Monthly Best Of Culture – Septembre & Octobre 2017

Cette année, comme tous les jeunes, mon Septembre a été le mois de la rentrée et du changement – changement de boulot et changement d’appartement. Ce qui implique forcément d’être beaucoup moins disponible. Aussi, à moins de faire un TOP 3 avec trois œuvres, il ne me restait plus qu’à patienter Octobre et espérer avoir un meilleur bilan – et que mes vœux soient exaucés !


The Monthly Best Of Culture

– Top 3 ! –

#1 – A Taxi Driver de Jang HOON

>>> Lire ma chronique

Comme je viens tout juste d’en publier une chronique, je vous laisse donc plutôt aller la lire en cliquant ici.
Mais c’est un très bon biopic, un excellent film historique, et un très touchant hommage au chauffeur de taxi qui conduisit un reporter journaliste venu à Gwangju filmer la violente répression militaire envers la population alors que celle-ci luttait pour la démocratie du pays. C’est un film grand public d’une très belle facture, avec un excellent acteur central, des personnages très bien construits, et une mise en scène efficace.
Un énorme succès à la Corée du Sud qui mériterait le même accueil ici !

#2 – Le Cycle des Robots #1 Les Robots et #2 Un défilé de robots d’Isaac ASIMOV

Est-il encore nécessaire de le présenter ?
Ce cycle qui a donné naissance aux Trois Lois de la Robotique, de très nombreuses fois reprises dans les œuvres SF au fil des décennies et encore aujourd’hui et qui est également très souvent citée dans les milieux scientifiques. Isaac ASIMOV se désolait dans un préambule de devenir peut-être le scientifique reconnu pour avoir créé une science fictive, il se révèle en réalité son fondateur. Est-il de fait nécessaire pour vous donner plus envie de le lire ?
Soit : d’une part, c’est très bien écrit. Réputé vulgarisateur, il est aussi bon écrivain, avec un ton décalé à souhait, qui rend la lecture fluide, plaisante, amusante parfois, mais tout en y mêlant un fond à la fois scientifique mais aussi humain, car il traite autant de problèmes mathématiques que de sujets de société. Il parle ainsi de religion, de tolérance, de conscience (humaine et / ou individuelle), de technologie, d’intelligence humaine, d’intelligence artificielle, de la complémentarité ou opposition des deux, de moralité, d’émancipation, de ce qu’être humain veut dire, de l’âme… C’est passionnant, instructif, divertissant, pertinent.
Alors, convaincus ?

#3 – Blade Runner de Scott RIDLEY

Encore et toujours de la SF. Oui – je plaide coupable !
C’est bien un genre qui m’intéresse de plus en plus, car il est très vaste, non seulement en termes de styles, mais aussi de sujets. Il peut être complètement fantasque, à la limite du fantastique ; il peut être divertissant, un page turner, une machine à imagination ; mais il peut aussi être contemplatif et intimiste. Et c’est le cas d’une œuvre comme Blade Runner, du moins l’interprétation qu’en a fait le réalisateur, car je n’ai pas encore lu l’œuvre originale de Philip K. Dick (un jour prochain, sans doute).
Avant tout, c’est un film qui est visuellement fascinant. Sa direction artistique est assez dingue, tellement soignée que malgré les années, il ne semble n’avoir que peu vieilli. Les effets spéciaux ne sont pas aussi dingues en soi que les images d’aujourd’hui, mais ils ont du cachet dans l’univers visuel dans lequel ils s’inscrivent. Ce qui est efficace, c’est le tout que le film compose. Et pour le cas, c’est un film où le fond, le scénario, la musique et l’image sont une unité qui le rendent ainsi particulier et savoureux.

