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Et si on mettait un point sur nos lectures ? #4

point lecture

Après mûre réflexion, j’ai décidé de ne pas faire de « Monthly Best of Books » pour le mois de Juillet. Après tout, puis-je faire un « Top 3 » en toute objectivité si je n’ai lu que TROIS livres ? Laissez-moi douter de l’authenticité d’un tel classement. Aussi ai-je opté pour un update, à présent que deux autres romans et une bédé se sont ajoutés à la maigre pile du mois précédent.

Ceci étant dit, j’aime mieux passer au vif du sujet. Moteur, Action !

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Dans la continuité du mois de Juin, la dernière lecture achevée pour le Prix du Roman Fnac 2015

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Les Nuits de laitue de Vanessa BARBARA

les nuits de laitue

Comme pour les précédents romans (Someone d’Alice McDermott, Vie et Mort de Sophie Stark d’Anna Roth et Martine est sur Gleeden de Martine S.), je ne souhaite pas dévoiler ma note ni mon avis sur ces romans du Prix du Roman Fnac 2015. Pour cela, j’attendrai leur sortie effective afin de vous les partager soit dans des chroniques spécifiques soit dans un bilan récapitulatif qui devrait paraître fin Septembre / début Octobre. En attendant, je vous partage néanmoins son résumé.

Synopsis:
Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Sans compter qu’Ada participe intensément à la vie du voisinage, microcosme baroque et réjouissant.
Il y a d’abord Nico, préparateur en pharmacie obsédé par les effets secondaires indésirables ; Aníbal, facteur fantasque qui confond systématiquement les destinataires pour favoriser le lien social ; Iolanda et ses chihuahuas hystériques ; Mariana, anthropologue amateur qui cite Marcel Mauss à tout-va ; M. Taniguchi, centenaire japonais persuadé que la Seconde Guerre mondiale n’est pas finie.
Quant à Otto, lecteur passionné de romans noirs, il combat ses insomnies à grandes gorgées de tisane tout en soupçonnant qu’on lui cache quelque chose…
Tissé de trouvailles cocasses et volontiers délirantes, ce roman plein de finesse et d’énergie nous emporte allègrement, avec sa petite bande de joyeux doux dingues, tout en se jouant des codes du roman policier.

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Des bédés et des mangas, comme toujours…

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Sartre – Une existence, des libertés d’Anais Depommier et de Mathilde Ramadier – 7/10

sartre

Lors d’un tout petit festival de bandes dessinées fort sympathique organisé par la librairie BD de mon quartier, j’ai voulu me faire plaisir tout en étant raisonnable. J’étais d’ailleurs très ravie d’avoir l’occasion d’échanger avec la dessinatrice de Sartre, Une existence, des libertés. Première bande dessinée des deux auteures, c’est un projet ambitieux et plutôt réussi qui offre l’occasion d’approcher le célèbre philosophe et auteur, Jean-Paul Sartre. Vous le connaissez probablement pour avoir créé la philosophie existentialiste, pour son autobiographie Les Mots, ses pièces de théâtre Huis Clos ou Les Mouches, sans parler de La Nausée, ses correspondances avec Simone de Beauvoir et bien d’autres œuvres et essais.

Évidemment, tout spécialiste de Jean-Paul Sartre n’apprendrait sans doute pas grand-chose de nouveau en lisant cette bande dessinée, mais l’intention est toute autre. Au contraire, il s’agit ici de présenter l’auteur, le philosophe, en tant qu’homme, de lettres certes, mais aussi comme être social. On y découvre ainsi ses relations, tout particulièrement avec le Castor, Simone de Beauvoir, et leur fameux « pacte de poly-fidélité » mais aussi avec Paul Nizan, Maurice Merleau-Ponty, Albert Camus, etc.

Personnellement, j’ai trouvé la bande dessinée complète, détaillée, très bien illustrée. Elle permet de mettre en lumière des périodes de la vie de Sartre, des étapes, et lance l’invitation d’en savoir plus. C’est une belle façon de découvrir l’auteur philosophe, surtout si vous ne le connaissez que de nom ou à travers une ou deux de ses œuvres.

