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Bilan du Festival OFF 2017 en Avignon

Cette année encore, je suis retournée au Festival de Théâtre d’Avignon, et plus particulièrement celui qu’on nomme le « Festival OFF ». C’est un festival célèbre, qui se déroule en Juillet, pendant lequel la ville médiévale s’anime et festoie, faisant la belle part à la culture – dont elle fut la capitale européenne en 2000.

Avignon est une magnifique cité, qui a conservé une grande part de son patrimoine architectural et culturel. Je vous recommande vivement de la visiter quelques jours et plus particulièrement à cette période de l’année (malgré le risque de canicule et le coût prohibitif, il faut le reconnaître…).

Le festival est pour ma part un rendez-vous annuel qui me tient à cœur et me fait extrêmement plaisir – car, de plus, j’adore le théâtre.

Etant donné que cette année, je n’y suis allée que peu de temps et que j’y ai vu deux à trois pièces par jour, je n’ai pas eu le temps de vous faire un billet pour chaque pièce. Je profite donc de celui-ci pour vous faire le bilan du Festival de cette année. Un peu comme pour les bilans cultures mensuels, je ne vais m’attarder vraiment que sur les 3 pièces que j’ai préférées, et vous propose un rapide retour sur celles que j’ai appréciées et sur celles qui m’ont déçues. Continuer la lecture de Bilan du Festival OFF 2017 en Avignon

Festival OFF – Avignon 2016 | Entourloupes, Ecole du Spectateur

Photo ©Cécile Dureux
Photo ©Cécile Dureux

Après vous avoir parlé de la pièce « Le Jardinier », il me semble tout naturel de vous évoquer une autre pièce jeunesse, pour ceux/celles qui ont des enfants ou ceux/celles qui, comme moi, ont conservé intacte leur âme d’enfants. J’aime assez partir à la découverte d’autres pays et quel merveilleux moyen que de le faire à travers leurs contes.

« Entourloupes » met en scène trois contes – un yiddish, un tzigane et un conte d’Andersen – joués par deux acteurs et accompagnés d’un musicien. Trois courtes pièces, donc, jouées avec un plaisir partagé par le public, tant les acteurs sont drôles, légers et très généreux sur scène. Difficile de ne pas trop en dire sans  spoiler ! En tout cas, c’est le spectacle où je me suis peut-être le plus amusée – et oui !

Ainsi, vous aurez l’occasion de découvrir – ou de redécouvrir – les contes « Le Roi des Avares », « St Georges » et « Le Petit Claus et le Grand Claus » accompagné de musique et de chants oubliés, une mise en scène légère mais efficace, sur un décor fait maison qui s’adapte n’importe où. Que le spectacle ait lieu au sein d’un chapiteau rajoute au charme et à l’ambiance.

C’est frais, c’est léger, c’est efficace. C’est très fort en sympathie et beaucoup en plaisir gourmand.


entourloupes

Interprète(s) : Agnieszka Kolosowska-Bihel, Christophe Bihel, Jérémy Ravoux
Mise en scène : Christophe Bihel
Création musique & lumière : Jérémy Ravoux
Régie lumière : Alizée Barnoud
Administration / Diffusion : Dominique Terramorsi


Résumé :

Une petite forme familiale, un conte de tradition yiddish, un conte tzigane et un conte d’Andersen, des chants un peu oubliés, des objets qui vont volent et viennent, des trappes, des rideaux… Bref, un théâtre miniature ambulant venu de loin, on ne sait pas exactement d’où, mais de quelque part par là… Certainement.


Informations pratiques :

Ecole du spectateur (Ecole Persil-Pouzaraque)
1H, 14h15
Du 12 au 30 juillet
Relâche les 18, 25 juillet
Tarif : 10€, Abonnés OFF : 7€, Enfants -10 ans : 5€
A partir de 6 ans


Liens :

Informations & réservations : Site du Festival OFF
Site de la compagnie Le Petit Théâtre Dakôté


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Festival OFF – Avignon 2016 | Le Jardinier, Espace Roseau Teinturiers

Le JardinierDécouverte qui fut née d’un retard bienheureux, Le Jardinier a été la bouffée de fraîcheur de mon festival. Voici ce que vous offre cette pièce :  un énorme sourire de ceux qui auront été réconfortés pendant une heure. Terme étonnant mais non moins sincère : j’en suis sortie bercée par des souvenirs doux et familiers, que je n’ai pas pourtant pas vécus.

