Monthly Best Of Culture – Mars & Avril 2017

Fin Mars. Le beau temps était là, l’envie aussi. Mais allez savoir pourquoi, je n’ai pas réussi à me décider sur le bilan. J’en fais ? Je n’en fais pas ? J’ai dressé la liste de ce que j’avais lu, vu, visité. Il y avait de la matière, de la bonne, en plus. Mais je n’ai pas réussi à franchir le pas de l’écriture ; quelque chose me rendait insatisfaite. Et j’ai tout bonnement supprimé tous mes brouillons, renvoyé valser mes bonnes résolutions et laissé au temps la possibilité de me rendre l’inspiration. Qui, peut-être, me fait encore suffisamment défaut pour que je sois aussi peu active, en fin de compte, sur le blog.

Pourtant, l’envie d’écrire, elle, ne me quitte jamais. Tout autant que l’envie de lire. Elles sont indépendamment liées l’une à l’autre, d’une façon parfaitement contradictoire (n’y a-t-il pas d’ailleurs quelque dissonance entre le mot « parfaitement » et « contradictoire » ?). En réalité, je lis beaucoup plus que je n’écris. Ce qui, des années auparavant n’était pas forcément vrai, pas forcément vrai tout le temps – ni dans cet ordre.

Ecrire des chroniques, c’était ma solution en 2014 pour me remettre tout bonnement à écrire, cap que je n’arrivais plus forcément à franchir depuis plus d’un an, si ce n’est davantage. Je prends du plaisir à le faire, à essayer de me rendre plus critique sur ce que j’expérimente, à pousser un peu plus loin mon appréciation, quitte à l’analyser un peu, exercice auquel, par fainéantise, j’oublie parfois de m’appliquer. Autant sur ce que je vois que sur ce que je lis. Cela m’a éveillé, d’une certaine façon, et permis d’entrevoir autrement ce qui pourrait n’être que du divertissement. J’ai aussi envie de me souvenir de ce que j’ai aimé, de pourquoi je l’ai aimé. Et de comprendre ce qui, au fond, me plaît dans ce que je préfère, et inversement.

Peut-être que j’ai encore envie d’écrire autrement. Tout simplement de me remettre à écrire pour de bon. Mais je ne sais pas encore comment, ni quoi, ni sur quoi, ni où.

Le blog, évidemment, je le continue et j’espère bien le nourrir plus souvent. On verra. Vous me suivez ? C’est l’heure du bilan. Et comme je n’ai pas fait celui de Mars, celui-ci sera un bimensuel. On va dire, pour l’exception.

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The Monthly Best Of Culture
Mars & Avril 2017

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LE TOP 3

Double mois ne veut pas dire double TOP, mais un TOP plus difficile à dresser. Il est l’heure de choisir. Mais lesquels ?

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#1 – Avalon de Mamoru Oshii
Catégorie : Film

J’avais beaucoup entendu parler du réalisateur, notamment pour son fameux Ghost in the Shell (l’animé, et non la version live action américanisée et très édulcorée) mais aussi pour sa capacité à réaliser des films complexes, aux multiples grilles de lectures, qu’un seul visionnage ne peut suffire pour tout saisir. Avalon a comblé mes attentes, tant en termes de réalisation que de scénario, d’interprétation, de prises de risque et de soundtracks. La musique de Kenji Kawai est superbe, son duo avec le réalisateur marche définitivement très bien. L’atmosphère est mélancolique, servie par la relative absence de paroles, par le décors sombre, le quotidien répétitif de la vie de l’héroïne, les gestes lents, répétés, la musique aussi et le ton sépia.

Le background, dont l’interprétation est laissée très libre au spectateur, fait rebond aux problématiques modernes que propose le film. Visuellement, c’est fascinant : la couleur dominante de sépia, les prises de vue fixes, répétitives… Le monde réel et virtuel ne font qu’un, rendant la frontière floue, faisant rebond à l’un des thèmes du film. Le jeu vidéo y est mis en scène sans être diabolisé, rendu coupable des dérives de ses utilisateurs. La fuite n’est pas tant du fait du support que de la réalité. Il renvoie au contraire l’être humain à se questionner sur ce qui est, de fait, réel. Le film s’inspire des codes du jeu vidéo, jusqu’à la construction même de ses personnages, autant dans leur vie réelle que dans leur vie virtuelle, et se déroule par étapes (par niveaux).

