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B I L A N | 2 0 1 8

B I L A N | 2 0 1 8

B O N N E – A N N E E – 2 0 1 9 !

2018 EN BLOG

Comme chaque année, il est temps de dresser le bilan de 2018 et je dois admettre qu’il n’y a pas grand-chose à en dire. Cette année n’a pas été très épanouissante pour diverses raisons et l’inspiration en a pris un sacré coût. Je n’avais plus vraiment le cœur à écrire, je ne trouvais pas grand chose à dire de mes découvertes.

En cours d’année, j’ai arrêté de culpabiliser de ma démotivation ; tant pis pour les bilans mensuels que je n’arrivais plus vraiment à tenir ; tant pis pour toutes ces œuvres qui auraient sans doute mérité d’être partagées.

Ce n’est que partie remise ! Car je compte bien être plus prolifique en 2019.

2018 EN CULTURE

Culturellement, 2018 n’a pas non plus été aussi faste et réjouissante que les années précédentes, même si j’ai en réalité fait de bonnes découvertes dans l’ensemble. Je crois simplement que je suis restée très sage et n’ai pas cherché à sortir de mes sentiers battus.

  • J’ai découvert 109 œuvres tout type confondu dont 66% de bonnes découvertes voire de très bonnes surprises.
  • Avec 42 livres découverts, je n’ai pas réussi mon challenge Goodreads cette année, qui était à 60 livres lus en 2018.
    • 1 seul coup de coeur
    • 8 bonnes surprises
    • 17 bonnes découvertes
    • 12 découvertes
    • 2 mitigés
    • 1 seul mauvais élève
  • J’ai vu encore moins de films cette année, seulement 38 ce qui est très peu. Par contre, beaucoup font partie du TOP 10 de 2018, en particulier grâce aux 3 films de Hirokazu Kore-Eda que j’ai vus et qui méritent amplement leur place dans ce top.
    • 1 seul coup de coeur
    • 15 bonnes surprises
    • 6 bonnes découvertes
    • 3 découvertes
    • 4 mitigés
    • 9 mauvais élèves
  • Cette année, je distingue également les documentaires du cinéma dans mes bilans, ça a plus de sens, même si en 2018, je n’en ai découverts que 2.
  • Seulement 14 œuvres dessinées lues (sans compter les tomes des intégrales, par contre), c’est vraiment très peu et ça me manque terriblement.
    • 8 bonnes surprises
    • 2 bonnes découvertes
    • 3 découvertes
    • 1 mitigé
  • 5 saisons de série terminées cette année.
    • 2 bonnes surprises
    • 1 mitigé
    • 2 mauvais élèves
  • Nouveau sur le blog, les jeux vidéo. Je rajoute cette catégorie, bien que je ne sais pas encore si je publierai de chroniques (car je m’y connais très mal). Seulement, c’est un média que l’on connait assez peu en tant qu’œuvres culturelles et je le trouve assez mésestimé alors qu’il y a des perles d’un point de vue artistique, réalisation, scénaristique… A réfléchir pour 2019 ?
    • 1 bonne surprise
    • 5 bonnes découvertes
    • 2 découvertes

2018 EN TOP

Les œuvres ci-dessous ne sont pas classées par ordre de préférence.

Maborosi de Hirokazu Kore-Eda
Maborosi de Hirokazu Kore-Eda
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda
The Third Murder de Hirokazu Kore-Eda
The Third Murder de Hirokazu Kore-Eda
Lucky de John Carrol Lynch
Lucky de John Carrol Lynch
Amour de Michael Haneke
Amour de Michael Haneke
L'île aux chiens de Wes Anderson
L’île aux chiens de Wes Anderson
Une pluie sans fin de Dong Yue
Une pluie sans fin de Dong Yue
Salina les trois exils de Laurent Gaudé
Salina les trois exils de Laurent Gaudé
Soufi mon amour d'Elif Shafak
Soufi mon amour d’Elif Shafak
Billy Bat de Naoki Urasawa
Billy Bat de Naoki Urasawa