Synopsis:
« Figure emblématique de la littérature et de la philosophie française, Sartre fut une personnalité à part : libre penseur et révolutionnaire, c’était un homme moderne qui refusait les honneurs. Ce livre retrace avec émotion son engagement politique, ses écrits, sa relation fusionnelle avec Simone de Beauvoir, la création du mouvement existentialiste, etc. »

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Solanin d’Inio Asano – 7/10 (Lire ma chronique)

Solanin

L’ayant chroniqué il y a peu, je ne vais pas revenir sur ce manga en deux tomes. C’est une histoire très ordinaire mais également très touchante, une belle réflexion sur la jeunesse, sujet de prédilection de l’auteur, cette fois tournée vers les jeunes diplômés. Contrairement à Bonne nuit, Punpun qui m’avait lassé par son pessimisme et sa noirceur malsaine, Solanin est plus modéré ou nuancé, sans être d’un optimisme fou. On retrouve cette société décousue, édulcorée, où l’avenir promis est une vaste arnaque tant il semble alors morose, voir absent. On a des personnages d’un commun étonnamment authentique, permettant de nous identifier aisément à ces figures désemparées face à la promesse rompue de leur enfance.

Synopsis :
« Une petite mélodie un peu folle qui raconte notre jeunesse, imperceptible et ténébreuse. »
« Une petite histoire d’amour, drôle et triste, entre Taneda et Meiko, qui n’en sont qu’à leur deuxième année dans le monde du travail. »

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Portugal de Cyril Pedrosa – 6/10

Portugal cover SP_Mise en page 1

Après le coup de cœur qu’avait été Trois Ombres, j’avais hâte de me lancer à nouveau dans l’œuvre de ce dessinateur dont le coup de crayon me plaît indéniablement. Dans cette œuvre à résonance autobiographique, Cyril Pedrosa met en scène un dessinateur en panne d’inspiration. Plus encore qu’un simple blocage, c’est une véritable perte de sens qui va le conduire, comme tant d’autres, à rechercher dans ses racines ce qui lui manque alors. Le dessinateur nous dresse ainsi une fresque familiale de son double fictif, retraçant les branches de sa généalogie.

Si esthétiquement, j’ai trouvé une fois de plus ce roman graphique très joli, les thèmes touchants et l’exploration nous entraînant dans les paysages de la Bourgogne et du Portugal idéale, le propos s’étire en longueur sans qu’on ne voit réellement où l’auteur souhaite en venir. Je ne me suis pas ennuyée non plus mais la sensation qu’il y manquait quelque chose restait : quelle est l’intention de Cyril Pedrosa dans ce récit ? Que souhaite-t-il que le lecteur en retienne ? Malheureusement, je n’ai pas trouvé.

Synopsis :
« Plus vraiment d’inspiration, plus d’envies et pas de projets, l’auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d’animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi. Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n’était plus allé depuis l’enfance, il va y découvrir une autre façon d’exister et d’être ― et peut-être le début d’une nouvelle inspiration ?
Cyril Pedrosa nous livre un récit introspectif qui explore les plis et replis existentiels d’un quotidien sans histoire, devenu sans consistance et sans saveur. Le récit, aussi, d’une renaissance à soi, à travers la redécouverte d’un lieu d’enfance, noyé dans les brumes du souvenir. »

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Et quelques autres romans dont je peux – ouf ! – vous parler…

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Stalker, Pique-nique au bord du chemin d’Arkadi et Boris Strougatski – 8/10

stalker

Après quelques livres abandonnés au cours de Juillet, je suis finalement arrivée à sortir ce livre-là de ma PAL. Je n’étais pas certaine de vouloir lire de la SF mais les frères Strougatski m’ont finalement convaincue. Pourtant, quel style peu familier ! Quel roman bien étrange ! Désemparée par les termes ordinaires qui, dans ce récit, ne voulaient plus rien dire, par les phénomènes extraterrestres dont on nous annonce dès le début qu’il n’y a rien qu’on ne puisse y comprendre, je suis surprise de constater à quel point ce roman peu ordinaire m’a fasciné de bout en bout.

A n’y point douter, les auteurs russes ont un style très différent du nôtre. Je dois avouer qu’il m’a parfois dérouté, aussi ne pourrais-je dire l’avoir « apprécié ». J’attends encore de lire « Il est difficile d’être un Dieu », un autre roman récemment adapté au cinéma (comme le fut Stalker par Andrei Tarkovski), pour me faire un avis à ce sujet. Stalker évoque un monde où des événements surnaturels ont démontré du passage de Visiteurs dans plusieurs régions de la Terre. Ces zones délimitées deviennent un véritable carrefour, autant scientifique qu’économique. La plupart des objets trouvés sont répertoriés, sans que l’Homme n’en comprenne le sens. Les rares qui trouvent leur utilité ne sont sûrement pas employés comme ils le devraient.