Aussi découverts ce mois-ci :

Les bonnes surprises :

  • La planète des singes de Pierre BOUILLE [Livre] >>> Lire ma chronique
  • Téhéran Tabou d’Ali SOOZANDEH [Film]
  • Vanishing Time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM [Film] >>> Lire ma chronique
  • Le regard de Ken LIU [Livre]
  • Faith tomes #1 à 3 de plusieurs artistes [Comics]
  • Le château des étoiles #1 d’Alex ALICE [BD]

Les bonnes découvertes :

  • The wicked + The divine #1 de Jamie MCKELVIE, Kieron GILLEN et Matthew WILSON [Comics]
  • Mushishi #1 de Yuki URUSHIBARA [Manga]
  • Marie- Antoinette de Sofia COPPOLA [Film]
  • Au-revoir là-haut d’Albert DUPONTEL [Film]
  • Le grand mystère des règles de Jack PARKER [Livre]
  • To your eternity #3 de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Green mechanic #2 de Yami SHIN [Manga]

Les découvertes :

  • La planète des singes #3 Suprématie de Matt REEVES [Film]
  • Riens du tout de Cédric KAPLISH [Film]
  • Sangsues tomes #1 à #5 de Daisuke IMAI [Manga]
  • Comment vivre en héros de Fabrice HUMBERT [Livre]

Les mauvais élèves :

  • Wind river de Taylor SHERIDAN [Film]

Chroniqués dernièrement :


Aussi publié :

A Taxi Driver de Jang Hoon (Festival du Film Coréen à Paris 2017)

Excellent. Comment le décrire autrement ? Il s’agit avant tout d’un film historique et d’un bel hommage rendu à ce chauffeur de taxi, dont la réelle identité reste méconnue. Il a conduit le journaliste allemand, Jürgen Hinzpeter, au sein de la ville de Gwangju, pour couvrir le soulèvement de la population qui milite pour la démocratisation de leur pays dans les années 80. Sévèrement réprimée par l’armée qui tire à balles réelles, la violence des conflits est tue par le gouvernement qui bloque tout accès à la ville et censure toute la presse. Ce sont ainsi les vidéos du journaliste allemand qui vont dévoiler au monde entier l’inhumanité de ses actions. Mais le film ne dresse pas le portrait héroïque du reporter étranger, il filme au contraire les événements à travers le regard du chauffeur de taxi sud-coréen, donnant ainsi au spectateur une grande proximité aux événements et à la population et rendant tangible toute l’horreur de cette période.

Il s’agit également d’une œuvre cinématographique dont les qualités sont indéniables. Que ce soit dans la mise en scène, la construction narrative du récit, la mise en place des personnages, le jeu des acteurs, les plans, techniquement et scénaristiquement, A Taxi Driver est de très belle facture, surtout pour un film grand public, abordable par tout type de spectateur, peu importe ses préférences. Son efficacité vient notamment de cette construction narrative, son démarrage en douceur, avec même un ton très léger et un humour présent. Le personnage du chauffeur de taxi, central donc, est une excellente figure qui sert notamment de pivot, pour nous sombrer en douceur, mais inexorablement, dans l’horreur.

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Vanishing time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM (Festival du Cinéma Coréen à Paris 2017)

Le 12e Festival du Cinéma Coréen de Paris a eu lieu au cinéma Publicis cette semaine, l’occasion d’y découvrir des films qui n’auraient autrement pas eu la chance de sortir dans nos salles – à fort regret, d’ailleurs. Ces dernières années, après le Japon, c’est la Corée du Sud qui apporte un vent de renouveau dans nos salles obscures. Pour le moment, je n’y ai découvert que de très bonnes œuvres, si ce n’est excellentes, au moins ayant un fort potentiel. Et c’est de même lors de ce festival, des deux œuvres que j’ai vu, l’une est excellente (A Taxi Driver de Jong HOON – dont j’espère vous parler prochainement) et l’autre très prometteuse : Vanishing Time : a boy who returned de Tae-Hwa UDeuxième long métrage du réalisateur, c’est une œuvre qui s’est longuement métamorphosée : d’un thriller noir et glaçant, mêlant un brin de fantastique, l’auteur a finalement changé de regard et y a apporté une teinture fort différente : celle d’une fable fantastique sur l’enfance, sur le passage à l’âge adulte, sur l’ouverture et l’innocence du regard d’enfant, plus prompt à accepter de voir au travers du fantastique, une part de réalisme. Un film qui n’est pas sans rappeler les films de notre enfance, à la fois au niveau du style et de l’ambiance, du sentiment qu’il provoque, comme par exemple Les Goonies de Richard Dooner. Mais attention à ne pas oublier qu’il s’agit d’une réalisation coréenne, et que leur cinéma (en tout cas, celui que j’ai vu jusqu’ici) est souvent empreint d’une certaine part d’ombre, qui en fait un film en direction d’adultes, bien qu’à la portée d’enfants.