2018 EN FLOP

Ready Player One de Steven Spielberg
Ready Player One de Steven Spielberg
Real de Kiyoshi Kurosawa
Real de Kiyoshi Kurosawa
Les gendarmes à New York de Jean Girault
Les gendarmes à New York de Jean Girault
Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi
Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi
Black Panther de Ryan Coogler
Black Panther de Ryan Coogler
Red Sparrow de Francis Lawrence
Red Sparrow de Francis Lawrence
Psychokinesis de Yeon Sang-Ho
Psychokinesis de Yeon Sang-Ho
Outlaw King : le roi hors la loi de David Mackenzie
Outlaw King : le roi hors la loi de David Mackenzie
Sneaky Pete S1 et S2 de Bryan Cranston & David Shore
Sneaky Pete S1 et S2 de Bryan Cranston & David Shore
Ruby Red, t1 de Kerstin Gier
Ruby Red, t1 de Kerstin Gier

2018 EN CHRONIQUES

QUELQUES MOTS SUR 2019

J’ai envie de revenir un peu plus sur le blog et republier des chroniques. Me concentrer sur les œuvres non pas comme objets de distraction (ou pire de consommation) mais comme enrichissement continu de ma culture en prenant le temps de les analyser un peu mieux. Et puis, écrire à nouveau et régulièrement.

Je réitère l’objectif de 60 livres lus en 2019 sur Goodreads, même si ne pas l’atteindre n’est pas si grave. L’idée est de me pousser à découvrir toujours d’avantage. De la même façon, j’aimerais voir au moins autant de films et découvrir 30 bandes dessinées (de tout horizon). Globalement diminuer ma PAL et PAV.

Je vais également essayer de participer au #Feminibookchallenge créé par Opalyne qui propose de découvrir de nouvelles autrices et des lectures autour du féminisme, sujet qui m’interpelle beaucoup. Je ne suis pas très disciplinée en lectures, aussi je ne sais pas si je réussirai à suivre tous les mois et catégories bonus. En revanche, cela me plairait d’essayer de faire des découvertes en ce sens!

Je vais arrêter ce long bilan sur ces quelques objectifs pour 2019. J’espère que vous avez passé une bonne année 2018 et que 2019 sera encore meilleure. A très bientôt sur White Pages !

Ti-Harnog (Le Cycle de Lanmeur, T1 : Les Contacteurs) de Christian Léourier

Ti-Harnog (Le Cycle de Lanmeur, T1 : Les Contacteurs) de Christian Léourier

Le-cycle-de-lanmeur-1

Le cycle de Lanmeur, tome 1 : Les Contacteurs
1er roman : Ti-Harnog
Ecrit par Christian Léourier
Publié par Folio SF
Science Fiction


LES BONNES DECOUVERTES!


Les habitants de la planète Lanmeur ne sont plus les seuls êtres humains à exister dans l’Univers ! En accédant au voyage spatial, ils s’aperçoivent en effet que d’autres planètes abritent des êtres qui leur ressemblent en tout point et décident de partir à leur rencontre. Pour cela, ils créent un programme et entraînent dès leur plus jeune âge une élite à devenir des « Contacteurs ». Autrement dit, des missionnaires chargés d’infiltrer discrètement les populations des planètes et de les observer, d’intégrer leurs codes, leurs langages, leurs cultures, et tout ce qui fait le fondement de leur société.

Le premier roman du cycle, Ti-Harnog, est ainsi de la science fiction qui s’intéresse à des thèmes qui n’ont aucun attachement particulier avec l’avenir de l’être humain ou de notre société, mais plutôt développe une réflexion moderne sur l’ethnologie, sans se limiter à ce domaine. La question se pose sur la réalité de l’objectivité d’un observateur et sur sa capacité à rester parfaitement neutre à cet environnement dans lequel il est plongé. De même, comme un corps étranger venant soudain heurter la surface d’une étendue d’eau, son introduction brutale dans la société de cette planète peut-elle vraiment se faire sans remous ? N’est-il pas forcé, à un moment donné ou à un autre, de se sentir impliqué, humainement, émotionnellement, voire complètement assimilé à la société dans laquelle il doit s’introduire et s’adapter ?

