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Théâtre | Les chevaux à la fenêtre – Matei Visniec (Fest. OFF 2014)

chevauxalafenetre

Résumé

« Au loin, la bataille fait rage! A la fenêtre, des chevaux! Le messager annonce à la mère que son fils est mort avant même d’arriver au front. A la fille, il expliquera que le père est devenu fou, à l’épouse que le mari a trébuché lors de la charge. Les Chevaux à la fenêtre est une allégorie grotesque sur le monde comme champ de bataille. Ici ce n’est pas la guerre qui est absurde, c’est l’homme! Les marionnettes de F Giaroli, manipulées par J Poirson seul en scène, servent à merveille l’humour grinçant de Matei Visniec « 

Info(s) pratique(s)

Interprète(s) : Jean Poirson

Metteuse en scène / Création des marionnettes : Françoise Giaroli

Collège de La Salle à 18h (1h05), tarif : 15€, carte off : 10€, enfant -15ans : 5€

Programme OFF / Réservations : sur le site du OFF


Mardi soir, j’ai eu l’occasion de voir mon tout premier spectacle de marionnettes (du moins, je n’ai pas souvenir d’en avoir vu d’autres auparavant). C’était une expérience riche, complètement différente de ce que j’ai pu expérimenter depuis le début du festival et en règle générale dans les salles de théâtre ou de spectacle. Une expérience qui donne envie de la réitérer est forcément réussie, donc.

Un décor chargé, et pourtant assez simple, mais curieux, original, inattendu. Je suis sans doute novice mais cela a tout de suite attisé ma curiosité. Des caisses, un arrosoir accroché en hauteur, un robinet un peu plus loin, un sac pendant au plafond au bout d’une corde reliée à la fenêtre grâce à un nœud, une porte perdue au milieu de la scène, une selle, une chaise sur laquelle est assise une vieille femme.

Un homme, placé derrière, attrape la femme et aussitôt la voilà animée, dotée d’une vie qui lui est propre. Et si l’homme est bien visible, elle aussi toute entière vit. Son visage est quasiment stoïque à l’exception de sa bouche qui s’ouvre et se referme lorsqu’elle parle mais la voix l’anime et lui donne une vie. Remarquable et paradoxale vis-à-vis du sujet.

La guerre a éclaté et les hommes partent vaillamment jouer les héros. C’est absurde, mais c’est ainsi, soulevés par les appels au combat, ils sont tous animés par cette même volonté : donner la victoire à leur paix, laissant derrière eux des femmes, des filles et des mères inquiètes et déplorées. Ils ne savent pas pourquoi ils se battent, mais ils se battent, pour l’honneur, pour l’insigne, pour la gloire qui, au final, ne laissent derrière eux que la trace des larmes et du désespoir.

Par la fenêtre un cheval tirant une charrette passe. Un homme frappe à la porte de chaque maison pour y transmettre les mauvaises nouvelles du front. C’est le Messager, celui qui annonce les morts aux familles, un peu bourru, un peu maladroit, il part en claquant la porte. Le Messager, c’est l’acteur lui-même. L’acteur qui du coup fait parler les marionnettes et leur répond. Fait vivre les uns et habite l’autre, donnant un aspect très particulier mais original à l’histoire.

Tout a un sens, de la mise en scène, mais surtout du décor. Celui-ci est déglingué, mais représente tout autant l’effondrement intérieur que provoque la guerre. L’illusion d’être abrité quand en réalité rien ne reste, ni de gloire, ni de vestige. Seule la mort. Et chaque fois, des morts ridicules, qui démontrent de l’absurdité de la guerre et de ces mots qui les appellent à elle.

La puissance de sa voix, les expressions qu’elle exprime, fait vibrer les visages stoïques des personnages et on les voit excités, fatigués, choqués, tristes, inquiets, aimants… C’est un travail remarquable, tant il semble anodin en apparence, mais où chaque geste, chaque mouvement, compte. Le comédien est donc à la fois le manipulateur effacé, mais aussi l’acteur et le spectateur des conséquences de la guerre, de ce qui ne peut être défait.


Jean Poirson et Françoise Giaroli nous proposent donc un travail intéressant, portant un regard critique sur l’absurdité de la guerre, le non-sens du « devoir » qui appelle les hommes à mourir pour des combats perdus d’avance. Une mise en scène originale et surtout un travail sur les marionnettes et le décor remarquable, sans oublier la voix de Jean Poirson ! Une pièce qui mériterait de voir toutes les chaises de la salle remplies de grands comme de petits.

3 Comments

  1. Belle description. Combien coûte le spectacle ?
    Est ce une voix off ?

    • Merci.
      Voici les infos sur les tarifs, rajoutés du coup à l’article :
      tarif : 15€, carte off : 10€, enfant -15ans : 5€

      Il n’y a pas de voix off, l’acteur est sur scène et donne la voix aux personnages devant nous.

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