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Les années douces – Jirô Taniguchi

Les années douces

Les années douces (センセイの鞄 Sensei no Kaban)
Dessiné et scénarisé par Jirô Taniguchi
d’après le roman de Hiromi Kawakami
Série terminée en 2 tomes
Publiée par CASTERMAN écritures
Japon, 2009
Tranches de vie


« Siroter du saké, l’un à côté de l’autre, dans notre habituel troquet… c’est plutôt cela notre style de rencontre. Je dis « rencontre », mais en fait, nous ne nous fixons pas rendez-vous. Nous nous retrouvons par hasard, à la même heure, au même endroit.« 


Note globale :

5/10


Jirô Taniguchi. Pour moi, ce nom s’associe à deux grands chefs d’œuvre de la bédé japonaise : Quartier lointain et Le journal de mon père. Deux œuvres immenses sur l’amour, la famille, le pardon, mais surtout sur la vie. Car les bédés du célèbre mangaka sont de véritables odes à la vie – c’est ainsi du moins que je les ai perçus. Même parmi ses autres œuvres comme Un zoo en hiver ou encore Un ciel radieux. L’auteur veut croire aux secondes chances, un thème majeur dans son œuvre. Les années douces suit ce même chemin. Et pourtant, pour la seconde fois (avec Un gourmet solitaire), je me suis un peu ennuyée dans ma lecture.

Avec Les années douces, adapté du roman d’Hitomi Kawakami, l’auteur nous parle de la relation inter-générationnelle entre une femme, Tsukiko, rencontrant un de ses professeurs de lycée qui enseignait le japonais dans un restaurant où elle a l’habitude de venir dîner le soir. Nous suivons leurs différentes rencontres à travers les chapitres et apprenons au compte goutte un peu de la vie de chacun. Elle est célibataire, il est veuf. Elle a gardé un certain esprit enfantin et naïf, il a le plaisir des goûts simples et traditionnels.

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La relation étrange entre un ancien professeur et son élève va petit à petit se transformer en une relation d’amitié, puis d’amour – bien que Tsukiko sera toujours incapable de l’appeler autrement que par le terme respectueux « Maître », marquant leur différence non seulement de génération mais de hiérarchie relationnelle.

Il faut reconnaître que le mangaka excelle dans la façon dont il retransmet les moindres gestes du professeur, précis, assurés, avec toute la retenue due à son âge et sa position d’aîné. L’originalité de ce manga vis-à-vis du reste de son œuvre est que pour une fois c’est une femme qui est au centre de l’histoire même si son regard est surtout tourné vers le Maître. Comme dans Un gourmet solitaire, bon nombre de scènes ont lieu dans le restaurant qu’ils fréquentent nous laissant savourer avec envie les plats qu’ils affectionnent – Jirô Taniguchi a toujours réussi à me faire saliver devant les mets qu’il présente.

Les années douces est une œuvre nostalgique, étrangement triste et pleine de solitude – cette solitude qui justement unit étroitement les deux personnages qui vont chercher l’un auprès de l’autre la tendresse et l’affection qui leur manque au quotidien.

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Le manga est ainsi doté de belles qualités – qu’on ne peut lui nier. Mais cependant, je dois admettre que malgré celles-ci, je n’ai pas été plus que ça charmée par l’histoire. Certes, les personnages sont intéressants, le réalisme de leurs gestes, leurs attitudes, est appréciable. Mais je n’ai pas été touchée par leur histoire.

Si le premier tome est particulièrement attaché aux déambulations de leurs rencontres hasardeuses, laissant place à la vie de Tsukiko de s’exprimer autrement que par celles-ci, le second prend une tournure différente, plus narrative, mais aussi plus floue et embrouillée. J’ai un peu été perdue par l’étrange chronologie, faisant croiser des scènes et des flashbacks sans que ce soit très clair. Un aspect plus fantastique est assez surprenant dans un manga où durant tout le premier tome, nous étions restés sur des scènes très réalistes, des tranches de vie ordinaires de gens ordinaires.

Quant à la fin de l’histoire, l’histoire avec les Tengus, je ne suis pas certaine d’avoir saisi ce que l’auteur cherchait à nous dire avec ce passage surl’enfance de Tsukiko…

Au final, je ne suis pas sûre que je me rappellerai de cette histoire d’ici quelques mois, alors que j’ai toujours en tête des scènes entières de Quartiers lointains, Le journal de mon père et même d’Un ciel radieux. Malgré des thèmes intéressants, la retenue dans la relation inter-générationnelle, la solitude et le manque d’amour et de tendresse qui caractérise à leur façon chacun des personnages, Les années douces n’a pas été à la hauteur des espérances que j’en avais – et ça faisait très longtemps que ce manga me faisait envie.

Je suis donc un peu déçue de ma lecture, bien que ce soit quand même une bédé de qualité, en particulièrement concernant le dessin qui, tout en étant assez simple, rend très bien les gestes appliqués et les attitudes de chacun des personnages – surtout du Maître.

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  1. Je n’ai pas lu ce Taniguchi, dommage que tu aies été déçue. C’est vrai que Quartier lointain est un chef d’oeuvre ^^

    • Je trouve qu’il y manque une certaine âme, plus de recherche, de profondeur… Peut-être m’étais-je fait trop d’idées dessus ! ^^

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