Si les proportions prennent dans le scénario une ampleur disproportionnée, il y a derrière la nécessité de divertir une réelle mise en abyme de ces questions. L’auteur évoque notamment toute la complexité des éléments à prendre en compte pour y répondre. Car il faut de fait définir ce qui fait les fondements d’une société et sa culture. Les paramètres sont en effet très nombreux et pas forcément objectivables puisque les humains ont depuis toujours introduit dans leur psychisme des éléments qui ne sont pas purement factuels. On peut considérer par exemple la religion, les mythes, la spiritualité, l’argent…

Dans le cas de Ti-Harnog, cela vient d’une légende, que les conteurs répandent depuis des siècles. Cette légende évoque l’arrivée future d’un être qui est à la fois à l’origine de leur monde et annonciateur de sa fin. Il faut savoir que dans cette planète, chaque personne appartient à une caste dont les fonctions sont définies et auxquelles ils ne peuvent en aucun cas déroger. Ainsi, celle des conteurs est de divertir les hôtes qui les accueillent tout en ne pouvant réciter que des histoires vraies à travers leurs chants.

Dans un tel contexte, où la population est convaincue de la véridicité de cette légende, l’arrivée soudaine d’un étranger, sans caste, sans souvenir, sans aucune connaissance de leur monde, a entraîné une succession de légères perturbations qui a eu un effet boule de neige, difficilement anticipable et auquel le contacteur n’a pas eu d’autre choix de participer puisque son existence même au cœur de ces événements.

L’habileté de Christian Léourier est d’avoir justement su mettre un univers dense et complexe en place dans un roman qui fait moins de 300 pages sans s’appesantir de trop de descriptions. Il n’est cependant pas simple de s’introduire au roman du fait des nombreux codes de cette société qu’il faut rapidement assimiler – comme si nous étions nous aussi des contacteurs.

Ainsi, Ti-Harnog m’a intriguée. J’ai aimé ce savant mélange de divertissement et de réflexion. L’auteur y glisse également de bons indices sur ce que les autres récits peuvent contenir. Notamment, derrière ses missions d’ethnologie, la planète Lanmeur serait en réalité animée de motivation bien moins louables que de simplement développer ses connaissances de l’Espace et ses habitants : un désir expansionniste et colonialiste. Un thème dans la continuité de ceux de ce roman qui me donne bien envie de poursuivre. Et vous ?

Résumé : « Quand les hommes de la planète Lanmeur accèdent au voyage spatial, ils ont la surprise de découvrir que d’autres humanités s’épanouissent dans l’univers. Un hasard? Peut-être pas. Lanmeur lance alors l’idée du Rassemblement et envoie des contacteurs sur ces mondes plus ou moins avancés, avec pour mission de les intégrer à sa propre civilisation. Mais quel projet se cache derrière ces sociétés si différentes? Qui sont les Rêveurs de l’Irgendwo, auxquels Lanmeur devra tôt ou tard se confronter?« 

Salina, les trois exils de Laurent Gaudé

Salina, les trois exils de Laurent Gaudé

Salina, les trois exils
Écrit par Laurent Gaudé
Publié aux éditions Actes Sud
Publié en Octobre 2018
Conte contemporain


LES COUPS DE COEUR!


Je ne pense pas vous avoir déjà parlé de ma lecture du roman Pour seul cortège, il y a de cela un an ou deux. J’avais pourtant gardé en mémoire la beauté du texte et la voix de Guillaume Gallienne, qui me l’avait fait découvrir et je n’avais qu’une idée : en lire d’avantage. (En aparté, je ne saurais que trop vous recommander de découvrir l’émission Ca ne peut pas faire de mal qui est une mine d’or de découvertes littéraires en tout genres.) Il faut le lire ou l’entendre pour comprendre à quel point la plume de cet auteur porte sa propre voix, sa tonalité, sa musique, son lyrisme, qui sied merveilleusement aux destins peu ordinaires comme celui d’Alexandre Le Grand. Ou celui de Salina, la femme aux trois exils, aux trois enfants, rêvant d’amour et condamnée à la vengeance.

