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Et si nous parlions cinéma ? #2

top 2

Je me demande comment on peut regarder quatre-vingt films en deux mois. Mon record a été d’en voir une soixantaine en quatre mois et déjà je trouvais ce nombre faramineux ! Il faut dire que j’en vois beaucoup moins depuis, prêtant plus d’attention à ma passion première, la lecture. C’est une question de choix, sans doute ! Il n’en reste pas moins que je suis bluffée devant certains de mes éclaireurs sur Senscritique quand ils parviennent à voir autant de films et à les chroniquer quasiment tous. Fichtre, il me faudrait des années pour écrire autant de billets qu’eux !

Toujours est-il que si je publie ce nouvel article, c’est que j’ai vu depuis mon dernier bilan cinéma 5 films. Comme précédemment dit, je vais compenser l’absence de chroniques sur ces films par des courts avis et à travers un Top 5. Je trouve l’exercice assez amusant et même étonnant. Il est vrai que je ne m’attends pas toujours à trouver en première position tel ou tel film. Et finalement, quand je mets en parallèle les cinq derniers que j’ai vus, je réalise qu’en réalité je n’ai pas vraiment eu de coup de cœur. En tout cas, pas depuis Whiplash.

Comme d’usure, il s’agit d’une liste classée par préférence et de façon décroissante.

#5 – Cinquante Nuances de Gris de Sam Taylor-Wood – 2/10

cinquante nuancesPour tout vous avouer, j’ai hésité à parler de ce film. Parce qu’il me pose énormément de problèmes. Parce que je m’intéresse beaucoup à la question de la femme, de la femme dans la société, de la femme représentée dans et par les médias, dans et par les livres, dans et par tout phénomène publique, en réalité, j’ai éprouvé beaucoup de malaise envers Fifty Shades of Grey. Je n’entrerai pas dans les détails parce que je ne crois pas avoir les bagages pour vous expliquer clairement et objectivement en quoi précisément ce livre et film pose problème, je laisse à des gens beaucoup mieux informés sur la question le faire pour moi. Simplement, je dirais qu’en plus de m’avoir mise mal à l’aise, cela m’a rendu un peu triste. Triste de constater que le mot fiction serve d’excuse à justifier le rabaissement de la femme. Lassée encore une fois du fait que, certes l’actrice n’est jamais entièrement montrée nue, mais qu’on en voit encore moins de l’acteur. Bref, je n’ai aucune envie de rentrer dans des débats, pas sur ce blog en tout cas.

Si j’essaie de me détacher de tout ce qui m’a posé problème, je n’ai pas franchement apprécié le film. Outre l’histoire complètement inintéressante et cul-cul la praline (désolée pour le terme, mais c’est le premier qui m’est venu!), le caractère des personnages m’a vraiment déplu. Christian Gray qui ne pense qu’à son seul plaisir et joue les fils torturés (quelque chose qui est loin de m’émouvoir, bien au contraire, c’est surfait, facile et agaçant) – et personnellement, ce genre d’égocentrique ne me donne aucune envie de les fréquenter. Anastasia, à se mordiller la lèvre toutes les 2 secondes pour un rien, son cliché de l’étudiante pauvre qui s’habille avec les rideaux de sa grand-mère, innocente donc maladroite voire gourde, et qui n’a pas une once de caractère, m’a donné envie de lui donner des bonbons au miel pour qu’elle parle normalement, au lieu de s’efforcer à jouer la timide… Deuxième point mauvais du film, des acteurs moyens. Autant l’actrice s’en sort à peu près bien autant l’acteur est symptomatique des « belles gueules » hollywoodiennes qui ne savent prendre que des poses et sont incapables d’interpréter le moindre sentiment. Le film a même manqué son but principal pour moi, il n’est pas si sensuel que cela. Je m’attendais à rougir encore plus – non pas face à des scènes crues, mais des scènes qui auraient vraiment émoustillé quelque chose par leur sensualité.

Néanmoins, je veux bien lui reconnaître ceci : le film a une bonne bande son, c’est sans doute sa meilleure qualité. La musique est bien choisie et accompagne assez bien les scènes. C’était vraiment ce qu’il y avait de plus agréable et, du coup, que j’ai apprécié.

BREF, je préfère ne pas en dire plus, mais vous l’aurez compris, je n’ai vraiment pas aimé.
On passe à la suite ? Ce sera bieeeeeen plus sympa, vous allez voir !