Le film est fait de multiples détails, pensés avec minutie pour faire sens. Rien n’est cependant explicité, et notre capacité à déduire ou interpréter, traduire les significations et en tirer la réflexion portée par le film, est très largement sollicitée. C’est un film qui demande à être actif, ce qui le rend puissant, intense, mais aussi peu reposant. Un film que je reverrai avec grand plaisir et la certitude d’être à nouveau surprise.

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#2 – L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken LIU
Catégorie : Roman
>>> Lire ma chronique

J’en ai fait une chronique, aussi ne m’attarderai-je pas dessus : Ken LIU nous propose de nous interroger sur l’importance de l’Histoire et de la recherche de la vérité. Il nous impose une question éthique pour réfléchir sur la raison pour laquelle cette recherche est nécessaire. A qui profite l’Histoire ? Qui est concerné ? Quelle part de responsabilités a-t-on sur l’Histoire ? Après l’Histoire ? Sait-on tout de notre passé ? Il s’intéresse notamment à l’Unité 731, créée par les japonais durant la Seconde Guerre Mondiale, et les expériences monstrueuses qui ont été pratiquées sur des êtres humains, que l’on a reconnu récemment comme faisait partie des crimes contre l’Humanité perpétrés, mais qui reste un sujet tabou en Chine comme au Japon. Une partie de l’Histoire que l’on connaît assez peu, en fin de compte, et que l’on a découvert que très récemment, en 1981. Le roman est court, efficace et écrit avec habileté, critique, mais, surtout, sans dirigisme.

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#3 – Phantom of the Paradise de Brian de Palma
Catégorie : Film

Ce n’est pas la première fois que je vois ce film, et je suis autant sous le charme. J’aime son côté pastiche, mélange de comédie musicale à la Fantôme de l’Opéra et de Faust, avec ce côté rock des années 70. C’est un film qui déborde de folie, complètement jouissif et déjanté. Il paraît bancal, décalé, mais est très assumé et parfaitement maîtrisé. Une bande son excellente. C’est de l’énergie pure par laquelle on s’abreuve goulûment, on en redemande toujours. Ce film a beau être sorti des années 70, avec les costumes kitchs et les couleurs criardes, il ne vieillit toujours pas, comme s’il était lui-même habité de son personnage machiavélique, Swann, et avait pactisé avec le diable, comme Faust, pour conserver la fraîcheur de sa jeunesse. Un régal !

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Les très bonnes surprises :

Catégorie BD :

  • Les mystères du monde quantique de Thibault Damour et Mathieu Burrast
  • Dead dead demon’s dededede destruction Tomes 1 à 3 d’Inio Asano

Catégorie livres :

  • La désobéissance civile d’Henry David Thoreau
  • A voté d’Isaac Asimov
  • World War Z de Max Brooks

Catégorie audiolivre ou adaptation radio :

  • Alien : Out of Shadows de Tim Lebbon (adaptation Audiolib)
  • Debout les morts de Fred Vargas (adaptation France Culture)

Catégorie films :

  • Kiki la petite sorcière d’Hayao Miyazaki

Les bonnes découvertes :

Catégorie expositions :

  • Joann Sfar – Salvador Dali, une seconde avant l’éveil à l’Espace Dali

Catégorie films :

  • Yojimbo d’Akira Kurosawa
  • Blow up de Michelangelo Antonioni
  • Cris et chuchotements d’Ingrid Bergman
  • Les figures de l’ombre de Théodore Melfi
  • The lost city of Z de James Gray

Catégorie livres :

  • L’homme à l’envers de Fred Vargas
  • Les portes du néant de Samar Yazbek
  • Rouge armé de Maxime Gillo

Catégorie théâtre :

  • Alimentation générale de Denis Baronnet et Ronan Yvon mise en scène par Frédéric Thibault, au Théâtre du Bélier

Les mauvais élèves :

Catégorie BD :

  • Last hero Inuyashiki tomes 1 et 2 de Hiroya Oku

Catégorie films :

  • Logan de James Mangold
  • Les gardiens de la galaxie 2 de James Gunn

Catégorie expositions :

  • Jardins au Grand Palais

Chroniqués ces mois-ci :

Bilan culture de Janvier 2017

Bonne année du Coq de Feu ! Je ne sais pas si vous avez jeté un œil sur les horoscopes relatifs à cette nouvelle année du calendrier asiatique, mais il semble que 2017 soit vouée à être de bon augure. C’est en tout cas tous mes vœux que je vous adresse !