Me voilà donc à lire Salina, les trois exils récemment publié aux éditions Actes Sud, et c’est lecoup de cœur de cette rentrée littéraire. Pour les mêmes raisons que pour le récit sur Alexandre Le Grand : en parlant de la plume de Laurent Gaudé, on évoque tout de ses qualités et c’est la force même de son talent.

Extrait

Il écoutait tout, avec avidité, sidéré qu’il puisse y avoir tant de mots dans cette femme. Que sa mère qui ne vivait rien d’autre que ces journées longues passées à ses côtés, ces journées de marche, de campement, de survie, ait pu avoir une vie si pleine de blessures et de fracas. Il a cru parfois qu’elle inventait, mais ce sentiment a vite disparu. Elle avait dans la voix des fêlures qui ne mentent pas, quelque chose en elle se brisait parfois.

Il y a peu d’auteurs qui maîtrisent à ce point son style, qui arrivent à créer un flux intense d’émotions à travers les mots, éveillent tous vos sens, vous font ressentir l’intensité de vie de ses personnages. J’ai vibré du destin de cette enfant devenue femme, abandonnée de tous, seule face à une destinée qu’on lui a extorqué par trois fois. Elle a enfanté dans la violence, et puis dans la haine, pour élever un enfant du pardon.

Tiré d’une pièce que l’auteur a lui-même écrit, Salina s’en sort merveilleusement à l’écrit. Car il suffit simplement d’élever la voix pour entendre tout du récit : la tragédie antique qui se joue ; le destin scellé d’une enfant abandonnée à un monde déshumanisé par la guerre, par l’envie, par la peur, par la violence et la domination, qui seule avec l’espoir d’amour et d’une vie heureuse, ne peut lutter contre les coups du sort ; le chant langoureux des dunes de l’Afrique et du Sahara, les brûlures du soleil en journée et le sable qui se colle à la peau, assèche le corps, menace de tout envahir ; l’intemporalité du récit et l’universalité des souffrances qu’il porte ; la voix de cet enfant du pardon qui, par l’amour retrouvé, tâchera de donner la voix qu’on a interdite à la mère.

Extrait

Ils sourient tous à l’évocation de ton nom parce qu’ils savent qu’ils n’ont plus rien à redouter de toi mais ils ont tort. Je sais, moi, qu’une guerre ne s’achève vraiment que lorsque le vainqueur accepte de perdre à son tour.

Laurent Gaudé parle ainsi de vengeance et de la façon dont l’héroïne – cette enfant venue de nulle part, promesse de malheurs, qui suscita crainte et haine par l’appréhension que cette inconnue inspire – va y répondre. Et cette interrogation : comment sort-on de ce cycle sans fin ? Pour citer l’auteur lui-même dans cette interview sur RTL, auquel l’extrait ci-dessus répond également : « par un geste inouï » et inattendu, venu d’un tiers auquel nul ne pouvait s’attendre. Magnifique leçon d’humanité.

Résumé : « Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende.
Renouant avec la veine mythique et archaïque de La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé écrit la geste douloureuse d’une héroïne lumineuse, puissante et sauvage, qui prit l’amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre. »

Voir l’interview de Laurent Gaudé dans l’émission La Grande Librairie :

Un dernier bilan pour 2017

Un dernier bilan pour 2017

(Pas de résolution cette année ; je suis déjà en retard pour mon bilan de 2017 !)

L’année dernière, j’ai fusionné tous les bilans mensuels que je faisais auparavant pour n’en faire plus qu’un seul « Monthly Best Of Culture ». Cela a permis de me simplifier la tâche en ne démultipliant plus les articles chaque fin de mois. Quand on regarde ma régularité, cela a été plutôt salvateur. Je vais donc en faire de même pour le bilan annuel !

