Monthly Best Of Culture – Mai 2018

Ce mois-ci, je me suis rendue à Florence, en Italie, où Stendhal a donné son nom au fameux syndrome – et il faut dire que la ville regorge d’arts. Il n’est donc pas étonnant qu’il se soit senti pris de vertiges devant une telle profusion ! Malgré nos efforts, nous n’avons sans doute pas vu la moitié de tout ce que la ville peut proposer et pourtant nous avons pu en profiter pleinement, savourant la richesse du patrimoine local et de l’architecture qui, à un tournant de rue, peut soudain vous couper le souffle et qui a largement compensé la météo aléatoire que nous avons eu (même si elle a aussi pu être clémente) ! 

Mais outre ces quelques jours de tourisme, Mai aura été un mois plutôt faste en découvertes comme vous pourrez le constater dans ce billet !  Lire la suite

BEST OF JANUARY 2018

Quel temps pourri. Je ne sais pas où vous vivez, mais de là où je siège, cela fait plusieurs semaines qu’on se languit d’un rayon de soleil. Je suis en manque, en manque, en manque. Ronchon, fatigue, fatigue, ronchon, et entre chaque virgule : de la pluie (ou de la neige pour la semaine passée). Oui ! Je râle. Sur mon petit blog, que personne (ou presque) ne doit encore lire (mais à ceux qui le font : cœur pour vous !), j’ai juste envie de râler.

Et peut-être aussi parce que je suis en panne de lecture. J’ai mis un mois depuis mi-décembre à terminer ma relecture du premier tome de la trilogie steampunk-space opera-western spaghetti-uchronie-dystopique-et-tutti-quanti Les foulards rouges (instant pub : je vous en ai déjà parlé ici). Sans doute parce qu’il n’y avait plus l’effet de surprise, j’ai peut-être un peu moins aimé cette seconde lecture – et puis, à cause des personnages et de la romance. Et c’est d’ailleurs ce qui m’a fait arrêter le second tome à sa moitié (que j’ai trainé le reste du mois de Janvier, donc) – un trop plein de ce qui m’a semblé un peu mièvre (je suis de moins ne moins patiente avec les romances, en fait). Pourtant, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit : Les Foulards Rouges, c’est un style efficace et un univers d’enfer. Toutes les fois où l’auteure s’arrête sur son univers, son contexte politique, l’environnement, les décors, les enjeux – la lecture est fluide et passionnante. On s’y voit et c’est très jouissif. Mais, le stéréotype de certains personnages et la relation amoureuse m’ont fait lâcher prise, malheureusement. J’y reviendrai peut-être plus tard : quand j’aurais un peu plus la lecture en poupe. Affaire à suivre, donc !

Mon mois n’a pas non plus été improductif, comme vous allez le voir.

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Monthly Best Of Culture – Novembre & Décembre 2017

Avant de commencer les habituels bilans de fin d’année, il me semble quand même important de ne pas oublier un rendez-vous régulier : le bilan mensuel de mes découvertes culturelles. Je pense que je réitèrerai ce format durant 2018, car je le trouve assez pratique, quoi que peut-être avec quelques modifications – légères, toutefois.


THE MONTHLY BEST OF CULTURE

Novembre et Décembre 2017


– LE TOP ! –

#1 – Moi, Peter Pan de Michael ROCH [Livre]

Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir la plume de Michael ROCH dont je connaissais surtout l’excellente chaîne Youtube La brigade de livres. Force et à constater qu’en plus de donner envie de lire, il donne plaisir à être lu. J’ai été envoûtée par sa plume, qui est au cœur de la force du récit. La voix qu’il donne à Peter Pan est incomparable et m’a donné bien plus de satisfaction qu’à la lecture du roman original. Un roman philosophique contemplatif, poétique, mélancolique, musical qui nous plonge dans une transe littéraire que j’ai trouvée jouissive. Courte lecture, mais intense !

