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Dômu, Rêves d'enfants – Katsuhiro Ôtomo

Dômu

Titre – Dômu, rêves d’enfants
Dessinateur – Katsuhiro Ôtomo
Éditions – Les humanoïdes associés, 2003
Genre – Fantastique, Policier, Suspence
Origine – Japon – Volumes – OneShot


« L’action prend place dans un quartier résidentiel japonais, ensemble de barres d’immeubles immenses, où la police enquête sur de mystérieux meurtres. Disparitions d’objets, destruction inexplicable du voisinage, rien ne semble expliquer le mal qui sévit dans ces résidences. Tandis que la police enquête, les enfants, eux, savent.. »


Note globale :

6/10


Beaucoup connaissent Katsuhiro Ôtomo pour son œuvre majeure dans le manga, Akira. Ne l’ayant jamais lu (mais ayant vu son adaptation – en partie toutefois), j’ai été ravie de tomber sur une autre bédé de ce mangaka afin de tâter le terrain et me décider ensuite à me lancer dans l’aventure. Je dois dire que Dômu, mélange d’étonnant entre suspense, policier et fantastique, est un manga qui se lit d’une traite, tant le rythme effréné ne nous laisse aucun repos pour faire autre chose à côté. Un dynamisme fou, un sens du cadrage que je n’ai jamais vu dans un manga, cette œuvre m’a impressionnée, d’autant que je ne suis à la base pas fan ni des enquêtes policières ni des univers aussi angoissants et violents que celui-ci.

Quand on sait qu’il s’agit de la première bédé du mangaka, on ne peut qu’applaudir la qualité de celle-ci. Les dessins, certes un peu vieillis, sont chargés de détails. La grande qualité – la principale, en fait – de ce manga réside justement dans ce cadrage, révolutionnaire, semblable à celui d’une caméra bien maniée, qui donne un tel rythme et un tel dynamisme au dessin qu’on pourrait le croire animé. Ainsi, les explosions, ainsi les phénomènes fantastiques, ainsi les mouvements des personnages, la course poursuite, les arrêts sur image – aussi – tout mouvement est superbement rendu, ce qui renforce d’autant plus la fascination que procure cette bédé. Comme dans un film, on ne veut – ne peut – décemment mettre en pause notre lecture. Impossible.

Deux bémols toutefois. Il y a des personnages dont la physionomie et le trait sont si semblables que j’ai eu du mal à les distinguer d’une page à l’autre… Et si les cadrages sont impressionnants, je dois admettre que le découpage des différentes scènes et du scénario laisse parfois à désirer, nous perdant très souvent en route. C’est comme si on vous coupait l’herbe sous le pied alors même que vous n’avez pas encore songé à l’y poser : l’effet escompté est raté et vous vous retrouvez juste perplexe.

Dômu - enfant

Dômu est aussi une réussite dans l’atmosphère qu’il installe durant tout le manga. De l’enquête policière au surnaturel, nous sommes plongés dans un univers mystérieux, angoissant. Le fantastique, particulièrement réussi, apporte une dimension supplémentaire renforçant la tension dans laquelle nous sommes inéluctablement piégés. L’ambiance nous transporte dans l’histoire, au milieu de ces résidents qui ne se doutent de rien et parmi lesquels rode probablement le tueur en série, nous faisant attendre et chercher avec angoisse le moindre élément suspect.

Et pourtant, malgré la forme qui est de fait spectaculaire, je regrette que l’histoire, au fond, ne soit pas mieux ficelée, plus dense. C’est quelque part terriblement frustrant car on est captivé par quelque chose qui semble en même temps ne rester qu’en surface. Déroutant, comme tout est donné et en même temps aucune explication n’est proposée. Au final, on ne comprend rien de ce qui s’est produit, quand bien même on apprend qui est le coupable et comment il a été arrêté… Tout le reste demeure flou.

De fait, Dômu en devient un manga procurant énormément de sensations – en cela, il n’y a rien à redire – sans jamais proposer de véritable histoire. C’est un spectacle dantesque, alors même que le reste chancèle dans une sorte d’abandon, comme l’enquête policière qui, si elle démarre bien, posant les bases du mystère et de l’ambiance angoissante, n’aboutit à rien et est vite abandonnée au profit du fantastique et du surnaturel – lui même donnant des pages impressionnantes à voir, mais restera inexpliqué et creux, au final.

C’est pourquoi la note est aussi ambigüe : d’un côté, j’ai aimé ce que j’ai lu et, je me répète encore, j’ai été impressionnée par le travail du mangaka ; d’un autre côté, je regrette une histoire pas assez poussée, des réponses oubliées, une profondeur absente, et un découpage aléatoire qui manque un peu son but. Pour autant, il faut remettre dans le contexte le fait que c’est le premier manga de Katsuhiro Ôtomo, ce qui laisse déjà pantois face à la qualité du travail proposé. Je n’imagine pas ce que ce sera alors dans son oeuvre majeure… C’est décidé, je me plonge dans Akira, sans hésiter.

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  1. Très bon avis, complet et intéressant. Merci de m’avoir prévenue 😉

    • Merci!
      As-tu lu ce manga ? Ou un autre du mangaka ? Akira peut être ? 🙂

      • Non, mais Akira fait parler de lui, et me tente fortement! 😉

  2. […] rébellion de la jeunesse contre le pouvoir, et d’autre part, Dômu (dont je vous parle dans une précédente chronique), pour l’aspect fantastique et d’épouvante lié à des êtres dotés de pouvoirs […]

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