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Théâtre | Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort – d'après Racine (Fest. OFF 2014)

Festival_oreste

Résumé

« Mon Dieu, des vers s’agitent devant vous et vous menacent : faut-il s’en débarrasser et par quel bout les prendre ? Ne prenez pas peur, Madame, restez-là, Monsieur et n’en faites pas une tragédie. Laissez-nous faire! Commencez par vous défaire des vieux rideaux rouges, des fauteuils qui coincent les genoux, des ouvreuses revêches et de votre acharnement de collégienne ou de collégien à dénigrer ce que votre professeur de français vous proposait de découvrir.
Deux comédiens, pas plus c’est promis, se chargent de vous guider dans votre nouveau théâtre tout frais et tout neuf. La visite en vaut la chandelle et les coulisses regorgent de surprises. Partagez un vers avec Oreste, Hermione, Pyrrhus, Andromaque qui ont accepté de vous recevoir dans l’intimité de leur être, nus comme des alexandrins. »

Info(s) pratique(s)

Interprète(s) : Nelson-Rafaell Madel, Paul Nguyen
Metteur en scène : Néry
Musique originale : Nicolas Cloche

Chapelle du verbe incarné, salle Edouard Glissant, 16h30 (1h20), tarif : 17 €, carte off : 12 €

Programme OFF / Réservations : sur le site du OFF


Ça y est, je l’ai eu – enfin ! – ce coup de cœur que j’attendais. J’avais un bon pressentiment en choisissant mon programme et cette pièce parmi toutes les autres m’avait fait de l’œil. Sans doute, je dois dire, qu’elle partait avec un sacré avantage : Andromaque de Racine est sans aucun doute ma pièce de théâtre préférée. Alors comment ne pas apprécier Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort ?

Avant de vous parler de la pièce en elle-même, je veux dire un immense bravo aux deux acteurs, Neslon-Rafaell Madel et Paul Nguyen. Voilà, ils sont deux, et à eux deux, ils sont tout : narrateurs, spectateurs, et tous les personnages à la fois. Ils nous racontent la guerre de Troie, ils nous racontent Épire, ils nous racontent Andromaque, Pyrrhus, Oreste, Hermione. Une interprétation de la pièce de Racine qui, tout en reprenant les vers de celle-ci, va en premier lieu l’introduire. Introduire le contexte, l’intrigue, les personnages de façon ludique, rendant la pièce et les mots de Racine accessibles à tous.

S’il fallait parler de la mise en scène, celle-ci est toute aussi originale qu’elle joue dans et avec un décor plus que minimaliste : deux fils éclairés d’ampoules au sol, délimitant une salle où toutes les intrigues se jouent. Six sauts auxquels sont accrochés six ballons de couleur différents représentants chaque personnage – dont Astyanax, le fils d’Andromaque et d’Hector. Ce dernier a aussi son ballon, crevé, puisque enfin, on le sait, il est mort. Une mise en scène qui utilisera l’ensemble de la pièce car le décor est avant tout notre imaginaire et nous faisons dès le début partie de celui-ci. La proximité que créent les acteurs avec nous nous immerge immédiatement dans l’histoire qu’ils veulent nous raconter.

A souligner également que la musique prend ici toute sa place, elle est partie prenante de la pièce et est en soi un élément de mise en scène qui est fort appréciable.

Mais les vers de Racine, récités, interprétés, chantés, prennent une nouvelle ampleur, une forme différente, ludique, mais tout en restant magnifiques. L’apothéose est de voir Andromaque jouant un véritable tango avec Pyrrhus qui cherche à la conquérir qui lui promet, en échange de son consentement à l’épouser, la sécurité de son fils contre les grecs, lesquels réclament sa mort. C’est également de voir Hermione, véritable star grecque, la fille de la femme la plus belle du monde, aussi indignée, persistante et brutale. Alors que j’étais déjà convaincue de leur talent, les deux acteurs m’ont littéralement bluffée dans leur rôle féminin.

Oreste, trompé, Hermione, sauvage ; Pyrrhus, triomphal ; Andromaque, forte ; Hector, mort. Le titre de la pièce résume aisément l’histoire car enfin toute l’intrigue est là. Et quelque part, on reste surpris de ce que nous proposent les acteurs et la mise en scène.


Efficace en tous points, OHPAH (le titre étant trop long je vous épargne la ligne !) est une excellente pièce : digne de Racine, elle ajoute à la tragédie grecque une touche originale, nous amenant aisément du rire au larme, mais surtout à beaucoup d’étonnement et de plaisir. COUP DE CŒUR, il faut absolument la voir. Surtout si vous aimez les tragédies grecques. Surtout si vous aimez Racine, ou simplement Andromaque. Surtout si vous aimez la guerre de Troie. Surtout si vous ne connaissez pas encore tout cela.

PS : n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site du collectif qui vous donnera toutes les informations sur la pièce et vous permettra de voir une galerie de photos prises lors de précédentes représentations. Cela vous donnera notamment un bon aperçu de ce qui vous attends ! http://www.collectifpalmera.com/andromaque/

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