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#2 – L’amie prodigieuse d’Elena FERRANTE [Livre]

J’en avais entendu tellement de bien ; et j’ai été comblée. Je ne sais pas exactement comment classer ce livre. Est-il (auto)biographique ? L’auteur(e) restant inconnu(e), le mystère reste entier. Mais l’impression que le roman imprime n’en change pas moins : il semble authentique. J’ai cru aux personnages, à leur environnement, à leur époque, à leurs histoires, à leurs sentiments et leurs caractères. Là encore, la plume de l’auteur (dans sa traduction française, toutefois) a été un plaisir et joue certainement dans mon appréciation, car c’est surtout l’habileté de l’auteur(e) à rendre ses protagonistes aussi détestables qu’attachantes, agaçantes, étonnantes et plurielles. C’est un roman d’amitié, un portrait de famille, un portrait de femmes et de la société de Naples, dans un quartier pauvre à la fin des années 50. Il est question d’émancipation, d’interdépendance, d’éducation, de classe sociale, de réussite scolaire et personnel, de quartier, de pression sociale, et encore pleins d’autres thèmes. C’est un roman riche, complet, et complètement addictif.

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#3 – Big Little Lies de Jean-Marc VALLEE [Série]

Je ne parle généralement jamais de série sur ce blog mais c’est surtout parce que ma consommation de séries n’a absolument aucun intérêt. Je ne regarde généralement que des séries « pour ne pas me prendre la tête » et que je trouve souvent objectivement mauvaises, mais qui me distraient pour les moments où j’ai envie de les regarder. Sauf que celle-ci est sortie du lot ; et j’ai été très étonnée de sa qualité. Cinématographiquement, la réalisation est la plupart du temps impeccable ; c’est précis et efficace, sans en faire des tonnes mais en mettant toujours l’esthétique au service du fond. « Presque » impeccable, parce que le choix d’incorporer tout le long des épisodes des interrogatoires menés par la police du voisinage des protagonistes est mal amené et un peu lourd (et un peu stéréotypés).

Du reste, c’est une série étonnante, car tout en étant pris par l’intrigue, on ne sait pas très bien pendant quelques épisodes où on cherche à nous mener. C’est un portrait de femmes mené à vif, très nuancé, toujours critique et surtout très bien interprété. La direction de ce casting en or est excellente, que l’on doit certainement au talent du réalisateur aussi bien qu’à celui de ses actrices et de ces acteurs. Une série qui dresse une critique âpre et sans détour de la société dans laquelle les femmes évoluent et que je vous recommande volontiers !


Aussi découverts ce mois-ci :

Les bonnes surprises :

  • Civil War (T1 des éditions françaises) de Mark MILLAR et Steve McNIVEN [Comics]
  • Faith #4 de Jody HOUSER et Joe EISMA, Kate NIEMCZYK, Marguerite SAUVAGE [Comics]
  • Paper Girl #1 de Brian VAUGHAN et de Chiang CLIFF [Comics]
  • Ernest et Célestine de Benjamin RENNER, Vincent PATAR, Stéphane AUBIER [Film]
  • I wish d’Hirokazu KORE-EDA [Film]
  • Tokyo Godfather de Satoshi KON [Film]

Les bonnes découvertes :

  • The Handmade Tale de Margaret ATWOOD [Roman] >>> Lire ma chronique
  • Mother de Joon-Ho BONG [Film]
  • Card Captor Sakura Clear Card #1 de CLAMP [Manga]
  • Dernière heure #1 à #4 de Yû [Manga]
  • Sacha et Tomcrouze #1 Les vikings de Anais HALARD et Bastien QUIGNON [BD]

Les découvertes :

  • Hell de Yasutaka TSUTSUI [Roman]
  • Entre ciel et terre de Golo ZHAO [BD]

Les mauvais élèves :

  • A silent voice de Naoko YAMADA [Film]

Monthly Best Of Culture – Septembre & Octobre 2017

Cette année, comme tous les jeunes, mon Septembre a été le mois de la rentrée et du changement – changement de boulot et changement d’appartement. Ce qui implique forcément d’être beaucoup moins disponible. Aussi, à moins de faire un TOP 3 avec trois œuvres, il ne me restait plus qu’à patienter Octobre et espérer avoir un meilleur bilan – et que mes vœux soient exaucés !