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La planète des singes de Pierre Boulle

Après avoir vu le dernier film de la trilogie, inspirée du roman dont elle propose un prélude revisité, j’avais très envie de me faire une idée sur l’histoire originale. L’occasion de découvrir une œuvre de science-fiction dont, au final, je n’avais pas vraiment idée du contenu. Quelle surprise d’y découvrir autant de réflexions sur l’humanité, sur l’évolution des espèces, sur les préjugés, sur le dogmatisme, sur la soi-disant suprématie humaine. Quelle mise en abyme géniale de nous-mêmes dans une société qui nous ressemble, mais inversée, où l’Homme est un animal et le singe l’être supérieur, car doté d’une âme identifiable et auto-proclamée. Nul doute que, si les films s’inspirent bien des tenants de cette histoire, elles n’en gardent souvent que l’aspect spectaculaire, pour laisser de côté le sujet même du récit.

Or, c’est une analyse et une critique de notre société, qu’il faut lire – du moins, que j’ai lu. Découpé en plusieurs parties – plusieurs phases – et suivant les pensées d’un journaliste, Terrien, plongé dans un monde qui lui est aussi familier qu’étranger, on se retrouve confronté par les multiples états émotifs et psychologiques, qui l’amènent presque à la folie. On est immergé et il est difficile de ne pas ressentir de l’empathie, et un sentiment de malaise aisément compréhensible, mais assez troublant. Le livre est efficace, car au-delà de l’aspect fantastique, la construction de cette société est tellement réaliste, la psychologie des singes si bien développée, les relations si complexes, que tout paraît d’une crédibilité qui en est gênante. Oui, car il faut bien se dire que tout ce qui est décrit n’a pas été inventé.

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#RLN2017 : La Rentrée Littéraire du Net 2017 (du 10/08 au 15/10)

La Booktubeuse PikoBooks, dont je vous invite à découvrir sa chaîne ou son blog (elle est passionnante !), propose de s’approprier la rentrée littéraire afin de mettre en lumière d’autres auteurs ou d’autres maisons d’édition que ceux qu’on retrouve(ra) forcément dans tous les médias, et qui sont déjà bien connus et n’ont pas forcément besoin de plus de publicité.

Comme elle le rappelle, il ne s’agit pas de dire qu’ils le déméritent, mais tout simplement qu’ils ne sont pas les seuls !

Elle propose ainsi deux choses. La première, et c’est évident, c’est simplement de parler de sa rentrée littéraire : de son rapport avec cette période de l’année et des livres, des auteurs ou des maisons d’édition qu’on aime et dont un ou plusieurs titres prévus pour la rentrée littéraire nous ont fait de l’œil. La seconde, c’est un challenge : celui de parler de sa rentrée littéraire et de s’engager à lire au moins deux titres sortis entre août et octobre. Je vous invite à cliquer ici pour en savoir plus !

Quant à moi, je n’aurais pas le temps de faire le challenge (et puis, je m’y tiens jamais), aussi je vais me contenter de vous citer une dizaine de livres qui me tentent de cette rentrée littéraire. Et comme je suis toujours aussi bavarde, je ne citerai pour chaque livre que 3 ou 4 raisons qui me donnent envie de les lire ! A vous de vous montrer curieux en cliquant sur les titres pour aller lire les résumer directement sur le site des éditeurs.

Allez, c’est parti!
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Monthly Best Of Culture – Août 2017

Ah, l’été. Mais où es-tu passé ?

