La planète des singes de Pierre Boulle

Après avoir vu le dernier film de la trilogie, inspirée du roman dont elle propose un prélude revisité, j’avais très envie de me faire une idée sur l’histoire originale. L’occasion de découvrir une œuvre de science-fiction dont, au final, je n’avais pas vraiment idée du contenu. Quelle surprise d’y découvrir autant de réflexions sur l’humanité, sur l’évolution des espèces, sur les préjugés, sur le dogmatisme, sur la soi-disant suprématie humaine. Quelle mise en abyme géniale de nous-mêmes dans une société qui nous ressemble, mais inversée, où l’Homme est un animal et le singe l’être supérieur, car doté d’une âme identifiable et auto-proclamée. Nul doute que, si les films s’inspirent bien des tenants de cette histoire, elles n’en gardent souvent que l’aspect spectaculaire, pour laisser de côté le sujet même du récit.

Or, c’est une analyse et une critique de notre société, qu’il faut lire – du moins, que j’ai lu. Découpé en plusieurs parties – plusieurs phases – et suivant les pensées d’un journaliste, Terrien, plongé dans un monde qui lui est aussi familier qu’étranger, on se retrouve confronté par les multiples états émotifs et psychologiques, qui l’amènent presque à la folie. On est immergé et il est difficile de ne pas ressentir de l’empathie, et un sentiment de malaise aisément compréhensible, mais assez troublant. Le livre est efficace, car au-delà de l’aspect fantastique, la construction de cette société est tellement réaliste, la psychologie des singes si bien développée, les relations si complexes, que tout paraît d’une crédibilité qui en est gênante. Oui, car il faut bien se dire que tout ce qui est décrit n’a pas été inventé.

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#RLN2017 : La Rentrée Littéraire du Net 2017 (du 10/08 au 15/10)

La Booktubeuse PikoBooks, dont je vous invite à découvrir sa chaîne ou son blog (elle est passionnante !), propose de s’approprier la rentrée littéraire afin de mettre en lumière d’autres auteurs ou d’autres maisons d’édition que ceux qu’on retrouve(ra) forcément dans tous les médias, et qui sont déjà bien connus et n’ont pas forcément besoin de plus de publicité.

Comme elle le rappelle, il ne s’agit pas de dire qu’ils le déméritent, mais tout simplement qu’ils ne sont pas les seuls !

Elle propose ainsi deux choses. La première, et c’est évident, c’est simplement de parler de sa rentrée littéraire : de son rapport avec cette période de l’année et des livres, des auteurs ou des maisons d’édition qu’on aime et dont un ou plusieurs titres prévus pour la rentrée littéraire nous ont fait de l’œil. La seconde, c’est un challenge : celui de parler de sa rentrée littéraire et de s’engager à lire au moins deux titres sortis entre août et octobre. Je vous invite à cliquer ici pour en savoir plus !

Quant à moi, je n’aurais pas le temps de faire le challenge (et puis, je m’y tiens jamais), aussi je vais me contenter de vous citer une dizaine de livres qui me tentent de cette rentrée littéraire. Et comme je suis toujours aussi bavarde, je ne citerai pour chaque livre que 3 ou 4 raisons qui me donnent envie de les lire ! A vous de vous montrer curieux en cliquant sur les titres pour aller lire les résumer directement sur le site des éditeurs.

Allez, c’est parti!
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Monthly Best Of Culture – Août 2017

Ah, l’été. Mais où es-tu passé ?

