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Et si nous parlions cinéma ? #4

top filmFaisant fi des chroniques qu’elle devait écrire, l’auteur de ce blog s’intéressa plutôt à ce qu’elle ne faisait pas non plus : regarder des films. Alors qu’elle en avalait au moins un par semaine (si ce n’est cinq) à la même époque de l’année précédente, elle se rendit compte qu’elle n’en voyait plus qu’un toutes les deux semaines. La preuve étant que son blog était quasiment déserté par le cinéma, hormis un nouveau rendez-vous qu’elle avait instauré pour palier justement à ce manque. Cela la surprit : ce n’était pourtant pas faute de vouloir en voir. Elle avait d’ailleurs relevé plusieurs films prometteurs en ce moment au cinéma. Sans parler de ceux sélectionnés au festival de Cannes qu’elle venait de repérer dans une revue spécialisée achetée à cet effet, laquelle avait depuis doublé de volume, à coup de pages cornées.

Et pourtant, elle n’en voyait toujours pas plus. Mais pourquoi ? s’interrogea-t-elle. Ne trouvant de réponse, elle alluma son ordinateur, ouvrit son navigateur, écrivit l’adresse de son site et commença à taper un nouvel article… de cinéma.


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 #5 – Indian Palace de John Madden – 4/10

indian palaceJe ne m’attendais à rien de  particulier en regardant ce film, vu par opportunité, un des rares soirs où j’ai la curiosité d’utiliser la télécommande. Et c’est avec un certain ennui qu’il a occupé ma soirée. D’abord, j’ai cru à une vulgaire comédie où les bêtes clichés faciles, surfaits et lourds sont utilisés comme seule arme d’humour, et j’étais à deux doigts d’éteindre le petit écran aussitôt. J’ai tout de même fini par le regarder plus ou moins de bout en bout, mais sans vraiment y être attentive. Ce qu’il en retourne finalement, c’est un gentil petit film avec pas mal de mièvreries et de bons sentiments un peu fastidieux, cependant portés par des acteurs de talent qui sauvent à eux seuls le film tout entier (et d’ailleurs, quel casting !).

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#4 – Avengers 2 : Age of Ultron de Joss Whedon – 6/10

 avengersJe ne me répète pas assez : les supers-héros sont un de mes pêchés mignons. Et surtout ceux de Marvel. Là cependant, j’avoue être quand même déçue du résultat – et du coup, je risque de m’étendre un peu ici ! Certes, je me suis bien amusée à le voir, c’est vrai. Quelques plans sont sympas et des scènes jouissives (le fameux face à face entre Hulk et Iron Man). J’ai apprécié le fait que les scènes de combat soient quand même plutôt lisibles, le scénario promis et les moments même plus calmes de ce dernier. Il y a quelque chose d’assez superficiel dans ce film – ou devrais-je dire survolé ? Inexploité ? Balayé ? J’hésite encore sur la bonne formulation…

Prenons par exemple la scène d’ouverture,sensée nous réintroduire à l’univers des Avengers, cette équipe dont on avait vu les débuts fastidieux dans le premier film. Elle est donc sensée nous montrait l’écart, l’évolution qu’il y a eu, tout en redonnant place à l’ensemble de ses membres. Et bien non. J’étais assez étonnée de l’effet que cette scène a produit en moi. J’avais l’impression d’avoir une cinématique de jeu vidéo, promettant un beat’em-all jouissif, mais auquel on m’avait privé de ma manette. Et c’était frustrant plus qu’autre chose !

Certes, d’un côté, on pourrait croire que l’effet était réussi, mais ce n’est pas ce que je veux ressentir dans un film – pas uniquement. J’ai envie de m’immerger dans l’histoire et parmi les personnages qui y sont au centre. Là, j’ai eu cette impression de voir des pantins évoluer devant mes yeux sans qu’aucun n’ait vraiment de corps. Si le plan séquence était sympathique, c’est à peu près tout ce dont je retiens de cette scène. La distanciation du spectateur avec les personnages ne m’ont pas permis de me plonger dans le film, au contraire. J’attendais que la bande d’annonce se termine et qu’enfin le film commence…

J’ai toujours zappé les vidéos de teasing qui précèdent l’accès au menu du jeu, de toute façon…

