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Et si nous parlions cinéma ? #5

top films 5

Cette fois-ci, ce sera un bilan un peu plus long que d’habitude : j’ai dix films à vous présenter et globalement avec des avis assez mitigés. Comme toujours, je les classe par ordre de préférence, en commençant par celui qui m’a le moins plu…


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#10 – Jurassic World de Colin Trevorrow – 3/10

jurassic worldJe n’étais pas une fan inconditionnelle de la première trilogie, même si le premier film est quand même très bon. A l’époque, il m’avait fichu une sacrée frousse, au point de me faire courir la nuit dans les couloirs parce que je m’imaginais fuir un T-Rex affamé (j’avais une dizaine d’années passées). Il faut dire que les dinosaures m’ont toujours impressionné en même temps qu’ils me captivaient. Quant à Jurassic World, autant le dire, j’ai été déçue.

Tout d’abord, si les effets spéciaux sont plutôt réussis, je n’ai pas trouvé judicieux la façon dont les dinosaures sont filmés : ramenés à l’espace confiné d’un champ de caméra, ils n’étaient pas si impressionnants à observer ni tellement mis en avant. Aussi petits fussent-ils devant ces géants, ce sont les humains qui crevaient l’écran. Des humains pas tellement intéressants non plus : des coquilles vides empruntées à de vieux stéréotypes usés à la moelle.

Malgré quelques rares bonnes idées (la question de l’animalité des dinosaures, la capacité ou non de les dompter ou même de les apprivoiser), le film pêche par la grossièreté de son scénario. Non seulement c’est une reprise assez brouillon de ce que les trois précédents films ont déjà proposé (même dans les scènes elles-mêmes), mais en plus les intrigues sont parfois abandonnées en cours de route et/ou carrément bâclées.

Pour tout dire, le début du film m’agaçait à cause de la nullité des personnages créés (chaque membre de la famille est pitoyable – pas drôles ou même attachants, juste débiles de stéréotypes), mais le reste du film me faisait rire aux éclats. Si seulement c’était grâce à l’humour estampillé (assez moyen d’ailleurs, même si quelques boutades m’ont bien fait rire) mais non, c’est la nullité du scénario qui me faisait ricaner nerveusement.

Certes, la scène de la course poursuite en moto avec les raptors est assez grisante, surtout qu’il s’agit du seul instant vraiment cohérent du film : les raptors rencontrant leur aîné le choisissent comme nouveau alpha. Mais la suite semble être un enchaînement de vagues plaisanteries : le nouveau changement de camps des raptors ; le fait qu’une humaine puisse aller plus vite qu’un T-Rex (et je ne vous parle même pas de ce qu’elle chausse) ; la mort de l’Indominus Rex qui était tellement prévisible ; le fait que le T-Rex et le raptor se congratulent par la suite comme deux bons vieux camarades de combats…

Mais comme j’aime bien Chris Pratt, que la représentation du parc d’attraction est plutôt réussie et que les effets spéciaux sont pas trop mal faits, j’ai fini par lui remonter la note de 1 à 3 points. Généreuse, non ?

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#9 – King’s Game de Nono Tsuruta – 3/10

king's gamePour résumer mon avis sur ce film, c’est un condensé de médiocrité. Sans être particulièrement catastrophique, il n’est pas bon non plus. Les acteurs, bien que ressemblants aux personnages du light novel, sont assez mauvais. Le scénario est expéditif, les quelques efforts pour lui apporter du piquant et ajouter au mystère tombent rapidement à l’eau. Il n’y a aucune ambiance qui s’en dégage ni de réelle tension, indispensable à ce genre d’histoires.  Le principe du scénario est pourtant intriguant, même si finalement déjà vu (je pense notamment à la série Doubt, suivie de Judge, de Yoshiki Tonogai). Au début, j’espérais y trouver un peu de la veine de Battle Royale de Koshun Takami, que j’avais notamment adoré. Mais j’étais loin, très loin du compte.