Cette année, je vais faire un autre choix : c’en est fini des notes sur dix que j’attribuais jusqu’ici – hormis pour préparer, peut-être, des bilans comme celui-ci (qui seront, vous vous en doutez, rares). Je trouve de moins en moins de sens aux notes que j’attribue. Une notation, cela s’évalue au niveau de l’œuvre ou d’un type d’oeuvre ou d’une filmographie. L’éventail de comparaisons possibles est large mais il devrait surtout être réfléchi et argumenté. Dans un bilan cela se met en parallèle d’autres œuvres où la comparaison sera forcément sommaire, involontaire et dénuée de sens.

En miroir de ce que je fais dans mes bilans mensuels, le classement sera composé de :

  • « les coups de cœur »,
  • « les bonnes surprises »,
  • « les bonnes découvertes »,
  • « les découvertes »,
  • « les mitigés »,
  • « les mauvais élèves »,
  • et peut-être (le plus rarement possible) « les inclassables ».

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#RLN2017 : La Rentrée Littéraire du Net 2017 (du 10/08 au 15/10)

#RLN2017 : La Rentrée Littéraire du Net 2017 (du 10/08 au 15/10)

La Booktubeuse PikoBooks, dont je vous invite à découvrir sa chaîne ou son blog (elle est passionnante !), propose de s’approprier la rentrée littéraire afin de mettre en lumière d’autres auteurs ou d’autres maisons d’édition que ceux qu’on retrouve(ra) forcément dans tous les médias, et qui sont déjà bien connus et n’ont pas forcément besoin de plus de publicité.

Comme elle le rappelle, il ne s’agit pas de dire qu’ils le déméritent, mais tout simplement qu’ils ne sont pas les seuls !

Elle propose ainsi deux choses. La première, et c’est évident, c’est simplement de parler de sa rentrée littéraire : de son rapport avec cette période de l’année et des livres, des auteurs ou des maisons d’édition qu’on aime et dont un ou plusieurs titres prévus pour la rentrée littéraire nous ont fait de l’œil. La seconde, c’est un challenge : celui de parler de sa rentrée littéraire et de s’engager à lire au moins deux titres sortis entre août et octobre. Je vous invite à cliquer ici pour en savoir plus !

Quant à moi, je n’aurais pas le temps de faire le challenge (et puis, je m’y tiens jamais), aussi je vais me contenter de vous citer une dizaine de livres qui me tentent de cette rentrée littéraire. Et comme je suis toujours aussi bavarde, je ne citerai pour chaque livre que 3 ou 4 raisons qui me donnent envie de les lire ! A vous de vous montrer curieux en cliquant sur les titres pour aller lire les résumer directement sur le site des éditeurs.

Allez, c’est parti!

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En quête de l’Etranger – Alice Kaplan

En quête de l’Etranger – Alice Kaplan

En quête de l’Etranger (Looking for The Stranger)
Ecrit par Alice Kaplan
Traduit de l’anglais (US) par Patrick Hersant
Publié par les éditions Gallimard, 2016
Essai, Littérature, Biographie
336p, 15,99€ numérique/GF, Broché
Sur le site de l’éditeur


LES BONNES SURPRISES


4e de couverture :
« La lecture de L’Étranger tient du rite d’initiation. Partout dans le monde, elle accompagne le passage à l’âge adulte et la découverte des grandes questions de la vie. L’histoire de Meursault, cet homme dont le nom même évoque un saut dans la mort, n’est simple qu’en apparence, elle demeure aussi impénétrable aujourd’hui qu’elle l’était en 1942, avec ses images à la fois ordinaires et inoubliables : la vue qui s’offre depuis un balcon par un dimanche d’indolence, les gémissements d’un chien battu, la lumière qui se reflète sur la lame d’un couteau, une vue sur la mer à travers les barreaux d’une prison. Et ces quatre coups de feu tirés en illégitime défense.
Comment un jeune homme, qui n’a pas encore trente ans, a-t-il pu écrire dans un hôtel miteux de Montmartre un chef-d’œuvre qui, des décennies après, continue à captiver des millions de lecteurs?
Alice Kaplan raconte cette histoire d’une réussite inattendue d’un auteur désœuvré, gravement malade, en temps d’occupation ennemie. « J’ai bien vu à la façon dont je l’écrivais qu’il était tout tracé en moi. » Le lecteur repère les premiers signes annonciateurs du roman dans les carnets et la correspondance de Camus, traverse les années de son élaboration progressive, observe d’abord l’écrivain au travail, puis les mots sur la page, accompagne l’auteur mois après mois, comme par-dessus son épaule, pour entendre l’histoire du roman de son point de vue. En quête de L’Étranger n’est pas une interprétation de plus : c’est la vie du roman. »