Comme annoncé dans un de mes bilans annuels de l’année 2016, j’ai décidé de changer un peu de formule pour le bilan mensuel. L’année dernière, j’ai complètement laissé de côté le cinéma, me concentrant uniquement sur un bilan mensuel littéraire. En 2017, j’aimerais faire revenir un peu plus le 7e art sur le devant du blog.

De fait, je vais reprendre de l’idée de mon « Monthly Best Of Books », sauf que le Top 3 concernera dorénavant les trois découvertes culturelles que j’aurais préférées au cours du mois. Et quand je parle de culture, c’est autant pour évoquer les livres, les bandes dessinées de toutes sortes, les films mais aussi pour y inclure les pièces de théâtre et les expositions – ces deux dernières catégories étant un challenge personnel que je souhaite me fixer en 2017 pour diversifier un peu plus le blog !

Sans plus tarder, attaquons donc le premier bilan culturel de 2017…


The Monthly Best Of Culture
Janvier 2017

Autant dire que cette année commence définitivement bien, mais que, sans surprise, mes coups de cœur sont essentiellement des livres, dont deux sont des essais que je vous recommande vivement.

#1 – Watership Down de Richard Adams (10/10)
Catégorie : Roman
Qui aurait cru qu’une histoire jeunesse autour de lapins allait autant me plaire ? Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une simple épopée, le roman est un OVNI littéraire inclassable, mais brillantissime, qui m’a clairement donné envie d’explorer un peu plus la bibliographie de cet auteur anglais !
>>> Lire ma chronique

#2 – Une lutte sans trêve d’Angéla Davis (10/10)
Catégorie : Essai
C’est difficile de résumer ce recueil de discours prononcés par Angéla Davis. C’est le deuxième recueil que je lis de ses interventions, et je suis encore une fois étonnée de toutes les questions qu’elle m’inspire sur notre société. J’aime tout particulièrement ses pistes de réflexion sur le système pénitentiaire, sur son appel à continuer les luttes, pour la liberté et l’égalité, la paix sociale et internationale. Elle montre à travers ces textes l’importance d’envisager l’intersectionnalité de ces dernières. Encore une fois, ce fut passionnant et enrichissant. Je recommande vivement.

#3 – En quête de L’Etranger d’Alice Kaplan (9/10)
Catégorie : Biographie
S’il s’agit d’une biographie, Alice Kaplan nous propose cette fois de découvrir la biographie du chef d’œuvre d’Albert Camus. On ne découvre ainsi pas seulement la vie de l’auteur, à travers les reflets que l’œuvre projette de lui, mais plutôt comment l’auteur, de par sa vie, ses expériences, ses réflexions, en est venu à écrire L’Etranger. Quelle est le processus de création qui a mené à la publication d’un monument littéraire ? Et une fois le livre terminé, comment a-t-il réussi à passer toutes les épreuves de la censure pour être publiée en pleine Occupation ? Comment a-t-il été reçu non seulement en France, mais également à L’Etranger ? Existe-t-il une grille de lecture unique et universelle d’une œuvre ? C’est un travail passionnant, écrit avec habilité et fluidité, et extrêmement bien documenté.

Les bonnes surprises :

Catégorie films :

  • Tout en haut du monde de Rémi Chayé (8/10)
  • Premier contact de Denis Villeneuve (8/10)

Catégorie livres :

  • Tropique de la violence de Nathacha Appanah (7/10)

Catégorie BD :

  • Le retour de la bondrée d’Aimee De Jongh (7/10)
  • Shangri-La de Mathiau Bablet (7/10) >>> Lire ma chronique

Les bonnes découvertes :

Catégorie films :

Les mauvais élèves :

Catégorie théâtre :

  • Vie et mort de H, Pique-assiette et souffre-douleur de Hanokh Levin, mise en scène de Clément Poirée, au Théâtre de la Tempête (5/10)

Catégorie films :

  • The Survivalist de Stephen Fingleton (4/10).