L’histoire de King’s Game est simple : une classe entière a reçu un texto leur imposant un jeu maudit dans lequel tous les jours à minuit un gage leur est imposé. Les élèves nominés pour le gage ont vingt-quatre heures pour l’accomplir, sinon quoi ils sont condamnés à disparaître (et dans le roman, à se suicider). Le film a choisi de leur offrir une fin plus soft visuellement mais tout en accentuant l’aspect fantastique de l’histoire.

Seulement, ça ne fonctionne pas très bien car les personnages, dont la psychologie n’est déjà pas très développée (un défaut commun dans le livre – un peu moins voyant dans le film tout de même), ont un vrai manque de réactivité face à ce qui leur arrive. Ils sont littéralement mous, plus encore que résignés. Une de leur élève disparaît, et tout en voyant son pupitre disparaître devant leurs yeux, quand leur professeur arrive, ils s’installent docilement à leur place, comme si de rien n’était. C’est assez peu crédible finalement. Mais le gros problème, c’est l’absence totale d’atmosphère.

Ce film est plat et, encore une fois, très mou. Il faut reconnaître cependant que le matériel de base n’est pas très bon non plus, malgré un pitch attrayant. Dommage.

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#8 – Hippocrate de Thomas Lilti – 5/10

hippocrateA vrai dire, je ne sais pas vraiment comment justifier cette note, étant donné que je n’ai pas vraiment tranché. Si je ne peux personnellement dire s’il est conforme avec la réalité, Hippocrate n’en est pas moins un film qui se veut réaliste et sobre sur l’environnement qu’il décrit. La vie à l’hôpital y est d’ailleurs dépeinte sous le regard de ceux qui la fait vivre : le corps médical. De ce point de vue, Thomas Lilti a plutôt bien rempli son contrat et avec humour. Il aurait d’ailleurs pu s’en tenir là. Mais Hippocrate reste un film assez conventionnel et formaté d’un point de vue scénaristique, ce qui, à mon sens, est peut-être son plus gros défaut. A vouloir absolument insérer une intrigue dans son œuvre, le réalisateur a choisi la facilité, en manquant ce qu’il y avait d’intéressant à son film. Cela aurait donc pu être un bon film s’il ne souffrait pas d’un côté un peu trop fleur bleu, avec tous ces bons sentiments et son manichéisme.

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#7 – Time Out d’Andrew Niccol – 5/10

time outEncore un film dont j’ai un avis mitigé. Time Out (ou In Time – va savoir pourquoi ils ont changé le titre) met en scène un monde contre-utopique traduisant l’adage « le temps, c’est de l’argent ». En effet, les êtres humains ne vieillissent plus à partir de vingt-cinq ans mais un chronomètre se déclenche alors. Une fois arrivé à zéro, ils meurent instantanément. A contrario, en gagnant du temps, ils peuvent espérer vivre éternellement. Si l’idée d’être immortel fait rêver, ce monde-là n’est pas non plus idyllique : une véritable frontière s’est dressée entre les riches et les pauvres, lesquels sont contraints à une vie d’urgence. Leur temps leur est littéralement compté, leur faisant courir pour se déplacer car chaque seconde épargnée est une question de vie ou de mort.

Un univers d’anticipation qui se met rapidement en place et qui a franchement de quoi intriguer. Tout le début du film est en effet réussi : la réalisation fonctionne d’ailleurs assez bien. Le scénario toutefois s’étouffe assez rapidement, en offrant finalement que peu de surprise tellement il semble empreint d’autres œuvres. De Roméo et Juliette à Bonnie & Clyde (référence prise de la très bonne critique de LeBleuduMiroir sur Senscritique), le film sombre rapidement dans un chassé-croisé de déjà-vu et de clichés. Bien qu’il se laisse voir et qu’il soit assez fluide, Time Out n’est finalement rien de plus qu’un film d’action de divertissement. Dommage.

