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Sur ma peau de Gillian Flynn

Sur ma peau de Gillian Flynn

Sur ma peau

Sur ma peau
Écrit par Gillian Flynn
Publié aux éditions Le Livre de Poche
Thriller


LES BONNES SURPRISES!


Pardonnez-moi l’enthousiasme d’une lectrice peu habituée par le genre du thriller, mais je dois admettre que c’est la seconde fois que cette autrice me surprend à véritablement apprécier ma lecture et, du coup, j’avais bien envie de vous partager cette nouvelle expérience.

Pourtant, le style littéraire de Gillian Flynn n’est pas vraiment de ceux qui pourraient retenir mon attention. C’est même ce qui m’a rendu la lecture un peu fastidieuse au début car j’ai eu bien du mal à trouver agréable de la lire. Mais cela n’a finalement pris que deux ou trois chapitres pour que je me plonge véritablement dans le livre et que je ne parvienne plus à le lâcher, happée par l’intrigue et par la psychologie des personnages, que je trouve très réussie, comme pour Les lieux sombres. Gros points forts de cette autrice, assurément.

Extrait

« On dit toujours, quand on est déprimé, qu’on a le blues mais j’aurais été heureuse de me réveiller devant un horizon bleu pervenche. Pour moi, la dépression est jaune – jaune pisseux. C’est un interminable filet de pisse décoloré, exténué »

Sur ma peau raconte le retour d’une journaliste venue enquêter dans sa ville d’enfance sur la disparition d’une jeune fille et l’existence potentielle d’un tueur en série. Très vite, on comprend qu’il y a des histoires de famille très particulières qui ne tarderont pas à faire émerger un sentiment de malaise grandissant face à une situation de plus en plus malsaine.  Et c’est tellement insidieux qu’on se retrouve bien forcé de continuer la lecture et de s’interroger si cela n’est pas un des moteurs qui nous pousse à tourner les pages pour en connaître… une issue ?

Un sentiment paradoxal puisqu’on sait bien – et le roman le fait bien sentir – que les problèmes intrinsèques à la famille, celle dans laquelle on a grandi, font partie des plus impossibles et des plus destructeurs à se défaire et que cela marque une (à) vie. C’est physiquement le cas pour l’héroïne puisque Camille, depuis son jeune âge, a commencé à se scarifier en réaction à son environnement nocif, cette mère déséquilibrée elle-même par le traumatisme laissé par sa propre enfance et sa propre mère. Un cercle vicieux auquel aucune génération ne semble avoir échappé.

« Oui, je suis là, ai-je dit, et ça a été un choc de découvrir à quel point ces mots me réconfortaient. Quand je panique, je les prononce à voix haute. Je suis là. En général, je n’ai pas l’impression d’être là. Je me sens comme quelqu’un qu’une simple bourrasque de vent tiède suffirait à effacer, à faire disparaitre à jamais, sans laisser de trace. Certains jours , je trouve cette pensée apaisante; d’autres, elle me glace. « 

Je crois aimer les deux romans lus de Gillian Flynn justement parce qu’elle ne parle pas simplement d’une enquête. Elle propose surtout de s’interroger sur les personnages qui s’y trouvent mêlés et de la façon dont cela va les impacter. Le tout plongé dans une Amérique à la dérive, un petit territoire dans un énorme pays, où tout semble paradoxalement confiné et étroit. Et profondément sexiste. Les personnages de cette histoire, ce sont assurément ces femmes, qu’une société ultra-patriarcale a profondément atteint dans leur construction. En plus du drame familial qui se joue, c’est donc également une critique d’une partie de la société américaine que l’auteure dresse.

Au final, j’ai changé d’avis sur le style de Gillian Flynn. Du moins, si d’un point de vue littéraire, je ne l’apprécie pas, il est efficace dans ce roman et offre un détachement salvateur au lecteur qui, suivant les pensées d’une narratrice à la première personne, est forcément déjà happé par l’ambiance méphitique générale. L’autrice n’en fait pas des caisses et se contente de laisser parler toute la complexité psychologique de son héroïne. Autrement, cela aurait pu être très lourd à lire.