Chroniqués ce mois-ci :


Autres articles publiés :

Bilan Films de 2016

Bilan Livres et BD de 2016

 

#1| Le cas « Harry Potter and the cursed child » de John Tiffany et Jack Thorne

 

En préambule

Nouvelle rubrique du blog : « Le cas XXX » est un type d’article où la chronique sort de son cadre ordinaire de simple avis sur une oeuvre. C’est l’occasion pour moi de revenir plus ou moins brièvement sur un sujet en lien avec l’oeuvre et ce qui l’entoure, voir des sujets dont elle traite. Ce seront des articles toujours un peu plus longs qu’une chronique ordinaire, car j’aborde d’une part le sujet qui m’a interpellé avant de glisser comme toujours la chronique de l’oeuvre en tant que telle. Il est possible que je traite du même sujet sur plusieurs séries d’articles, une façon pour moi de mieux développer le sujet à travers des exemples (oeuvres) et des angles variés. Je mettrai en fin de chronique un rappel des autres articles parlant du même sujet.


harry-potter-and-the-cursed-child

Harry Potter and the cursed child
D’après un scénario et l’œuvre de J.K. Rowling
Ecrit par John Tiffany et Jack Thorne
Publié aux éditions Little Brown2016
Théâtre, Fantastique
17,98€, Grand Format/Hardback

Résumé :

« L’action de la pièce se déroule dix-neuf ans après les évènements du livre Harry Potter et les Reliques de la Mort et suit les aventures d’Harry Potter, désormais employé au Ministère de la Magie, et de son plus jeune fils, Albus Severus Potter. »


La pièce de théâtre « Harry Potter and the cursed child » aura fait beaucoup parlé d’elle. La promotion dont elle a joui a réveillé tous les (vieux et jeunes) fans. Le projet fait rêver : mettre en scène la magie de Poudlard sur un plateau de théâtre, face aux spectateurs, quelle belle invitation dans l’imaginaire de J.K. Rowling.

Ce billet va probablement être assez long mais je tenais à prendre le temps de vous expliquer toutes les raisons pour lesquelles j’étais divisée face à ce projet. Finalement la curiosité l’a emporté.

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Festival OFF – Avignon 2016 | Entourloupes, Ecole du Spectateur

Photo ©Cécile Dureux

Photo ©Cécile Dureux

Après vous avoir parlé de la pièce « Le Jardinier », il me semble tout naturel de vous évoquer une autre pièce jeunesse, pour ceux/celles qui ont des enfants ou ceux/celles qui, comme moi, ont conservé intacte leur âme d’enfants. J’aime assez partir à la découverte d’autres pays et quel merveilleux moyen que de le faire à travers leurs contes.

« Entourloupes » met en scène trois contes – un yiddish, un tzigane et un conte d’Andersen – joués par deux acteurs et accompagnés d’un musicien. Trois courtes pièces, donc, jouées avec un plaisir partagé par le public, tant les acteurs sont drôles, légers et très généreux sur scène. Difficile de ne pas trop en dire sans  spoiler ! En tout cas, c’est le spectacle où je me suis peut-être le plus amusée – et oui !

Ainsi, vous aurez l’occasion de découvrir – ou de redécouvrir – les contes « Le Roi des Avares », « St Georges » et « Le Petit Claus et le Grand Claus » accompagné de musique et de chants oubliés, une mise en scène légère mais efficace, sur un décor fait maison qui s’adapte n’importe où. Que le spectacle ait lieu au sein d’un chapiteau rajoute au charme et à l’ambiance.

C’est frais, c’est léger, c’est efficace. C’est très fort en sympathie et beaucoup en plaisir gourmand.


entourloupes

Interprète(s) : Agnieszka Kolosowska-Bihel, Christophe Bihel, Jérémy Ravoux
Mise en scène : Christophe Bihel
Création musique & lumière : Jérémy Ravoux
Régie lumière : Alizée Barnoud
Administration / Diffusion : Dominique Terramorsi


Résumé :

Une petite forme familiale, un conte de tradition yiddish, un conte tzigane et un conte d’Andersen, des chants un peu oubliés, des objets qui vont volent et viennent, des trappes, des rideaux… Bref, un théâtre miniature ambulant venu de loin, on ne sait pas exactement d’où, mais de quelque part par là… Certainement.


