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The Handmaid’s Tale de Margaret ATWOOD

The Handmaid’s Tale de Margaret ATWOOD

The Handmaid’s Tale (La Servante Écarlate)
Ecrit par Margaret ATWOOD
Publié aux éditions Penguin (collection Vintage Classics), 2010
Dystopie
336p, 10,49€ PF broché 6,50€ numérique
Sur le site de l’éditeur


LES BONNES DECOUVERTES


Résumé :
« Offred is a Handmaid in the Republic of Gilead. She has only one function: to breed. If she deviates, she will, like dissenters, be hanged at the wall or sent out to die slowly of radiation sickness. But even a repressive state cannot obliterate desire – neither Offred’s nor that of the two men on which her future hangs. »


Après avoir entendu tellement d’éloges sur ce roman, après avoir vu la vague déferlante des avis positif sur la série, j’ai finalement sauté le pas et lu La Servante Écarlate. Je ne ferai pas l’affront de dire « et j’ai été déçue » – ce ne serait pas exact car je lui reconnais bon nombre de qualités qu’on lui attribue. Pour autant, je n’ai pas apprécié ma lecture. Comment expliquer le mélange de « j’aime » et « je n’ai pas trop aimé » entre lesquels je me trouve ?

Avant tout, autant le dire : la qualité du livre est son fond. Ce traitement de la violence subite par les femmes, dans une société gouvernée par le fanatisme religieux sous fond de pandémie rendant stérile une bonne partie de la population, est très bien exploité. Sous couvert de les protéger et de garantir la pérennité de l’espèce humaine, toutes ces excuses ne servent en réalité qu’à justifier l’exploitation et l’aliénation une fois de plus imposée aux femmes, véritables boucs émissaires de la société dont même les mieux loties ne sont guère enviables. Le roman est en réalité bien plus atmosphérique qu’autre chose. Avec son découpage, soigneusement ordonné par thématique, il prend le temps de développer chaque aspect glaçant de cet univers confiné et machiste – qui semble hors du temps, à la fois proche et très distant de celui du lecteur. La violence est sourde, latente, pernicieuse, en filagramme, et ainsi très horrifiante. Et donc, très efficace.

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Shangri-la de Mathieu Bablet

Shangri-la de Mathieu Bablet

Shangri-la
Scénarisé et dessiné par Mathieu Bablet
Publié aux éditions Ankama, 2016
Science-fiction, Dystopie
19,90€ GF


LES COUPS DE COEUR !


Résumé :
« Dans un futur lointain de quelques centaines d’années, les hommes vivent dans une station spatiale loin de la Terre et régie par une multinationale à qui est voué un véritable culte. En apparence, tout le monde semble se satisfaire de cette « société parfaite ». Dans ce contexte, les hommes veulent repousser leurs propres limites et devenir les égaux des dieux. C’est en mettant en place un programme visant à créer la vie à partir de rien sur Shangri-La, une des régions les plus hospitalières de Titan, qu’ils comptent bien réécrire la « Genèse » à leur façon. »

J’avais beaucoup apprécié découvrir Mathieu Bablet à travers Adrastée et La belle mort. J’avais surtout été charmée par son style, sa maîtrise de la perspective et la physionomie de ses personnages. Ses univers sont toujours appétissants et ses thèmes intéressants, toutefois ses bandes dessinées manquaient encore de finition, avec un scénario prometteur mais qui tombait parfois dans la facilité (notamment pour La belle mort). Shangri-la est quant à elle un condensé des qualités de ces deux œuvres. Graphiquement superbe, avec une ambiance qui prend le lecteur dès les premières planches, elle déborde d’ambition.

Seulement, la qualité et le défaut de Shangri-la réside indirectement dans ses multiples thématiques de la science-fiction comme le paradoxe temporel, la dystopie, le space-opéra, les sociétés post-apocalyptiques, l’évolution d’espèces. Comme toute œuvre d’anticipation, les thèmes ne sont pas tant futuristes, ils reflètent des thèmes contemporains très actuels, auxquels le lecteur pourra se montrer captif.