« Le seul endroit que tu as épargné, » m’a-t-elle chuchoté. Son haleine était douceâtre, musquée, comme l’air qui flotte autour d’une source.
« -Oui.
-Un jour, je graverai mon nom là. » Elle m’a secouée, une seule fois, puis m’a relâchée, et m’a abandonnée sur l’escalier avec le reste d’alcool qui avait tiédi.

C’est un roman qui fait froid dans le dos, qui peut même être dérangeant, que je ne recommanderai pas forcément à tout le monde. La violence qui y est décrite étant psychologique, il me semble que c’est justement une des plus dure à supporter – aussi, soyez prévenus. En revanche, si comme moi vous ne lisez que peu de thrillers, je ne peux que vous recommander de le tenter !

Résumé : « La ville de Wind gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà l’été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée… Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l’affaire. Elle-même a grandi à Wind gap. Mais pour Camille, retourner à Wind gap, c’est réveiller de douloureux souvenirs. À l’adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, camille a gravé sur sa peau les souffrances qu’elle n’a pu exprimer. Son corps n’est qu’un entrelacs de cicatrices… On retrouve bientôt le cadavre de la fillette. Très vite, Camille comprend qu’elle doit puiser en elle la force d’affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité… »

Une Pluie Sans Fin de Dong Yue

Une Pluie Sans Fin de Dong Yue

Une pluie sans fin
Réalisé par Dong Yue
Interprété par Duan Yihong, Jiang Yiyan, Du Yuan, Zhen Wei…
Chine
Sorti en Juillet 2018
Thriller
Voir la fiche Allociné


LES BONNES SURPRISES!


Il s’agit du premier long métrage du réalisateur Dong Yue, et c’est d’autant plus impressionnant au regard de la maîtrise qu’il fait preuve dans toute son oeuvre. Il y a peu à reprocher au film, qui hérite des mêmes qualités que ceux attribués en ce moment au cinéma sud-coréen, dont il est vrai qu’il s’inspire fortement. On ne peut éviter les comparaisons plus qu’évidentes avec le chef d’œuvre Memories of Murder de Bong Jong-Ho, à la fois dans la construction du scénario que par l’ambiance sombre, pluvieuse, crasseuse des quartiers notamment industriels.

Le film est passionnant. Et ce n’est pas uniquement dû au mystère de son intrigue. Là où il va se distinguer du film sud-coréen, c’est dans la focale qu’il choisit de mettre sur le milieu de l’industrie chinoise à quelques mois de la rétrocession de Hong Kong et plus particulièrement durant la désindustrialisation d’une partie du sud de la Chine. Ce n’est donc pas tant un thriller qu’un drame social, et c’est dans ce traitement particulier qu’il se révèle excellent, offrant de très beaux plans. Je pense notamment à la course poursuite qui a lieu dans une des industries de la ville, qui m’a le plus marquée.

Le cinéaste chinois a donc choisi d’illustrer à travers l’enquête mené par l’agent de sécurité, Yu Guowei, l’impact à l’échelle des individus d’une mutation économique et sociale d’un pays. Il y a énormément de sous-texte qui sert en ce sens à montrer les évolutions de cette société et la façon dont les différentes générations la subissent.

Un casting irréprochable, une mise en scène et un cadrage efficaces, une ambiance palpable, une esthétique marquante, une musique d’atmosphère adaptée – Une pluie sans fin est une des plus belles surprises cinéma de cette année 2018 et une belle promesse pour ce nouveau réalisateur.  Je ne peux donc que souhaiter d’en voir d’avantage et peut-être avec un détachement du cinéma sud-coréen pour y découvrir plutôt sa propre patte.

Je vous laisse en apprendre d’avantage à travers l’excellente critique d’Aurélien Milhaud sur le site « Le Blog du Cinéma« .