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THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Août 2017

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LE TOP

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#1 – The Tatami Galaxy (四畳半神話大系) de Masaaki YUASA
Catégorie : Série d’animation japonaise

Si elle ne compte que douze épisodes (en réalité, onze épisodes, auquel un bonus est venu s’ajouter), il est difficile de la résumer tellement cette série d’animation japonaise est originale – dans tous les sens possibles du terme. On suit onze facettes de la vie étudiante qu’aurait pu avoir le protagoniste (qui ne sera jamais directement nommé) en fonction de ses choix de clubs. Son ambition est pourtant simple : trouver un club qui l’aiderait à mener une vie en rose durant laquelle il se trouverait une copine aux cheveux noirs pour la partager. Mais rien ne semble cependant jamais aller comme il le faut et sa vie étudiante se résume systématiquement à un cuisant échec. Ainsi au fil des épisodes, on suit ses multiples déboires à travers le cercle temporel dans lequel il semble bloqué. C’est un dessin animé surréaliste, complètement loufoque, au dessin à la fois très épuré et très stylisé, qui utilise des techniques mixtes d’animation. Parfois complètement déroutant, souvent dérangé, il est surtout captivant et, dans le fond, plus complexe qu’il ne le paraît.
Derrière sa façade farfelue et décousue, il est en réalité rondement bien ficelé. Si chaque épisode se concentre sur ce qu’il serait arrivé du héros s’il avait fait tel choix de club, et donc étudie l’effet papillon, les épisodes ne sont pas dénués de points communs, tissant des fils difficile à démêler. Il y a des scènes qui vont quasi-systématiquement se répéter, avec cependant des nuances découlant des choix du héros ; des personnages communs que l’on retrouvera dans plusieurs épisodes et qui vont même évoluer (ou alors est-ce notre regard qui est amené à évoluer sur eux ?). Par exemple, il y aura toujours cette scène où le héros croise une vieille voyante qui lui fera peu ou prou toujours la même prédiction, en augmentant cependant son prix de consultation de 1000 yens à chaque épisode – humour de dérision que l’on retrouvera tout le long de la série. Les deux derniers épisodes, les plus conceptuels et qui donnent à réfléchir, servent à décrypter ce que la série laisse transparaître en filigramme, sans pour autant le prémâcher au spectateur.
Bref, c’est court, impertinent, et bien évidemment, c’est topissime (excepté sans doute quelques stéréotypes principalement sexistes…).

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#2 – Prisoners de Denis VILLENEUVE
Catégorie : Film

Après le très bon Premier contact vu en début d’année, j’avais très envie de rattraper ce film si réputé du réalisateur. Et je n’ai pas été déçue pour un sou, d’autant que le casting est vraiment bon. J’ai notamment beaucoup apprécié retrouver Hugh JACKMAN dans un autre rôle que celui dans lequel la saga X-Men l’a enfermé, et dans de biens meilleurs films que les pitoyables Real Steel et Chapie. Et on peut dire qu’il a investi son personnage d’une aura qui m’a fait trembler durant le film. Il a réussi à participer à la tension de celui-ci, par sa prestance, son jeu juste et son charisme. Et bien sûr, Jake GYLLENHAAL, Viola DAVIS et Terrence HOWARD sont loin d’être en reste. En plus de leur excellent jeu, il ne faut pas oublier la réalisation – très bonne, elle aussi. L’ambiance est palpable, l’atmosphère électrique, la violence latente. On n’est jamais tranquille, partagé dans le dilemme moral de ces familles déchirées par la disparition de leurs filles. La langueur du film participe pleinement à sa dureté mais peut aussi faire sentir quelques longueurs – qui, pour le coup, ne m’ont pas trop dérangé.

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#3 – Johnny et la bombe (Les aventures de Johnny MAXWELL #3) de Terry PRATCHETT
Catégorie : Roman

Mon tout premier Terry PRATCHETT ! Et conclusion : il ne sera certainement pas le dernier. C’est un roman jeunesse qui aborde le retour dans le temps, d’une façon très étonnante et crédible. Son traitement est excellent – et peut-être le meilleur que j’ai pu lire en littérature. L’auteur le rend intelligible à son lecteur, tout en l’amenant à y réfléchir, quitte à se retourner le cerveau en le faisant. En plus, il l’intègre dans son histoire, non comme vecteur, mais comme réel sujet, étudiant les conséquences qu’engendrerait un retour dans le temps. Mais Johnny et la bombe, c’est également un roman satirique de la société qui se moque allègrement des stéréotypes racistes et sexistes, tout en faisant vivre à ses personnages une aventure rocambolesque très prenante. C’est très bien écrit et avec une certaine poésie. A offrir à tous les jeunes lecteurs ! P.S. : Nul besoin d’avoir lu les deux premiers tomes pour découvrir celui-ci (c’est d’ailleurs mon cas).