#4 – Les nouveaux héros des studios Disney – 6/10Lire ma chronique

les nouveaux hérosQuand on me promet un film avec des super-héros, je fonce tête baissée. C’est mon point faible, vraiment. Même quand les films sont moyens, faciles, linéaires, stéréotypés, je vais voir et j’apprécie généralement – sauf si vraiment c’est au-delà de médiocre. Alors quand j’ai vu Disney et Marvel se dessiner sur l’affiche de ce film, j’ai sauté sur l’occasion. Au final, je n’ai été qu’à moitié enchantée – ou qu’à moitié déçue, comme vous le voulez. Pas mal de longueurs, notamment dues à un scénario médiocre – linéaire, stéréotypé, déjà vu, bâclé – mais heureusement la relation entre les trois protagonistes sauve véritablement le film. J’ai vraiment aimé le personnage de Baymax d’ailleurs – ce qui a valu cette note ! Il est bien construit et ne tombe pas dans le piège trop souvent vu : c’est-à-dire d’humaniser un robot. Baymax reste et restera conditionné à sa programmation, et son affection pour Hiro n’est en réalité qu’une conséquence de sa programmation. Ce qui ne le rend pourtant pas moins touchant, étant donné qu’Hiro va malgré tout projeter sur lui ses sentiments. Au-delà du robot, il est la représentation de Tadashi qui manque tant à Hiro. Tadashi d’ailleurs est le grand succès de ce film : en peu de scènes, on s’attache à ce grand frère bienveillant et sans être complexe, il n’en est pas moins un personnage entier.
Je vous recommande d’aller lire ma chronique afin d’avoir mon avis complet sur ce film !

#3 – Imitation Game de Morten Tyldum – 6/10

imitation gameMoi qui aime les biopics, j’ai apprécié ce film. Toutefois, c’est loin d’être aussi bon que ce à quoi je m’attendais. Bien sûr, Benedict Cumberbatch est au rendez-vous et interprète très bien son rôle de mathématicien de génie excentrique, Keira Knightley n’est pas trop mal non plus. Toutefois, si l’ensemble est assez bien mené, je n’ai pas trouvé ce film particulièrement original, surprenant ou même bon. Il est assez standard, certains disent même très académiques. Quelque part, il est facile de comprendre pourquoi d’autres encore parlent de « film à oscar », à n’en point douter Imitation Game a donné juste ce qu’il faut pour y figurer, sans toutefois sortir du lot. pas de prise de risque. Tout est assez classique dans ce film, c’est du déjà-vu. Ils n’ont pas assez poussé non plus le côté scientifique, j’aurais aimé un peu mieux savoir comment fonctionne la machine construite pour défaire Enigma.
Si le film soulève évidemment des questions intéressantes, notamment du point de vue de l’homosexualité, de la façon dont elle était perçue et des persécutions perpétrées à cette époque, j’aurais souhaité encore une fois qu’ils aillent encore plus loin dans la critique, plutôt que de se contenter de proposer un simple drame historique. Et pourtant, j’ai aimé l’histoire racontée, le scénario quoique linéaire et prévisible, reste appréciable. On s’attache au personnage (mais est-ce dû à l’acteur ? Je ne saurais dire.) et il n’y a pas trop de longueurs non plus. La musique est bien choisie et j’ai passé un bon moment. Mais voilà, ça n’est donc pas le coup de cœur que j’aurais voulu avoir.

#2 – Kingsman : Services Secrets de Matthew Vaughn – 7/10

kingsmanC’est en plaçant ce film en seconde place que je me suis étonnée de le trouver si bien placé. Bien sûr, s’il s’y trouve, c’est que je l’ai apprécié. Et j’ai véritablement passé un très bon moment à le regarder. En termes de divertissement, je vous le recommanderai sans hésiter. Il y a tellement de références dans ce film, et malgré sa modernité, il parlera également aux nostalgiques des vieux films d’espionnages. Je n’en ai pas vu énormément, voir même très peu, car c’est un genre qui ne m’attire pas de prime abord, mais j’ai trouvé qu’il rendait très bien hommage à tous ces espions gentlemans et leurs gadgets si jouissifs. Car ce film, malgré tous les défauts qu’on pourrait lui reprocher – un côté facile, un scénario un peu stéréotypé dans sa construction, dans son pitch de départ – est tout simplement ceci : jouissif.

Je ne saurai citer aussi bien que Blig sur Senscritique toutes les qualités de ce film : j’ai beaucoup aimé le personnage de Colin Firth et la façon dont il dézingue ses adversaires ; 2 scènes excellentes (l’église et lors du déclenchement de la machine infernale – disons-le comme ça), dignes de l’étonnement que procure un Dernier pub avant la fin du monde d’Edgar Wright, surtout quand, comme moi, vous ne prenez pas le temps de savoir ce dont le film va parler et que vous n’avez jamais vu aucun film du réalisateur, pas même Shaun of the Dead (oui, je sais, c’est la honte) ; les personnages hauts en couleur ; la légèreté avec laquelle le film est tourné, sans prise de tête. A l’exception sans doute des deux échanges (dont la dernière scène) entre la Princesse de Je-Sais-Plus-Quoi et le héros qui m’ont laissé perplexes tant ils cassent un peu la qualité du film par leur lourdeur, quelques clichés exaspérants et peut-être juste une ou deux lourdeurs au début, je pense que Kingsman est idéal pour se vider la tête et qu’il peut être bon de voir entre amis !

