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Webcomics | Family Man – Pillwong Jung

Family Man_ cover

Titre – Family man
Auteur – Pillwong Jung
Type – Webtoon (Webcomics coréen)* voir en fin de chronique pour en savoir plus
Genre – Drame
Nombre de chapitres – 41 (série terminée et entièrement traduite)
Où la lire : site de LINE (Anglais uniquement)


Afin de subvenir aux besoins de sa famille, Gang-ho est obligé de travailler loin d’elle dans une usine où il se surmène. Une journée particulièrement chargée, après avoir sauvé la veille un de ses collègues et ami d’un incendie, il se blesse et garde sur le visage une trace de brûlure qu’il parvient à peine à camoufler à l’aide d’une mèche inégale. Viré par un patron sans scrupule et refusé par les entreprises à cause de son visage brûlé, la honte pousse Gang-ho à veiller en secret sur sa famille le temps de retrouver du travail. Mais quand il voit sa fille être enlevée devant l’école, il se jette à son secours, en se cachant sous un costume rose du célèbre Gugu-Man, le super-héros télévisés des enfants.


Note globale :

8/10


Cette semaine, j’ai envie de vous parler d’un coup de cœur inattendu : l’histoire d’un super-héros peu ordinaire, celui d’un père qui décide de veiller sur ses enfants sous un costume rose bonbon et avec pas mal de maladresses. C’est terriblement efficace : non seulement, c’est très décalé et sans aucune prétention, mais en plus, c’est hyper touchant et d’une simplicité agréable, je dirais même rafraichissante. Un récit qui se dévore rapidement avec plaisir et émotion.

Et si vous n’avez jamais essayé de lire un webtoon*, voici 5 bonnes raisons de vous lancer !

you've got it wrong_family man

1. Un univers graphique particulier et efficace.

J’espère que les quelques illustrations qui accompagneront cette chronique vous convaincront ; quoi qu’il en soit, c’est visuellement agréable à regarder, non ? Si vous avez l’habitude de feuilleter les mangas, vous aurez sans doute remarqué dans certains d’entre eux des pages en couleur, souvent les toutes premières – peut-être alors vous êtes vous que c’était bien dommage qu’elles soient si peu nombreuses. Certes, le noir-gris-blanc des mangas fait leur spécificité, mais la couleur y ajoute parfois une toute autre dimension, n’est-ce pas ?

Family Man a un style graphique finalement assez proche des mangas (comparé à d’autres webtoons bien entendu), il aurait donc bien pu être dans le même format. Et pourtant, je pense que la couleur apporte au webtoon une sorte d’aura qui attire le regard et qui contribue pleinement à l’ambiance de la bédé. Elle est à la fois douce et colorée, reflétant l’innocence des enfants de Gang-ho et celle, finalement, de ce père qui veille maladroitement sur ses enfants, même si ce n’est pas forcément de la meilleure façon. Mais elle est également trop sucrée, volontairement trompeuse, car le fond de l’histoire n’est certainement pas aussi joyeux que le ton léger et décalé du webtoon ne le montre de prime abord. On finit par se laisser tromper par le style simple, parfois caricatural, un peu rose-bonbon, jusqu’au moment où le fond rattrape la forme et rappelle la dure réalité du récit, amplifiant quelque part la teneur émotive qui s’en dégage.

2. L’humour léger, décalé, vous fera passer un bon moment.

Bien qu’il s’agisse d’un drame, le webtoon se veut léger et propose de fait un ton agréablement décalé et sans prise de tête. Certes, il y a des moments où le fond rattrape la forme, mais justement, je trouve que – à l’exception peut-être de la toute fin qui en fait peut-être un peu trop – le dessinateur a trouvé un bon équilibre et ne sur-dramatise pas une situation déjà grave en soi. De fait, on n’est pas encombré par l’aspect dramatique, et les quelques touches d’humour permettent de réellement s’intéresser au sort des personnages.

Certes, vous ne rirez pas aux éclats mais la bande dessinée ne prétend pas forcément être humoristique non plus. D’une part, le plot de l’histoire vous propose le côté décalé d’un super-héro improvisé en costume rose bonbon et portant un pseudonyme ridicule. D’autre part, le webtoon rappelle aussique ce héro n’est d’autre qu’un père aimant ses enfants tout en ne sachant pas correctement s’y prendre avec eux. C’est donc tout à fait drôle et tout à fait touchant à la fois.

Personnellement, c’est une formule qui me plaît bien, pas vous ?

family man kidnapping

3. Une histoire originale et rafraichissante.

Quand on y regarde bien, l’histoire est assez simple en soi. Mais, à l’heure où les super-héros encombrent les écrans, ça fait du bien de parler des héros du quotidien, de ceux qui n’ont pas de pouvoir mais bien des destins en main. Finalement, avec une idée toute bête, le dessinateur a trouvé un moyen de se jouer du genre et de toucher son public. Certes, le super-héros loser existe déjà, mais il finit malgré tout par obtenir une légitimité en tant que super-héro. Ici, ce n’est pas exactement le cas.