Ce fut une des plus belles surprises du Grand Prix des Lectrices ELLE 2017. En quête de l’Etranger me serait sans doute passé sous le nez sans ce prix littéraire, du coup je remercie vraiment les équipes du magazine et les lectrices du jury qui l’ont présélectionné pour m’avoir donné l’opportunité de le découvrir. En quête de l’Etranger retrace la vie – de la création à sa publication et ses répercussions jusqu’à aujourd’hui – du chef d’œuvre d’Albert Camus L’Etranger. Alice Kaplan nous propose une approche originale, qui est de s’intéresser, non pas à la biographie de l’auteur, mais à celle de l’œuvre, qui y est bien sûr étroitement attachée.

Le scope de cette biographie est ainsi large, puisque, du processus de création à celui de la publication, il y est aussi question de sa diffusion dans le monde ; de sa réception dans le monde littéraire ou universitaire, en France comme à l’étranger ; des différentes traductions qui en ont été faites (comme par exemple, les deux titres anglo-saxons « The Outsider » et « The Strangers) ; de ses adaptations (par exemple le film réalisé par Luchino Visconti) ; et des influences qu’elle a eues (ainsi la chanson « Killing an arab » chanté par The Cure). Un tour d’horizons pluriel et enrichi d’extraits de correspondances, de critiques, d’articles de presse, etc..

L’approche de cet ouvrage est aisée, avec une familiarité du récit qui le rapproche d’une fiction et le rend très facile à lire. Le style est d’ailleurs plutôt accrocheur. Malgré tout, il y a quelques inégalités dans le traitement de certaines parties, plus superficielles. Notamment durant la Seconde Guerre Mondiale, où un peu de profondeur historique aurait pu être mieux apprécié qu’une description un peu sommaire du régime de Vichy, par exemple. Un contexte de l’édition dans cette époque où la censure et la propagande étaient de mise était un sujet évident, passionnant, mais qui aurait pu être encore plus finement approfondi.

En revanche, d’autres parties sont passionnantes. Par exemple, celles consacrées au travail d’Albert Camus comme journaliste, qui révèlent un peu plus sa personnalité, son humanisme, les sujets qui l’inspirent ou le révoltent, l’actualité dans laquelle il vivait et ses combats. Les échanges également sur son œuvre, lorsqu’il travaille sur L’Etranger, avec ses mentors notamment sont une partie intéressante, notamment parce qu’elles donnent de clés de l’évolution de l’oeuvre, de la façon dont elle a été conçue, des ambitions littéraires d’Albert Camus d’un point de vue du style.

Tout le travail de recherche d’Alice Kaplan et sa passion pour son sujet se ressentent dans l’œuvre et dans son écriture. Nul doute que son implication a fortement contribué au passionnant récit qu’elle nous propose de lire. La façon dont elle parvient à retranscrire à la fois la vie de l’auteur et les différents contextes historiques durant lesquels il a écrit L’Etranger met en exergue les questionnements qui sont posés dans le livre. Le premier, moteur de ce document : à quel moment précis naît une œuvre ? De quoi naît-il ? Mais aussi : comment se construit un chef d’œuvre ? comment est-il reçu en France ? à l’étranger ? Existe-t-il une grille de lecture unique et universelle ?