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#6 – Kung Fury de David Sandberg – 6/10

kung furyCourt métrage qui avait fait beaucoup parler de lui, je m’attendais à un vrai OVNI. Et pour ainsi dire, sur le moment, j’ai trouvé cela hyper fun à regarder. C’était jouissif. Et puis… Maintenant qu’il faut en dire quelque chose, je ne sais vraiment pas quoi vous raconter. Je n’ai pas vu la bande d’annonce avant sa sortie, aussi suis-je passée à côté du buzz. C’était marrant à voir mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

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#5 – Nocturna, la nuit magique de Victor Maldonado et Adria Garcia – 6/10

nocturnaPetit dessin animé sans prétention, j’ai bien aimé son univers coloré et sa myriade de personnages. Il faut bien lui reconnaître cette belle qualité : celle de faire d’une imagination débordante quant au folklore développé autour de la nuit. Une belle façon de faire rêver les enfants (et les grands aussi). C’est assez mignon à regarder et on passe un bon moment. Du reste, ce n’est pas non plus particulièrement original ou transcendant. A voir néanmoins si vous avez besoin d’un peu de poésie, de légèreté et de douceur !

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#4 – La famille Bélier d’Eric Lartigau – 6/10

la famille bélierJ’avais hésité un moment à lui donner 7. C’est un film très distrayant et assez frais. Son sujet est original et bien que parfois certaines scènes peuvent exaspérer, j’ai été assez surprise en réalité. Tout simplement parce qu’à plusieurs moments, le film m’a fait penser à l’autobiographie Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique Poulain, une œuvre que j’avais particulièrement aimée. Si le film semble un peu plus édulcoré, avec un scénario finalement très classique, et peut-être aussi un peu opportuniste, le jeu de François Damien, la simplicité de réalisation, la fraicheur des acteurs m’ont plu. Mais comme pour Hippocrate, si l’intrigue sert d’une part à mettre en lumière un décalage entre Paula, entendante, et sa famille, sourde, elle étouffe parfois l’intérêt du film – et notamment lors de sa conclusion.

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#3 – Vice-Versa de Pete Docter et Ronnie del Carmen – 6/10

vice versaAh, le nouveau Pixar. Le principe m’avait plu dès sa première bande d’annonce et en même temps quelque chose déjà me laissait un peu dubitative. Je n’arrivais pas vraiment à savoir pourquoi je manquais d’enthousiasme alors que j’ai souvent apprécié les œuvres de ce studio. Quand j’ai vu le film, j’ai compris la raison : son héroïne. Non pas Riley, mais bel et bien… Joie. Rien que son chara-design me déplaît : elle n’est pas sans me rappeler la Fée Clochette, un personnage dont je suis quasiment allergique. Ça n’a pas manqué tant ces deux personnages sont similaires en tout point et c’est la principale raison qui m’a fait déprécier ce film.

L’autre raison, c’est que tout en étant hyper divertissement, très drôle la plupart du temps, il me semble qu’il lui manque quelque chose. Quelque chose de crucial et d’indispensable : les émotions. C’est un comble quand on parle d’un film qui les met justement au cœur de son sujet. Mais si nous avons une overdose de Joie, il semble que Tristesse n’ait eu que trop peu de place pour le contrecarrer (sans parler du reste). Certes, certes, c’est justement toute l’idée du scénario. Certes, certes, certes, cela fait une représentation très mignonne de l’évolution d’un être humain dans la complexité de sa psychologie. Quadruple certes, cela foisonne de bonnes idées et j’ai adoré tout l’imaginaire développé. Certes fois cinq, tout cela, je l’entends bien.

Seulement, j’ai trouvé que le film manquait un peu de nuance tout en tombant dans la facilité : aussi créative, drôle, divertissante que soit l’aventure de Joie et Tristesse dans les limbes du cerveau de Riley, c’était quand même la voie rapide pour offrir un film plein de bons sentiments autour d’un sujet qui est toutefois bien plus riche.

Et si j’adhère totalement au principe de base, j’ai quand même trouvé l’ensemble assez édulcoré. Les personnages sont de fait caricaturaux et dans l’ensemble assez plats (surtout les humains) – même si j’ai beaucoup apprécié Dégoût, Colère, Peur et Tristesse.