Je regrette de ne pas avoir mon livre sous la main pour vous citer quelques passages passionnants sur toutes les réflexions que l’apparition d’une autre forme d’intelligence induit. Ce livre est étonnant, déroutant, mais également intelligemment traité. Dans tous les cas, il est à découvrir.

Synopsis :
« Des Visiteurs sont venus sur terre. Sortis d’on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu’ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d’un chemin. »

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Fahrenheit 451 de Ray Bradbury – 9/10

fahrenheit 451

Rarement, je me sens embarrassée de ne pas connaître tel nom ou de ne pas avoir lu telle œuvre, mais il est vrai que rattraper Fahrenheit 451 faisait partie de mes priorités. A présent que la dystopie fleurit à nouveau sur les comptoirs de nos librairies, je me suis dit qu’il était temps d’en reprendre les bases. Quelle bonne idée, car cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman d’anticipation aussi captivant. Il en faudrait plus dans cette branche de la SF qui ne mettraient pas l’action au cœur du récit en utilisant le contexte comme prétexte, et non pas objet de réflexion.

C’est une œuvre complète, réfléchie et terriblement bien écrite. La poésie de la plume de Ray Bradbury surprend. Ce n’est pas vraiment dans ce genre de fiction où on s’attend à être charmé par les mots – un stéréotype qui a malheureusement la vie dure ! Certes, je me base en effet sur la traduction pour évaluer le style de Ray Bradbury, mais celle-ci lui rend bien grâce, en tout cas. J’ose espérer que c’est encore mieux de le lire dans la langue de Shakespeare et je n’hésiterai pas à le faire pour ses autres romans.

Il est aussi glaçant de constater à quel point l’auteur fut visionnaire. Imaginée dans les années 50, la société qu’il décrit reste encore aujourd’hui intemporelle. Fahrenheit 451 invite à réfléchir, plus qu’à se plonger dans son univers. Dressant les décors sans jamais en préciser les détails, son côté élusif pourrait sans doute en rebuter plus d’un. Il ne s’agit pas de nous immerger dans cette ville du futur mais plutôt d’envisager l’importance de ce qu’il nous reste à protéger : la culture, l’art, la philosophie, la littérature, et tout ce qui permet d’endurcir notre esprit critique, notre capacité à réfléchir sur le monde et à le remettre incessamment en question – le faire évoluer.

Il ne s’agit pas non plus d’avoir un récit d’aventure où le héros se rebelle et arrive à lui-seul à soulever les masses pour vaincre un gouvernement qui les oppresse (ce que, avec du recul, je trouve toujours étonnant dans les romans actuels). Il n’y a pas non plus d’apologie de l’héroïsme d’un seul individu, le héros se révélant qu’un cas parmi d’autres. Le manichéisme est ici inapplicable, et c’est ce qui rend précisément ce roman si réaliste et actuel. A lire, c’est une urgence !

Synopsis :
« Montag est un pompier du futur d’un genre particulier : il brûle les livres. Jusqu’au jour où il se met à en lire, refuse le bonheur obligatoire et rêve d’un monde perdu où la littérature et l’imaginaire ne seraient pas bannis. Devenant du coup un dangereux criminel… »

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Des laissés pour compte…

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King’s Game de Nobuaki Kanazawa

king's game

Après avoir vu son adaptation (pas terrible), je me doutais que je n’allais pas être hyper emballée par ce roman. J’ai cependant voulu lui donner sa chance et ça n’a pas été un franc succès. Les personnages sont des caricatures de stéréotype, leurs relations primaires et l’enchaînement de l’action indiscutablement peu réaliste. J’ai laissé tomber lorsque le héros, Nobuaki, offre à son meilleur ami de coucher avec sa petite amie, en les suppliant elle et lui de le faire, et sans jamais considérer une seule seconde à ce que celle-ci peut penser ou vouloir. Et pourquoi, de toute façon ? La « loyauté » de celle-ci l’incite à accepter comme-il-se-doit-c’est-bien-normal-dans-une-telle-situation d’obtempérer, « priant seulement que cela ne sera pas un obstacle à leur couple » et s’excusant presque envers le fameux ami de l’obliger à le faire… Pi-to-ya-ble, pour ne pas dire complètement débile.
Finalement, il vaut mieux voir le film…