Du reste, si le fond de l’histoire est pas mal, je l’ai trouvé mal exploité ici. A la fois tout y est et j’ai pourtant eu la sensation d’une coquille vide avec même quelques longueurs. Les couleurs sont jolies, mais à bien y regarder, le reste est un peu fade. Quelques touches d’humour – rares – ont cependant réussi leur coup, ainsi les scènes autour du marteau de Thor, plutôt bien jouées. Du reste, l’émotion n’est pas vraiment passée de mon côté, et j’ai trouvé cela dommage en soi car le potentiel était là. La Sorcière Rouge offrait cette possibilité-là d’investir un peu plus la psychologie des personnages (sachant d’ailleurs que ses mirages étaient on ne peut plus bateaux et peu recherchés…). Alors, certes, je comprends qu’ils sont de toute façon trop nombreux pour que dans un Avengers, tous soient développés. Du reste, quitte à choisir seulement quelques uns, ils auraient dû s’y efforcer mieux que cela.

J’aurais de fait beaucoup apprécié l’effort fait autour du personnage d’Œil-de-Faucon, si toutes les scènes ne m’avaient pas fait la sensation d’écrire en gros : ON VOUS DIT AU REVOIR. EH OH, ON EST EN TRAIN DE FAIRE NOS BAGAGES. CECI EST UN ADIEU. VOUS N’AVEZ PAS COMPRIS ? UNE PARTIE DE NOUS SE BARRE ! CA Y EST, T’AS PIGE ? Il y avait quand même de faire des préparatifs d’adieux plus fins… Et quitte à préparer le passage de flambeau avec la nouvelle équipe des Avengers, cette fois sous les commandes de Captain America, n’aurait-il pas mieux valu de mettre en avant et de développer cette dernière un tantinet plus ? A la fin du film, je n’éprouvais – et n’éprouve toujours – aucune hâte quant à les retrouver, contrairement au précédent film. Et c’est plutôt mauvais signe…

Quicksilver et la Sorcière Rouge ont certainement quelques scènes à leur actif, mais pas suffisamment pour qu’ils prennent vraiment corps. Mais c’est encore pis pour Vision  qu’ils introduisent et acceptent en un éclair. Pourtant, ce personnage est un concept  en soi, c’est l’antipode d’Ultron, dont l’existence posait déjà de nombreuses questions et est à l’origine de nouvelle fin du monde promise contre lequel ils se sentent impuissants et défaits. Mais non, tout va bien, puisque Vision leur assure que si, si, il est peut-être un peu comme Ultron, mais c’est un gentil.

Je pourrais très bien imaginer un remake du sketch des Inconnus se moquant de Bioman.

« Pourquoi doit-on détruire Ultron ? »

« Parce que c’est un méchant ! »

« Et pourquoi pas Vision ?* »

« Parce que c’est un gentil ! »

*Ndla: (qui – je le rappelle – a été créé de la même façon que lui, est né d’une intelligence artificielle dont on ne contrôle pas l’évolution,  est devenu une conscience indépendante et à part entière et dont on ne sait fichtre rien de ses réelles intentions)

Outre le fait que c’est assez manichéiste, c’est vraiment problématique pour moi car ça écarte tout l’intérêt de la science fiction. D’autant plus que ça donne l’impression qu’ils ont voulu en faire trop dans un seul film et qu’ils se sont un peu perdus en route, tirant le film en longueur quand bien même les scènes sont assez fluides. La question se pose de ce qu’ils cherchaient vraiment à développer ? C’était finalement quoi l’idée de base ? L’objectif ? Qu’est-ce qu’ils voulaient nous raconter ?

Avengers 2 : Age of Ultron est pour moi comme un des très nombreux épisodes de One Piece, mais de 2h21. C’est ma foi sympa, mais ça ne nous avance à rien.

Face à l’ambition démesurée de Marvel sur sa Saga et le peu de moyen scénaristique qu’ils mettent en place, ce serait bien de leur rappeler gentiment que n’est pas Asimov qui veut.

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#3 – Dark Places de Gilles Paquet-Brenner – 6/10

dark placesVoilà un second film que j’attendais également et pas seulement après avoir vu et bien apprécié Gone Girl – de toute façon, ce n’est pas le même réalisateur – mais parce que j’avais beaucoup aimé cet autre roman de Gillian Flynn. Alors, comme chacun attendant l’adaptation d’une œuvre appréciée, je craignais vraiment la déception. Résultat ? Si je ne suis pas vraiment déçue, je ne dirai pas avoir tellement aimé. D’une part, le film arrive plutôt bien à mettre dans l’ambiance, c’est sans doute ce que j’ai le plus apprécié. Tout de suite, on est plongés dans une atmosphère froide, âpre, tendue.