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Les bonnes surprises :

  • Sukkwan Island de David VANN [Livre]
  • Indian Creek de Pete FROMM [Livre]
  • Cérès et Vesta de Greg EVANS [Livre] (voir ma chronique)
  • Les mémoires d’un tricheur de Sacha GUITRY [Livre]
  • Kintsugi de Mélissandre L [Livre]
  • A bout de souffle de Jean-Luc GODARD [Film]
  • Hana-Bi de Takeshi KITANO [Film]

Les découvertes :

  • Que Dios Nos Perdone de Rodrigo SOROGOYEN [Film]
  • Et maintenant on va où ? de Nadine LABAKI [Film]
  • L’été de Kikujiro de Takeshi KITANO [Film]
  • Kids Return de Takeshi KITANO [Film]
  • Zombie Kebab d’Olivier SARAJA [Livre]
  • Solaris de Stanislas Lem [Livre]
  • La malédiction du rubis (Sally Lockhart #1) de Philip PULLMAN [Livre]
  • To your Eternity (#2) de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Rétrospective Walker Evans au Centre Pompidou [Exposition]

Les mauvais élèves :


Chroniqués ce mois-ci :

Autres publications :

Bilan du Festival OFF 2017 en Avignon

Cette année encore, je suis retournée au Festival de Théâtre d’Avignon, et plus particulièrement celui qu’on nomme le « Festival OFF ». C’est un festival célèbre, qui se déroule en Juillet, pendant lequel la ville médiévale s’anime et festoie, faisant la belle part à la culture – dont elle fut la capitale européenne en 2000.

Avignon est une magnifique cité, qui a conservé une grande part de son patrimoine architectural et culturel. Je vous recommande vivement de la visiter quelques jours et plus particulièrement à cette période de l’année (malgré le risque de canicule et le coût prohibitif, il faut le reconnaître…).

Le festival est pour ma part un rendez-vous annuel qui me tient à cœur et me fait extrêmement plaisir – car, de plus, j’adore le théâtre.

Etant donné que cette année, je n’y suis allée que peu de temps et que j’y ai vu deux à trois pièces par jour, je n’ai pas eu le temps de vous faire un billet pour chaque pièce. Je profite donc de celui-ci pour vous faire le bilan du Festival de cette année. Un peu comme pour les bilans cultures mensuels, je ne vais m’attarder vraiment que sur les 3 pièces que j’ai préférées, et vous propose un rapide retour sur celles que j’ai appréciées et sur celles qui m’ont déçues. Lire la suite

Cérès et Vesta de Greg Evans

Cérès et Vesta sont les noms de deux astéroïdes que les êtres humains ont colonisés et qui ont depuis tissé entre eux des liens commerciaux, car chaque astéroïde possède les ressources dont l’autre manque. Le roman nous propose de suivre un moment clé de leur histoire, alors que sur Vesta un apartheid est mené contre les descendants des Sivadiers, une des familles pionnières de l’astéroïde.

Ces derniers sont accusés de ne pas avoir fourni au même titre que les autres familles les efforts nécessaires à la construction de Vesta, sous prétexte qu’ils n’y ont contribué qu’en fournissant un savoir-faire dont ils ont de plus gardé la propriété intellectuelle, et sans jamais mettre la main dans le cambouis. Ils sont depuis publiquement méprisés, injuriés voir même agressés, car la technologie de cet univers permet à chacun d’identifier l’origine de ceux qu’ils croisent. En plus, le gouvernement de Vesta va envenimer la situation en décrétant que dorénavant tous les héritiers de Sivadiers devront payer un impôt supplémentaire. Une partie de ces héritiers cherchera à se révolter tandis que d’autres essaieront de fuir. Le roman nous propose de suivre les deux situations, à la fois sur Vesta et sur Cérès.