The Monthly Best Of Culture

– Top 3 ! –

#1 – A Taxi Driver de Jang HOON

>>> Lire ma chronique

Comme je viens tout juste d’en publier une chronique, je vous laisse donc plutôt aller la lire en cliquant ici.
Mais c’est un très bon biopic, un excellent film historique, et un très touchant hommage au chauffeur de taxi qui conduisit un reporter journaliste venu à Gwangju filmer la violente répression militaire envers la population alors que celle-ci luttait pour la démocratie du pays. C’est un film grand public d’une très belle facture, avec un excellent acteur central, des personnages très bien construits, et une mise en scène efficace.
Un énorme succès à la Corée du Sud qui mériterait le même accueil ici !

#2 – Le Cycle des Robots #1 Les Robots et #2 Un défilé de robots d’Isaac ASIMOV

Est-il encore nécessaire de le présenter ?
Ce cycle qui a donné naissance aux Trois Lois de la Robotique, de très nombreuses fois reprises dans les œuvres SF au fil des décennies et encore aujourd’hui et qui est également très souvent citée dans les milieux scientifiques. Isaac ASIMOV se désolait dans un préambule de devenir peut-être le scientifique reconnu pour avoir créé une science fictive, il se révèle en réalité son fondateur. Est-il de fait nécessaire pour vous donner plus envie de le lire ?
Soit : d’une part, c’est très bien écrit. Réputé vulgarisateur, il est aussi bon écrivain, avec un ton décalé à souhait, qui rend la lecture fluide, plaisante, amusante parfois, mais tout en y mêlant un fond à la fois scientifique mais aussi humain, car il traite autant de problèmes mathématiques que de sujets de société. Il parle ainsi de religion, de tolérance, de conscience (humaine et / ou individuelle), de technologie, d’intelligence humaine, d’intelligence artificielle, de la complémentarité ou opposition des deux, de moralité, d’émancipation, de ce qu’être humain veut dire, de l’âme… C’est passionnant, instructif, divertissant, pertinent.
Alors, convaincus ?

#3 – Blade Runner de Scott RIDLEY

Encore et toujours de la SF. Oui – je plaide coupable !
C’est bien un genre qui m’intéresse de plus en plus, car il est très vaste, non seulement en termes de styles, mais aussi de sujets. Il peut être complètement fantasque, à la limite du fantastique ; il peut être divertissant, un page turner, une machine à imagination ; mais il peut aussi être contemplatif et intimiste. Et c’est le cas d’une œuvre comme Blade Runner, du moins l’interprétation qu’en a fait le réalisateur, car je n’ai pas encore lu l’œuvre originale de Philip K. Dick (un jour prochain, sans doute).
Avant tout, c’est un film qui est visuellement fascinant. Sa direction artistique est assez dingue, tellement soignée que malgré les années, il ne semble n’avoir que peu vieilli. Les effets spéciaux ne sont pas aussi dingues en soi que les images d’aujourd’hui, mais ils ont du cachet dans l’univers visuel dans lequel ils s’inscrivent. Ce qui est efficace, c’est le tout que le film compose. Et pour le cas, c’est un film où le fond, le scénario, la musique et l’image sont une unité qui le rendent ainsi particulier et savoureux.

Aussi découverts ce mois-ci :

Les bonnes surprises :

  • La planète des singes de Pierre BOUILLE [Livre] >>> Lire ma chronique
  • Téhéran Tabou d’Ali SOOZANDEH [Film]
  • Vanishing Time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM [Film] >>> Lire ma chronique
  • Le regard de Ken LIU [Livre]
  • Faith tomes #1 à 3 de plusieurs artistes [Comics]
  • Le château des étoiles #1 d’Alex ALICE [BD]

Les bonnes découvertes :

  • The wicked + The divine #1 de Jamie MCKELVIE, Kieron GILLEN et Matthew WILSON [Comics]
  • Mushishi #1 de Yuki URUSHIBARA [Manga]
  • Marie- Antoinette de Sofia COPPOLA [Film]
  • Au-revoir là-haut d’Albert DUPONTEL [Film]
  • Le grand mystère des règles de Jack PARKER [Livre]
  • To your eternity #3 de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Green mechanic #2 de Yami SHIN [Manga]

Les découvertes :

  • La planète des singes #3 Suprématie de Matt REEVES [Film]
  • Riens du tout de Cédric KAPLISH [Film]
  • Sangsues tomes #1 à #5 de Daisuke IMAI [Manga]
  • Comment vivre en héros de Fabrice HUMBERT [Livre]

Les mauvais élèves :

