Edge of Tomorrow – Doug Liman

Titre : Edge of Tomorrow – Réalisateur : Doug Liman – Année : 2014 – Genre : Science Fiction, Guerre, Action – Acteurs : Tom Cruise, Emily Blunt, Brendan Gleeson (voir détails ici)

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« Les armées du monde s’unissent afin de combattre des hordes d’extraterrestres livrant une bataille acharnée contre les habitants de la Terre.« 


Note globale :

7/10


Même si j’essaie de rester évasive, il m’est difficile de parler de ce film sans inclure quelques spoilers (pas sur la fin de l’histoire, je vous rassure, mais sur certains aspects du film).

On continue dans la lignée des dernières sorties de 2014 avec cette fois un film de science-fiction, mêlant lutte contre une invasion extraterrestre et retour dans le temps. Edge of Tomorrow est pour moi un savant mélange de  Un jour sans fin – dans le principe de la journée qui se répète à l’infini – et de Pacific Rim – dans le thème, mais aussi sur pas mal de points du scénario.

Nous suivons donc le major Cage (Tom Cruise), intégré de force au sein de l’escouade J alors que les armées terriennes se sont réunies pour lancer un ultime assaut contre l’ennemi – des extraterrestres venus envahir la Terre. Alors que l’attaque est un véritable échec, Cage va – presque malgré lui – tuer un Alpha – un extraterrestre particulier qui va lui transmettre un étrange pouvoir : celui de manipuler le temps. Ainsi, à chaque fois que Cage meurt, il retourne une journée en arrière, au moment où il se réveille dans la base. Déboussolé, ce dernier va faire la rencontre de Rita (Emily Blunt), qui est l’idole de l’armée depuis qu’elle a remporté la victoire à Verdun. Victoire, qu’elle a acquise notamment en maîtrisant ce pouvoir. Seulement, ayant perdu cette faculté après la bataille, Cage n’a pas d’autre choix que d’apprendre à la maîtriser afin d’arrêter cette boucle infernale et sauver sa vie autant que la Terre entière.

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Edge of Tomorrow n’a pas un scénario particulièrement surprenant malgré l’originalité que le retour dans le temps apporte. D’ailleurs, si je parlais de Pacific Rim plus haut, c’est que le film suit globalement le même schéma : 1/ les humains découvrent une nouvelle menace ; 2/ ils trouvent une solution qui semble gagnante ; 3/ la solution montre des faiblesses : l’ennemi apprend et anticipe leurs mouvements ; 4/ une nouvelle solution se met en place et demande donc de l’entraînement (du level up) ; 5/ les héros partent en mission suicidaire. Un schéma, finalement, assez classique du genre.

L’armure de combat des humains (leur solution gagnante, donc) et leur façon de marcher m’ont vraiment fait penser à Pacific Rim : si on m’avait demandé de transformer les robots géants en armure, c’est exactement celles-ci que j’aurais imaginées (en moins évoluée, certes) – mais ceci dit, je suis peut-être la seule à y penser. Ensuite, il y a les extraterrestres qui ont quelques similitudes : le fait qu’ils soient interconnectés et tous reliés à un noyau mère, notamment, ainsi que l’utilité que les héros vont en trouver (je m’arrête là pour ne pas trop vous spoiler mais si vous avez vu Pacific Rim, vous comprendrez probablement de quoi je parle).

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Heureusement, la notion de boucle temporelle infinie (…sinon ce ne serait pas une boucle, oui, je sais !) apporte un vrai plus dans le scénario. Et pas seulement parce que c’est un thème que j’affectionne, mais je le trouve ici cohérent et assez bien traité. Les réactions de Cage, lors des premières journées, sont très réussies : du choc, de la surprise, des phrases répétées inconsciemment, de l’ahurissement le plus total, mélangé à du second degré appréciable et bien dosé, Tom Cruise fait mouche – et c’est pour moi une surprise de l’avouer, je n’aime pas du tout cet acteur d’habitude (ce qui m’a vraiment fait hésiter avant de passer le pas).

Les choix scénaristiques ont d’ailleurs aidé à ce propos : le fait que la première journée, avant que Cage n’obtienne son pouvoir, ait été montrée que partiellement, a permis à ce que ses variantes soient à chaque fois une découverte. Bien entendu, Cage n’allait pas se contenter de revivre la même journée à l’identique – à moins d’être un suicidaire masochiste. Il y aurait eu des variantes. Mais il est quand même appréciable que celles-ci ne reposent pas toutes sur les mêmes scènes ou les touches d’humour apportées auraient été très lourdes à la longue. Et même le film aurait été tout autre : ennuyeux, certainement.

