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TOP 10 – Les meilleurs livres lus en 2014

TOP 10 livres

Alors que le Janvier continue à dérouler ses jours, il est encore temps de poursuivre nos bilans. Aujourd’hui, je vous propose de se plonger dans les lectures de 2014 et d’en tirer ni plus ni moins un petit Top 10. Cette année, en excluant tout type de bédés, j’ai lu 39 romans et pièces de théâtre avec seulement 6 avis mitigés et une seule vraie déception. Du coup, on peut dire que c’était une belle année !

Comme pour les films, je n’ai pas eu le temps de tous les chroniquer (17) mais néanmoins je me suis quand tenue à donner un avis pour tous lors de mes bilans mensuels (ce qui me pousse à vouloir en créer un pour les films également !). Du coup, vous retrouverez toutes les traces écrites des livres que je vais citer !

En rédigeant ce billet, je me suis rendue compte qu’il y avait quand même beaucoup de pièces de théâtre dans ce Top 10, et beaucoup d’œuvres classiques aussi. Ce n’est pas tant que je juge qu’une œuvre actuelle ne peut remporter les premières places, c’est tout simplement parce que cette année, j’ai consacré les premiers mois à lire énormément de classique, et que j’ai joué de beaucoup de chance en faisant une sélection qui me plairait à coup sûr. Pour ce qui est du théâtre, cela vient surtout de ma passion pour cet art ; non seulement parce que les interprétations ont toujours été pour moi une occasion en or de me laisser porter par l’oralité des textes – surtout quand ils sont bien interprétés – mais aussi parce que l’exercice de style que le format théâtral impose offre un panel de textes uniques dont la brièveté pousse les auteurs à chercher une intensité qui se retrouve difficilement dans un roman, du moins pas de la même manière…


Comme pour les précédents top/flop, je vais le faire par ordre décroissant !

#10 – La mouette d’Anton Tchekhov (Avis)

la mouetteEn continuant mon exploration de la littérature russe, je suis tombée un jour sur l’interprétation théâtrale de la nouvelle de Gogol « Journal d’un fou » que j’ai par ailleurs adoré. Poussé par cette expérience réussie, je me suis donc plongée dans un classique du genre, et choisi pour cela « La mouette » d’Anton Tchekhov. C’est une pièce qui a pas mal divisé son public ; quelque part, c’est vrai qu’en surface, elle ne raconte pas grand-chose. Les scènes qui sont des scènes du quotidien d’une société oisive qui s’ennuie en vacances et chercher par tous les moyens à se trouver une quelconque occupation, quitte à accepter de voir le pitoyable essai théâtral du fils ainé, convaincu d’être un artiste et amoureux d’une jeune ambition qui n’aura d’yeux, elle, qu’au compagnon du père de son amant… Voyez le tableau ! Tout l’intérêt de cette pièce vient justement des couleurs affriolantes de ses personnages excentriques et de ce que tout se passe en réalité derrière les mots, les actes manqués (ou non), les non-dits et les dits des personnages qui se perdent eux-mêmes dans leur propre bourbier. C’est une fenêtre ouverte sur la société russe du XIXe siècle, partagée entre le besoin de se renouveler et de garder sa propre identité.

#9 – Bérénice de Jean Racine (Lire ma chronique)

Bérénice - Jean RacineAh, Racine. Qui ne connait pas sa superbe version du drame d’Andromaque ? Qui n’a pas vu ou lu la scène où Hermione crie sa haine, son désespoir, sa folie dans un superbe monologue qui prend au tripe ? Qui ne s’est pas plongé sans pouvoir lever des yeux dans ce lyrisme magnifique et cette franche, douloureuse, montée en puissance du sentiment d’impuissance qui serre le ventre, bloque la respiration à la gorge, et gonfle le cœur ? Bérénice est bel et bien un OVNI dans la littérature. C’est tellement simple ! Et pourtant, tellement puissant. 10 mots suffisent à le résumer mais rien ne pourrait décrire tout ce que la lecture vous offre. C’est en lisant ce genre de pièces que je me sens désabusée face aux productions actuelles, et à tous ces sentiments factices qu’on voudrait faire passer pour des émotions réelles et touchante… Quand on voit à quoi la tragédie tient dans Bérénice, on voudrait que les scénaristes / auteurs actuels se rappellent que la surenchère du malheur ne suffit pas toujours à créer de l’émotion et que parfois il en faut bien moins, mais avec plus de justesse (et peut-être de talent), pour qu’une histoire nous touche autant…