Difficile de décrire la pièce comme un « seul sur scène », puisque nous y avons vu évoluer au moins deux personnages, et par intermittence trois, voire quatre, autour de cette roue des saisons sur laquelle notre imagination n’a aucun mal à visualiser le berceau d’un jardin passé en devenir. Joe a bien du mal à accepter l’arrivée de sa petite sœur, petite chose encombrante qui ne fait que crier et accaparer l’attention de ses parents, lui laissant l’impression d’être de trop. Une sensation que partage bien l’oncle Harry, passionné de jardinage et dont la mémoire fait souvent défaut.

Histoire de petit prince et de renards, où il est question de transmission, de liens familiaux, d’apprentissage, c’est un moment de pure tendresse. La pièce de théâtre bénéficie d’une histoire touchante, bien sûr, finement découpée et rythmée au fil des anecdotes, des jours comme des saisons ; d’un très bon acteur, capable non seulement d’interpréter les différents rôles mais aussi de les faire jouer dans et par le décor ou objets (des bottes en caoutchouc, deux chapeaux, les ustensiles de jardinage, le tout posé sur un plateau en forme de roue amovible et modulable à l’envie) ; des artifices simples pour mettre l’ambiance (comme ce seau rempli qui déverse la pluie sur le parapluie où s’abritent l’oncle et le neveu au soleil tombant) ; et une mise en scène délicate, poétique :  une invitation ouverte au spectateur de s’émerveiller comme de s’attendrir,  et qui ne tombe jamais dans le pathos ou dans une nostalgie déprimante.

Une ode à la vie, une brise printanière, une pause de douceur au sein du festival. Pour ma part, un coup de cœur.

Bande d’annonce :


le jardinier afficheInterprète(s) : Brice Coupey
Metteuse en scène : Agnès Renaud
Régisseur : Jérémy Pichereau
Administratrice : Taraneh Zolfaghari
Production et diffusion : Anne-Lyse Wattier (06.50.39.58.73)
Conventionnée par : DRAC Nord Pas de Calais – Picardie
Et : Conseil régional des Hauts-de-France
Subventionnée par : Conseil départemental de l’Aisne
Résidences : MAL de Laon (02) et La Lanterne à Rambouillet (78)


Résumé :

Dans la vie, il y a des rencontres qui nous changent et nous aident à nous construire.

Telle celle entre Joe et Harry : l’un dans l’apprentissage de la vie, l’autre dans l’acceptation de la vieillesse.

Joe et Harry : deux regards, deux mondes, deux solitudes, et l’histoire d’une amitié forte qui se noue au rythme des saisons.

En réunissant ces deux-là, qui s’apprivoisent par le regard, les mots, les gestes, les silences, Mike Kenny questionne notre façon d’être au monde ; il s’interroge sur la trace et la mémoire : que laisse-t-on à ceux qui nous suivent ? Quelle place accorde-t-on à nos aînés dans l’espace public ? Et, au final, qu’est-ce qui compte le plus dans une vie ?


Informations pratiques :

Espace Roseau Teinturiers
55 minutes, à 14h45
Du 6 au 30 Juillet 2016
Relâche les 13 et 20 Juillet
Tarif : 15€, Abonnés OFF : 10€, Enfants : 7,5€
A partir de 7 ans


Liens :

Informations & réservations : Site du Festival OFF | Site de l’Espace Roseau Teinturiers

Site de la compagnie L’Esprit de la Forge


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Festival OFF – Avignon 2016 | La Religieuse, Théâtre du Chêne Noir

chene noir la religieuseComme chaque année depuis trois ans, mon Festival  OFF en Avignon commence au Théâtre du Chêne Noir. Après La Chute d’Albert Camus et Alice d’après le roman de Llewis Caroll, adapté par le collectif 8, j’ai  encore une fois eu très envie de faire de cette première journée un succès théâtral.

