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Et si nous mettions un point sur nos lectures ? #7

Alors que je préparais ma dernière chronique, je me suis soudain rappelée que cela faisait un certain temps que je n’avais pas fait le point sur ce que j’ai lu. En effet, mon dernier point lecture remonte… en Septembre ! J’ai donc une dizaine d’œuvres à présenter, et je ne sais pas exactement comment je vais pouvoir vous proposer un billet qui ne fasse pas dix pieds de long. (Ça ne sera pas le cas.)

De fait, je vais d’ores et déjà écarter les œuvres chroniquées, elles seront récapitulées en fin d’article, avec les liens pour chaque chronique. Pour le reste, je vais les diviser en catégorie, aussi si vous êtes plus intéressés par les bandes dessinées que par les romans ou par les essais, vous n’aurez qu’à défiler rapidement vers celle-ci !

Et comme ce billet sera de toute façon plutôt long, commençons dès à présent !

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CATEGORIE :
ROMANS
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THE MAZE RUNNER #3 : THE DEATH CURE (L’Epreuve #3 : Le remède mortel)
James DASHNER
Dystopie, Jeunesse
6/10
(Lu en 2015)

the death cureAprès avoir lu et apprécié le premier tome, lu et détesté le second volet, j’ai laissé dormir cette saga pendant quasiment un an. Par hasard, j’ai finalement vu l’adaptation du second tome qui m’a un peu plus convaincue (lire ma chronique du film). J’ai donc décidé de me jeter à l’eau plutôt que de garder dans ma bibliothèque un troisième tome esseulé qui prenait la poussière. Au final, je l’ai trouvé plutôt pas mal, par rapport à son prédécesseur notamment.

On y retrouve les mêmes défauts, mais bien mieux équilibrés. Je n’ai pas suffisamment de quoi en dire pour en faire une chronique, mais disons qu’il garde le rythme soutenu du premier tome, qu’il allège les pensées encombrantes du narrateur (et héros de l’histoire) et qu’il arrive même à nous faire ressentir de la compassion pour certains de ses personnages secondaires – ceux-là mêmes qui étaient complètement oubliés dans le second volet. Le triangle amoureux est bien plus supportable, même si on se serait bien passé de la romance. On est balancé de droite à gauche dans le paysage chaotique sans savoir vraiment pourquoi, mais la curiosité reste éveillée par l’envie d’avoir un peu de réponses et une fin concluante. Celle-ci garde d’ailleurs l’esprit de la série et conclut bien l’histoire.

Au final, la saga n’aura pas franchement été un franc succès. Pas sûre que je me relance à nouveau dans un roman de James Dashner à l’avenir, mais sait-on jamais.

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LA SORCIÈRE DE LA RUE MOUFFETARD ET AUTRES CONTES DE LA RUE BROCA
Pierre GRIPARI
Jeunesse, Contes
7/10
(Lu en 2015)

la sorcière de la rue mouffetardQuel plaisir de relire de vieux contes. C’est comme retourner en enfance, retrouver le plaisir de la lecture innocente, tout en goûtant au style littéraire de l’auteur, un délice pour les oreilles. Ce sont de courtes histoires qu’il faut lire à voix haute, pour apprécier la teneur de cette plume et ressentir le même amusement d’une imagination débordante. C’est une petite gourmandise, un cadeau bienvenu, une parenthèse au quotidien et à la vie de tous les jours. C’est comme s’envelopper d’une couverture bien chaude, dorloté devant une cheminée chatoyante et avoir le sourire scotché sur les lèvres. C’est amusant. C’est léger. C’est toujours frais. C’est rigolo. C’est tellement bien.

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LES AMANTS DU SPOUTNIK
Haruki MURAKAMI
Contemporain
8/10
(Lu en 2015)

les amants du spoutnikAprès avoir lu et adoré La balade de l’impossible, apprécié dans une moindre mesure La nuit des temps, j’avais  déchanté en lisant le premier tome 1Q84. L’œuvre tant acclamée m’avait paru d’une fadeur et d’un ennui sans nom. J’avais pourtant beaucoup apprécié le tout début, l’étrange monde alternatif dans lequel l’héroïne est plongée, l’écrivain qui s’ennuie et fait la rencontre d’une lycéenne envoûtante et pleine de mystères. Mais très vite, je m’en suis lassée : je me suis lassée des chapitres qui se répètent à l’infini – pour le coup, Haruki Murakami a très bien réussi à me faire ressentir les sentiments de lassitude de l’écrivain. Surtout, l’obsession de l’auteur sur les seins de ses protagonistes m’a vraiment gonflé. Tous les personnages semblent fascinés par les nibards…