Résumé : « 1997. À quelques mois de la rétrocession de Hong-Kong, la Chine va vivre de grands changements… Yu Guowei, le chef de la sécurité d’une vieille usine, dans le Sud du pays, enquête sur une série de meurtres commis sur des jeunes femmes. Alors que la police piétine, cette enquête va très vite devenir une véritable obsession pour Yu… puis sa raison de vivre. »

Best Of Février à Avril 2018

Best Of Février à Avril 2018

Après trois mois sans bilan, il faut désormais faire un choix : qui sélectionner pour le Top 3 de ce billet de rattrapage ? Depuis Janvier, j’ai quand même 8 œuvres qui font partie de mes plus belles découvertes de ce début d’année. Mais comme c’est un exercice intéressant et qu’il faut en passer par là, je vais faire au plus spontané – mais est-ce le plus objectif ? Je vous laisse juge vis-à-vis de vos propres appréciations ! (Petite entourloupe pour vous faire partager mon indécision face à l’injustice que ce bilan fera forcément vis-à-vis de certaines œuvres, mais soit ! Allons-y.)


Le TOP!

#1 – Amour de Michael HANEKE

C’est peut-être le choix le plus simple et le plus beau. Il est sublime et très maîtrisé ; mature de par le sujet, l’écriture, les acteurs. Un huis clos qui était pourtant « mal » embarqué à cause d’un texte bien trop littéraire pour être naturel sur les lèvres, du moins c’est l’impression laissée au début, avant que le reste ne l’emporte et qu’on n’y fasse plus guère attention. Ce sont, après tout, des personnes très cultivées, très à l’ancienne, peut-être moins marquées par la modernité du langage parlé de nos jours. Il y a aussi l’interprétation qui, au début, est très théâtrale. C’est une pièce filmée – on l’accepte et puis la fluidité finit par venir.

Des plans fixes, très bien choisis, qui marquent une sobriété de mise en scène et appuient tout aussi bien sur le sublime des scènes jouées. C’est efficace tout le long. Ils accompagnent le long mouvement des acteurs, la lente dégradation d’une vie, la lutte acharnée d’un amour.

Curieux film qui utilise avec parcimonie la musique tout en mettant en scène deux anciens professeurs de musique. Et dont le silence, impérial, fait résonner avec éloquence le point final

#2 – The Third Muder de Hirokazu KORE-EDA

Je vais essayer de ne pas trop en dire car j’aimerais – si je n’oublie pas et quand j’aurais le temps, vraiment – d’en faire une chronique.

Premier thriller que je découvre du réalisateur et c’est plutôt une réussite, même s’il y a certains aspects qui m’ont légèrement moins plu que dans ses autres films. Résumons ces derniers : ses personnages secondaires moins bien travaillés, la relation père-fille dans ses mises en scène, le début du film plus maladroit, en particulier dans sa façon de présenter l’avocat de l’accusé, l’un des deux protagonistes. Mais d’un autre côté, ses défauts font aussi partie de ses qualités : entre autres, le thème de la famille et du père faillible (que l’on retrouve dans beaucoup de ses films) est un second axe de lecture du film qui y trouve un sens particulier et m’a, encore une fois, intéressée ; l’évolution du protagoniste vis-à-vis de ce que l’affaire va lui faire entrevoir de sa vie et de son métier est passionnante ; le thème de la justice, de la peine de mort (dont le film est un plaidoyer pour lutter contre), de la vérité sont brillamment mis en scène. Il y a une certaine maladresse dans ce film, que l’on ne retrouve pas dans ses autres œuvres, c’est vrai. Cela peut le rendre en-deçà de ses films comme After Life, Tel père tel fils, I wish, Nobody Knows… Peut-être aussi que la désignation de « thriller » est erronée ; car s’il y a bien des meurtres, du mystère et une enquête, c’est n’est pas vraiment un film que l’on peut simplement résumer dans cette catégorie. C’est un drame humain et un film social également.

Comme toujours avec Kore-Eda Hirokazu, un film pluriel.

#3 – L’elfe et l’égorgeur de Jean-Philippe JAWORSKI

Difficile de résumer une très, très courte nouvelle !

