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« Françoise » : une biographie de Françoise Giroud par Laure Adler

En préambule…

Et voici l’article inaugural de cette nouvelle rubrique sur le blog : la non fiction. Qu’il s’agisse de biographies, d’essais ou de documentaires, c’est dans cette catégorie qu’entreront tous les livres ou documentaires qui ne seront donc pas une fiction.

Comme c’est le premier article, n’hésitez pas à me faire un feedback  afin que je l’améliore et nourrisse en conséquence les prochains !


françoise giroudFrançoise
Biographie de Françoise Giroud
Ecrite par Laure Adler
Publiée aux éditions Grasset en 2011
22€, 490p

4e de couverture :
« Et si Françoise Giroud était encore plus grande que sa légende ? Plus riche, plus complexe, plus intéressante que l’image d’Epinal de la jeune femme talentueuse qui devint la première journaliste de son temps ?

La trajectoire, on la connaît : engagée par Hélène Lazareff à la création de Elle puis cofondatrice de L’Express, et enfin chroniqueuse au Nouvel Observateur, l’ex script-girl de Jean Renoir avait le sens des phrases assassines : la griffe sous le sourire enjôleur. Compagne et complice de Jean-Jacques Servan-Schreiber, farouche opposante à la guerre d’Algérie, amie fidèle de Mendès France et de Mitterrand, celle qui « inventa » la Nouvelle Vague et roulait en décapotable fut une grande amoureuse, aimant le plaisir autant que le devoir. Femme politique, cette fille d’immigré turcs ne passa jamais son bac, mais devint Secrétaire d’Etat à la condition féminine sous Giscard d’Estaing. Travailleuse acharnée, élégante en diable, éprise de liberté, c’était une visionnaire, qui incarna la naissance de la femme moderne.

Mais on découvre ici que ce tempérament passionné a aussi ses zones d’ombre – expérience de la trahison, coup de folie passionnelle, tentative de suicide, mort d’un fils… Et si une phrase de sa mère, sur son lit de mort, avait déterminé sa trajectoire et son destin ?

A travers le portrait d’une femme d’exception, c ‘est une époque de feu que ressuscite ici Laure Adler : un temps, pas si lointain, où l’on savait encore se battre pour des idéaux. »


 Quelques mots sur LA BIOGRAPHE :

laure adlerAprès une thèse sur les féministes du XIXe siècle, Laure Adler intègre France Culture en 1974, qu’elle dirigera ensuite de 1999 à 2005. En 1989, elle devient conseillère à la culture avant de reprendre l’émission de Michel Field « Le cercle de minuit » sur France 2 en 1993 et ensuite l’émission « Permis de penser » sur Arte.

Laure Adler a également beaucoup travaillé pour les maisons d’édition, comme les éditions Payot, Plon, Grasset (1997), les Presses Universitaires de France (1998), les éditions du Seuil (2005).

En 1998, Laure Adler publie sa deuxième biographie après « L’amour à l’arsenic : histoire de Marie Lafarge », celle de Marguerite Duras. Elle publiera 4 autres biographies, dont celle de Françoise Giroud en 2011 et de François Mitterrand en 2015.
Elle a également publié de nombreux essais sur les femmes et le féminisme.

Laure Adler est aujourd’hui journaliste sur France Culture où elle anime l’émission « Hors Champs » et puis « Permis de penser » sur France Inter.


Quelques mots sur Françoise Giroud :

françoise giroud_photoNée Lea France Gourdji le 21 Septembre 1916 en Suisse, Françoise devient Giroud en 1938 alors qu’elle travaillait à la radio avant d’être officialisé au Journal Officiel du 12 Juillet 1964. Dès ses quatorze ans, Françoise Giroud quitte le lycée pour travailler. Elle obtient un diplôme de dactylo et se met à travailler dans une librairie de Paris.

Elle intègre rapidement le milieu du cinéma, grâce aux relations de sa famille, et devient secrétaire d’André Gide. En 1935, elle apparaît dans le générique du film « Baccara » d’Yves Mirande. Puis elle devient script-girl de Marc Allégret puis assistante metteur en scène de Jean Renoir en 1937.

Baptisée en 1942, elle se déclare catholique pour obtenir le droit de travailler sous l’Occupation dans le journal Paris-Soir à Lyon. Elle est arrêtée et incarcérée par la Gestapo de mars à juin 1944, avant d’être libérée par Joseph Joanovici.

Après la Seconde Guerre Mondiale, elle devient directrice de rédaction pour le magazine Elle sous la direction d’Hélène Lazareff, publiant également des portraits dans les journaux France Soir et France Dimanche.

Après sa rencontre avec Jean-Jacques Servant-Schreiber, qui devient alors son amant, elle cofonde L’Express en 1953, qu’elle dirigera jusqu’en 1974. Elle continuera en parallèle d’autres publications dans Italiques, par exemple, mais aussi par son premier roman, Si je mens et de nombreux essais dont un donnera le nom de « la Nouvelle Vague » au mouvement des jeunes cinéastes issus des Cahiers du Cinéma.

Très impliquée politiquement, elle devient notamment entre 1974 et 1976 secrétaire d’Etat chargée de la condition féminine puis secrétaire d’Etat à la Culture. Sa carrière politique est toutefois interrompue par un scandale par le dépôt d’une plainte pour le port illégal de la médaille de la Résistance, bien que Françoise Giroud défendra l’avoir reçue en même temps que sa sœur, Djenane.

Elle participe à la fondation de l’association Action contre la Faim en 1979 avec d’autres intellectuels comme Jacques Attali, Bernard-Henri Levy, Marek Halter, Jean-Christophe Victor. Elle continuera à travailler dans la presse, notamment dans le Nouvel Observateur où elle écrit de chroniques de télévision.

Elle est l’auteure de nombreux ouvrages : Si je meurs, La comédie du pouvoir, Le Bon Plaisir (adapté au cinéma), Une femme honorable, Leçons particulières, On ne peut pas être heureux tout le temps, etc.

Elle meurt le 19 Janvier 2003 à Paris.


Mon avis en quelques mots :

françoise giroudJe ne sais plus, à vrai dire, si j’avais déjà lu d’autres biographies, hormis celle de Simone de Beauvoir par Bernadette Costa-Prades, laquelle avait été trop succinct et calquée sur les mémoires de l’auteure, pour m’avoir donné réelle satisfaction. Autant dire que j’ai donc apprécié cette découverte de Françoise Giroud autant que l’expérience d’une biographie.

Laure Adler a une plume agréable et enveloppée, ce qui permet d’avoir une fluidité de lecture suffisante pour glisser de parties en parties sans mal. C’est de fait un vrai avantage pour un premier essai.

Le reproche que je pourrais faire, c’est de parfois se concentrer d’un peu trop près sur Jean-Jacques Servan-Schreiber (même si cela reste intéressant et important), donnant par moment l’impression de découvrir la biographie de Françoise Giroud à travers sa passion amoureuse ou  à travers son amant et ainsi de manquer de recul. Cela dit, c’est peut-être erroné.

D’un autre côté, la biographie donne en effet une place certaine sur les nuances de Françoise Giroud, dressant un portrait humain tout en positionnant la femme politique, la femme journaliste et la femme elle-même à travers des portraits aux intensités variables. Cela offre ainsi l’agréable sensation de lire une fiction bien documentée et un panorama suffisant pour tous ceux qui, comme moi, ne connaissait que peu Françoise Giroud.

Voilà une biographie que je recommande, facile à lire et qui se dévore rapidement, plaisamment, pour découvrir une femme qui a marqué l’histoire du XXe siècle.


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