De plus, face à la scène montrée dans la bande d’annonce, je n’ai pas du tout retrouvé dans le film ce qu’elle promettait. Au final, il ne s’agira que d’une scène assez anecdotique du film, alors que je m’attendais à voir exactement cela : la confrontation des émotions en réaction de ce que vivent les humains et certainement pas à une aventure assez linéaire de Joie et Tristesse dans le cerveau de Riley, même si je ne remets pas en question l’imaginaire développé.

Au final, j’ai trouvé que Pixar passait un peu à côté de son sujet au profit d’un scénario finalement assez bateau.

+1 cependant pour le merveilleux court métrage qui a précédé Vice-Versa et qui trônera parmi mes préférés de Pixar !

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#2 – La rage au ventre d’Antoine Fuqua – 7/10

la rage au ventreVenant tout juste de publier dans la rubrique hebdomadaire de la page Facebook du blog « La Sortie Ciné de la Semaine » (consistant à mettre en avant le film parmi les sorties cinéma de la semaine qui me tente le plus) et l’ayant réservé à ce film, je vous remets mon avis ici :

Je n’aurais pas forcément choisi ce film pour la rubrique, mais on m’a proposé de le voir et j’ai été envoûtée par le résultat. « Pourtant, il n’y a rien de très nouveau dans ce que La rage au ventre propose sur le monde de la boxe. Les mêmes sujets y sont traités : la soif de gloire, de sang et de vengeance, la dépendance et l’abandon. Cependant, Antoine Fuqua ne s’est pas trompé en plaçant l’homme, Billy Hope, au cœur de son intrigue et non pas seulement Billy le Grand, le boxeur. Ainsi, plus encore qu’une simple histoire de vengeance, c’est une histoire de reconquête. De son titre, certes, mais surtout et avant tout de la garde de sa fille.

Tout en filmant avec intensité et nervosité des scènes de combats acharnés – qui en fera vibrer/trembler plus d’un•e -, le réalisateur met brillamment en scène des relations : celle très touchante entre le père et sa fille et celle également réussie (mais plus convenue dans ce genre de film) entre le boxeur et son entraîneur.

Beaucoup de choses ont fait de cette œuvre un pari gagnant : le casting qui fait très bien son boulot dans l’interprétation de personnages bien construits à la base ; une musique qui, sans surprise, accompagne judicieusement les combats ; un scénario, peu innovant certes, mais efficace et plein d’émotion.

Le tout fait de La rage au ventre un film touchant qui prend aux tripes. Je vous le recommande ! »

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#1 – Shokuzai #1 Celles qui voulaient se souvenir et #2 Celles qui voulaient oublier de Kiyoshi Kurasawa – 9/10

shokuzaiEt mon coup de cœur de ce top n’est d’autre que le diptyque japonais, passé jeudi soir sur Arte pour le plus grand plaisir des amateurs de la culture nippone. En réalité, c’est une mini-série en cinq épisodes dont le pitch est diablement prenant dès le départ. Quatre petites filles assistent à l’assassinat de leur camarade mais aucune ne sera capable de se remémorer le visage du meurtrier. Elles promettent toutefois à la mère de la défunte de faire pénitence le reste de leur vie en compensation. Quinze années passent et nous suivons à travers les épisodes l’évolution de ces enfants devenues adultes.

C’est une histoire de vengeance, mais pas seulement.

En quatre heures, on assiste à une réelle opération chirurgicale où le réalisateur dissèque sa société dont il dépeint un tableau sombre et névrosé en dévoilant tous ses désirs, sa violence, sa solitude, sa haine et son autodestruction. L’atmosphère est plus que palpable, oppressante, malsaine, virulente. Le rythme posé, calme, patient, nous immerge dans une transe hypnotique jusqu’au moment final où la voix d’Asako Adachi, la mère de la défunte, transperce l’écran de son questionnement ultime, macabre. Percutant.

Excellent, glacial, fascinant, ce thriller restera longtemps parmi mes préférés et je ne peux que vous encourager à vous y lancer !

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Laissé inachevé :

nos jours heureux


Et vous ? Qu’avez-vous regardé ces derniers temps ?

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