Si Gang-Ho porte le costume et se cache derrière le pseudonyme de Gugu Man, ce n’est pas parce qu’il agit héroïquement – même s’il fait preuve d’actes héroïques – mais parce qu’il cherche littéralement à se cacher. Jamais il ne devient ce super-héro admiré de tous, car ses choix sont finalement ceux d’un homme qui se pense vaincu. Par pêché d’orgueil ou par lâcheté, c’est finalement les faiblesses de Gang Ho, malgré toutes ses bonnes intentions qui le guident, qui s’expriment et le poussent malgré tout à faire les mauvais choix.

family man gang ho et son fils

4. Des personnages attachants mais surtout crédibles.

Et c’est ce que j’ai vraiment aimé dans cette bande dessinée qui se montre lucide vis-à-vis de son héro. Elle le dévoile tout simplement comme un homme faillible qui, malgré toutes ses bonnes intentions et ses raisons, ne fait pas les bons choix. J’ai trouvé que c’était une approche peu usuelle et qui fait tout son charme car, ainsi dévoilé, on parvient malgré tout à s’attacher à ce père maladroit, défaitiste et à qui on aimerait donner des claques, même s’il suscite également une vraie empathie pour son triste sort.

Mais le père n’est pas le seul personnage à attiser l’intérêt. La plupart des personnages sont bien construits, même ceux qui ont une moindre place dans l’histoire. Notamment, j’ai beaucoup aimé le jeune fils, dont on comprend qu’il a vécu un événement traumatisant dans sa jeunesse (il me semble un kidnapping), qui a beaucoup de mal à communiquer avec ses pairs, lesquels se moquent de lui à l’école. J’ai trouvé très attachante sa petite soeur qui entre à la petite école et est une vraie chochotte. Leur professeur également présente au bout de quelques chapitres un certain intérêt : on finit par le percevoir non pas seulement comme un potentiel rival du héro mais comme une personnalité complexe avec son propre passif. Et c’est la clef de ce webtoon. Même s’ils sont peu présents, chaque personnage fait ressentir une prestance, un passif qui leur donne du corps ! Même le vilain, malgré une personnalité d’une linéarité (presque caricaturale) parfaitement assumée, joue bien son rôle et nous fait réagir – à ses dépends.

Family Man super-héro

5. La gratuité et l’accessibilité.

Vous ne vous attendiez pas à cette raison ? Pourtant, il me semble qu’aujourd’hui on reproche souvent aux BD et aux mangas, et à plus forte raison aux comics, d’être onéreux – surtout vis-à-vis du volume des séries (imaginez 72 tomes de Naruto à 6/7 € chaque ; et un prix moyen de 12€ pour une BD, sauf s’il s’agit de romans graphiques qui sont plus onéreux encore). Si quelques webtoons sont aujourd’hui publiés en France (par exemple, l’adorable Dix-huit, vingt ans de Johan et Zhena publié aux éditions Clair de Lune), ils sont surtout disponibles sur le web. Cela veut dire que vous pouvez les lire à votre guise et n’importe quand – et sur n’importe quel support (mobile, tablette, ordinateur) car leur format est idéal.

Que vous soyez étudiants ou non, rémunérés ou non, ces webtoon sont accessibles pour tout le monde et les équipes de traduction font un excellent boulot – et totalement gratuit.

Enfin, si le webtoon ne vous plaît pas, vous n’aurez rien à regretter et même pas un déplacement à la bibliothèque à faire pour le rendre. C’est donc un excellent moyen de découvrir de nouveaux horizons qui sortent des sentiers battus sans être freinés par des barrières pécuniaires – ou de langues, grâce à ces traductions.

family man entrainement

En conclusion, vous n’avez aucune raison de ne pas tenter le coup – sauf si, évidemment, le style/genre ne vous attire pas mais je ne désespère pas de vous présenter d’autres webtoons de qualité dans des genres tout à fait différents. Mais pour ce qui est de Family Man, j’y ai trouvé une histoire étonnante et pleine d’émotions. Le juste milieu entre comédie et drame permettant justement de ressentir un lien affectif avec les personnages. On a envie de découvrir leur univers, leur histoire et on s’inquiète de leur sort. D’un drame du quotidien, l’auteur a fait un hommage au dur métier de parent, qu’il définie non pas comme un « parent » (une entité abstraite répondant à des codes stéréotypés que l’on peut voir dans d’autres histoires), mais comme des individus à part entière, avec leurs qualités, leurs désirs, leurs faiblesses qui se retrouvent avec des responsabilités. Et s’ils se sentent dépassés par moment, ce n’est pas qu’ils sont forcément des mauvais parents, mais tout simplement qu’ils sont surtout et avant tout humains – et c’est ça qui font d’eux, quelque part, des super-héros du quotidien.  A découvrir !


Notes :

*les Webtoons sont un type de webcomics à la coréenne. C’est-à-dire qu’il s’agit de bandes dessinées publiées sur internet et qui, à la différence des webcomics occidentaux, se présentent sous un format particulier qui s’étalent en longueur (ou en hauteur sur vos écrans, si vous préférez). De fait, ils s’adaptent parfaitement aux formats des tablettes et des téléphones portables – très pratique !

J’ai tout de suite adhéré au format en découvrant Cheese in the trap – lequel pourrait plaire à tous les amateurs de shojos lassés des sempiternels schémas japonais (dont on finit par rapidement faire le tour) mais qui hélas n’a pas pu être traduit intégralement car l’auteur refuse de concéder ses droits de diffusion – ce qui se comprend, même si c’est du coup très dommage pour nous, à moins de lire le coréen et d’aller sur son site (un webtoon étant par définition gratuit et disponible sur le web).

C’est d’ailleurs le souci majeur de ce type de webcomics – le problème s’étant déjà répété sur d’autres titres. De fait, si je peux vous donner un conseil si vous souhaitez vous y lancer, regardez d’abord si le webtoon a été entièrement traduit et publié. Ainsi, vous ne risquez pas d’être déçus si la traduction devait être retirée à cause de droits d’auteurs.

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