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Les Outrepasseurs #1 : Les Héritiers – Cindy Van Wilder

Les Outrepasseurs #1 : Les Héritiers
Écrit par Cindy Van Wilder
Publié par Gulf Stream, 2014
Young Adult, Fantastique
Broché Grand Format, 352 pages, 18€
Le site de l’éditeur (francophone)
Le blog de l’auteur (francophone)
18€, 347 pages


Résumé :
« Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout… »


Note globale :
7/10


Cela fait un an que je gardais précieusement cette trilogie dans ma PAL. Maintenant, je me demande pourquoi j’ai attendu ! Sans compter le travail éditorial des éditions Gulf Stream très efficace sur l’objet-livre, l’auteure a fait des choix quant à la construction de son récit risqués, mais pour ma part payants. Je m’explique.

Il faut en effet aimer les tomes introductifs. Sans être dénué ni d’action ni d’intrigue, certains seront sans doute frustrés de constater que le personnage principal n’a ici qu’un rôle d’observateur. Le choix de raconter l’origine des Outrepasseurs dès le premier tome change de l’ordinaire. Dans d’autres livres, on la retrouverait plutôt distillée à travers les tomes, or le passé ne sert pas ici de twist ni de clé pour avancer dans l’histoire. Il sert véritablement d’initiateur.

Cela a un premier effet très positif : l’étonnement suivi par la perplexité éveille aussitôt notre curiosité. C’est plaisant de lire enfin quelque chose de différent. A la fin de ce premier tome, tout reste à faire et on ne sait pas encore dans quoi nous nous sommes lancés. Le récit du passé, s’il nous apprend énormément sur l’origine des Outrepasseurs, n’est pas non plus complet. Au final, mon reproche serait plutôt de dire que le présent manque encore d’épaisseur : l’histoire des Outrepasseurs originels m’intéresse vraiment et j’espère que les tomes suivants continueront à leur donner une place importante dans le récit.
Le roman se bonifie au sein même de ce premier tome : outre le prologue qui fait vraiment bien son effet, l’introduction du fantastique dans la vie normale de Peter est un peu maladroite. Notamment parce que nous avons à peine le temps de rencontrer celui-ci que tout commence à s’enchaîner très rapidement. J’aurais ainsi apprécié passer un peu plus de temps au préalable avec Peter. L’espace d’un chapitre supplémentaire, non pour aborder plus en avant l’intrigue – car celle-ci est justement dosée comme elle est – mais plutôt pour donner plus de contenance à ce personnage. En effet, comme dit plus haut, je suis bien plus intriguée par ce qui est arrivé dans le passé que par ce qui va se passer dans le présent. Même si tout reste à faire.

Par contre, l’écriture s’améliore clairement dès la première plongée dans le passé. Elle devient prenante, agile, efficace. Les scènes au Moyen Âge sont très bien menées. En termes de gestion des personnages (pourtant nombreux), d’action ou d’intensité des scènes, elles sont même bien meilleures que les chapitres se déroulant dans le présent qui pour leur part paraissent superficielles, peu exploitées (même si cet aspect s’améliore au fil des chapitres).

Globalement, la construction du récit a ce second effet positif qu’elle offre un rythme soutenu durant les phases de flashbacks tout en laissant quelques moments de répits à chaque remontée de Peter, ce qui permet malgré tout de ne pas oublier que ces scènes du passé font partie intégrante de l’intrigue globale du roman. Ce choix risqué n’est donc pas sans conséquence : le présent manque, comme Peter, d’épaisseur et d’une certaine façon d’enjeu – même s’il n’est pas difficile, avec ce que dévoile le passé, de se l’imaginer. Cela est surtout dû à un début moins convainquant que le reste du roman.

Par contre, l’ambivalence des personnages compose un des aspects les plus intéressants de ce premier tome. Ils sont sombres, complexés, vicieux, pluriels, fragiles, égoïstes, lui offrant une aura particulière, rafraichissante, intrigante, addictive. D’ailleurs, l’atmosphère y est en effet toute aussi sombre, pernicieuse, lourde sans jamais être désagréable. On se prête au jeu du Chasseur fasciné par les Hommes, on voudrait de même tout savoir des Outrepasseurs et des fés.  C’est d’autant plus frustrant que l’on garde à la fin de Les Héritiers l’impression de manquer des clés de compréhension nécessaires pour vraiment appréhender cet univers particulier.

Cela dit, je ne regrette rien de la façon dont ce premier volet est conçu. Bien qu’il puisse dérouter au début, j’ai beaucoup aimé son originalité. Si l’univers est en effet décrit avec parcimonie, il n’en reste pas moins riche, ponctué de mythes parfois oubliés, parfois inconnus. Le peu qu’on apprenne des fés nous met déjà en appétit : autant dire que le premier tome nous laisse clairement sur notre faim et rien ne laisse présager de la suite.

Cela plus particulièrement me plaît : cette promesse d’être surprise. Parfois, ça fait du bien !

2 Comments

  1. J’ai très envie de lire cette trilogie, mais comme pour la Passe-Muraille, j’ai peur d’être déçue, alors je repousse systématiquement…

    • Haha, c’est en effet problématique. ^^ Mais c’est peut-être un beau risque à prendre. Même s’il te déçoit, il te surprendra peut-être aussi sur certains aspects !
      En tout cas, si tu finis par le tenter, je suis curieuse d’avoir un retour. 🙂

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