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THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Août 2017

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LE TOP

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#1 – The Tatami Galaxy (四畳半神話大系) de Masaaki YUASA
Catégorie : Série d’animation japonaise

Si elle ne compte que douze épisodes (en réalité, onze épisodes, auquel un bonus est venu s’ajouter), il est difficile de la résumer tellement cette série d’animation japonaise est originale – dans tous les sens possibles du terme. On suit onze facettes de la vie étudiante qu’aurait pu avoir le protagoniste (qui ne sera jamais directement nommé) en fonction de ses choix de clubs. Son ambition est pourtant simple : trouver un club qui l’aiderait à mener une vie en rose durant laquelle il se trouverait une copine aux cheveux noirs pour la partager. Mais rien ne semble cependant jamais aller comme il le faut et sa vie étudiante se résume systématiquement à un cuisant échec. Ainsi au fil des épisodes, on suit ses multiples déboires à travers le cercle temporel dans lequel il semble bloqué. C’est un dessin animé surréaliste, complètement loufoque, au dessin à la fois très épuré et très stylisé, qui utilise des techniques mixtes d’animation. Parfois complètement déroutant, souvent dérangé, il est surtout captivant et, dans le fond, plus complexe qu’il ne le paraît.
Derrière sa façade farfelue et décousue, il est en réalité rondement bien ficelé. Si chaque épisode se concentre sur ce qu’il serait arrivé du héros s’il avait fait tel choix de club, et donc étudie l’effet papillon, les épisodes ne sont pas dénués de points communs, tissant des fils difficile à démêler. Il y a des scènes qui vont quasi-systématiquement se répéter, avec cependant des nuances découlant des choix du héros ; des personnages communs que l’on retrouvera dans plusieurs épisodes et qui vont même évoluer (ou alors est-ce notre regard qui est amené à évoluer sur eux ?). Par exemple, il y aura toujours cette scène où le héros croise une vieille voyante qui lui fera peu ou prou toujours la même prédiction, en augmentant cependant son prix de consultation de 1000 yens à chaque épisode – humour de dérision que l’on retrouvera tout le long de la série. Les deux derniers épisodes, les plus conceptuels et qui donnent à réfléchir, servent à décrypter ce que la série laisse transparaître en filigramme, sans pour autant le prémâcher au spectateur.
Bref, c’est court, impertinent, et bien évidemment, c’est topissime (excepté sans doute quelques stéréotypes principalement sexistes…).

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#2 – Prisoners de Denis VILLENEUVE
Catégorie : Film

Après le très bon Premier contact vu en début d’année, j’avais très envie de rattraper ce film si réputé du réalisateur. Et je n’ai pas été déçue pour un sou, d’autant que le casting est vraiment bon. J’ai notamment beaucoup apprécié retrouver Hugh JACKMAN dans un autre rôle que celui dans lequel la saga X-Men l’a enfermé, et dans de biens meilleurs films que les pitoyables Real Steel et Chapie. Et on peut dire qu’il a investi son personnage d’une aura qui m’a fait trembler durant le film. Il a réussi à participer à la tension de celui-ci, par sa prestance, son jeu juste et son charisme. Et bien sûr, Jake GYLLENHAAL, Viola DAVIS et Terrence HOWARD sont loin d’être en reste. En plus de leur excellent jeu, il ne faut pas oublier la réalisation – très bonne, elle aussi. L’ambiance est palpable, l’atmosphère électrique, la violence latente. On n’est jamais tranquille, partagé dans le dilemme moral de ces familles déchirées par la disparition de leurs filles. La langueur du film participe pleinement à sa dureté mais peut aussi faire sentir quelques longueurs – qui, pour le coup, ne m’ont pas trop dérangé.

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#3 – Johnny et la bombe (Les aventures de Johnny MAXWELL #3) de Terry PRATCHETT
Catégorie : Roman

Mon tout premier Terry PRATCHETT ! Et conclusion : il ne sera certainement pas le dernier. C’est un roman jeunesse qui aborde le retour dans le temps, d’une façon très étonnante et crédible. Son traitement est excellent – et peut-être le meilleur que j’ai pu lire en littérature. L’auteur le rend intelligible à son lecteur, tout en l’amenant à y réfléchir, quitte à se retourner le cerveau en le faisant. En plus, il l’intègre dans son histoire, non comme vecteur, mais comme réel sujet, étudiant les conséquences qu’engendrerait un retour dans le temps. Mais Johnny et la bombe, c’est également un roman satirique de la société qui se moque allègrement des stéréotypes racistes et sexistes, tout en faisant vivre à ses personnages une aventure rocambolesque très prenante. C’est très bien écrit et avec une certaine poésie. A offrir à tous les jeunes lecteurs ! P.S. : Nul besoin d’avoir lu les deux premiers tomes pour découvrir celui-ci (c’est d’ailleurs mon cas).