Puisqu’il s’intéresse avant tout à une œuvre, En quête de l’Etranger reste encore incomplet quant à la production littéraire et (d’avantage encore) philosophique d’Albert Camus, même si quelques pistes sont proposées. On aurait  également voulu que soit encore plus développée l’analyse de l’œuvre en elle-même et dans la bibliographie de l’auteur – et pas seulement sa genèse, sa portée ou les interprétations différentes qui en ont résulté. En quête de l’Etranger reste malgré tout un ouvrage passionnant, écrit avec habileté et fluidité, qui est très bien documenté. Alice Kaplan laisse d’ailleurs une bibliographie enrichie de commentaires et de nombreuses notes de bas de page, qui complète parfaitement son essai. A lire.


Extraits :

« Sa facilité d’écriture est illusoire, car l’attrait de L’Etranger est si puissant qu’il exige une concentration et des efforts constants qui s’avèrent éreintants. Jamais encore, dans sa vie de jeune écrivain, il n’a eu le sentiment qu’un livre était ainsi « tout tracé » en lui. Par rapport à ses autres livres écrits dans les années 1930 – L’Envers et l’Endroit, Noces et La Mort heureuse -, L’Etranger n’est pas un livre que Camus a écrit sur lui-même, mais un livre qu’il a trouvé en lui. Cette idée d’une oeuvre de fiction qui se trouverait à l’intérieur du créateur, attendant d’être découverte, est un élément clé du crédo moderniste en général et de la poétique de Camus en particulier. Proust, si différent de Camus à bien des égards, décrit cette même idée avec une grande clarté dans Le Temps retrouvé, quand il soutient qu’une oeuvre d’art n’est pas une expression de la vie de son auteur, mais quelque chose de plus profond qui attend d’être découvert : « Le livre aux caractères figurés, non tracés par nous, est notre seul livre. »« 

Extrait d’une correspondance d’Albert Camus à Jean Grenier : « Je n’ai pas tellement de choses pures dans ma vie. Écrire est une de celles-là. Mais en même temps, j’ai assez d’expérience pour comprendre qu’il vaut mieux être un bon bourgeois qu’un mauvais intellectuel ou un médiocre écrivain. » 1938

Petit Pays de Gaël Faye

Petit Pays de Gaël Faye

Petit Pays
Ecrit par Gaël Faye
Publié aux éditions Grasset, 2016
Roman, Burundi, Guerre Civile
18€ broché, 12,99€ en numérique
224p
Extrait disponible sur le site de l’éditeur


LES BONNES SURPRISES


Résumé :
« En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français… »

Je parlais précédemment du simili biopic qu’est Maintenant ou jamais de Joseph O’Connor, je vous présente à présent une simili autobiographie, quoi que très inspirée de l’enfance de l’auteur. Si Gabriel n’est pas tout à fait Gaël Faye, peut-être que son enfance lui ressemble assez pour expliquer une telle authenticité dans ce récit poignant et passionnant.

Il n’est pas facile d’écrire sur l’enfance, surtout avec une narration à la première personne, et quand on ne parle pas directement de soi-même. Il faut savoir éviter tous les écueils que risque un tel exercice. Il ne faut ni trop exacerber l’enfance ni être trop modeste. Un enfant n’est pas un enfant inventé par l’adulte, même quand il s’agit de soi-même. Le dilemme est similaire à celui qu’on peut ressentir quand on s’adresse à un enfant : il ne sert à rien de le prendre pour un idiot ou de s’attendre à ce qu’il comprenne tout, c’est-à-dire avec le prisme d’un adulte. Bref, il est important de trouver l’entre-deux pour rendre son personnage réel.

Gaël Faye n’est pas tombé dans le piège ; il a su l’éviter en n’inventant pas Gabriel, l’enfant, mais Gabriel, l’adulte qui se rappelle des épisodes de son enfance. Une astuce bien connue et utilisée, qui fait encore une fois ses preuves. Le narrateur revient sur une période charnière, que l’on comprend être un tournant capital de sa vie : le moment où sa jeunesse a chamboulé et où il a laissé son voile d’innocence pour finalement devenir un adolescent éveillé face à la réalité du monde qui l’entoure.