#8 – Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde (Lire ma chronique)

theportraitCe que j’ai pu détester et aimer ce livre ! C’est une lecture à la fois exaltante, magnifique, mais aussi déboussolante et horrible. Parfois même déplaisante, car il s’agit d’un plongeon pur et simple dans la noirceur d’une âme corrompue, ayant cédé au pire pêché selon Oscar Wilde : celui de la superficialité. A force de chercher le corrupteur de l’âme jugée pure, comme une toile blanche d’un chef d’oeuvre dormant encore dans l’imagination du peintre, on finit par omettre celui pour qui seul l’avis compte. Entouré de personnages dont les défauts sont montrés auréolés des artifices accordés par la société elle-même, on devient aveugle sur les affres de l’âme empoisonné par l’orgueil et la vanité. Lord Henry, surtout, se révèle le plus crédible des accusés : sa misogynie et son besoin d’interfacer dans le destin de Dorian suffisent à le rendre coupable. Mais on oublie qu’une personne seule suffit à décider de son propre sort… Et face à l’intensité d’un tel roman – tel chef d’oeuvre – il n’est pas si surprenant qu’aucune adaptation jusqu’à aujourd’hui est parvenue à transposer tous les contrastes de cette esthétique de l’âme.

#7 – Matilda de Roald Dahl (Avis)

matildaUne lecture emportée au hasard pour mes vacances hivernales, j’ai retrouvé avec un énorme plaisir la joie de lire un livre. Non que je n’éprouve de plaisir à lire – sinon, je ne le ferai pas ! – mais Matilda est de ces rares livres qui appellent à la lecture, donne envie de retenir tous les noms d’auteurs cités et de s’y plonger avec le même engouement, la même soif de connaissance que la jeune héroïne dont nous suivons les mésaventures. Roald Dahl, c’est aussi et avant tout une plume qui chante, qui se lit à voix haute et se savoure. Un humour bien particulier qui accroche aux lèvres un sourire inébranlable tout en parvenant à offrir un panel de personnages colorés et dont on peut s’attendrir. C’est une ouverture à l’imaginaire dans laquelle on plonge sans même se poser de question, qu’on soit grand ou petit.

#6 – L’amant de Marguerite Duras (Avis)

l'amantAh ! Marguerite, un amour de jeunesse qui perdure aujourd’hui. Elle est loin de faire l’unanimité, et beaucoup lui reprochent son style littéraire – qu’ils disent néants. C’est l’anti-écriture, l’anti-style, et il faut dire que sa plume est particulière, abrupte, saccadée parfois. Pourtant, je dois dire m’y retrouver. Il y a une certaine déconstruction dans ses phrases qui, personnellement, me parle, me frappe bien plus que d’autres styles plus lyriques. Un barrage contre le pacifique avait laissé en moi une véritable marque, il faut dire que je le lisais au moment où je me cherchais – dans mes goûts, dans ma façon de pensée et d’être aussi. Ce livre m’a marqué à un point tournant, et j’ai depuis toujours gardé cette impression d’un lien privilégié, qui me semble un peu stupide, quand je le raconte, mais allez savoir… Quoi qu’il en soit, L’amant est un texte assez court, autobiographique, qui peut être un peu malaisé à lire. C’est un livre que j’avais très envie de lire mais que je ne lisais pas non plus car le fond me mettait mal à l’aise. Néanmoins, je m’y suis finalement plongée, et l’oralité de la plume de Marguerite Duras m’a une nouvelle fois plu tant et si bien que j’ai ourlé des pages, marqué des passages au crayon, pour pouvoir y revenir plus tard – une habitude que j’avais fini par arrêter il y a quelques années par souci de prendre soin de mes livres. Mais Marguerite Duras m’a finalement rappelé qu’un livre, ce n’est pas qu’unilatéral, de l’auteur au lecteur, c’est aussi quelque chose que ce dernier peut et doit apprivoiser. Personnellement, les mots de la jeune Marguerite, qui livre abruptement et sans hésitation ses sentiments, ses angoisses, ses colères, ses réflexions, sa passion ne m’ont guère laisser indifférents. Et en écrivant ce billet, j’ai déjà envie de m’y replonger…