Les acteurs jouent bien (en particulier l’héroïne qui s’investit pleinement dans son rôle), même si le frère ne donne que le nécessaire à son jeu. Par contre, en termes de réalisation, j’ai trouvé cela très moyen. Il y a des idées qui ne sont pas très cohérentes et rendent parfois la lecture peu agréable (ainsi les scènes où la caméra tremble pour montrer l’état de l’héroïne).

De plus, le scénario et son découpage sont assez mal faits et manquent de finesse, si bien qu’on n’est jamais surpris de ce qui se passe à l’écran. Hormis le fait que je connaissais la fin bien sûr, même si cela faisait longtemps que je l’ai lu, le film n’offre pas le plaisir d’un thriller : peu d’effort est fait pour étonner le spectateur. La linéarité des scènes et des flashbacks ne peut servir un thriller. C’est comme si on vous offrait un puzzle déjà fait : où est le plaisir, où est l’enjeu ?

La réponse est tellement évidente qu’on la devine dès l’apparition du coupable. Je ne sais plus si le livre est aussi peu efficace de ce point de vue (je n’en garde pas l’impression), mais ça ne change pas au fait que le réalisateur et son scénariste auraient pu tout aussi bien l’améliorer. Ou alors de proposer quelque chose en parallèle qui puisse rendre le récit plus palpitant. Comme Gone Girl et le jeu des médias, pour faire un parallèle entre les deux films. En plus de cela, les deux personnages principaux sont développés inégalement, et c’est fort dommage car si l’héroïne est évidemment au centre de l’histoire, son partenaire improvisé était aussi très intéressant dans le roman.

Dommage.

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 #2 – Une heure près de toi d’Ernst Lubitsch – 6/10

une heure près de toiErnst Lubitsch. Après m’être attaquée à un petit livret assez peu fourni sur ce réalisateur, j’ai eu soudain l’envie d’achever de découvrir sa filmographie, déjà bien entamée. Malheureusement, m’étant rendue compte avoir déjà goûté toute ma collection de ses merveilleux films, et n’étant pas portée à ce moment-là sur le cinéma muet, j’ai opté pour celui dont je me rappelais le moins, et qui me tentait le plus. Quelle surprise d’ailleurs ce fut de me rendre compte qu’il s’agissait d’un film musical, où les acteurs enchaînent quelques mélopées, pas toujours des plus réussies ?

Malheureusement, si des deux films à chansons que j’ai vus de lui, il s’agit de mon préféré, je ne suis pas friande de ses essais musicaux. Quelques unes certes me plaisent, m’amusent, l’humour de toute façon porte ses fruits, mais c’est en partie ce qui, pour moi, a fini par avoir raison de mon appréciation.

C’est donc un avis un peu mitigé, mais quand même assez positif, que je m’en viens vous donner. Omettant la partie musicale, il est vrai également que le découpage de cette œuvre n’est pas non plus des plus intéressants. De plus, le fait que le film possède plusieurs temps d’arrêts, et autant de fins possibles, le fait tirer un peu longueur. Je regrette donc que le réalisateur n’ait pas opté pour une fin plus précoce : le résultat n’en aurait été que bien meilleur et la chute plus efficace.

On dirait presque qu’il faisait poursuivre son film faute de ne trouver une fin qui ne le satisfasse vraiment. Et malheureusement, aucune n’aurait été particulièrement surprenante, tout se voit venir d’assez loin. Mais ce sont ses acteurs et mon appréciation de leur jeu qui m’a surprise. En effet, si au début Maurice Chevalier avait tendance à m’agacer, il me faut bien admettre que lui, son accent français et son sempiternelle indécision ont fini par me charmer et m’amuser.

Comme toujours, la comédie du couple offre un pitch fort amusant et on goûte comme toujours avec plaisir au mordant et au souci du détail de Lubitsch. Délicieusement écrits, ses dialogues offrent à eux seuls tout l’intérêt du film. Pas tant en ce qu’ils racontent, mais en ce qu’ils ne disent pas. Une absurdité jouissive et que j’ai eu grand plaisir à retrouver.

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#1 – Voyage en Chine de Zoltan Mayer – 8/10

voyage en chineEn quittant la salle obscure, j’avais deux certitudes : d’une part, ce film trônerait dans mon futur « Et si nous parlions cinéma ? », d’autre part, il entrerait dans le Top 10 de l’année 2015. Pari gagné pour ce premier point, et je suis prête à tout miser que le second sera tout aussi triomphal. Ma seule interrogation se porte sur les raisons qui m’ont poussée à lui retirer ces deux points injustement absents. Deux mois après avoir vu ce film, j’avoue m’étonner tant l’impression qu’il m’en reste est forte et positive.