  • Wind river de Taylor SHERIDAN [Film]

Chroniqués dernièrement :


Aussi publié :

A Taxi Driver de Jang Hoon (Festival du Film Coréen à Paris 2017)

Excellent. Comment le décrire autrement ? Il s’agit avant tout d’un film historique et d’un bel hommage rendu à ce chauffeur de taxi, dont la réelle identité reste méconnue. Il a conduit le journaliste allemand, Jürgen Hinzpeter, au sein de la ville de Gwangju, pour couvrir le soulèvement de la population qui milite pour la démocratisation de leur pays dans les années 80. Sévèrement réprimée par l’armée qui tire à balles réelles, la violence des conflits est tue par le gouvernement qui bloque tout accès à la ville et censure toute la presse. Ce sont ainsi les vidéos du journaliste allemand qui vont dévoiler au monde entier l’inhumanité de ses actions. Mais le film ne dresse pas le portrait héroïque du reporter étranger, il filme au contraire les événements à travers le regard du chauffeur de taxi sud-coréen, donnant ainsi au spectateur une grande proximité aux événements et à la population et rendant tangible toute l’horreur de cette période.

Il s’agit également d’une œuvre cinématographique dont les qualités sont indéniables. Que ce soit dans la mise en scène, la construction narrative du récit, la mise en place des personnages, le jeu des acteurs, les plans, techniquement et scénaristiquement, A Taxi Driver est de très belle facture, surtout pour un film grand public, abordable par tout type de spectateur, peu importe ses préférences. Son efficacité vient notamment de cette construction narrative, son démarrage en douceur, avec même un ton très léger et un humour présent. Le personnage du chauffeur de taxi, central donc, est une excellente figure qui sert notamment de pivot, pour nous sombrer en douceur, mais inexorablement, dans l’horreur.

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Vanishing time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM (Festival du Cinéma Coréen à Paris 2017)

Le 12e Festival du Cinéma Coréen de Paris a eu lieu au cinéma Publicis cette semaine, l’occasion d’y découvrir des films qui n’auraient autrement pas eu la chance de sortir dans nos salles – à fort regret, d’ailleurs. Ces dernières années, après le Japon, c’est la Corée du Sud qui apporte un vent de renouveau dans nos salles obscures. Pour le moment, je n’y ai découvert que de très bonnes œuvres, si ce n’est excellentes, au moins ayant un fort potentiel. Et c’est de même lors de ce festival, des deux œuvres que j’ai vu, l’une est excellente (A Taxi Driver de Jong HOON – dont j’espère vous parler prochainement) et l’autre très prometteuse : Vanishing Time : a boy who returned de Tae-Hwa UDeuxième long métrage du réalisateur, c’est une œuvre qui s’est longuement métamorphosée : d’un thriller noir et glaçant, mêlant un brin de fantastique, l’auteur a finalement changé de regard et y a apporté une teinture fort différente : celle d’une fable fantastique sur l’enfance, sur le passage à l’âge adulte, sur l’ouverture et l’innocence du regard d’enfant, plus prompt à accepter de voir au travers du fantastique, une part de réalisme. Un film qui n’est pas sans rappeler les films de notre enfance, à la fois au niveau du style et de l’ambiance, du sentiment qu’il provoque, comme par exemple Les Goonies de Richard Dooner. Mais attention à ne pas oublier qu’il s’agit d’une réalisation coréenne, et que leur cinéma (en tout cas, celui que j’ai vu jusqu’ici) est souvent empreint d’une certaine part d’ombre, qui en fait un film en direction d’adultes, bien qu’à la portée d’enfants.

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Monthly Best Of Culture – Août 2017

Ah, l’été. Mais où es-tu passé ?