Bien sûr, ce n’est qu’une œuvre parmi toute la bibliographie de l’auteur mais j’étais réticente après 1Q84 de m’y replonger – j’avais peur en effet d’en faire une overdose. Deux-trois ans après, je me suis sentie de nouveau apte à le tenter : et j’ai bien fait. Les amants du Spoutnik renferme toutes les qualités de l’auteur : c’est un récit qui donne une place considérable à la psychologie de ses personnages ; comme La balade de l’impossible, on y retrouve le thème de l’amour à sens unique, la perte de l’objet d’affection ; un narrateur qui est à la fois un observateur interne et externe, à la fois acteur et spectateur, et nous livre un point de vue unique ; une écriture poétique, sensible, calme, posée qui nous attache et nous lie au sort de ses personnages. C’est une histoire mélancolique, sur l’amour, sur a difficulté de prononcer cet amour, sur la recherche de soi dans l’autre, à la fois simple et complexe, si particulière et si riche.

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A LA RECHERCHE DE LA REINE BLANCHE
Jonas T. BENGTSSON
Contemporain
8/10
(Lu en 2015)

a la recherche de la reine blancheRoman particulier dans lequel nous suivons Peter, un jeune garçon déscolarisé, vivant avec un père anarchique, en marge de la société. C’est de son regard à la fin d’enfant et étrangement lucide que nous suivons ses multiples déplacements, ses rencontres hasardeuses, ses questionnements et ses sentiments. Un roman riche où se mêlent la tendresse d’un père à son fils et son absence aussi, le sentiment d’abandon, le besoin de liberté, l’imaginaire où ils se réfugient. L’auteur glisse quelques allusions au passé mystérieux du père, des raisons de sa fuite, mais ne développe jamais le background.

C’est un roman qui se déroule dans l’instant, tant le père et le fils ne se projettent ni dans le passé ni dans l’avenir. Ils sont intemporels. Et l’éternelle fuite continue à se dérouler même dix ans plus tard, quand le fils grandit séparé de son père tout en y restant curieusement attaché. Sans aucun attachement, Peter semble rechercher dans son père ses origines, son identité. Un récit touchant, nostalgique, poignant par moments, où l’être humain apparait sur toutes ses formes.

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A THOUSAND PIECES OF YOU (Tome 1)
Claudia GRAY
Young Adult, Romance, Univers Parallèles
5/10
(Lu en 2016)

a thousand pieces o youCe roman aurait pu être bien meilleur s’il n’était pas autant accès sur la romance. J’aimais beaucoup l’aspect « univers parallèles » mais en réalité cela passe très rapidement en second plan. Partie en compagnie de Théo à la recherche de l’assassin de son père, l’héroïne se retrouve embarquée dans un complot qui la dépasse. Malgré tout, tous les éléments avancés dans l’intrigue du roman manquent de crédibilité. Il ne faut certes pas s’attendre à ce que les explications données autour du mécanisme du voyage dans les univers parallèles soient recherchées, mais elles suffisent pour introduire le contexte et le principe de l’histoire. D’ailleurs, c’est même l’aspect le plus sympa : les âmes des voyageurs ne peuvent se déplacer que dans le corps de leurs doubles parallèles. Ce qui signifie que s’ils n’existent pas dans un des mondes parallèles, ils ne peuvent s’y rendre.

Cela permet de voir des situations cocasses mais surtout cela ouvre des tas de possibilités. Dans ce premier tome, l’auteure explore surtout l’aspect historique : et si le monde avait évolué plus rapidement ? Et s’il était resté dans le temps où la noblesse et la royauté étaient au sommet de la hiérarchie ? Cependant, étant donné qu’on retombe dans les mêmes clichés du triangle amoureux, du fatalisme du destin et de l’amour, de l’héroïne qui a des capacités extraordinaires par rapport à ses pairs et se retrouve donc au centre de toutes les convoitises… Et bien, la lecture devient rapidement banale et prévisible. J’ai trouvé cela dommage vis-à-vis du potentiel que cette histoire avait. J’avais même commandé le second tome au début de ma lecture, alors qu’à présent j’hésite à la poursuivre…