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Baby Driver d’Edgar Wright

S’il est globalement bien réalisé et qu’il se révèle très divertissant, avec des bonnes idées autour de la musique et de l’ambiance qu’il cherche à retranscrire, je n’ai cessé de me demander en le regardant ce qui clochait pour que je sois à ce point en retrait du film. Ce sentiment que, alors que l’écran occupe une large part de mon champ de vision, que l’obscurité de la salle m’empêche globalement de voir autre chose, mes yeux furetaient de droite et de gauche, pour voir si d’autres comme moi n’étaient pas pleinement investis. Il manquait quelque chose à ce film, et j’avais du mal à déterminer quoi précisément.

Sans doute est-ce parce que le film est, si ce n’est bon, du moins prometteur. Visuellement, il est même assez joli. L’ambiance est présente et les propositions faites sont cool. Les scènes d’action sont lisibles – et pour moi qui ai des problèmes aux yeux, j’ai vraiment apprécié que le réalisateur ait fait un montage propre, bien rythmé, que j’étais capable de suivre et d’apprécier. Oui, il sait réaliser techniquement un bon film.

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Monthly Best Of Culture – Juillet 2017

Waouh ! Dresser le bilan culturel du mois de Juillet n’est pas une mince affaire. Je me suis sentie pousser des ailes, tant j’ai lu, vu des films et suis allée au théâtre. Évidemment, qui dit Juillet dit Festival de théâtre en Avignon (le OFF, je précise). Je ferai un billet pour en parler.

Du reste, j’étais portée par une soif insatiable de découvertes, et j’espère qu’Août sera au moins aussi appétissant.


THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Juillet 2017

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Le TOP

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#1 – Le cavalier suédois de Leo Perrutz
Catégorie : Roman

Cela faisait longtemps que je n’avais pas éprouvé un tel plaisir, semblable à celui que j’ai eu lorsque j’ai réalisé pourquoi j’aimais autant la littérature. C’est assez rare pour être mentionné, mais dans tous les livres que je lis, il n’y a en fait que peu, même dans ceux que j’ai aimé lire, qui aient assez d’impact pour être à ce point un coup de cœur. Et, Leo Perrutz, c’est tout autant une plume merveilleuse qu’un véritable conteur. En tout cas, la traduction lui rend un bel hommage (mais je ne saurais dire à quel point elle lui est fidèle). Le Cavalier Suédois, c’est un récit qui a une réelle atmosphère, un décor si clairement décrit qu’il en paraît réel et historique. Les personnages sont, comme dans les meilleurs contes, un peu caricaturaux mais très crédibles dans l’histoire qu’ils jouent. C’est délicieux, jouissif, quand un auteur arrive à ce point à colorer les voix des personnages, que chaque bouleversement est une chatouille pour le lecteur harponné, qui ne peut plus se détacher du livre et continue à le vivre, même après l’avoir refermé.

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#2 – The Hate You Give d’Angie Thomas
Catégorie : Roman

Lu dans le cadre du nouveau club de lecture, intitulé « Unicorns gonna read », créé par Robinou et Saefiel, qui vise à s’introduire à la lecture en VO tout en s’entraidant entre membres. Une première expérience réussie ! Si je ne suis pas forcément débutante en la matière, je me suis surtout dit que c’était l’occasion de tenter des livres différents de ceux que je choisirai en librairie par moi-même. Et à raison : ce fut une très bonne découverte que The hate you give, un roman destiné aux jeunes adultes qui est intelligemment bien écrit, diversifié, riche en thèmes, avec des personnages bien construits et beaucoup de finesse dans l’écriture. Il parle notamment de racisme, qu’il soit assumé ou intériorisé, et du rôle des médias, de deuil, d’acceptation de soi, du sentiment d’être différent, des différences entre les classes sociales, de la violence sociale, de la violence policière, du militantisme, de l’amour familial, notamment paternel, du droit à la seconde chance, etc. Tout cela imbriqué dans le récit à la première personne. L’héroïne est un personnage féminin complexe, au caractère bien trempé, mature. Un plaisir de retrouver une telle figure plurielle dans un roman Young Adult. Ses réflexions sont brillamment introduites, soulevant de nombreuses questions auxquelles le lecteur est invité à réfléchir et se faire sa propre idée. Des choix scénaristiques qui ont su me surprendre, cassant les stéréotypes et brisant toute réticence face à la complexité de l’œuvre, pourtant glissée avec modestie dans le roman. Je n’arrive pas à croire que ce soit là le premier roman de l’auteure – je suis impressionnée et doublement ravie, en attente de ce qu’elle pourra nous proposer d’autres !

