La Tortue Rouge – Michael Dudok de Wit

Voilà longtemps que je n’ai pas parlé de cinéma, j’ai donc décidé de choisir un des films que j’ai le plus aimés dernièrement. J’avais un pressentiment positif quand j’ai découvert le projet, que j’ai vu la bande d’annonce et que j’ai appris qu’il serait coproduit par les studios Ghibli, à l’initiative d’Isao Takahata. Et pour cause,  la sensibilité du réalisateur s’y retrouve et nous fait vivre une heure de pur bonheur visuel. Un enchantement à ne pas rater.

A bien des égards, le synopsis ne semblait pas différer de toute robinsonnade, si ce n’est peut-être la touche de fantastique qui s’y glisse. Du reste, nous suivons l’évolution classique d’une rencontre de petit prince et de renard, d’une histoire d’amour et de famille, d’enfant qui grandit sur le point du départ, d’événement brutal venant chambouler toute une vie, d’évolution, d’amour filial mais aussi du retour de l’homme à la nature. Et c’est sur ce dernier point que le film se distancie de Robinson Crusoé.

la tortue rouge fils

Seulement, la qualité de ce film vient essentiellement de ce qu’il semble être né d’une vision. Et que tout le talent du réalisateur et de toute son équipe a été de savoir la mettre en œuvre. C’est définitivement un film d’ambiance, et ce n’est jamais ennuyant. Le scénario n’est pas dénué de rythme et de rebondissements. Il suit un cheminement, peut-être linéaire, mais qui maintient notre curiosité, porté par des choix risqués mais ici superbement exécutés.

Parmi ceux-là, celui du silence. Les personnages ne parlent pas, en effet, mais ils finissent par se comprendre d’une autre façon. Si la parole était absente, le film ne m’a pourtant pas semblé muet. Impression étrange, comme lorsqu’on commence à regarder les films en version originale sous-titrée et qu’il nous semble après coup l’avoir vu en français. De fait, la musique y joue un rôle essentiel. Un délice aux oreilles, qui nous plonge dans chaque émotion, chaque variation de l’atmosphère. La musique nous cajole autant qu’elle nous surprend. Enfin, elle m’a surprise.

En plus de la musique, du déroulement de l’histoire, je ne peux oublier de citer la beauté de l’animation. Le dessin des personnages est simple et épuré, contrastant avec la beauté des paysages dans lesquels ils évoluent. Le décor a d’ailleurs une place prépondérante, dépassant de loin celle donnée aux personnages.

tortue rouge décors

Les scènes qui m’ont marquée placent les humains dans un panorama à couper le souffle et dans lequel ils apparaissent minuscules, montrant à quel point on est finalement peu de choses. Pourtant, il n’est pas non plus question de les étouffer ou de les minimiser. Il y a justement une notion d’accord, de respect mutuel, entre l’homme et la nature, qui est au coeur du film et qui le rapproche du style d’Isao Takahata et même de tout le studio Ghibli.

Et comme je le disais au début de cette chronique, ils ont tous les deux une sensibilité qui transparaît à l’écran et à laquelle je suis particulièrement sensible.

Je pourrais continuer ainsi à revendiquer mon amour pour chaque parcelle et détails de ce film dans cette chronique dithyrambique, mais pour résumer : j’ai tout aimé. Je suis friande des films contemplatifs, encore plus quand ils sont aussi épurés et poétiques avec des moments d’intensité bien marquée. La Tortue Rouge prouve ainsi que la simplicité est un choix artistique qui peut mener très loin la créativité et ainsi réaliser une très belle œuvre. A voir !


10/10
Coup de cœur 2016


la trotue rouge afficheLa Tortue Rouge
Réalisé par Michael Dudok de Wit
Sorti en 2016
Film d’animation


Résumé :
« À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.« 


En découvrir d’avantage sur La Tortue Rouge :

A écouter la passionnante interview du réalisateur par Caroline Broué dans « La Grande Table » : « La poésie animée de Michaël Dudok de Wit » sur France Culture


Bande d’annonce :


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Lusionnelle

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