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Ce que j’ai également aimé, c’est que le personnage de Cage, un lâche déserteur qui a préféré tenter le chantage envers son supérieur plutôt que d’accepter de lui-même d’aller au combat, ne devient pas d’un coup le super-héros tout puissant qui sera ensuite l’idole de ses compatriotes – sur ce point, il faut admettre que le film s’écarte de Pacific Rim. D’ailleurs, Cage ne sera jamais un personnage apprécié, et c’est là, un point positif du film.

S’il va en effet progresser le long du film, cette évolution est crédible. Lui qui n’a jamais tenu une arme de sa vie va être forcé d’apprendre à survivre dans un champ de guerre où tout va bien trop vite pour lui. Le fait qu’il revive incessamment la même journée aide à le justifier : en retenant où les ennemis vont apparaître, il apprend avant tout à anticiper. Doug Liman n’a justement pas lésiné sur ces scènes d’apprentissage, montrant en boucle les multiples erreurs du héros, ses différents choix, et justifiant comment, malgré lui, il a été contraint d’apprendre à se battre.

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L’autre aspect induit par le retour dans le temps est sa relation avec Rita. Il ne s’agit pas d’une histoire d’amour, comme on en voit chaque fois. C’est une relation finalement complexe, étant donné que lui seul se souvient de ces journées répétées et donc lui seul apprend à la connaître et à l’apprécier. Cependant, c’est un film d’action et évidemment, cet aspect est abordé, bien traité quand il l’est, mais manque d’approfondissement. Quelques scènes sont néanmoins très réussies : celle où Cage va se retrouver dans le bar et celle où ils sont en route en France et où ils vont s’arrêter près d’une ferme. C’est dans cette dernière où justement on sent vraiment l’écart de sentiments (et de connaissance de l’autre) qui se trouve entre eux. « I wish I never knew you », cette phrase symbolique, souvent appelée dans ce genre de situations, prend alors tout son sens.

La toute dernière partie du film, quand ils vont se lancer dans la mission suicidaire, m’aurait presque déçue. Déçue, parce que les scènes de combat finales étaient courues d’avance et la façon dont ils vont vaincre l’ennemi était trop prévisible, l’effet d’humour n’a pas non plus fait mouche, cette fois – et j’ai vraiment eu l’impression de voir une variante de Pacific RimPresque, parce que la fin du film, elle, m’a quand même plu ; elle démontre d’une certaine cohérence avec les fondements du scénario (Je ne peux en dire plus sans vous la spoiler !).

Si le film est globalement une réussite et que le rythme est prenant de bout en bout, je regrette globalement le manque d’originalité du schéma scénaristique, le manque de surprise. Les défauts classiques du genre ne sont pas non plus évités, ainsi Cage qui s’en sort toujours sans égratignure qu’importe la façon dont il quitte les avions, pour ne citer que ça.

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Edge of tomorrow a aussi la particularité d’être, quelque part, dépersonnalisé – certains pourront dire défaut. C’est-à-dire que, à l’exception de quelques lieux (on n’en reconnaîtra que peu, dont le Louvre) ou au tout début du film, on est dans un décors relativement neutre, qui pourrait être n’importe où : la plupart du scénario se situe soit dans une base militaire soit sur une plage, en plein combat. Quant aux personnages, ceux-ci ont tout juste un nom, mais quasiment rien d’autre. Si j’aime évidemment les univers recherchés, les personnages creusés, ce n’est clairement pas ce que je recherchais dans ce film et il est préférable de ne pas tenir de fausses promesses. Cet univers peu développé, pour le peu qu’il est présenté, tient suffisamment la route pour être crédible.

Pour conclure, Edge of Tomorrow n’a peut-être pas un schéma particulièrement surprenant, mais développe un principe de boucle temporelle efficace et assez abouti qui le rend malgré tout quelque peu original. Dans la lignée de tous les blockbusters qui sortent actuellement, il est sans doute un de ceux qui s’en tirent le mieux. A voir si vous aimez les films du genre !

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Live. Die. Repeat.

5 réflexions au sujet de « Edge of Tomorrow – Doug Liman »

    1. Ce n’est pas exactement mauvais, mais on a vu mieux. A le comparer au divin Evangelion dont il s’inspire sans doute, il est bien en-deçà de son mentor. 😀
      C’est clair cependant que j’ai passé un bon moment à le voir !

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