Informations pratiques :

Ecole du spectateur (Ecole Persil-Pouzaraque)
1H, 14h15
Du 12 au 30 juillet
Relâche les 18, 25 juillet
Tarif : 10€, Abonnés OFF : 7€, Enfants -10 ans : 5€
A partir de 6 ans


Liens :

Informations & réservations : Site du Festival OFF
Site de la compagnie Le Petit Théâtre Dakôté


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Festival OFF – Avignon 2016 | Le Jardinier, Espace Roseau Teinturiers

Le JardinierDécouverte qui fut née d’un retard bienheureux, Le Jardinier a été la bouffée de fraîcheur de mon festival. Voici ce que vous offre cette pièce :  un énorme sourire de ceux qui auront été réconfortés pendant une heure. Terme étonnant mais non moins sincère : j’en suis sortie bercée par des souvenirs doux et familiers, que je n’ai pas pourtant pas vécus.

Difficile de décrire la pièce comme un « seul sur scène », puisque nous y avons vu évoluer au moins deux personnages, et par intermittence trois, voire quatre, autour de cette roue des saisons sur laquelle notre imagination n’a aucun mal à visualiser le berceau d’un jardin passé en devenir. Joe a bien du mal à accepter l’arrivée de sa petite sœur, petite chose encombrante qui ne fait que crier et accaparer l’attention de ses parents, lui laissant l’impression d’être de trop. Une sensation que partage bien l’oncle Harry, passionné de jardinage et dont la mémoire fait souvent défaut.

Histoire de petit prince et de renards, où il est question de transmission, de liens familiaux, d’apprentissage, c’est un moment de pure tendresse. La pièce de théâtre bénéficie d’une histoire touchante, bien sûr, finement découpée et rythmée au fil des anecdotes, des jours comme des saisons ; d’un très bon acteur, capable non seulement d’interpréter les différents rôles mais aussi de les faire jouer dans et par le décor ou objets (des bottes en caoutchouc, deux chapeaux, les ustensiles de jardinage, le tout posé sur un plateau en forme de roue amovible et modulable à l’envie) ; des artifices simples pour mettre l’ambiance (comme ce seau rempli qui déverse la pluie sur le parapluie où s’abritent l’oncle et le neveu au soleil tombant) ; et une mise en scène délicate, poétique :  une invitation ouverte au spectateur de s’émerveiller comme de s’attendrir,  et qui ne tombe jamais dans le pathos ou dans une nostalgie déprimante.

Une ode à la vie, une brise printanière, une pause de douceur au sein du festival. Pour ma part, un coup de cœur.

Bande d’annonce :


le jardinier afficheInterprète(s) : Brice Coupey
Metteuse en scène : Agnès Renaud
Régisseur : Jérémy Pichereau
Administratrice : Taraneh Zolfaghari
Production et diffusion : Anne-Lyse Wattier (06.50.39.58.73)
Conventionnée par : DRAC Nord Pas de Calais – Picardie
Et : Conseil régional des Hauts-de-France
Subventionnée par : Conseil départemental de l’Aisne
Résidences : MAL de Laon (02) et La Lanterne à Rambouillet (78)


Résumé :

Dans la vie, il y a des rencontres qui nous changent et nous aident à nous construire.

Telle celle entre Joe et Harry : l’un dans l’apprentissage de la vie, l’autre dans l’acceptation de la vieillesse.

Joe et Harry : deux regards, deux mondes, deux solitudes, et l’histoire d’une amitié forte qui se noue au rythme des saisons.

En réunissant ces deux-là, qui s’apprivoisent par le regard, les mots, les gestes, les silences, Mike Kenny questionne notre façon d’être au monde ; il s’interroge sur la trace et la mémoire : que laisse-t-on à ceux qui nous suivent ? Quelle place accorde-t-on à nos aînés dans l’espace public ? Et, au final, qu’est-ce qui compte le plus dans une vie ?


Informations pratiques :

Espace Roseau Teinturiers
55 minutes, à 14h45
Du 6 au 30 Juillet 2016
Relâche les 13 et 20 Juillet
Tarif : 15€, Abonnés OFF : 10€, Enfants : 7,5€
A partir de 7 ans


Liens :

Informations & réservations : Site du Festival OFF | Site de l’Espace Roseau Teinturiers

Site de la compagnie L’Esprit de la Forge


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Festival OFF – Avignon 2016 | La Religieuse, Théâtre du Chêne Noir

chene noir la religieuseComme chaque année depuis trois ans, mon Festival  OFF en Avignon commence au Théâtre du Chêne Noir. Après La Chute d’Albert Camus et Alice d’après le roman de Llewis Caroll, adapté par le collectif 8, j’ai  encore une fois eu très envie de faire de cette première journée un succès théâtral.