On les retrouve notamment au travers de cette société consumériste, régie par une seule entité, à la fois corps politique et économique, sous le nom de Thianzu. La société est hiérarchisée et raciste, comme le démontre le personnage de John, représentant aux yeux du lecteur des animoïdes, espèce animale anthropomorphe créée par l’homme. Il y sera également question de rébellion, d’état d’urgence et d’expériences scientifiques comme les manipulations génétiques. La bande dessinée fourmille de sujets et d’idées, souvent très bien exploités à la fois à travers le scénario comme de menus détails du décor, du contexte ou de la société telle qu’elle est construite.

La portée sociologique et métaphysique rend l’ensemble passionnant à lire. Le tout reste digeste et le scénario bien rythmé, même s’il manque parfois un peu de subtilité. Toutefois, il n’en reste pas moins que ce trop plein d’idées et de thèmes peut également frustrer le lecteur, quand tout n’est finalement traité jusqu’au bout. Je reprocherai notamment l’introduction des paradoxes temporels, qui commencent et terminent Shangri-la, employant un tour de scénario, qui, pour ma part, m’a fait penser au film d’Interstellar.

Si ce thème est passionnant, il demeure ici très inexploité. Surtout, il me semble en décalage au reste du scénario, déjà riche en soi et qui aurait pu se suffire. Même s’il introduit une fin ouverte étonnamment poétique, je n’arrive pas à le trouver pleinement justifié et il me laisse un certain goût d’inachevé.

Quand bien même, Shangri-la est une bande dessinée magnifique et riche, de par ses thèmes et son traitement. Ses planches offrent des tableaux incroyables de l’espace, à couper le souffle. Mathieu Bablet prouve une fois de plus à quel point il est capable d’adapter son style à un genre et de créer un univers pluriel et créatif, toujours différent de ses précédentes œuvres. Si son œuvre pourrait encore être perfectionnée, elle n’en reste pas moins un régal à déguster. A quand la prochaine ?


Trailer :


A lire également :


A découvrir également de Mathieu Bablet :

Station Eleven d’Emily St John Mandel

Station Eleven d’Emily St John Mandel

Station Eleven
Ecrit par Emily St John Mandel
Publié chez Payot & Rivage, 2016
Contre-utopie, pandémie
22€ GF broché, 14€99 numérique, 480p


LES BONNES DECOUVERTES


Résumé :
« Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord. »

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Station Eleven est un roman étonnant de cette rentrée littéraire. Malgré un postulat initial qui aurait tout d’un blockbuster hollywoodien (et peut-être l’est-il un peu), l’auteure parvient à traiter son sujet d’une façon plutôt convaincante. S’efforçant de ne pas user d’effets littéraires, comme le cinéma userait des effets spéciaux, elle imagine avec efficacité les directions possibles que prendrait l’humanité si les fondations qu’elle a mis des siècles à se créer venaient à s’effondrer.

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I.R.L. d’Agnès Marot

I.R.L. d’Agnès Marot

Très chouette découverte que ce roman d’Agnès Marot. C’est un mélange savant du jeu Les Sims, 1984, Fahrenheit 451 ou encore The Truman Show modernisés dans une fable d’anticipation et visiblement inspiré des réflexions de Chloé Delaume (qui rejoint la longue liste d’auteurs que l’auteure nous invite généreusement à découvrir). Une histoire prenante et bien écrite, autant dire : un très bon page turner.