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THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Août 2017

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LE TOP

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#1 – The Tatami Galaxy (四畳半神話大系) de Masaaki YUASA
Catégorie : Série d’animation japonaise

Si elle ne compte que douze épisodes (en réalité, onze épisodes, auquel un bonus est venu s’ajouter), il est difficile de la résumer tellement cette série d’animation japonaise est originale – dans tous les sens possibles du terme. On suit onze facettes de la vie étudiante qu’aurait pu avoir le protagoniste (qui ne sera jamais directement nommé) en fonction de ses choix de clubs. Son ambition est pourtant simple : trouver un club qui l’aiderait à mener une vie en rose durant laquelle il se trouverait une copine aux cheveux noirs pour la partager. Mais rien ne semble cependant jamais aller comme il le faut et sa vie étudiante se résume systématiquement à un cuisant échec. Ainsi au fil des épisodes, on suit ses multiples déboires à travers le cercle temporel dans lequel il semble bloqué. C’est un dessin animé surréaliste, complètement loufoque, au dessin à la fois très épuré et très stylisé, qui utilise des techniques mixtes d’animation. Parfois complètement déroutant, souvent dérangé, il est surtout captivant et, dans le fond, plus complexe qu’il ne le paraît.
Derrière sa façade farfelue et décousue, il est en réalité rondement bien ficelé. Si chaque épisode se concentre sur ce qu’il serait arrivé du héros s’il avait fait tel choix de club, et donc étudie l’effet papillon, les épisodes ne sont pas dénués de points communs, tissant des fils difficile à démêler. Il y a des scènes qui vont quasi-systématiquement se répéter, avec cependant des nuances découlant des choix du héros ; des personnages communs que l’on retrouvera dans plusieurs épisodes et qui vont même évoluer (ou alors est-ce notre regard qui est amené à évoluer sur eux ?). Par exemple, il y aura toujours cette scène où le héros croise une vieille voyante qui lui fera peu ou prou toujours la même prédiction, en augmentant cependant son prix de consultation de 1000 yens à chaque épisode – humour de dérision que l’on retrouvera tout le long de la série. Les deux derniers épisodes, les plus conceptuels et qui donnent à réfléchir, servent à décrypter ce que la série laisse transparaître en filigramme, sans pour autant le prémâcher au spectateur.
Bref, c’est court, impertinent, et bien évidemment, c’est topissime (excepté sans doute quelques stéréotypes principalement sexistes…).

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#2 – Prisoners de Denis VILLENEUVE
Catégorie : Film

Après le très bon Premier contact vu en début d’année, j’avais très envie de rattraper ce film si réputé du réalisateur. Et je n’ai pas été déçue pour un sou, d’autant que le casting est vraiment bon. J’ai notamment beaucoup apprécié retrouver Hugh JACKMAN dans un autre rôle que celui dans lequel la saga X-Men l’a enfermé, et dans de biens meilleurs films que les pitoyables Real Steel et Chapie. Et on peut dire qu’il a investi son personnage d’une aura qui m’a fait trembler durant le film. Il a réussi à participer à la tension de celui-ci, par sa prestance, son jeu juste et son charisme. Et bien sûr, Jake GYLLENHAAL, Viola DAVIS et Terrence HOWARD sont loin d’être en reste. En plus de leur excellent jeu, il ne faut pas oublier la réalisation – très bonne, elle aussi. L’ambiance est palpable, l’atmosphère électrique, la violence latente. On n’est jamais tranquille, partagé dans le dilemme moral de ces familles déchirées par la disparition de leurs filles. La langueur du film participe pleinement à sa dureté mais peut aussi faire sentir quelques longueurs – qui, pour le coup, ne m’ont pas trop dérangé.

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#3 – Johnny et la bombe (Les aventures de Johnny MAXWELL #3) de Terry PRATCHETT
Catégorie : Roman

Mon tout premier Terry PRATCHETT ! Et conclusion : il ne sera certainement pas le dernier. C’est un roman jeunesse qui aborde le retour dans le temps, d’une façon très étonnante et crédible. Son traitement est excellent – et peut-être le meilleur que j’ai pu lire en littérature. L’auteur le rend intelligible à son lecteur, tout en l’amenant à y réfléchir, quitte à se retourner le cerveau en le faisant. En plus, il l’intègre dans son histoire, non comme vecteur, mais comme réel sujet, étudiant les conséquences qu’engendrerait un retour dans le temps. Mais Johnny et la bombe, c’est également un roman satirique de la société qui se moque allègrement des stéréotypes racistes et sexistes, tout en faisant vivre à ses personnages une aventure rocambolesque très prenante. C’est très bien écrit et avec une certaine poésie. A offrir à tous les jeunes lecteurs ! P.S. : Nul besoin d’avoir lu les deux premiers tomes pour découvrir celui-ci (c’est d’ailleurs mon cas).