Résultat : je suis conquise. Par la programmation du Théâtre du Chêne Noir,  par mon choix de premier spectacle au festival, et par le collectif 8.

Cette année, c’est un texte difficile, humaniste et actuel, que le collectif a choisi d’adapter. La Religieuse d’après le texte de Diderot n’était pas un choix évident, et j’avoue avoir hésité à le placer en première ligne pour le festival. Mais ayant confiance en la qualité que j’y trouverai, je me suis finalement lancée. Et pour quel plaisir.

Un des charmes du  Collectif 8 est ce rapprochement entre cinéma et théâtre, autant dans le décors que  dans la mise en scène ou le choix et l’utilisation de la musique. Un décors d’ailleurs simple mais efficace : des portes de cellules de part et d’autre d’une cellule au centre amovible. Un lieu confiné, étroit, sombre, glacial, qui nous plonge dans l’ambiance du récit. Les projections sur l’ensemble du lieu, qui complètent et se mélangent au décors aussi bien qu’aux personnages, sont de natures multiples. De la  mise en abyme des lieux (une église, des couloirs obscurs…)  aux montages vidéos en ouverture/fermeture ou à des moments clés, tout sert à nous plonger dans l’atmosphère, emphase de l’horreur vécue.

Il me faut également souligner les excellentes actrices : Gaële Boghossian (qui avait d’ailleurs été sublime dans Alice) et Noémie Bianco, deux voix puissantes, deux présences incroyables sur scène. Si la narration de Gaële Boghossian est un peu en-deçà de ce qu’elle offre dans ses interprétations de personnages, son jeu de narratrice se révèle par la suite  avisé : elle évite en effet toute sur-dramatisation qui aurait alourdi et desservi le texte. Le sourire toujours rivé sur son visage glisse tout le mordant de l’ironie, de l’absurdité, et dénonce par contraste l’horreur. Noémie Bianco n’est pas en reste : toute en justesse et sans jamais perdre pied. Bravo aux actrices, quel talent.

Et puis, il y a évidemment le texte, incroyable et terriblement d’actualité, qui dénonce l’inhumanité de l’intégrisme religieux. L’isolation et l’enfermement au sein d’une communauté étroite et refermée sur elle-même, et  par conséquence, la perversion de l’âme, où conduit l’endoctrinement imposé à l’être.

En peu de mots : une véritable découverte pour ma part et un vrai régal de théâtre. A découvrir.

Bande d’annonce :


La religieuseInterprète(s) : Noémie Bianco, Gaële Boghossian
Metteur en scène : Paulo Correia
Compositeur : Clément Althaus
Costumes : Gaële Boghossian / Romain Fazi
Scénographie : Collectif 8 / Divine Quincaillerie
Chorégraphe : Michaël Allibert
Chargée de production : Vanessa Anheim
Assistante régie : Samuele Dumas
Stagiaire communication : Elisabeth Mory-Lund
Stagiaire : Joy Serradell


Résumé : 

A travers cet émouvant plaidoyer humaniste, Collectif 8 propose une vision d’actualité sur l’endoctrinement, le maintien dans l’ignorance et la dissolution de l’individu dans la communauté. Dans un hymne d’espoir et de liberté, deux comédiennes incarnent Suzanne Simonin, à la fois interprète et observatrice, accusée et avocate, faisant renaitre les fantômes, vierges folles et monstres, de ces vies arrachées, vrillées, emmurées.

Le théâtre est envisagé comme tribunal de l’humanité, le spectateur y est convoqué, questionné, pris à parti.

Entre réalité et fantasme, la création vidéo et musicale nous immerge dans un monde d’hallucinations, de symboles et d’obsessions et porte l’imaginaire aux confins de notre perception.


Informations pratiques :

Théâtre du Chêne Noir, Salle John Coltrane
Du 6 au 30 Juillet 2016
Relâche le 11, 18, 25 Juillet
1h25


Liens :

Informations & réservations : Site du Chêne Noir |  Site du Festival Off

Le site du Collectif 8


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3 pièces de théâtre coups de coeur

Peut-être est-ce parce que l’été vient de sonner à la porte.