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Le Vivant – Anna Starobinets

Le Vivant – Anna Starobinets

Le vivant

Le Vivant
Écrit par Anna Starobinets
Traduit du russe par Raphaëlle Pache
Publié par Mirobole Editions, en 2015
Science-fiction, Anticipation


Résumé :
Dans un futur lointain, les humains sont connectés via des implants à un réseau commun. Ensemble, ils forment un organisme unique, le « Vivant ». La mort n’y existe pas : dès qu’un individu est « mis sur pause », son code génétique renaît dans un nouveau corps. Le nombre d’humains est constant – trois milliards.
Le Vivant vacille sur ses bases lorsque l’impensable survient : un homme naît. Il est sans code, sans patrimoine, il n’est la réincarnation de personne. On l’appelle Zéro. Placé sous étroite surveillance, il devra trouver des réponses sur son identité dans un monde réputé parfait…
Anna Starobinets déploie les codes de la littérature d’anticipation pour interroger d’une manière glaçante les traumas de nos civilisations virtuelles.


Note globale :
6/10


Roman russe de science-fiction, Le Vivant est fascinant mais je dois dire assez difficile à suivre. Contrairement aux apparences, il demande une attention assez pointilleuse car les allers-retours entre plusieurs moments de l’action, entre plusieurs points de vue, même si tout fait sens, peuvent facilement perdre le lecteur. En tout cas, j’ai souvent été perdue et obligée de revenir en arrière à plusieurs reprises, impactant le plaisir de le lire.

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Et si on mettait un point sur nos lectures ? #5

Et si on mettait un point sur nos lectures ? #5

point lecture

des lectures du mois d’Août 2015 uniquement

*

Je vous retrouve aujourd’hui pour un bilan lecture assez positif avec des choses plutôt variées, bien que j’ai continué dans ma lancée SF depuis la dernière fois. Le Monthly Best Of Books étant passé par là, il n’y aura pas non plus beaucoup de surprises. Mais au moins vous aurez une meilleure idée de pourquoi j’ai aimé ou moins aimé tel ou tel livre. Bonnes découvertes !

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Amorostasia – Cyril Bonin

Amorostasia – Cyril Bonin

amorostasiaAmorostasia
Scénarisé et dessiné par Cyril Bonin
Série terminée en 2 tomes
Publiée par Futuropolis, 2013
Anticipation, Drame


 Scénario
« Tomber amoureux nuit gravement à la santé ! Comme si les relations amoureuses n’étaient pas assez compliquées, une nouvelle épidémie est apparue : l’Amorostasie. Vieux couples comme jeunes tourtereaux, si vous êtes amoureux vous êtes immédiatement plongés dans un état catatonique… »


 Note globale :

7/10


Voilà une bande dessinée que j’avais envie de vous présenter : de l’anticipation au drame romantique, Amorostasia intrigue de par son synopsis. Et si l’amour était non seulement viral mais également nocif ? Une épidémie se déclenche à travers un fait divers étrange, difficile à croire : un couple se fige soudain. Un canular ? Très vite, la population parisienne s’inquiète car l’épidémie se répand sur toute la ville, touche la France et finit même par franchir les frontières. L’alarme est sonnée : l’amour est condamné.

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L'entrevue – Manuele Fior

L'entrevue – Manuele Fior

L'entrevue

Titre – L’entrevue
Dessin & Scénario – Manuele Fior
Éditions – Futuropolis, 2013
Origine – Italie
Genre – Science Fiction


« L’entrevue est un récit de science fiction qui n’explore pas les étoiles mais le délicat et fragile univers intérieur des relations, des sentiments et des affections de chacun de nous. »


 

Note Globale :

6/10


L’entrevue est une bédé de qualité et qui mérite amplement les quelques éloges qu’on en dit sur la toile. Pourtant, tout en les approuvant et en reconnaissant qu’elle mériterait une bien meilleure note, je n’ai pas tant apprécié ma lecture que je n’aurais dû, semble-t-il. Et il n’y a pas grand-chose à dire pour l’expliquer : ni le graphisme ni l’histoire ne m’a déplu – ce n’est pas non plus une histoire de « goût », ou presque pas. Tout simplement, je ne suis pas sûre d’avoir tout saisi et je me suis sentie assez oppressée par moments. Pour autant et je tiens vraiment à le préciser, elle vaut le détour.

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