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#3 – Marginalia, adaptée du « Double assassinat dans la rue Morgue » d’Edgar Allan POE par le collectif 8
Catégorie : Théâtre

C’est devenu un rendez-vous annuel. Depuis trois ans, je vais voir une création du Collectif 8 au Festival de Théâtre OFF en Avignon. Et chaque fois, je suis charmée. Ce n’est pas seulement parce qu’ils choisissent des textes forts de la littérature, qu’ils adaptent, réinterprètent merveilleusement ; ce n’est pas non plus uniquement grâce à l’excellent jeu de leurs acteurs ; ce n’est pas non plus par leur savante utilisation des techniques du cinéma qu’ils combinent avec des décors chaque fois très adaptés. C’est bien évidemment à cause de tout cela. La fusion des deux acteurs a fait le charme de la pièce et a réussi à nous plonger dans l’atmosphère. L’ambiance sonore ajoutée aux projections nous donne l’impression d’avoir plongé à travers le voile de l’écran du cinéma. On est happé par le texte, par leurs voix, par les effets visuels, autant virtuels que réels. Un flou artistique qui joue avec les frontières de l’imaginaire dans le monde physique. Et puis, quel plaisir de voir évoluer sur scène les ancêtres, l’un excentrique, de Sherlock Holmes, et l’autre plus terre à terre, de Watson !

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Les bonnes surprises :

  • Memories of murder de Bon JOON-HO [Film]
  • Perfect blue de Satoshi KON [Film]
  • Autobiographie d’Angela DAVIS [Livre]
  • Les Maîtres d’Écosse #3 de Robyn YOUNG [Livre]
  • La fin de l’éternité d’Isaac ASIMOV [Livre]
  • Sankara Mitterand de Jacques JOUET, mise en scène par la compagnie L’Agit [Théâtre]
  • Les fourberies de Scapin de Molière, mise en scène par la compagnie L’Eternel Eté [Théâtre]
  • All you need is kill de Hiroshi SAKURAZAKA [Livre]

Les découvertes :

  • La veuve Choufleuri de Jacques OFFENBACH, mise en scène par la compagnie des Chasseurs s’entêtent [Théâtre]
  • Dernière heure 1 de Yû [Manga]
  • Okja de Bong JOON-HO [Film]
  • Little Cheung de Fruit CHAN [Film]
  • Dunkerque de Christopher NOLAN [Film]
  • Robyn à la dernière seconde de Manon FARGETTON [Livre]
  • La main tendue de Poul ANDERSON [Livre]
  • (Déjà vu : ) Edge of Tomorrow de Doug LIMAN [Film] (voir ma Chronique)
  • (Déjà lu : ) Rapport minoritaire de Philip K. DICK [Nouvelle faisant partie du recueil Total Recall/Minority Report]
  • L’invitation au château de Jean ANOUILH, mise en scène par la compagnie Oxygène[Théâtre]
  • La légende National Geographic exposée au Musée National d’Histoire Naturelle [Exposition]

Les mitigés :

  • Museum #1 et #2 de Kyôsuke TOMOE [Manga]
  • La géopolitique des émotions de Dominique MOISI [Livre]
  • L’affaire Dussaert de Jacques MOUGENOT[Théâtre]
  • Circé, tiré de L’Odyssée d’Homère, mis en scène par la compagnie Désordres [Théâtre]