#1 – Suzanne de Katell Quillévéré 7/10

suzanneDepuis Les combattants, j’avais très envie de découvrir Adèle Haenel dans un autre rôle. Et j’ai vraiment été ravie, du coup, de cette nouvelle expérience. J’aime bien le style de cette actrice. J’ai beaucoup aimé également la teneur du film, le thème de l’absence d’autant plus représentatif qu’il s’applique, non seulement à la mère des deux filles, mais de Suzanne elle-même qui, pourtant, est au centre de l’histoire – du titre lui-même ! J’ai trouvé très bien mené la façon dont est évoquée son absence, alors qu’elle étouffe paradoxalement l’écran quand elle apparaît. Les personnages qui gravitent sont donc semblables à des satellites, que l’on voit toujours avec du recul et une certaine distance, nous plaçant réellement en tant qu’observateurs. On a donc tout lieu de sentir les sentiments de manque, de vide, de cœur blessé souffrant en silence de cette absence. Quand Suzanne disparaît de l’écran, on ressent réellement le vide dans les plans judicieusement menés. Et je ne pense pas que cet effet soit tellement dû à Sara Forestier (qui pourtant joue bien) qu’à François Damiens (que je n’aime pas dans tous ses films, pourtant) et à Adèle Haenel, dont l’interprétation est vraiment bonne. J’ai apprécié la pudeur et de fait la sincérité qui se dégagent aussi de ce film, ainsi que le choix de la réalisatrice dans la façon de parler de ces drames non pas en jouant sur l’intensité de ceux-ci – hormis, peut-être, vers la fin – mais en s’intéressant à leurs conséquences.


C’en est donc terminé de ce second Top Films! Un peu plus long que le premier, je dois bien l’admettre. A vrai dire, si j’aimerais voir plus de films, je me suis rendue compte qu’en contrepartie de cette baisse de rythme, j’ai tout loisir de prendre le temps d’évaluer ceux que je vois, en revenant plusieurs fois dessus sans avoir d’autres films en tête. J’aime bien me poser, changer d’avis, lire des articles, des chroniques, confronter mon opinion, rester sur mes positions ou les faire évoluer selon la pertinence des arguments opposés. C’est du coup une autre façon d’appréhender le cinéma, et je pense que j’apprécie d’autant plus mes pérégrinations.

Ceci dit, il est vrai que j’aimerais quand même en voir un peu plus, il y a tant de films à rattraper que je ne sais même plus par quoi commencer ! J’espère en tout cas que ce bilan vous aura plu et vous aura donné envie d’en découvrir. N’hésitez pas à m’en faire part par commentaire, je serai ravie de vous répondre (mais je ne promets rien, cependant, pour 50 Shades of Grey pour les raisons citées ci-dessus).

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  1. Je n’ai vu qu’Imitation Game dans ta liste et j’ai vraiment beaucoup aimé, c’était une bonne surprise 🙂

  2. Imitation Game je le regarderais sûrement dans un avenir proche (comme tous films avec Keira Knightley ^^) Fifty Shades… Je comprends totalement ce que tu veux dire. C’est bien pour ça que le film ou même les romans ne passent pas avec moi. Je ne parle même pas de l’écriture ou du genre mais bien du concept de l’histoire que je trouve aberrant pour la condition de la femme. Après peut être que c’est bien filmé ou même bien écrit mais je n’adhère tellement pas au principe que je boycotte de A à Z. On pourrait faire une thèse sur cette saga. Sociologiquement parlant il y aurait des milliers de choses à dire dessus je trouve ^^

    Kingsman je le vois partout (ils ont assuré niveau promotion !) je le retiens alors pour me vider la tête !

    • Tu me rassures pour FSOG, je ne suis pas la seule à penser qu’il n’est pas nécessaire de lire – et ainsi cotiser à – ceci pour s’en faire une idée… Non pas de l’auteure en tant qu’écrivaine ou du film en tant que tel, mais bel et bien du contenu et des idées diffusées…
      Ça me révolte profondément et m’attriste aussi…

      Je t’encourage à voir Kingsman surtout ! Et Imitation Game bien sûr si tu aimes les biopics. 🙂

      • J’adore les biopics donc à ce niveau là pas d’inquiétude !

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