Une Pluie Sans Fin de Dong Yue

Une Pluie Sans Fin
Une pluie sans fin
Réalisé par Dong Yue
Sorti le 18/07/2018
Joué par Duan Yihong, Jiang Yiyan,  Du Yuan, Zhen Wei
Cinéma Chinois
Thriller
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Il s’agit du premier long métrage du réalisateur Dong Yue, et c’est d’autant plus impressionnant au regard de la maîtrise qu’il fait preuve dans toute son oeuvre. Il y a peu à reprocher au film, qui hérite des mêmes qualités que ceux attribués en ce moment au cinéma sud-coréen, dont il est vrai qu’il s’inspire fortement. On ne peut éviter les comparaisons plus qu’évidentes avec le chef d’œuvre Memories of Murder de Bong Jong-Ho, à la fois dans la construction du scénario que par l’ambiance sombre, pluvieuse, crasseuse des quartiers notamment industriels.

Le film est passionnant. Et ce n’est pas uniquement dû au mystère de son intrigue. Là où il va se distinguer du film sud-coréen, c’est dans la focale qu’il choisit de mettre sur le milieu de l’industrie chinoise à quelques mois de la rétrocession de Hong Kong et plus particulièrement durant la désindustrialisation d’une partie du sud de la Chine. Ce n’est donc pas tant un thriller qu’un drame social, et c’est dans ce traitement particulier qu’il se révèle excellent, offrant de par ailleurs une esthétique incroyable avec de magnifiques plans. Je pense notamment à la course poursuite qui a lieu dans une des industries de la ville, qui m’a le plus marquée.

Le cinéaste chinois a donc choisi d’illustrer à travers l’enquête mené par l’agent de sécurité, Yu Guowei, l’impact à l’échelle des individus d’une mutation économique et sociale d’un pays. Il y a énormément de sous-texte qui sert en ce sens à montrer les évolutions de cette société et la façon dont les différentes générations la subissent.

Un casting irréprochable, une mise en scène et un cadrage efficaces, une ambiance palpable, des plans magnifiques, une musique d’atmosphère adaptée – Une pluie sans fin est une des plus belles surprises cinéma de cette année 2018 et une belle promesse pour ce nouveau réalisateur.  Je ne peux donc que souhaiter d’en voir d’avantage et peut-être avec un détachement du cinéma sud-coréen et y découvrir sa propre patte.

Je vous laisse notamment en apprendre d’avantage à travers l’excellente critique d’Aurélien Milhaud sur le site « Le Blog du Cinéma« .

Résumé : « 1997. À quelques mois de la rétrocession de Hong-Kong, la Chine va vivre de grands changements… Yu Guowei, le chef de la sécurité d’une vieille usine, dans le Sud du pays, enquête sur une série de meurtres commis sur des jeunes femmes. Alors que la police piétine, cette enquête va très vite devenir une véritable obsession pour Yu… puis sa raison de vivre. »

L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu

(9/10) Cette fois, laissez-moi vous parler de « L’homme qui mit fin à l’Histoire », un très court roman de Ken LIU, brillant, riche et passionnant. Il fait partie de ces auteurs de science-fiction qui justifient mon adhésion grandissante pour le genre. Il pose en effet une question brûlante et d’éthique : si nous avions la technologie nécessaire pour visionner des moments brefs et ciblés du passé, mais qu’à chaque utilisation, ce même bout de passé ne pourrait plus jamais être vu par la suite, que devrait-on faire ?

Devrait-on attendre de mettre au point une technologie plus performante, qui permettrait un enregistrement ou un accès illimité à la vision de ce passé ? Sans contexte et dans l’absolu, il serait sans doute mieux advenu d’attendre. Mais justement, Ken LIU rappelle qu’on n’est jamais « sans contexte ». Il prend pour sa part le cas de l’Unité 731, centre militaire de recherche et d’expériences bactériologiques conçue par les japonais durant la Seconde Guerre Mondiale en Chine. Les atrocités de leurs expériences sur des humains ont depuis été reconnues comme faisant partie des crimes contre l’humanité. S’il est compliqué d’évaluer le nombre exact de victimes, elles seraient entre 3000 et 10000 à avoir fait l’objet des expériences de l’Unité, et plus de 300000 à en subir le résultat. Parmi elles, une majorité de chinois, mais également des prisonniers de guerre Russes, Américains, Coréens, Philippins.

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Théâtre | La fuite – Gao Xingjian (Fest. OFF 2014)

Résumé

Deux jeunes manifestants, un étudiant et une actrice, fuient la grande place où a lieu une violente répression. Ils trouvent refuge dans un endroit étrange. Perturbés par l’arrivée d’un troisième fuyard, ils devront cohabiter et tenter de se sauver. La tension monte, les corps s’échauffent, les pulsions s’exacerbent. L’envie de survivre, de fuir, de rêver, de danser, de jouer, de s’aimer prend le pas sur la peur de périr. Gao Xingjian, l’auteur de « La fuite », est prix Nobel de littérature.

Info(s) pratique(s)

Interprète(s) : Arben Bajraktaraj, Hélène Chevallier, Simon Fraud
Mise en scène : Andréa Brusque
Scénographie : Jean-Baptiste Bellon

Théâtre du Chêne Noir, salle John Coltrane, à 15h (1h15), tarif : 22 €, carte off : 15 €, tarif enfant -12 ans : 8 €

PS : contrairement au tarif proposant pour les enfants de -12 ans, cette pièce ne s’adresse pas du tout à un jeune public.

Programme OFF / Réservations : sur le site du OFF ou sur le site du Théâtre du Chêne Noir


Tout commence dans le noir, un bruit de fond sonore, intense, inquiétant. Une voix féminine lointaine semble chantonner ou juste résonner, comme coupée de toute parole, comme si elle ne trouvait plus la mélodie, cette mélodie qui reste dans sa tête avec ses souvenirs d’enfance mais qu’elle ne parvient plus à reproduire en dehors. Puis des coups de feux. Un homme entre, suivi d’une femme recouverte de sang. Un troisième les rejoint assez vite. Ils ont fui le massacre. Ils ont survécu à Tien’anmen. Pour l’instant. Lire la suite