle s’est évanouie…

Il lui faut maintenant convaincre ses amis, Goro et Mazaru, ainsi que son professeur de sciences, qu’elle n’est pas folle. Et surtout découvrir d’où lui vient cet étrange pouvoir… »

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