En revanche, je peux vous dire ceci : c’est de la fantasy, un conte et une réflexion sur l’art de construire un récit.

C’est une gageure, une enchâsse, un plaisir gourmand – l’auteur n’a pas volé sa réputation : son écriture est exquise et exigeante. On ne plonge pas dans son texte comme dans n’importe quel autre : il faut être attentif et prendre le temps de savourer. Il faut accepter l’effort de la lecture, et cela m’intrigue d’en tester sur un texte plus long, pourquoi pas un de ses romans ?

Ce récit, semble-t-il, s’inscrit dans son univers des Vieux Royaumes, je suis donc très curieuse de m’y lancer cette année, surtout que j’en ai deux dans ma bibliothèque qui m’attendent patiemment. En revanche, il est certain que cela ne plaira pas à tout le monde, mais c’est une question de goût – et je vous en laisse juge !

J’apprécie toutefois de retrouver un tel niveau d’écriture dans un des genres de l’imaginaire, que je ne connais encore que trop peu. C’est prometteur !


Aussi découverts ces derniers mois

Les bonnes surprises :

  • Mémoires d’un chat d’Hiro ARIKAWA (Roman)
  • Le robot qui rêvait d’Isaac ASIMOV (Recueil de nouvelles – Cycle du futur #3)
  • Nous allons tous très bien, merci de Daryl GREGORY (Roman)
  • Gemini de X.D. Network (Jeux vidéo)
  • Goshu d’Isao TAKAHATA (Film d’animation)
  • Billy Bat T10 à 20 de Naoki URASAWA (Manga) – Voir la Chronique
  • La forme de l’eau de Guillermo DEL TORO (Film)
  • American Crime Story, Saison 1 : L’affaire O.J. Simpson de Ryan MURPHY (Série)
  • L’île aux chiens de Wes ANDERSON (Film)
  • Marche ou crève de Stephen KING (Roman)
  • Le bâtard de Kosigan T2 de Fabien CERRUTI (Roman)

Les bonnes découvertes :

  • La trilogie Le Seigneur des Anneaux en version longue de Peter JACKSON (Films)
  • Dix petits nègres d’Agatha CHRISTIE (Roman)
  • Annihilation de Alex GARLAND (Film)
  • Les fils de l’homme de Alfonso CUARON (Film)
  • Le bâtard de Kosigan T1 de Fabien CERRUTI (Roman)
  • On a vingt ans pour changer le monde de Hélène MEDIGUE (Documentaire)
  • Je ne suis pas une légende de Catherine DUFOUR (Nouvelle)
  • Contes du jour et de la nuit de Guy DE MAUPASSANT (Recueil de nouvelles)
  • L’art de Naoki Urasawa à L’Hotel de Ville, Paris (Exposition)

Les découvertes :

  • On achève bien les chevaux d’Horace McCoy (Roman)
  • Le bâtard de Kosigan T3 de Fabien CERRUTI (Roman)
  • Card Captor Sakura Clear Card T1 et T2 de CLAMP (Manga)
  • America de Claus DREXEL (Documentaire)
  • Hostiles de Scott COOPER (Film)
  • Petit traité d’écologie sauvage d’Alessandro PIGNOCCHI (BD)
  • Les météorites à la Grande Galerie de l’Evolution, Paris (Exposition)
  • Rime de Tequila Works (Jeux vidéo)

Les mitigés :

  • Sneaky Pete, Saison 1, de Bryan CRANSTON et David SHORE (Série)
  • Monument Valley 2 du studio Ustwo games (Jeux vidéo)
  • Turbo Time Travel V0 et V1 d’un collectif d’artistes (Revue)
  • Westworld, Saison 1, de Jonathan NOLAN et de Lisa JOY (Série)

Les mauvais élèves :

  • Sneaky Pete, Saison 2, de Bryan CRANSTON et David SHORE (Série)
  • Ruby Red T1 de Kerstin GIER (Roman)
  • Black Panthers de Ryan COOGLER (Film)
  • Real de Kiyoshi KUROSAWA (Film)
  • Le gendarme à New York de Jean GIRAULT (Film)
Monthly Best Of Culture – Septembre & Octobre 2017

Monthly Best Of Culture – Septembre & Octobre 2017

Cette année, comme tous les jeunes, mon Septembre a été le mois de la rentrée et du changement – changement de boulot et changement d’appartement. Ce qui implique forcément d’être beaucoup moins disponible. Aussi, à moins de faire un TOP 3 avec trois œuvres, il ne me restait plus qu’à patienter Octobre et espérer avoir un meilleur bilan – et que mes vœux soient exaucés !