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Les bonnes surprises :

  • Sukkwan Island de David VANN [Livre]
  • Indian Creek de Pete FROMM [Livre]
  • Cérès et Vesta de Greg EVANS [Livre] (voir ma chronique)
  • Les mémoires d’un tricheur de Sacha GUITRY [Livre]
  • Kintsugi de Mélissandre L [Livre]
  • A bout de souffle de Jean-Luc GODARD [Film]
  • Hana-Bi de Takeshi KITANO [Film]

Les découvertes :

  • Que Dios Nos Perdone de Rodrigo SOROGOYEN [Film]
  • Et maintenant on va où ? de Nadine LABAKI [Film]
  • L’été de Kikujiro de Takeshi KITANO [Film]
  • Kids Return de Takeshi KITANO [Film]
  • Zombie Kebab d’Olivier SARAJA [Livre]
  • Solaris de Stanislas Lem [Livre]
  • La malédiction du rubis (Sally Lockhart #1) de Philip PULLMAN [Livre]
  • To your Eternity (#2) de Yoshitoki OIMA [Manga]
  • Rétrospective Walker Evans au Centre Pompidou [Exposition]

Les mauvais élèves :


Chroniqués ce mois-ci :

Autres publications :

Bilan du Festival OFF 2017 en Avignon

Cette année encore, je suis retournée au Festival de Théâtre d’Avignon, et plus particulièrement celui qu’on nomme le « Festival OFF ». C’est un festival célèbre, qui se déroule en Juillet, pendant lequel la ville médiévale s’anime et festoie, faisant la belle part à la culture – dont elle fut la capitale européenne en 2000.

Avignon est une magnifique cité, qui a conservé une grande part de son patrimoine architectural et culturel. Je vous recommande vivement de la visiter quelques jours et plus particulièrement à cette période de l’année (malgré le risque de canicule et le coût prohibitif, il faut le reconnaître…).

Le festival est pour ma part un rendez-vous annuel qui me tient à cœur et me fait extrêmement plaisir – car, de plus, j’adore le théâtre.

Etant donné que cette année, je n’y suis allée que peu de temps et que j’y ai vu deux à trois pièces par jour, je n’ai pas eu le temps de vous faire un billet pour chaque pièce. Je profite donc de celui-ci pour vous faire le bilan du Festival de cette année. Un peu comme pour les bilans cultures mensuels, je ne vais m’attarder vraiment que sur les 3 pièces que j’ai préférées, et vous propose un rapide retour sur celles que j’ai appréciées et sur celles qui m’ont déçues. Lire la suite

Cérès et Vesta de Greg Evans

Cérès et Vesta sont les noms de deux astéroïdes que les êtres humains ont colonisés et qui ont depuis tissé entre eux des liens commerciaux, car chaque astéroïde possède les ressources dont l’autre manque. Le roman nous propose de suivre un moment clé de leur histoire, alors que sur Vesta un apartheid est mené contre les descendants des Sivadiers, une des familles pionnières de l’astéroïde.

Ces derniers sont accusés de ne pas avoir fourni au même titre que les autres familles les efforts nécessaires à la construction de Vesta, sous prétexte qu’ils n’y ont contribué qu’en fournissant un savoir-faire dont ils ont de plus gardé la propriété intellectuelle, et sans jamais mettre la main dans le cambouis. Ils sont depuis publiquement méprisés, injuriés voir même agressés, car la technologie de cet univers permet à chacun d’identifier l’origine de ceux qu’ils croisent. En plus, le gouvernement de Vesta va envenimer la situation en décrétant que dorénavant tous les héritiers de Sivadiers devront payer un impôt supplémentaire. Une partie de ces héritiers cherchera à se révolter tandis que d’autres essaieront de fuir. Le roman nous propose de suivre les deux situations, à la fois sur Vesta et sur Cérès.