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BREAKFAST AT TIFFANY’S
Truman CAPOTE
8/10
Novella
(Lu en 2016)

breakfast at tiffany'sQuel genre donné à ce court roman ? Après avoir lu In cold blood (De sang-froid), j’avais bien envie à m’attaquer à une autre œuvre de cette grande figure de la littérature américaine. J’avais bien sûr déjà vu le film, et bien prévenue qu’il était d’une teneur très différente du livre, je savais à quoi m’en tenir. De toute façon, qui a vu l’excellent biopic Capote de Bennett Miller peut se douter qu’une comédie chantante n’était pas vraiment du goût de l’auteur, au regard bien plus amer. Une amertume d’ailleurs bien présente dans la novella, qui n’a rien de particulièrement plaisante, quoi qu’elle n’en soit pas moins excellente. Holly est un personnage au caractère détrempé, extrêmement nuancé, qui n’a guère la langue de bois. C’est une dure à cuir au passé douloureux, qui fait tout pour s’en sortir, s’affranchir, et devenir libre. Libre de ses origines, de sa classe sociale, de l’opinion. Et tout comme j’ai apprécié le film, j’ai aimé le roman : l’écriture acerbe de Truman Capote ; la fascination qu’exerce Holly sur « Fred » et sur le lecteur ; la distance entre le personnage qu’elle s’invente et ce qu’on perçoit d’elle à travers le regard vif du narrateur, etc.

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CATEGORIE :
NON FICTION/ESSAIS
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BETWEEN THE WORLD AND ME (Une colère noire : Lettre à mon fils)
Ta-Nehisi COATES
Racisme
10/10
(Lu en 2016)

CaEdPFAWkAILsGs.jpg largeC’est grâce à la passionnante HajarRead que j’ai découvert cet essai venu des États-Unis. Un texte court et poignant d’un père s’adressant à son fils pour lui expliquer le contexte dans lequel il vit : un monde où l’injustice, où le racisme, où la violence envers les noirs, sont encore trop présents. Suite à l’assassinat d’un noir par un policier blanc, demeuré impuni, la voix de Ta-Nehisi Coates porte au-delà des frontières des Etats-Unis et nous apprend énormément. Il démontre d’une situation qu’on a tendance à minimiser, à oublier, mais qui reste un problème actuel et universel. Il nous parle notamment de son expérience, de ce monde dans lequel ses parents, et lui-même, ont été élevé. Il nous décrit la peur qui pousse les parents à battre leurs enfants noirs, en citant les paroles de son père qui préfère être celui qui le bat, plutôt qu’un policier blanc, pour lui apprendre la bonne attitude. Mais surtout celles qu’il doit éviter. Il nous parle de la peur dans laquelle il a grandi, celle qu’il ressent pour son enfant, et nous rappelle à quel point le racisme est encore ancré aux États-Unis.

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WE SHOULD ALL BE FEMINIST
Chimamanda Ngozi ADICHIE
Féminisme
10/10
(Lu en 2016)

we should all feministUn autre texte nécessaire, indispenable, c’est la retranscription de sa conférence aux TEDx. C’est presque un manifeste dans lequel la célèbre auteure nous parle du nécessaire combat pour un monde plus juste, contre le sexisme et les discriminations liées au genre. Un texte très court, vif, bien écrit, fluide, clair, accessible, et très utile. En peu de mots, Chimamanda Ngozi Adichie démontre à quel point c’est un combat nécessaire, pour tout le monde, qu’il ne faut sous-estimer, et démonte les stéréotypes. Difficile de ne pas s’ouvrir à un tel discours, écrit avec intelligence. Elle prend notamment le temps d’expliquer pourquoi le terme de « féminisme » est pertinent ; pourquoi les choses doivent changer ; en quoi cela concerne aussi bien les hommes que les femmes, etc. Utilisant des témoignages, des scènes du quotidien, elle rend son texte accessible à tous.

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CATEGORIE :
BD
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AURORE
Enrique FERNANDEZ
BD, Jeunesse
7/10
(Lu en 2015)

auroreJ’achète relativement peu de bandes dessinées. Mais j’aime terriblement les BD de l’imaginaire, surtout les oneshots (tome unique), et on en retrouve de très belles parmi les albums jeunesses. Celle-ci est d’ailleurs délicieuse visuellement. C’est même sa plus grande qualité. Petit craquage lors du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de 2015, je n’ai pas regretté cet achat, tant j’ai eu plaisir à parcourir les planches. Aurore est victime d’un ensorcellement qui la fait passer dans un monde parallèle, loin de sa famille. La Sage de son village envoie un esprit loup à sa recherche, et celui-ci lui indique aider son peuple : elle doit écrire une chanson. Mais la petite fille ne sait pas comment faire. Comment rédiger des paroles qui puissent transcender son peuple ? En route pour rejoindre les siens, Aurore est également de réponses : qu’est-ce l’amour, et l’amour familial ? La petite fille a en effet du mal à se rappeler. C’est un album qui aurait mérité peut-être quelques pages supplémentaires. Un très beau moment passé, dans tous les cas.