The Monthly Best Of Culture

– Top 3 ! –

#1 – A Taxi Driver de Jang HOON

>>> Lire ma chronique

Comme je viens tout juste d’en publier une chronique, je vous laisse donc plutôt aller la lire en cliquant ici.
Mais c’est un très bon biopic, un excellent film historique, et un très touchant hommage au chauffeur de taxi qui conduisit un reporter journaliste venu à Gwangju filmer la violente répression militaire envers la population alors que celle-ci luttait pour la démocratie du pays. C’est un film grand public d’une très belle facture, avec un excellent acteur central, des personnages très bien construits, et une mise en scène efficace.
Un énorme succès à la Corée du Sud qui mériterait le même accueil ici !

#2 – Le Cycle des Robots #1 Les Robots et #2 Un défilé de robots d’Isaac ASIMOV

Est-il encore nécessaire de le présenter ?
Ce cycle qui a donné naissance aux Trois Lois de la Robotique, de très nombreuses fois reprises dans les œuvres SF au fil des décennies et encore aujourd’hui et qui est également très souvent citée dans les milieux scientifiques. Isaac ASIMOV se désolait dans un préambule de devenir peut-être le scientifique reconnu pour avoir créé une science fictive, il se révèle en réalité son fondateur. Est-il de fait nécessaire pour vous donner plus envie de le lire ?
Soit : d’une part, c’est très bien écrit. Réputé vulgarisateur, il est aussi bon écrivain, avec un ton décalé à souhait, qui rend la lecture fluide, plaisante, amusante parfois, mais tout en y mêlant un fond à la fois scientifique mais aussi humain, car il traite autant de problèmes mathématiques que de sujets de société. Il parle ainsi de religion, de tolérance, de conscience (humaine et / ou individuelle), de technologie, d’intelligence humaine, d’intelligence artificielle, de la complémentarité ou opposition des deux, de moralité, d’émancipation, de ce qu’être humain veut dire, de l’âme… C’est passionnant, instructif, divertissant, pertinent.
Alors, convaincus ?

#3 – Blade Runner de Scott RIDLEY

Encore et toujours de la SF. Oui – je plaide coupable !
C’est bien un genre qui m’intéresse de plus en plus, car il est très vaste, non seulement en termes de styles, mais aussi de sujets. Il peut être complètement fantasque, à la limite du fantastique ; il peut être divertissant, un page turner, une machine à imagination ; mais il peut aussi être contemplatif et intimiste. Et c’est le cas d’une œuvre comme Blade Runner, du moins l’interprétation qu’en a fait le réalisateur, car je n’ai pas encore lu l’œuvre originale de Philip K. Dick (un jour prochain, sans doute).
Avant tout, c’est un film qui est visuellement fascinant. Sa direction artistique est assez dingue, tellement soignée que malgré les années, il ne semble n’avoir que peu vieilli. Les effets spéciaux ne sont pas aussi dingues en soi que les images d’aujourd’hui, mais ils ont du cachet dans l’univers visuel dans lequel ils s’inscrivent. Ce qui est efficace, c’est le tout que le film compose. Et pour le cas, c’est un film où le fond, le scénario, la musique et l’image sont une unité qui le rendent ainsi particulier et savoureux.