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Baby Driver d’Edgar Wright

S’il est globalement bien réalisé et qu’il se révèle très divertissant, avec des bonnes idées autour de la musique et de l’ambiance qu’il cherche à retranscrire, je n’ai cessé de me demander en le regardant ce qui clochait pour que je sois à ce point en retrait du film. Ce sentiment que, alors que l’écran occupe une large part de mon champ de vision, que l’obscurité de la salle m’empêche globalement de voir autre chose, mes yeux furetaient de droite et de gauche, pour voir si d’autres comme moi n’étaient pas pleinement investis. Il manquait quelque chose à ce film, et j’avais du mal à déterminer quoi précisément.

Sans doute est-ce parce que le film est, si ce n’est bon, du moins prometteur. Visuellement, il est même assez joli. L’ambiance est présente et les propositions faites sont cool. Les scènes d’action sont lisibles – et pour moi qui ai des problèmes aux yeux, j’ai vraiment apprécié que le réalisateur ait fait un montage propre, bien rythmé, que j’étais capable de suivre et d’apprécier. Oui, il sait réaliser techniquement un bon film.

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Monthly Best Of Culture – Juillet 2017

Waouh ! Dresser le bilan culturel du mois de Juillet n’est pas une mince affaire. Je me suis sentie pousser des ailes, tant j’ai lu, vu des films et suis allée au théâtre. Évidemment, qui dit Juillet dit Festival de théâtre en Avignon (le OFF, je précise). Je ferai un billet pour en parler.

Du reste, j’étais portée par une soif insatiable de découvertes, et j’espère qu’Août sera au moins aussi appétissant.


THE MONTHLY BEST OF CULTURE
Juillet 2017

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Le TOP

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#1 – Le cavalier suédois de Leo Perrutz
Catégorie : Roman

Cela faisait longtemps que je n’avais pas éprouvé un tel plaisir, semblable à celui que j’ai eu lorsque j’ai réalisé pourquoi j’aimais autant la littérature. C’est assez rare pour être mentionné, mais dans tous les livres que je lis, il n’y a en fait que peu, même dans ceux que j’ai aimé lire, qui aient assez d’impact pour être à ce point un coup de cœur. Et, Leo Perrutz, c’est tout autant une plume merveilleuse qu’un véritable conteur. En tout cas, la traduction lui rend un bel hommage (mais je ne saurais dire à quel point elle lui est fidèle). Le Cavalier Suédois, c’est un récit qui a une réelle atmosphère, un décor si clairement décrit qu’il en paraît réel et historique. Les personnages sont, comme dans les meilleurs contes, un peu caricaturaux mais très crédibles dans l’histoire qu’ils jouent. C’est délicieux, jouissif, quand un auteur arrive à ce point à colorer les voix des personnages, que chaque bouleversement est une chatouille pour le lecteur harponné, qui ne peut plus se détacher du livre et continue à le vivre, même après l’avoir refermé.

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#2 – The Hate You Give d’Angie Thomas
Catégorie : Roman

Lu dans le cadre du nouveau club de lecture, intitulé « Unicorns gonna read », créé par Robinou et Saefiel, qui vise à s’introduire à la lecture en VO tout en s’entraidant entre membres. Une première expérience réussie ! Si je ne suis pas forcément débutante en la matière, je me suis surtout dit que c’était l’occasion de tenter des livres différents de ceux que je choisirai en librairie par moi-même. Et à raison : ce fut une très bonne découverte que The hate you give, un roman destiné aux jeunes adultes qui est intelligemment bien écrit, diversifié, riche en thèmes, avec des personnages bien construits et beaucoup de finesse dans l’écriture. Il parle notamment de racisme, qu’il soit assumé ou intériorisé, et du rôle des médias, de deuil, d’acceptation de soi, du sentiment d’être différent, des différences entre les classes sociales, de la violence sociale, de la violence policière, du militantisme, de l’amour familial, notamment paternel, du droit à la seconde chance, etc. Tout cela imbriqué dans le récit à la première personne. L’héroïne est un personnage féminin complexe, au caractère bien trempé, mature. Un plaisir de retrouver une telle figure plurielle dans un roman Young Adult. Ses réflexions sont brillamment introduites, soulevant de nombreuses questions auxquelles le lecteur est invité à réfléchir et se faire sa propre idée. Des choix scénaristiques qui ont su me surprendre, cassant les stéréotypes et brisant toute réticence face à la complexité de l’œuvre, pourtant glissée avec modestie dans le roman. Je n’arrive pas à croire que ce soit là le premier roman de l’auteure – je suis impressionnée et doublement ravie, en attente de ce qu’elle pourra nous proposer d’autres !