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ARISTIDE BROIE DU NOIR
Séverine GAUTHIER et Jérémie ALMANZA
BD, Jeunesse
5/10
(Lu en 2015)

aristide broie du noirJ’avais adoré la première collaboration de la scénariste et du dessinateur : Cœur de Pierre avait même été un coup de cœur. Poétique, enchanteur, plus nuancé qu’il n’y paraît, j’avais apprécié la sensibilité du texte et la beauté du dessin. Ça n’a pas été un aussi grand succès pour cet album-ci. Bien sûr, le dessin est toujours plaisant, mais je n’ai pas retrouvé la même originalité que dans leur précédent album. Si l’histoire est touchante, elle n’est pas très originale. Son traitement non plus et son déroulement est un peu décousu. J’en suis donc sortie un peu déçue.

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CATEGORIE :
MANGA
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SUNNY #1 à 4
Taiyou MATSUMOTO
Manga, Enfance
9/10
(Lu en 2016)

sunnyCette année, j’ai décidé de me consacrer aux œuvres de Taiyou Matsumoto. Les couvertures attiraient beaucoup mon regard et les critiques positives ont terminé de me rendre curieuse. J’ai donc décidé d’attaquer avec ces quatre premiers tomes, d’une série encore en cours au Japon, où le mangaka raconte le quotidien d’enfants abandonnés dans un foyer d’accueil. Sunny n’est pas un enfant mais une voiture dans laquelle ils se réfugient, fantasment, se consolent, se réinventent, espèrent. Taiyou Matsumoto ne raconte pas le sort d’un destin ni même de plusieurs. Les raisons de la présence des enfants dans le foyer ne sont jamais très explicites. Pas plus que celles de leur départ. Tout se concentre sur les enfants, bien que les figures d’autorité restent présentes, au détour des pages, nécessaires, mais discrètes. Les chapitres se déroulent comme un long fleuve tranquille, narrant des anecdotes, des épisodes particuliers, dévoilant les enfants dans toutes leurs facettes et leur fragilité, leurs griefs, leurs espoirs, leurs mauvais côtés, leurs déceptions aussi. Les enfants sont montrés avec tendresse mais sans fard non plus. Ils sont tout simplement au naturel, aussi turbulents qu’attendrissants, incompréhensibles que créatifs, égoïstes, pleurnichards, imprévisibles. Le dessin de Taiyou Matsumoto est particulier, à la fois très précis, mais pas figé, épuré mais pas lisse. Certainement pas lisse. Il est au contraire très expressif, immersif, nostalgique, pluriel. Il me tarde déjà de lire la suite.

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LE SAMOURAI BAMBOU #1
Taiyou MATSUMOTO et Issei EIFUKU
Manga, Historique
8/10
(Lu en 2016)

JQ_Takemitzu_01.qxdC’est une collaboration excellente et extrêmement originale. Je n’ai jamais lu de bandes dessinées comme celle-ci. Les dessins sont encore une fois superbes, à la fois fantasques, poétiques, cartoons, réalistes, précis, et en même temps les traits sont libres. Chaque case est riche de détails. Soichiro Seno est un samouraï sans attache, qui débarque un jour dans un quartier tranquille d’Edo. Il chamboule tout le voisinage et fascine, en particulier le jeune Kankichi. Tout comme la bande dessinée, Soichiro a un caractère fantasque, décalé, faussement naïf, et pluriel. Ayant vendu son sabre pour un sabre de bambou, on devine un passé mystérieux, sombre, chargé de violence. Hanté par des démons intérieurs, le Samouraï dépeint un Japon féodal curieux. D’ailleurs, ce premier tome laisse une impression vague, tant le récit est aussi fantaisiste que réaliste et porté sur le quotidien, d’où il en ressort malgré tout une certaine élégance.

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ÉGALEMENT LUS :

(Cliquez sur les images pour lire les chroniques)

fangirl

L'homme de la montagne - Poche

les outrepasseurs tome 1

La Passe-Miroir Tomes 1 et 2 :

le passe miroir 1

la_variante_chilienne

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