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The girl from class – Subong Park

the girl from class cover

The girl from class de Subong Park
Webtoon (Webcomics coréen)
Comédie, Romance
Le lire sur Webtoons.com


Have you ever fallen in love with a girl sitting next to you? His love has begun just like that.


Note globale :

9/10


S’il y a bien une chose que j’ai apprise en m’aventurant dans la bédé, c’est qu’on n’est jamais à l’abri des surprises – encore moins des coups de cœur. Il ne faut préjuger de rien et garder l’esprit ouvert. Et à ce propos, je voudrais vous parler d’un Webtoon qui ne paie pas de mine mais qui a été une lecture étonnante. Le résumé (que j’ai volontairement laissé en anglais) est à ce propos très parlant. Simple mais efficace, il est en ce point représentatif de l’essence de la BD qui m’a immédiatement enchantée.

La prethe girl from class i like herculesmière chose d’ailleurs qu’on remarque en entamant ce Webtoon, c’est sa simplicité assumée. Le dessinateur ne fait guère de chichi et ne s’embarrasse pas de détails inutiles. Tout ce qui est dessiné est le strict minimum, les paroles sont usitées avec parcimonie – la couleur est tout de suite annoncée. On ne peut guère faire plus simple que le synopsis : un étudiant a le béguin pour sa voisine, quoi de plus ordinaire ? Subong Park a même poussé le vice jusqu’au titre lui-même : La fille de ma classe. Difficile de ne pas saisir ce dont la bédé parle. Et pourtant.

Cette bédé est assez paradoxale, d’ailleurs, et j’ai un peu de mal à la décrire. Tout en étant dans l’extrême simplicité – les yeux des personnages ne sont même pas dessinés ! – et quand bien même l’histoire est plus qu’anodine, ce serait une erreur de se méprendre sur le sens du mot simple : simple mais pas simpliste. Cette nuance démontre toute la maitrise de Subong Park qui aura réussi à exploiter à fond la forme (le dessin, le plot de départ, le déroulement du scénario) au service de son propos. De quoi est-il alors question ?

Mais, d’apparence, bien sûr ! Ici, on parle de la façon dont celle-ci influence notre opinion et comment nos propres désirs peuvent modifier notre vision des choses, et des autres. The girl from class c’est tout simplement l’histoire d’un garçon qui se fait des films. Rien de très compliqué, certes. Et pourtant, ce serait un tort que de sous-estimer sa complexité, ni sa profondeur. the girl from class you suckLe thème n’est sans doute pas original en soi, mais il est ici bien développé et ce, sans tomber dans les stéréotypes. La simplicité apparente peut également être un effet secondaire de la justesse dont fait preuve Subong Park, notamment parce que le moindre détail, du dessin au geste et à la parole, compte. Avec un trait pourtant grossier d’apparence, le dessinateur se révèle en réalité minutieux et économe. Point de grandes envolées oniriques, le strict minimum est donné, et pourtant le résultat est quand même là.

Peu de détails sont ainsi dévoilés. Les personnages sont rapidement esquissés et, comme je le disais plus haut, on ne voit pas leurs yeux. Loin de paraître incomplets, cela montre surtout la réalité de ce qu’on perçoit vraiment des autres – plutôt que de ce qu’on croit percevoir. On ne voit finalement que les contours de l’enveloppe physique et de l’attitude qu’adopte une personne, sans réellement voir la personne elle-même. Tout le reste n’est en réalité que pure interprétation et le reflet de notre propre miroir : les expressions qu’on croit leur reconnaître ; la direction que prend réellement leur regard ; encore moins leurs pensées… C’est en réalité une autre vision déformée par le prisme de notre regard qui projette sur leurs visages ces traits que nous leur reconnaissons finalement.

Qui n’a pas perdu du temps à discuter avec ses amis de telle ou telle parole ? d’un geste ? d’un regard ? Qui peut prétendre ne s’être jamais trompé dans sa compréhension de l’autre ? Qui n’a jamais préjugé de quelqu’un en se fiant à son apparence, en mésinterprétant son humeur ou son caractère, quand bien même il ne pensait pas à mal ? Et qui, finalement, à force de regarder dans une seule direction n’a jamais raté ce qui par la suite devient l’essentiel.

the girl from class elle

C’est ce que j’aime dans ce genre d’histoires du quotidien qui parlent de faits semblant anodins : elles sont pleines de sens. Il y a parfois bien plus à tirer que d’une histoire plus abracadabrante. Celle-ci est d’ailleurs si réaliste qu’on peut aisément se projeter dans la vie de ce personnage et de s’identifier à lui. On pourrait être cet étudiant qui a eu le coup de foudre pour sa voisine de classe et qui n’ose pas l’aborder, préférant l’observer sans savoir comment interpréter ses avances. J’ai aimé la facilité avec laquelle finalement Subong Park nous entraîne dans son histoire. On se prend rapidement au jeu et on s’affectionne pour ces personnages si ordinairement communs.

Je voudrais également rajouter à quel point cette bande dessinée peut nous prendre par surprise – ne serait-ce, encore une fois, par le dessin. the girl from class héroCe qui semble au début presque grossier n’est en réalité que très maîtrisé. On le découvre au fur et à mesure, en se surprenant de l’expressivité des personnages – quand bien même leur visage n’est pas entier ! En quelques traits habiles, le dessinateur nous offre des êtres littéralement vivants. On perçoit tout de suite l’expression des émotions des protagonistes. La façon dont ils se posent, bougent, est assez surprenante tant c’est réaliste. On est loin des dessins un peu figés de certaines bédés, et surtout mangas.

D’ailleurs, le mouvement est ici très chouette à observer. Le déplacement des personnages d’une part, mais aussi la sensation de vitesse que l’auteur arrive à nous faire ressentir. Dans un chapitre, on est même placé à la tête et aux yeux d’une des protagonistes qui se précipite dans un taxi, par exemple. C’est sans doute le passage qui m’a vraiment bluffé : j’avais vraiment l’impression d’être plongée dans sa tête. C’était assez jouissif ! D’autres planches encore offrent l’occasion d’avoir un avant goût du talent de dessinateur de Subong Park.

Avec un avis aussi dithyrambique, ma chronique quant à elle ne vous surprendra pas si je précise qu’il s’agit là d’un coup de cœur, que je vous recommande de découvrir. C’est chouette, rafraichissant, très facile à lire. Sans compter la mise en abîme du mythe d’Orphée. Comment ne pas tenter ?


*Extrait – pas aussi bon que dans sa mise en page originale, mais cela vous donnera une idée du rendu du mouvement 😉the girl from class extrait

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  1. Ohhh ça me donne envie de découvrir. Je ne connaissais vraiment pas !

    • Coooooll ! Ca me fait plaisir, j’espère que tu aimeras ! 🙂
      Le site est accessible sur le web et en appli gratuite pour info ! 😀

  2. J’apprécie moyennement le dessin même si je trouve le concept intéressant pour le coup. L’évolution doit être sympathique à observer. Bon, je ne sais pas mais je retiens 😉 Avant, faut que je finisse Dr Frost 😀

    • Je peux comprendre, c’est un peu abrupt comme style de dessin. ^^
      Le webtoon ou le drama ? 😀 J’ai très envie de le lire !!

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