Les mauvais élèves :

  • The invention of lying de Rick GERVAIS et Matthew ROBINSON [Film]
  • Passion de Brian DE PALMA [Film]
  • Pourquoi ? de Michaël HIRSCH [Théâtre]
  • Wonder woman de Patty JENKINS [Films]
  • Mytho Man de Ricky GERVAIS et Matthiew ROBINSON [Films]

Point Culture (1) Thrillers japonais/américain, film d’animation, fable et musée

Devant la réalité de ma faible production, j’ai décidé de refaire des billets sur cinq œuvres ou expositions/sorties culturelles qui m’ont marquée, de façon positives ou négatives. Je n’en ferai sans doute pas de chronique à part entière, le principe est donc d’en parler de façon un peu plus synthétique pour vous partager rapidement mon avis dessus !

Allez, sans tergiverser, voici le menu du jour :

  • Creepy de Kiyoshi KUROSAWA
  • Get Out de Jordan PEELE
  • Le Grand Méchant renard de et de
  • Le livre de Perle de Timothée de Fombelle
  • Le musée de la Chasse et de la Nature

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Monthly Best Of Culture – Juin 2017

Après de longues hésitations, je pense relancer des billets « Points Cultures » qui serviraient à vous glisser en quelques mots mes avis sur les découvertes dont j’aimerais vous parler sur le blog mais pour lesquelles je n’ai soit pas assez de matière pour en faire une chronique à part entière soit pas le temps de m’y consacrer. Ça ne concernerait pas forcément l’exhaustivité de ce que je lis, vois, visite, mais plutôt un patchwork de ce qui me donne envie d’en parler. Je ne souhaite pas que cela envahisse le blog, au détriment de vraies chroniques, mais il faut bien admettre que celles-ci me prennent vraiment du temps et que je n’en publie de toute façon pas beaucoup. Or, j’aimerais me rendre plus active et, je l’espère, créer un peu plus d’échanges par ici.

En attendant que cela se mette en place, il est temps de dresser le bilan du mois de Juin, que j’ai trouvé très satisfaisant dans l’ensemble. À l’exception de ma grosse déception avec le dernier film de Kiyoshi Kurosawa, j’ai été vraiment enchantée de mes découvertes – surtout littéraires, notamment avec mon tout premier Timothée de Fombelle !

Juin, ça a également été le mois où j’ai assisté à deux concerts fantastiques, dont un que j’attendais avec avidité depuis des mois. Je raffole de musiques symphoniques, en particulier en concert. Et Joe Hisaishi a composé des sountracks formidables pour les films d’Hayao Miyazaki. Le voir jouer du piano et diriger l’orchestre en live était vraiment jouissif, impressionnant, unique ! Puis, il y a eu le concert Symphonic Odysseas, regroupant quelques soundtracks de jeux vidéos comme Final Fantasy III, VI, le superbe générique de FFVIII, mais aussi d’autres jeux que je ne connaissais pas, comme Lost Odyssey. Leur point commun ? Nobuo Uematsu, leur compositeur, qui est – en plus – resté après le concert pour une session passionnante de questions/réponses.

En fin de compte, probablement le meilleur mois de découverte de cette année 2017.


THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Juin 2017

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Le top

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#1 – Psiconautas d’Alberto VASQUEZ et Pedro RIVERO
Catégorie : Films

Un film d’animation espagnol original, désordonné, mais bien réalisé, à ne pas montrer aux jeunes enfants. Ses thèmes autant que leurs représentations dans diverses scènes sont durs et la violence ne nous est pas épargnée. Il n’est pas facile à aborder ni à comprendre, tant beaucoup de choses sont implicites, parfois éparpillées. La réalisation est impeccable, l’esthétique original et marquant. Un ton pessimiste dans l’ensemble, ce n’est pas un film d’animation à prendre à la légère. Avec son univers post-apocalyptique dense et passionnant, il est étonnant à voir, car on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre.