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#3 – Marginalia, adaptée du « Double assassinat dans la rue Morgue » d’Edgar Allan POE par le collectif 8
Catégorie : Théâtre

C’est devenu un rendez-vous annuel. Depuis trois ans, je vais voir une création du Collectif 8 au Festival de Théâtre OFF en Avignon. Et chaque fois, je suis charmée. Ce n’est pas seulement parce qu’ils choisissent des textes forts de la littérature, qu’ils adaptent, réinterprètent merveilleusement ; ce n’est pas non plus uniquement grâce à l’excellent jeu de leurs acteurs ; ce n’est pas non plus par leur savante utilisation des techniques du cinéma qu’ils combinent avec des décors chaque fois très adaptés. C’est bien évidemment à cause de tout cela. La fusion des deux acteurs a fait le charme de la pièce et a réussi à nous plonger dans l’atmosphère. L’ambiance sonore ajoutée aux projections nous donne l’impression d’avoir plongé à travers le voile de l’écran du cinéma. On est happé par le texte, par leurs voix, par les effets visuels, autant virtuels que réels. Un flou artistique qui joue avec les frontières de l’imaginaire dans le monde physique. Et puis, quel plaisir de voir évoluer sur scène les ancêtres, l’un excentrique, de Sherlock Holmes, et l’autre plus terre à terre, de Watson !

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Les bonnes surprises :

  • Memories of murder de Bon JOON-HO [Film]
  • Perfect blue de Satoshi KON [Film]
  • Autobiographie d’Angela DAVIS [Livre]
  • Les Maîtres d’Écosse #3 de Robyn YOUNG [Livre]
  • La fin de l’éternité d’Isaac ASIMOV [Livre]
  • Sankara Mitterand de Jacques JOUET, mise en scène par la compagnie L’Agit [Théâtre]
  • Les fourberies de Scapin de Molière, mise en scène par la compagnie L’Eternel Eté [Théâtre]
  • All you need is kill de Hiroshi SAKURAZAKA [Livre]

Les découvertes :

  • La veuve Choufleuri de Jacques OFFENBACH, mise en scène par la compagnie des Chasseurs s’entêtent [Théâtre]
  • Dernière heure 1 de Yû [Manga]
  • Okja de Bong JOON-HO [Film]
  • Little Cheung de Fruit CHAN [Film]
  • Dunkerque de Christopher NOLAN [Film]
  • Robyn à la dernière seconde de Manon FARGETTON [Livre]
  • La main tendue de Poul ANDERSON [Livre]
  • (Déjà vu : ) Edge of Tomorrow de Doug LIMAN [Film] (voir ma Chronique)
  • (Déjà lu : ) Rapport minoritaire de Philip K. DICK [Nouvelle faisant partie du recueil Total Recall/Minority Report]
  • L’invitation au château de Jean ANOUILH, mise en scène par la compagnie Oxygène[Théâtre]
  • La légende National Geographic exposée au Musée National d’Histoire Naturelle [Exposition]

Les mitigés :

  • Museum #1 et #2 de Kyôsuke TOMOE [Manga]
  • La géopolitique des émotions de Dominique MOISI [Livre]
  • L’affaire Dussaert de Jacques MOUGENOT[Théâtre]
  • Circé, tiré de L’Odyssée d’Homère, mis en scène par la compagnie Désordres [Théâtre]

Les mauvais élèves :

  • The invention of lying de Rick GERVAIS et Matthew ROBINSON [Film]
  • Passion de Brian DE PALMA [Film]
  • Pourquoi ? de Michaël HIRSCH [Théâtre]
  • Wonder woman de Patty JENKINS [Films]
  • Mytho Man de Ricky GERVAIS et Matthiew ROBINSON [Films]