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Les cosmonautes ne font que passer d’Elitza Gueorguieva

Prix du roman fnac 2016 Après le gros coup de cœur que j’avais eu l’année passée à l’occasion du prix littéraire distribué par la Fnac (voir Someone d’Alice McDermott), c’est avec le même enthousiasme que je me suis relancée dans l’aventure cette année. Et le hasard m’a fait plonger dans ce premier roman, au style littéraire particulier, mais auquel on finit par se faire rapidement, pour une autre vue du monde et à un moment aussi particulier et emblématique que lors de la chute de la guerre froide. Un roman assez court, intéressant de par son thème, et assez bien mené.

La première chose qui vous frappe, c’est l’emploi du « vous » en première ligne et vous comprenez dès le premier « tu » qui le suis que le roman va se dérouler ainsi. La jeune héroïne, c’est vous que le narrateur fait bouger, penser, rire, chanter, rêver, s’énerver, jalouser, etc. Déroutant, finalement, ça ne l’est pas trop, car toute l’écriture semble avoir été écrite dans un rythme singulier, auquel on finit par se prêter, malgré peut-être un début plus inégal. Le style s’améliore dans le roman, en même temps qu’évolue l’héroïne et tout le monde qui l’entoure.

La jeune héroïne est une enfant espiègle, pleine d’énergie et d’imagination, de rêves et d’ambitions, portée malgré elle par les courants qui font avancer ou reculer sa société, son pays, son entourage. Tout son univers. S’il y a une rupture, le lecteur ne le sent qu’au travers des changements de jeux et d’obsession de l’héroïne qu’il est bien obligé d’incarner pour poursuivre sa lecture. Il est cependant facile de pénétrer le regard de l’enfant, car celui-ci est faussement naïf et très observateur. L’esprit de la jeune fille est aiguisé, quand bien même elle continue à jouer l’enfant. Cela a l’avantage de ne pas trop forcer sur l’enfant ni de la rendre trop avisée pour son âge.

En effet, il est parfois difficile de jouer l’enfant sans l’abrutir ; il en va de même pour l’écriture, et l’auteur s’en sort ainsi plutôt bien. D’autre part, le point de vue d’un enfant est un bon choix parce qu’il n’est pas trop proche non plus des événements et qu’il reste encore flexible et adaptable aux changements. Ce qui nous permet de mieux goûter aux changements subtils ou non qu’apportent un tel bouleversement historique.

Certains événements de la grande Histoire, pour ceux qui ne les ont pas vécus, peuvent sembler abstraits. Ici, l’auteure nous donne à découvrir les bouleversements provoqués par ces événements et, bien sûr, par la politique à l’échelle d’un pays, d’une société, d’un quartier, d’une famille et d’une vie. Et pour ma part, c’est le premier roman que je lis qui traite de cette époque en particulier et qui se passe en Bulgarie.

Pour un premier roman, Les cosmonautes ne font que passer est donc une belle réussite. Le style est prometteur, il a en tout cas le mérite de chercher une tonalité particulière, de déconstruire et de (re)composer, ce qui offre une sonorité littéraire rafraîchissante. Il manque peut-être encore d’un peu plus de mordant et a besoin encore de s’affirmer, le récit aurait gagné à être encore plus subversif.  Mais le texte non dénué d’humour se laisse lire  plutôt agréablement, au final.


les cosmonautes ne font que passer - CouvertureLes cosmonautes ne font que passer
Ecrit par Elitza Gueorguieva
Publié par Gallimard (collection Verticales)
A paraître le 25/08/2016 date prévisionnelle)
Roman, contemporain, Bulgarie
16,50€, 184 pages


Résumé :
« Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont fausses… »


 En cherchant un peu d’informations sur l’auteure, j’ai découvert cette vidéo où elle parle de l’écriture de ce roman. C’est intéressant à regarder et donne un bon aperçu de son style :


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