Aussi découverts ce mois-ci :

Les bonnes surprises :

  • La planète des singes de Pierre BOUILLE [Livre] >>> Lire ma chronique
  • Téhéran Tabou d’Ali SOOZANDEH [Film]
  • Vanishing Time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM [Film] >>> Lire ma chronique
  • Le regard de Ken LIU [Livre]
  • Faith tomes #1 à 3 de plusieurs artistes [Comics]
  • Le château des étoiles #1 d’Alex ALICE [BD]

Les bonnes découvertes :

  • The wicked + The divine #1 de Jamie MCKELVIE, Kieron GILLEN et Matthew WILSON [Comics]
  • Mushishi #1 de Yuki URUSHIBARA [Manga]
  • Marie- Antoinette de Sofia COPPOLA [Film]
  • Au-revoir là-haut d’Albert DUPONTEL [Film]
  • Le grand mystère des règles de Jack PARKER [Livre]
  • To your eternity #3 de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Green mechanic #2 de Yami SHIN [Manga]

Les découvertes :

  • La planète des singes #3 Suprématie de Matt REEVES [Film]
  • Riens du tout de Cédric KAPLISH [Film]
  • Sangsues tomes #1 à #5 de Daisuke IMAI [Manga]
  • Comment vivre en héros de Fabrice HUMBERT [Livre]

Les mauvais élèves :

  • Wind river de Taylor SHERIDAN [Film]

Chroniqués dernièrement :


Aussi publié :

Monthly Best Of Culture – Août 2017

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Ah, l’été. Mais où es-tu passé ?

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THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Août 2017

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LE TOP

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#1 – The Tatami Galaxy (四畳半神話大系) de Masaaki YUASA
Catégorie : Série d’animation japonaise

Si elle ne compte que douze épisodes (en réalité, onze épisodes, auquel un bonus est venu s’ajouter), il est difficile de la résumer tellement cette série d’animation japonaise est originale – dans tous les sens possibles du terme. On suit onze facettes de la vie étudiante qu’aurait pu avoir le protagoniste (qui ne sera jamais directement nommé) en fonction de ses choix de clubs. Son ambition est pourtant simple : trouver un club qui l’aiderait à mener une vie en rose durant laquelle il se trouverait une copine aux cheveux noirs pour la partager. Mais rien ne semble cependant jamais aller comme il le faut et sa vie étudiante se résume systématiquement à un cuisant échec. Ainsi au fil des épisodes, on suit ses multiples déboires à travers le cercle temporel dans lequel il semble bloqué. C’est un dessin animé surréaliste, complètement loufoque, au dessin à la fois très épuré et très stylisé, qui utilise des techniques mixtes d’animation. Parfois complètement déroutant, souvent dérangé, il est surtout captivant et, dans le fond, plus complexe qu’il ne le paraît.
Derrière sa façade farfelue et décousue, il est en réalité rondement bien ficelé. Si chaque épisode se concentre sur ce qu’il serait arrivé du héros s’il avait fait tel choix de club, et donc étudie l’effet papillon, les épisodes ne sont pas dénués de points communs, tissant des fils difficile à démêler. Il y a des scènes qui vont quasi-systématiquement se répéter, avec cependant des nuances découlant des choix du héros ; des personnages communs que l’on retrouvera dans plusieurs épisodes et qui vont même évoluer (ou alors est-ce notre regard qui est amené à évoluer sur eux ?). Par exemple, il y aura toujours cette scène où le héros croise une vieille voyante qui lui fera peu ou prou toujours la même prédiction, en augmentant cependant son prix de consultation de 1000 yens à chaque épisode – humour de dérision que l’on retrouvera tout le long de la série. Les deux derniers épisodes, les plus conceptuels et qui donnent à réfléchir, servent à décrypter ce que la série laisse transparaître en filigramme, sans pour autant le prémâcher au spectateur.
Bref, c’est court, impertinent, et bien évidemment, c’est topissime (excepté sans doute quelques stéréotypes principalement sexistes…).