Peut-être est-ce parce que la période festivalière de théâtre s’annonce pour bientôt sous un soleil chaud sans doute déjà bien présent entre les murs pâles d’Avignon.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de théâtre. Continue Reading

TOP 10 – Les meilleurs livres lus en 2014

TOP 10 livres

Alors que le Janvier continue à dérouler ses jours, il est encore temps de poursuivre nos bilans. Aujourd’hui, je vous propose de se plonger dans les lectures de 2014 et d’en tirer ni plus ni moins un petit Top 10. Cette année, en excluant tout type de bédés, j’ai lu 39 romans et pièces de théâtre avec seulement 6 avis mitigés et une seule vraie déception. Du coup, on peut dire que c’était une belle année !

Comme pour les films, je n’ai pas eu le temps de tous les chroniquer (17) mais néanmoins je me suis quand tenue à donner un avis pour tous lors de mes bilans mensuels (ce qui me pousse à vouloir en créer un pour les films également !). Du coup, vous retrouverez toutes les traces écrites des livres que je vais citer !

En rédigeant ce billet, je me suis rendue compte qu’il y avait quand même beaucoup de pièces de théâtre dans ce Top 10, et beaucoup d’œuvres classiques aussi. Ce n’est pas tant que je juge qu’une œuvre actuelle ne peut remporter les premières places, c’est tout simplement parce que cette année, j’ai consacré les premiers mois à lire énormément de classique, et que j’ai joué de beaucoup de chance en faisant une sélection qui me plairait à coup sûr. Pour ce qui est du théâtre, cela vient surtout de ma passion pour cet art ; non seulement parce que les interprétations ont toujours été pour moi une occasion en or de me laisser porter par l’oralité des textes – surtout quand ils sont bien interprétés – mais aussi parce que l’exercice de style que le format théâtral impose offre un panel de textes uniques dont la brièveté pousse les auteurs à chercher une intensité qui se retrouve difficilement dans un roman, du moins pas de la même manière…

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Lecture | Mois de Novembre 2014

novembreBonjour à tous !

Voilà huit jours que Novembre est terminé et je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir quitté le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse… Je sens encore l’exaltation du moment et le plaisir des perspectives de mes prochaines lectures. Peut-être aussi n’ai-je qu’à moitié envie de me plonger dans la voie rapide qu’est toutes les années le mois de Décembre.

Mais, venons-en donc au fait : c’est l’heure du bilan de lecture et si j’ai eu de très, très belles découvertes en termes de bédés, je dois dire que ça n’a pas vraiment été le cas pour les romans.

Au menu :

  • The Maze Runner, T2 « The Scorch Trial » (L’épreuve, T2 « La terre brûlée ») de James DASHNER – 5/10 – ma chronique
  • Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique POULAIN – 8/10ma chronique
  • Peter and Wendy de James Matthew BARRIE – 6/10
  • Le Complexe d’Eden Bellwether de Benjamin WOOD – 5/10ma chronique
  • La Machine Infernale de Jean COCTEAU– 7/10
  • La mort dans l’âme d’Isaac WENS et de Sylvain RICARD – 6/10
  • Blacksad, T2 « Arctic-Nation » de Juanjo GUARNIDO et Juan Diaz CANALES – 9/10ma chronique
  • La Marche du Crabe d’Arthur de Pins – 4/10
  • Daytripper, au jour le jour de Gabriel BA et Fabio MOON – 9/10
  • Amorostasia de Cyril BONIN – 7/10
  • Jane, le renard et moi d’Isabelle ARSENAULT et Fanny BRITT – 8/10
  • La balade de Yaya, T8 : Le retour de Jean-Marie OMONT et de Zhao GOLO – 6/10
  • Family Man de Pillwong JUNG – 8/10  – ma chronique

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Livres | In My Mailbox #7 – Novembre 2014

NOVEMBRE

Et voilà, l’heure fatidique de vous montrer mes achats de Novembre est arrivée! Ce mois-ci, beaucoup de nouveautés, mais la plupart viennent soit de chez mes vieux, soit sont d’occasions de chez Book Off. J’aurais pu de fait rester raisonnable, mais le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse est arrivé et je me suis fait très, très plaisir ! Continue Reading