Synopsis :
« 1 classe, 32 élèves, 24 heures pour obéir. Une seule sanction : la mort.
Nobuaki est réveillé en pleine nuit pas un étrange SMS qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. Le mystérieux expéditeur du message prétend que la classe entière participe à un « King’s Game ». Jour après jour, les défis se succèdent, et les lycéens sont bien obligés de se rendre à l’évidence : ils ont 24 heures pour s’exécuter et la sanction en cas de désobéissance est la mort.
Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? Où qu’elles soient, quoi qu’elles tentent pour s’échapper, la mort vient toujours trouver ses jeunes victimes, infaillible. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à découvrir la vérité avant qu’il ne s’abatte ? »

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La cigale du huitième jour de Mitsuko Kabuta

la cigale du huitième jour

A vrai dire, je n’ai pas grand-chose à reprocher à ce roman, quoi qu’il y ait malgré tout un peu de longueur au début. Je n’ai pas été très emballée par les cent premières pages et j’espérais peut-être y découvrir plus de tension, étant donné qu’il met en scène la fuite d’une jeune femme après qu’elle ait volé un jeune bébé à ses parents inconscients. J’espérais un roman plus proche du road-trip tout en abordant l’évolution de la relation entre cette mère et ce bébé volé, mais pour l’instant, le récit a du mal à se lancer. Il est pour le moment en standby mais je ne désespère pas de le reprendre un jour prochain.

Synopsis :
« Février 1985, Tokyo, une jeune femme court dans les rues, un bébé dans les bras, qu’elle vient de kidnapper, sans préméditation. Elle court, l’enfant ne pleure pas, la scène n’est pas alarmante, une mère semble en retard quelque part dans la ville. Deux années de cavale s’ouvrent ce jour-là, deux années de fuite et d’effacement. Une relation fascinante entre une femme et un bébé que la peur et l’instabilité ne fragilisent pas. »

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Seediq Bale de Row-Long Chiu

seediq bale

Ce n’est pas tant que je l’ai arrêté, plutôt que je ne l’ai pas vraiment commencé. C’est un ouvrage imposant que je n’ai pas envie de bâcler. Mes incessants allers-retours m’ont cependant empêché de lui accorder le temps nécessaire pour le savourer. J’escompte cependant bien le faire d’ici fin Août !

Synopsis :
« En 1895, à l’issue d’une longue guerre, la Chine cède au Japon l’île de Taïwan. Si la cohabitation entre Chinois et peuples autochtones de l’archipel se faisait jusqu’alors de manière à peu près pacifique, ce faible équilibre va être rompu par l’arrivée de l’armée nippone. Exploitation forestière intensive, spoliation des peuples aborigènes, dans le déni le plus total de leurs traditions… Après plusieurs dizaines d’années d’oppression, une tribu, celle des Seediq, prendra la tête en 1930 de la révolte la plus longue et la plus violente de l’histoire de l’occupation japonaise de l’île. Menés par Rudo Mouna, le chef le plus respecté de leur communauté, ces guerriers coupeurs de tête se soulèveront, pour retrouver leur fierté, honorer leurs ancêtres et continuer à respecter cette philosophie Gaya qui anime leur vie ! Comment des « sauvages » primitifs ont-ils pu terrifier et lutter avec autant de courage contre une armée aussi sophistiquée que celle du peuple du pays du Soleil Levant ? »

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Des lectures en cours…

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Les Dames Blanches de Pierre Bordage

les dames blanches

33% – Premier roman de cet auteur bien connu, je suis un peu déçue pour le moment. Ce n’est pas foncièrement mauvais mais le récit ne m’emballe pas tellement, surtout après avoir lu et aimé Stalker des frères Strougatski (voir plus haut) qui aborde exactement les mêmes thèmes. (Il est fort probable que je le mette lui aussi en hiatus, je n’ai aucune envie de bloquer sur une lecture alors que je sors à peine d’une panne de quelques semaines.)

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Only Ever Yours de Louise O’Neill

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1% – Suivant le conseil de Cindy Van Wilder, je viens tout juste de me lancer dans cette nouvelle dystopie. Le thème m’interpelle, aussi j’espère l’apprécier à sa juste valeur – mais pour l’instant, c’est trop tôt pour le dire !

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Des prochaines lectures ( ?)

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le vieil homme et la mer

le roi des elfes

Le vivant

les veilleurs

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