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Théâtre | Effroyables jardins – Michel Quint (Fest. OFF 2014)

festival_effroyablesjardins

Résumé

« Et si, face à l’horreur de la guerre, les seules armes efficaces étaient l’humour et la dérision ?
L’histoire sublime et banale d’un résistant et d’un soldat allemand, une de celles qui font de ces anonymes des héros. Une pièce comme un voyage, des années 40 à nos jours, où l’on passe du rire aux larmes… au rire, encore et encore…« 

Info(s) pratique(s)

Interprète & metteur en scène : Philippe Laurent

Le Pittchoun Théâtre, à 13h15 (1h15), tarif : 15 €, carte off / tarif enfant -18 ans : 10 €

Programme OFF / Réservations : sur le site du OFF


Seul sur scène, Philippe Laurent choisit de nous interpréter le roman de Michel Quint, un roman qui parle de résistance mais aussi d’humanité. Il parle d’un jeune garçon qui a du mal à accepter la passion de son père pour les clowns augustes dont il revêt les habits à chaque occasion. L’oncle de Lucien décide alors de lui raconter leur histoire, celle de son père, de Nicole et de lui-même, pour lui faire comprendre. Une histoire touchante, drôle et poignante aussi, que le metteur en scène et également acteur interprète brillamment.

Un clown entre en scène. Il porte une perruque orange, un gros nez rouge, des chaussures énormes et un accoutrement ridicule. Il est maladroit au possible. Il tente plusieurs numéros et finalement s’arrête, se tourne vers nous, et nous parle. En fait, sous le déguisement dont il se défait petit à petit, Lucien nous raconte son père. Son père tel qu’il le voyait étant petit, avec un peu d’embarras et d’incompréhension. Ce père qui traînait sa petite famille pour faire son numéro chez les autres enfants. Lucien qui les suivait la tête basse, presque honteusement. Puis, il nous parle de son oncle et de sa femme et du jour où il apprit toute la vérité et comprit enfin qui était son père.

Le texte en soi est très beau : poétique, paradoxal, ironique, mais derrière chaque rire se cache une réalité plus douloureuse. Effroyables jardins porte bien son nom : les apparences sont trompeuses, nous dit l’auteur, et il faut avant de les juger en comprendre l’essence, ce qui se cache derrière. L’auteur nous parle d’amitié et de fraternité, celle qui liait Gaston au père, mais aussi de loyauté et d’humanité – laquelle peut surgir n’importe où. Ainsi le soldat allemand, chargé de garder les prisonniers, et qui se penchent vers eux pour les rappeler à elle. « Pardonnez-moi d’être vêtu des couleurs du mal. »

Le jeu de Philippe Laurent est si bon que nous voyons en lui tous les personnages à la fois : nous voyons Lucien, dépité devant ce père qu’il ne comprend pas, méprisant un peu sa famille, son oncle, sa tante, les voyant à travers le prisme de son jugement – ainsi dit-il se rappeler finalement, tardivement, que « Nicole devait avoir été une belle femme » en réalité. Nous voyons ce père à travers son regard, un homme mystérieux mais surtout discret et renfermé. Mais nous voyons surtout Gaston. Gaston et son accent du Nord – très bien imité, il faut le reconnaître. Gaston et son franc parlé. Gaston et son apparente simplicité…


Avec bien peu d’artifices, l’acteur nous fait vivre une histoire intense, qui dépasse de loin son apparence anecdotique pour nous donner une leçon de vie. J’avais déjà lu le roman avant d’aller voir la pièce, et c’est pourquoi je peux dire qu’elle lui est très, très fidèle. Belle, poétique, à la fois drôle mais également triste, la pièce Effroyables jardins rend hommage à son auteur. A découvrir !

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