#5 – Les Justes d’Abert Camus (Avis)

les justesAlbert Camus, pour moi, ça a été pendant longtemps La Peste et le souvenir maussade d’une lecture longue et ennuyante de mon adolescente. Je n’avais pas aimé, du moins jusqu’au jour où je l’ai découverte au théâtre. Interprétée, mise en forme, colorée par la voix des acteurs*rices, le texte s’est offert à moi bien plus aisément que le roman – pour autant, je n’ai pas retenté l’expérience pendant des années. En 2013 néanmoins, je me suis essayée à L’étranger, courte nouvelle qui m’avait fortement impressionnée. En début d’année, j’ai donc suivi les conseils qu’on me donnait et lu cette pièce de théâtre. Et là, d’un coup, le coup de cœur est tombé. Ça y est, enfin, je me suis réconciliée avec Albert Camus et de façon définitive. Peut-être est-ce parce que j’aime si bien le théâtre qu’une pièce bien écrite peut plus facilement me combler qu’un long texte mais cela ne suffirait pas à expliquer pourquoi cette pièce-là m’a tant plu. L’année dernière, j’avais vraiment envie de consacrer une chronique entière pour en parler et finalement j’ai mis de côté ce projet. Du moins, j’ai senti qu’il y avait bien plus à dire sur ce texte (comme sur le suivant – voir ci-après) que les quelques mots fades que j’aurais pu aligner. C’était un exercice vain car je voulais, avant tout, mieux comprendre ce dont il était question.  Malheureusement, j’ai fini par oublier et passer à autre chose, mais je ne désespère pas un jour vous en parler plus longuement – et bien mieux.

#4 – Huis Clos de Jean-Paul Sartre (Avis)

huis closCette année, j’ai souvent vu les adaptations (films / théâtre) avant de lire la matière originale et ça a été aussi le cas de cette très célèbre pièce de Jean-Paul Sartre dont la célèbre citation « L’enfer, c’est les autres » a connu que trop d’interprétations. Une pièce qui se lit en une traite mais n’est pas sans difficulté. C’est un plongeon dans la nature humaine, qui reflète le mal être, en dévoilant à quel point le véritable maux dont on souffre est bien plus le miroir que les autres nous renvoie de nous-mêmes que du jugement de ces derniers. Mais la force de cette pièce est cette terrible, ineffable, montée en puissance de la tension quand tout en nous-mêmes, chacun, tous, n’importe qui, est décortiqué, mastiqué, dévoilé à nu. Une lecture qui malmène, pose des questions, et nous laisse songeur après avoir refermé le livre.

#3 – Les nuits blanches de Fédor Dostoïevski (Avis)

Les nuits blanchesSi vous avez lu mon Top 10 des meilleurs films vus en 2014, vous ne devez pas être surpris de voir ce livre ici. J’ai été surprise en le lisant car je m’attendais à retrouver ce que j’avais vu et ce qui m’avait plu. Bien sûr, j’ai assez vu d’adaptation pour être conscience qu’elle ne pouvait être entièrement fidèle au roman, mais en réalité, je me suis surtout rendue compte de la différence de sensibilité qu’il y avait. Au fond, le « storyboard » est le même ; dans le déroulé, rien ne change. C’est l’interprétation, le message, le ton qui sont presque opposés. Le roman de Dostoïevski est certainement plus sombre et moins optimiste que le film de Visconti. L’écriture est poétique, souple et magnifique, le fond est superbe, intense. La brièveté du roman suffit à nous emporter dans les nuits blanches russes, à suivre les tribulations d’un personnage encore jeune et naïf, qui va tantôt se perdre dans l’illusion d’un bonheur tout juste à porté de lui, pour n’y trouver qu’amertume et solitude quand l’objet de son affection lui révèle la véritable couleur de son propre cœur désenchanté par un espoir encore inassouvi… Un livre plein d’émotions, assez facile à lire pour ceux qui n’ont pas encore découvert la littérature russe.