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#2 – Prisoners de Denis VILLENEUVE
Catégorie : Film

Après le très bon Premier contact vu en début d’année, j’avais très envie de rattraper ce film si réputé du réalisateur. Et je n’ai pas été déçue pour un sou, d’autant que le casting est vraiment bon. J’ai notamment beaucoup apprécié retrouver Hugh JACKMAN dans un autre rôle que celui dans lequel la saga X-Men l’a enfermé, et dans de biens meilleurs films que les pitoyables Real Steel et Chapie. Et on peut dire qu’il a investi son personnage d’une aura qui m’a fait trembler durant le film. Il a réussi à participer à la tension de celui-ci, par sa prestance, son jeu juste et son charisme. Et bien sûr, Jake GYLLENHAAL, Viola DAVIS et Terrence HOWARD sont loin d’être en reste. En plus de leur excellent jeu, il ne faut pas oublier la réalisation – très bonne, elle aussi. L’ambiance est palpable, l’atmosphère électrique, la violence latente. On n’est jamais tranquille, partagé dans le dilemme moral de ces familles déchirées par la disparition de leurs filles. La langueur du film participe pleinement à sa dureté mais peut aussi faire sentir quelques longueurs – qui, pour le coup, ne m’ont pas trop dérangé.

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#3 – Johnny et la bombe (Les aventures de Johnny MAXWELL #3) de Terry PRATCHETT
Catégorie : Roman

Mon tout premier Terry PRATCHETT ! Et conclusion : il ne sera certainement pas le dernier. C’est un roman jeunesse qui aborde le retour dans le temps, d’une façon très étonnante et crédible. Son traitement est excellent – et peut-être le meilleur que j’ai pu lire en littérature. L’auteur le rend intelligible à son lecteur, tout en l’amenant à y réfléchir, quitte à se retourner le cerveau en le faisant. En plus, il l’intègre dans son histoire, non comme vecteur, mais comme réel sujet, étudiant les conséquences qu’engendrerait un retour dans le temps. Mais Johnny et la bombe, c’est également un roman satirique de la société qui se moque allègrement des stéréotypes racistes et sexistes, tout en faisant vivre à ses personnages une aventure rocambolesque très prenante. C’est très bien écrit et avec une certaine poésie. A offrir à tous les jeunes lecteurs ! P.S. : Nul besoin d’avoir lu les deux premiers tomes pour découvrir celui-ci (c’est d’ailleurs mon cas).

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Les bonnes surprises :

  • Sukkwan Island de David VANN [Livre]
  • Indian Creek de Pete FROMM [Livre]
  • Cérès et Vesta de Greg EVANS [Livre] (voir ma chronique)
  • Les mémoires d’un tricheur de Sacha GUITRY [Livre]
  • Kintsugi de Mélissandre L [Livre]
  • A bout de souffle de Jean-Luc GODARD [Film]
  • Hana-Bi de Takeshi KITANO [Film]

Les découvertes :

  • Que Dios Nos Perdone de Rodrigo SOROGOYEN [Film]
  • Et maintenant on va où ? de Nadine LABAKI [Film]
  • L’été de Kikujiro de Takeshi KITANO [Film]
  • Kids Return de Takeshi KITANO [Film]
  • Zombie Kebab d’Olivier SARAJA [Livre]
  • Solaris de Stanislas Lem [Livre]
  • La malédiction du rubis (Sally Lockhart #1) de Philip PULLMAN [Livre]
  • To your Eternity (#2) de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Rétrospective Walker Evans au Centre Pompidou [Exposition]

Les mauvais élèves :


Chroniqués ce mois-ci :

Autres publications :

Point Culture (1) Thrillers japonais/américain, film d’animation, fable et musée

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Devant la réalité de ma faible production, j’ai décidé de refaire des billets sur cinq œuvres ou expositions/sorties culturelles qui m’ont marquée, de façon positives ou négatives. Je n’en ferai sans doute pas de chronique à part entière, le principe est donc d’en parler de façon un peu plus synthétique pour vous partager rapidement mon avis dessus !

Allez, sans tergiverser, voici le menu du jour :

  • Creepy de Kiyoshi KUROSAWA
  • Get Out de Jordan PEELE
  • Le Grand Méchant renard de et de
  • Le livre de Perle de Timothée de Fombelle
  • Le musée de la Chasse et de la Nature

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