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Les bonnes surprises :

  • Sukkwan Island de David VANN [Livre]
  • Indian Creek de Pete FROMM [Livre]
  • Cérès et Vesta de Greg EVANS [Livre] (voir ma chronique)
  • Les mémoires d’un tricheur de Sacha GUITRY [Livre]
  • Kintsugi de Mélissandre L [Livre]
  • A bout de souffle de Jean-Luc GODARD [Film]
  • Hana-Bi de Takeshi KITANO [Film]

Les découvertes :

  • Que Dios Nos Perdone de Rodrigo SOROGOYEN [Film]
  • Et maintenant on va où ? de Nadine LABAKI [Film]
  • L’été de Kikujiro de Takeshi KITANO [Film]
  • Kids Return de Takeshi KITANO [Film]
  • Zombie Kebab d’Olivier SARAJA [Livre]
  • Solaris de Stanislas Lem [Livre]
  • La malédiction du rubis (Sally Lockhart #1) de Philip PULLMAN [Livre]
  • To your Eternity (#2) de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Rétrospective Walker Evans au Centre Pompidou [Exposition]

Les mauvais élèves :


Chroniqués ce mois-ci :

Autres publications :

Baby Driver d’Edgar Wright

S’il est globalement bien réalisé et qu’il se révèle très divertissant, avec des bonnes idées autour de la musique et de l’ambiance qu’il cherche à retranscrire, je n’ai cessé de me demander en le regardant ce qui clochait pour que je sois à ce point en retrait du film. Ce sentiment que, alors que l’écran occupe une large part de mon champ de vision, que l’obscurité de la salle m’empêche globalement de voir autre chose, mes yeux furetaient de droite et de gauche, pour voir si d’autres comme moi n’étaient pas pleinement investis. Il manquait quelque chose à ce film, et j’avais du mal à déterminer quoi précisément.

Sans doute est-ce parce que le film est, si ce n’est bon, du moins prometteur. Visuellement, il est même assez joli. L’ambiance est présente et les propositions faites sont cool. Les scènes d’action sont lisibles – et pour moi qui ai des problèmes aux yeux, j’ai vraiment apprécié que le réalisateur ait fait un montage propre, bien rythmé, que j’étais capable de suivre et d’apprécier. Oui, il sait réaliser techniquement un bon film.

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Point Culture (1) Thrillers japonais/américain, film d’animation, fable et musée

Devant la réalité de ma faible production, j’ai décidé de refaire des billets sur cinq œuvres ou expositions/sorties culturelles qui m’ont marquée, de façon positives ou négatives. Je n’en ferai sans doute pas de chronique à part entière, le principe est donc d’en parler de façon un peu plus synthétique pour vous partager rapidement mon avis dessus !

Allez, sans tergiverser, voici le menu du jour :

  • Creepy de Kiyoshi KUROSAWA
  • Get Out de Jordan PEELE
  • Le Grand Méchant renard de et de
  • Le livre de Perle de Timothée de Fombelle
  • Le musée de la Chasse et de la Nature

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Monthly Best Of Culture – Juin 2017

Après de longues hésitations, je pense relancer des billets « Points Cultures » qui serviraient à vous glisser en quelques mots mes avis sur les découvertes dont j’aimerais vous parler sur le blog mais pour lesquelles je n’ai soit pas assez de matière pour en faire une chronique à part entière soit pas le temps de m’y consacrer. Ça ne concernerait pas forcément l’exhaustivité de ce que je lis, vois, visite, mais plutôt un patchwork de ce qui me donne envie d’en parler. Je ne souhaite pas que cela envahisse le blog, au détriment de vraies chroniques, mais il faut bien admettre que celles-ci me prennent vraiment du temps et que je n’en publie de toute façon pas beaucoup. Or, j’aimerais me rendre plus active et, je l’espère, créer un peu plus d’échanges par ici.

En attendant que cela se mette en place, il est temps de dresser le bilan du mois de Juin, que j’ai trouvé très satisfaisant dans l’ensemble. À l’exception de ma grosse déception avec le dernier film de Kiyoshi Kurosawa, j’ai été vraiment enchantée de mes découvertes – surtout littéraires, notamment avec mon tout premier Timothée de Fombelle !