#2 – Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig (Avis)

lettres d'une inconnueComment faire l’impasse sur un tel livre ? Ce n’est pas seulement que ma lecture a balancé mon coeur sur une montagne émotionnelle, c’est aussi que cette nouvelle, je l’ai d’abord découverte au théâtre. Dans les deux cas, la puissance des mots, la force du texte, est une claque magistrale. J’ai très peu lu un texte si court pour une si vive intensité, et je n’ai pas pu rester insensible face au désespoir, au cri de douleur, mais aussi d’un amour indéfectible, de cette belle inconnue écrivant pour la première fois à l’objet d’une passion brûlante, meurtrière. Superbe, terrifiante, magnifique nouvelle épistolaire.

#1 – L’Idiot de Fedor Dostoïevski (Lire ma chronique)

l'idiotJe ne pouvais manquer de citer L’idiot en tête de ce top, bien que j’ai hésité avec les deux précédents. Il faut dire que c’était ma première tentative dans la littérature russe, et découvrir un tel mastodonte n’est pas sans se risquer un coup de coeur. J’ai été happée par le style littéraire sans pareil, qui m’a d’abord déboussolé, avant de me plaire. Il s’y dégage une impression d’écriture compulsive, qui lui donne aussi un aspect faussement brouillon. Néanmoins, l’histoire, elle, est prenante du début jusqu’à la fin. On se retrouve plongé dans le tourbillon expéditif de la société russe. Encore aujourd’hui, la sensation qui me revient est celle d’une plongée vertigineuse dans l’âme humaine, de la plus obscure à la plus louable. C’est une lecture dense, parfois difficile à suivre dans la valse des personnages au nombre faramineux, malgré tout.  L’idiot est une lecture où les couleurs des personnages vous entraînera au cœur de la société russe dépeinte sans artifice, avec un style brut, froid, mais lyrique.


Et voilà, c’en est terminé pour ce Top 10, pas toujours évident car il y a d’autres lectures qui auraient aussi méritées leur place dans ce Top 10. Mais il fallait bien choisir et finalement, je ne suis pas mécontente de cette sélection !

J’espère que cela vous aura donné envie d’en découvrir quelques uns, n’hésitez pas à m’en parler si vous en avez lu (ou pas) et si certains ont retenu votre attention !

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  1. Intéressant ce top! Ça fait du bien de voir un peu des classiques dans un top 🙂

    • C’est vrai que finalement il en manque sur la blogo en général 😉

  2. Ohhh Le portrait de Dorian Gray, ça date!! Mais j’en garde de bons souvenirs 🙂
    Je te souhaite de très bonnes lectures en 2015!

    • Je n’avais jamais osé le lire avant même si je le gardais en tête… Il me paraissait trop sombre, va savoir ! ^^
      Merci et de très belles lectures à toi aussi !

  3. Dans ton top, il y a l’Amant que je n’ai toujours pas lu et il faudrait … L’idiot mais celui-ci je suis certaine de l’aimer car Dostoïev quoi avec Les nuits Blanches aussi (le truc avec ce roman c’est que je connais déjà l’histoire mais bon, rien ne remplace l’écriture de Dostoïev ^^). Alors La Mouette je ne sais même plus si je l’ai lu ou pas… Je pense que oui pour un cours de théâtre. Tu vois c’est mon problème avec Tchekov, j’ai lu certaines pièces de lui mais un fois lu, les personnages, l’histoire, tout disparaît de ma mémoire : on ne doit pas être très en phase tous les 2 xD

    Et bien je souhaite que 2015 soit encore très riche de belles découvertes livresques pour toi ^^ Mais je n’en doute pas =)

    • Marguerite Duras a un style particulier, elle fait difficilement l’unanimité, mais je fais partie de ceux qui sont dans l’inconditionnel avec son écriture. 🙂
      Tu as vu Les Nuits Blanches, le film de Visconti ? 😀

      hahaha, y a des auteurs comme ça… Ils sont indenombrables chez moi…

      A toi aussi, que cette année 2015 te soit profitable en tout point, livresque ou non 😀

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