Et puis, que vous dire sur Voyage en Chine si ce n’est qu’il a le mérite de ne pas tomber dans les clichés et que, tourné par un occidental, il y montre une Chine authentique, du moins qui m’a rappelée celle que j’ai vue quelques années plus tôt ? Comment vous dire que la nostalgie empreinte dans ses couleurs sans fard résonne en moi, peut-être, différemment de ce que j’aurais dû ressentir, mais n’en fait pas moins toute la beauté de cette expérience cinématique ?

Oui, j’ai aimé Voyage en Chine pour sa douceur, sa simplicité, sa profondeur et les émotions qui s’en dégagent. J’ai aimé le jeu épuré de Yolande Moreau en mère orpheline et sa force insoupçonnée, tapie dans ce corps discret et silencieux. Peu bavarde et avec un rythme lent, cette œuvre parvient à dévoiler par petites touches, sans trop en jouer, l’état d’âme de Liliane, une femme tranquille partie en Chine, quelques notions d’anglais en poche, récupérer le corps de son fils tué dans un accident, et qu’elle n’arrive pas à rapatrier depuis la France.

Voyage en Chine est un film comme je les aime : naturel et tranquille, abordant son sujet sans prise de tête, mais avec une redoutable efficacité. Les interprètes sont d’ailleurs à remarquer, tant dans le choix de Yollande Moreau pour porter le charisme d’un tel personnage que parmi le casting chinois, et tout particulièrement Qu Jing Jing. C’est donc une collaboration sino-française que je ne peux que vous recommander vivement, à défaut de lui offrir la chronique qu’elle aurait très certainement mérité.

Mais, cette fois, que vous dire, les mots me manquent…


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L’auteur de l’article tapa son dernier point de suspension et contempla ce qu’elle venait d’écrire. Une moue jaillit sur son visage ainsi que quelques grimaces à mesure qu’elle constatait les nombreuses fautes, parfois par pure inattention, qu’elle faisait. Elle rougit, s’insurgea, se maudit, et corrigea tout en craignant au fond d’elle d’en laisser encore. Ce faisant elle pensa qu’il serait temps qu’elle s’active. L’heure tourne, le soleil enfin revenu commence tout doucement à décroître. Elle se retourne, voit ses affaires apprêtées, et sourit. Il ne lui faudra pas plus de trois minutes pour enregistrer son brouillon, fermer le clapet de son ordinateur pour le mettre en veille, enfiler ses chaussures rapidement, attraper une veste pour le soir, et filer droit au cinéma.

Car il est bien beau de faire le récit de ce qu’elle a vu jusque-là, encore lui faudrait-il en avoir pour la fois prochaine.

Et sur ces mots, elle s’en alla.

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  1. Je ne connais pas ce film de Lubitsch mais il n’y a pas très longtemps j’ai vu Rendez vous de lui et avec James Stewart (ai-je besoin de m’appesantir sur le sex appeal et le charisme qu’il avait… non je vais arrêter là sinon je pourrais écrire un roman XD) Bref, c’était une comédie romantique très sympathique, j’ai vraiment apprécié =) Enfin, faut dire que j’adore ce genre de film ^^

    Voyage en Chine j’ai vu la bande annonce qui m’a donné très envie d’aller le voir mais le manque de temps à fait que je n’ai pas pu. J’aimais beaucoup l’ambiance qui se dégageait des extraits que j’ai et le synopsis me semblait prometteur. Ça me semble très contemplatif et j’aime beaucoup ce genre de film.

    J’aime bien ton incipit et excipit très chère. Ca me fait penser à Alain Delon XD

    • Rendez-vous est un de mes préférés, avec un James Stewart particulièrement craquant ! (Comme je te comprends. ^^) Je te recommande aussi To be or not to be qui est mon préféré de sa filmographie ! 🙂
      A Alain Delon ? Je ne sais pas si c’est un compliment. N’était-il pas très imbu de lui-même ? XD

  2. Oh et en passant t’inquiète pour les fautes, perso, même s’il y en avait je ne crois pas que je les remarquerais 😀

    • Merci de ta tolérance! J’avoue qu’en relisant quelques chroniques passées, j’ai eu honte de moi-même. Des mots qui manquent, des fautes très très bêtes… !

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