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#2 – Tunnel de Kim SEONG-HUN
Catégorie : Films

Un blockbuster coréen très bien réalisé, avec des effets spéciaux crédibles qui ont réussi à me donner des frissons. Les acteurs sont très bons et arrivent à nous impliquer dans leur cauchemar, à nous immerger malgré nous. Quelques petites longueurs mais qui servent aussi le film avec la sensation d’une attente interminable et insoutenable. Mais des thèmes intéressants, comme la médiatisation et la politisation de ce genre de catastrophes. Le réalisateur arrive à transmettre la tension comme le malaise, qu’il saupoudre de touches d’humour bienvenues, dont les effets renforcent les moments d’intensité. Très prometteur pour le réalisateur, à suivre !

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#3 – Banana Girl de Kei LAM
Catégorie : BD

J’adore le style de dessins et la scénarisation des planches. J’aime ces récits qui, mine de rien, en disent long, avec des thèmes divers, sous-jacents, qui intriguent, donnent envie d’en lire plus. Ici, entre autres : le changement de pays, de culture, de langues, de mode de vie ; l’intégration et l’acceptation ; la double-culture qui en résulte aussi ; la famille et la vie des parents de Kei, en Chine, pendant la révolution culturelle chinoise (passage passionnant !). L’humour est doux et coloré, comme le ton général de la bande dessinée, même quand l’artiste aborde des moments plus sombres, c’est toujours dans la nuance. J’ai vraiment apprécié voguer dans les pérégrinations de ses anecdotes, de ces bouts de vie, qui sont très touchants, et qu’elle nous rend étonnamment familiers.

Les bonnes surprises :

  • Le Grand Méchant Renard de Jonathan RENNER [Films]
  • Harry Potter and the Philosopher Stone de J.K. ROWLING [Livres]
  • Les idées noires de la physique de Vincent BONTERNS et de Roland LEHOUCQ [Livres]
  • Les maîtres de l’Ecosse T2 de Robyn YOUNG [Livres]
  • Le livre de Perle de Timothée DE FOMBELLE [Livres]
  • L’enfant et le maudit T2 de NAGABE [Manga]
  • Drop Dead D-D-D-D Demon T4 d’Inio ASANO [Manga]

Les découvertes :

  • Le musée de la Chasse et de la Découverte
  • Get out de Jordan PEELE [Films]
  • Voyage of time de Terrence MALIK [Documentaire-fiction]

Les mauvais élèves :

  • Creepy de Kiyoshi KUROSAWA [Cinéma]
  • Silence ! On tourne ! mis en scène par Patrick HAUDECOEUR [Théâtre]

Chroniqué ce mois-ci :

L’expédition de Monica Kristensen

S’il y a un polar que je retiendrai de l’expérience du Grand Prix des Lectrices ELLE, c’est bien L’expédition de Monica KRISTENSEN. Un polar glacé qui nous fait plonger dans un étrange huis-clos au milieu de l’hiver et des glaces infinies. Mais, ce que j’ai aimé, ce sont tous les détails que l’auteure donne sur la façon dont est préparée et menée une expédition, qui rendent le récit crédible et l’expérience réaliste. Et pour cause, l’écrivaine est également glaciologue et la première femme qui a conduit une expédition en Antarctique (cf. Wikipédia). Cela nous donnerait même des envies de lire un témoignage sur son expérience.

Du réalisme, il est clair que le récit n’en manque pas. Sans nous assommer d’explications, l’auteure nous donne suffisamment de détails pour nous faire comprendre à quel point organiser une expédition est difficile, coûteuse, stressante, et à quel point la vivre est une épreuve de titans. Ses personnages s’y sont préparés, mais elle arrive habilement à montrer également leur amateurisme et leur égocentrisme. Dans une narration double habilement menée, elle fait oublier la linéarité du récit, en développant une temporalité qui évite également l’ennui des moments d’accalmie, où les personnages n’ont d’autres choix que d’attendre.

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