Juin, ça a également été le mois où j’ai assisté à deux concerts fantastiques, dont un que j’attendais avec avidité depuis des mois. Je raffole de musiques symphoniques, en particulier en concert. Et Joe Hisaishi a composé des sountracks formidables pour les films d’Hayao Miyazaki. Le voir jouer du piano et diriger l’orchestre en live était vraiment jouissif, impressionnant, unique ! Puis, il y a eu le concert Symphonic Odysseas, regroupant quelques soundtracks de jeux vidéos comme Final Fantasy III, VI, le superbe générique de FFVIII, mais aussi d’autres jeux que je ne connaissais pas, comme Lost Odyssey. Leur point commun ? Nobuo Uematsu, leur compositeur, qui est – en plus – resté après le concert pour une session passionnante de questions/réponses.

En fin de compte, probablement le meilleur mois de découverte de cette année 2017.


THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Juin 2017

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Le top

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#1 – Psiconautas d’Alberto VASQUEZ et Pedro RIVERO
Catégorie : Films

Un film d’animation espagnol original, désordonné, mais bien réalisé, à ne pas montrer aux jeunes enfants. Ses thèmes autant que leurs représentations dans diverses scènes sont durs et la violence ne nous est pas épargnée. Il n’est pas facile à aborder ni à comprendre, tant beaucoup de choses sont implicites, parfois éparpillées. La réalisation est impeccable, l’esthétique original et marquant. Un ton pessimiste dans l’ensemble, ce n’est pas un film d’animation à prendre à la légère. Avec son univers post-apocalyptique dense et passionnant, il est étonnant à voir, car on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre.

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#2 – Tunnel de Kim SEONG-HUN
Catégorie : Films

Un blockbuster coréen très bien réalisé, avec des effets spéciaux crédibles qui ont réussi à me donner des frissons. Les acteurs sont très bons et arrivent à nous impliquer dans leur cauchemar, à nous immerger malgré nous. Quelques petites longueurs mais qui servent aussi le film avec la sensation d’une attente interminable et insoutenable. Mais des thèmes intéressants, comme la médiatisation et la politisation de ce genre de catastrophes. Le réalisateur arrive à transmettre la tension comme le malaise, qu’il saupoudre de touches d’humour bienvenues, dont les effets renforcent les moments d’intensité. Très prometteur pour le réalisateur, à suivre !

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#3 – Banana Girl de Kei LAM
Catégorie : BD

J’adore le style de dessins et la scénarisation des planches. J’aime ces récits qui, mine de rien, en disent long, avec des thèmes divers, sous-jacents, qui intriguent, donnent envie d’en lire plus. Ici, entre autres : le changement de pays, de culture, de langues, de mode de vie ; l’intégration et l’acceptation ; la double-culture qui en résulte aussi ; la famille et la vie des parents de Kei, en Chine, pendant la révolution culturelle chinoise (passage passionnant !). L’humour est doux et coloré, comme le ton général de la bande dessinée, même quand l’artiste aborde des moments plus sombres, c’est toujours dans la nuance. J’ai vraiment apprécié voguer dans les pérégrinations de ses anecdotes, de ces bouts de vie, qui sont très touchants, et qu’elle nous rend étonnamment familiers.

Les bonnes surprises :

  • Le Grand Méchant Renard de Jonathan RENNER [Films]
  • Harry Potter and the Philosopher Stone de J.K. ROWLING [Livres]
  • Les idées noires de la physique de Vincent BONTERNS et de Roland LEHOUCQ [Livres]
  • Les maîtres de l’Ecosse T2 de Robyn YOUNG [Livres]
  • Le livre de Perle de Timothée DE FOMBELLE [Livres]
  • L’enfant et le maudit T2 de NAGABE [Manga]
  • Drop Dead D-D-D-D Demon T4 d’Inio ASANO [Manga]

Les découvertes :

  • Le musée de la Chasse et de la Découverte
  • Get out de Jordan PEELE [Films]
  • Voyage of time de Terrence MALIK [Documentaire-fiction]

Les mauvais élèves :

  • Creepy de Kiyoshi KUROSAWA [Cinéma]
  • Silence ! On tourne ! mis en scène par Patrick HAUDECOEUR [Théâtre]

Chroniqué ce mois-ci :