Résultat : je suis conquise. Par la programmation du Théâtre du Chêne Noir,  par mon choix de premier spectacle au festival, et par le collectif 8.

Cette année, c’est un texte difficile, humaniste et actuel, que le collectif a choisi d’adapter. La Religieuse d’après le texte de Diderot n’était pas un choix évident, et j’avoue avoir hésité à le placer en première ligne pour le festival. Mais ayant confiance en la qualité que j’y trouverai, je me suis finalement lancée. Et pour quel plaisir.

Un des charmes du  Collectif 8 est ce rapprochement entre cinéma et théâtre, autant dans le décors que  dans la mise en scène ou le choix et l’utilisation de la musique. Un décors d’ailleurs simple mais efficace : des portes de cellules de part et d’autre d’une cellule au centre amovible. Un lieu confiné, étroit, sombre, glacial, qui nous plonge dans l’ambiance du récit. Les projections sur l’ensemble du lieu, qui complètent et se mélangent au décors aussi bien qu’aux personnages, sont de natures multiples. De la  mise en abyme des lieux (une église, des couloirs obscurs…)  aux montages vidéos en ouverture/fermeture ou à des moments clés, tout sert à nous plonger dans l’atmosphère, emphase de l’horreur vécue.

Il me faut également souligner les excellentes actrices : Gaële Boghossian (qui avait d’ailleurs été sublime dans Alice) et Noémie Bianco, deux voix puissantes, deux présences incroyables sur scène. Si la narration de Gaële Boghossian est un peu en-deçà de ce qu’elle offre dans ses interprétations de personnages, son jeu de narratrice se révèle par la suite  avisé : elle évite en effet toute sur-dramatisation qui aurait alourdi et desservi le texte. Le sourire toujours rivé sur son visage glisse tout le mordant de l’ironie, de l’absurdité, et dénonce par contraste l’horreur. Noémie Bianco n’est pas en reste : toute en justesse et sans jamais perdre pied. Bravo aux actrices, quel talent.

Et puis, il y a évidemment le texte, incroyable et terriblement d’actualité, qui dénonce l’inhumanité de l’intégrisme religieux. L’isolation et l’enfermement au sein d’une communauté étroite et refermée sur elle-même, et  par conséquence, la perversion de l’âme, où conduit l’endoctrinement imposé à l’être.

En peu de mots : une véritable découverte pour ma part et un vrai régal de théâtre. A découvrir.

Bande d’annonce :


La religieuseInterprète(s) : Noémie Bianco, Gaële Boghossian
Metteur en scène : Paulo Correia
Compositeur : Clément Althaus
Costumes : Gaële Boghossian / Romain Fazi
Scénographie : Collectif 8 / Divine Quincaillerie
Chorégraphe : Michaël Allibert
Chargée de production : Vanessa Anheim
Assistante régie : Samuele Dumas
Stagiaire communication : Elisabeth Mory-Lund
Stagiaire : Joy Serradell


Résumé : 

A travers cet émouvant plaidoyer humaniste, Collectif 8 propose une vision d’actualité sur l’endoctrinement, le maintien dans l’ignorance et la dissolution de l’individu dans la communauté. Dans un hymne d’espoir et de liberté, deux comédiennes incarnent Suzanne Simonin, à la fois interprète et observatrice, accusée et avocate, faisant renaitre les fantômes, vierges folles et monstres, de ces vies arrachées, vrillées, emmurées.

Le théâtre est envisagé comme tribunal de l’humanité, le spectateur y est convoqué, questionné, pris à parti.

Entre réalité et fantasme, la création vidéo et musicale nous immerge dans un monde d’hallucinations, de symboles et d’obsessions et porte l’imaginaire aux confins de notre perception.


Informations pratiques :

Théâtre du Chêne Noir, Salle John Coltrane
Du 6 au 30 Juillet 2016
Relâche le 11, 18, 25 Juillet
1h25


Liens :

Informations & réservations : Site du Chêne Noir |  Site du Festival Off

Le site du Collectif 8


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