Ainsi, l’auteur a tout le loisir de raconter les souvenirs doux, chaleureux, de sa vie en famille, de sa bande d’amis qu’il croyait alors inséparables, de ses rêves d’enfants, de sa vision d’un monde à deux facettes. Car dès les premières pages, sa curiosité laisse entrevoir certaines fissures sociales qui présagent les événements qui vont frapper son pays, ses amis, sa famille et son quotidien. Et puis, il en vient aux mutations politiques, les premières élections, le coup d’état, la guerre civile, les massacres. Et la violence qui, soudain, le pousse à grandir.

A la fois français, tutsi, rwandais, natif du Burundi, Gabriel est un enfant du monde dans un pays qui se déchire. Le narrateur nous fait ressentir son désarroi face à la mutation brutale, incompréhensible, qui se produit dans son entourage et en lui-même. Le roman ne se divise pas vraiment en deux, quand bien même la différence est saisissante. L’auteur amène le changement de façon progressive et brutale, rendant sensible l’horreur de la guerre.

Gaël Faye nous offre ainsi un premier roman marquant, habile et prometteur. Son texte dévoile la sensibilité de sa plume, à la fois romanesque et terre à terre. Malgré les sujets graves, la lecture n’a pas été difficile ou lourde. Pas de dramatisation, ce qui est plutôt bienvenu, surtout quand la réalité parle d’elle-même. Petit Pays est à la fois une ode et une espérance, un témoignage fort et passionnant de l’Histoire, de celle qu’on (que je) connaît moins.

Joli texte qui a toute sa place dans les prix auxquels il concourt. Bonne chance.


Extraits :

« L’enfance m’a laissé des marques dont je ne sais que faire. Dans les bons jours, je me dis que c’est là que je puise ma force et ma sensibilité. Quand je suis au fond de ma bouteille vide, j’y vois la cause de mon inadaptation au monde. »

« Puis je revenais aussitôt m’enfoncer dans le bunker de mon imaginaire. Dans mon lit, au fond de mes histoires, je cherchais d’autres réels plus supportables, et les livres, mes amis, repeignaient mes journées de lumière. »

« Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. »

Deux Mille Quinze pour Deux Mille Seize

Deux Mille Quinze pour Deux Mille Seize

Et une nouvelle année s’achève,
B O N N E  A N N E E  2 0 1 6 !
nouvel an miyazaki

Avec la fin de 2015 commence une nouvelle vague de bilans : il est de fait temps d’évaluer tout ce qui s’est passé en un an.

D’une part, le blog a pas mal ralenti son rythme en 2015. Je n’ai pas seulement manqué de temps pour lire ou regarder des films, j’ai aussi connu de longues périodes de pannes.

Mais entamons donc ce bilan 2015 !

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The (not exactly the same) Liebster Award Tag

The (not exactly the same) Liebster Award Tag

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Ça fait un moment que je n’ai pas proposé de tags. Et voilà que courant Octobre, deux bloggeuses que j’apprécie me citent, et pour le même tag qui plus est !

Je vais cependant tricher un peu. Le tag est présenté comme l’occasion parfaite de mettre en avant des bloggeurs ou booktubeurs dont on apprécie le contenu qu’il propose. Néanmoins, je le trouve trop orienté sur soi-même, bizarrement. Le tag initial propose de citer onze faits sur soi, répondre à onze questions et en poser onze à onze personnes.

Mais voilà ce que je vous propose aujourd’hui pour ce tag :

1/ Présente 11 blogs / chaînes YT que tu adores
2/ Répond aux 11 questions posées (et pour moi, vingt-deux car deux fois taguée)
3/ Pose 11 questions (pour qui voudra répondre, soyons fou !)

Alors, prenez un chocolat chaud, recouvrez-vous d’un plaid (il paraît qu’il fera très froid ce weekend) et munissez-vous de biscuits à tremper. Et c’est parti !

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